Déclaration de Mme Yamina Benguigui, ministre de la francophonie, sur la situation politique dans l'espace francophone, à Paris le 6 novembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Yamina Benguigui, ministre de la francophonie, sur la situation politique dans l'espace francophone, à Paris le 6 novembre 2013.

Personnalité, fonction : BENGUIGUI Yamina.

FRANCE. Ministre de la francophonie

Circonstances : Conseil permanent de la francophonie, à Paris le 6 novembre 2013

ti : Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les représentants personnels,
Mesdames, Messieurs, Monsieur le Secrétaire général,


Merci pour le rapport que vous venez de présenter sur la situation politique dans l'espace francophone. Il démontre encore une fois l'amplitude des actions déployées par l'OIF sous votre impulsion.

Comme vous l'avez souligné, des progrès ont été accomplis depuis nos derniers travaux.

Il y a quatre jours, au Mali, Claude Verlon et Ghislaine Dupont ont été exécutés. Ces deux journalistes français de RFI étaient aussi Africains. Ils avaient l'Afrique chevillée au coeur.

Claude et Ghislaine étaient la voix du Mali, la voix de la renaissance démocratique du pays. Ils incarnaient la liberté d'informer et la nécessité d'être informés et ils l'ont payé de leur vie.

Ce double crime vient nous rappeler brutalement combien les fondements de notre organisation, l'OIF, sont essentiels.

Pour mettre en échec le crime et le terrorisme, nous devons continuer à promouvoir les valeurs francophones de liberté, de solidarité et de fraternité. On a voulu frapper le Mali en plein coeur.

Mais malgré le terrorisme, malgré la douleur et les pertes endurées, le peuple malien a réussi son objectif principal qui était d'arriver debout aux élections. C'est pourquoi aujourd'hui la réintégration du Mali dans toute sa dignité prend tout son sens.

Nous sommes aux côtés du peuple malien et nous serons là pour l'accompagner pendant les élections législatives. C'est par les urnes symboles de la démocratie que nous combattrons les extrémistes.

Le président de la République française, François Hollande, qui est aux côtés de la démocratie malienne a décidé de maintenir des forces militaires françaises en soutien à la MINUSMA.

À Madagascar la démocratie Malgache a connu des années sombres au plan démocratique. C'est pourquoi le premier tour de l'élection présidentielle du 25 octobre a été accueilli comme un signal porteur d'espoir ; l'OIF continuera à être vigilante et active au sein de la grande Ile.

Quant à la Guinée Bissao, l'expertise de l'OIF sera particulièrement précieuse dans la phase électorale. En Guinée, nous saluons l'esprit de responsabilité qui a prévalu jusqu'à présent et qui a conduit les partis à recourir aux voies légales pour formuler leurs contentieux.

La Centrafrique nécessite une particulière vigilance. Et je vous remercie Monsieur le Secrétaire général d'accorder une place particulière dans votre rapport à ce pays. Ce pays souffre depuis tellement longtemps. Cette crise au coeur de l'Afrique entraîne des conséquences humanitaires dramatiques. La France est mobilisée pour une prise de conscience la plus large possible des risques engendrés par cette situation. Il y a urgence, pour une mobilisation accrue de la communauté internationale.

En RDC, le mouvement M23 a annoncé la fin de la rébellion sur un plan militaire hier matin. Vous savez à quel point j'ai été touchée par cette nouvelle. Je pense aux populations de RDC qui ont souffert depuis des décennies des violences et notamment dans le Kivu. J'ai une pensée pour les femmes du Kivu, qui avec la victoire de l'armée congolaise sur le M23, vont pouvoir enfin se reconstruire, et enfin trouver la paix. La France a toujours soutenu le rôle de la MONUSCO et a travaillé au renforcement de son mandat.

Une étape importante vient d'être franchie en terme sécuritaire. L'espoir de paix ne doit pas être déçu et il est essentiel que les États de la région oeuvrent à l'application des engagements pris à Addis-Abeba pour un règlement politique durable dans la région des Grands lacs. Nous restons vigilants sur l'évolution de la situation.

Nous savons que toute solution politique viable devra respecter le principe de non-impunité pour les responsables de violations du droit humanitaire international.

Enfin, je voudrais réaffirmer aux Tunisiennes et aux Tunisiens, notre solidarité et notre confiance dans la transition démocratique et souhaiter la finalisation du projet de Constitution qui consacrera l'État de droit et ouvrira la voie à des élections pluralistes et transparentes.

J'espère la reprise prochaine du dialogue national, qui repose sur l'esprit de responsabilité de l'ensemble des forces politiques tunisiennes.

Je souhaite qu'en Égypte, le retour au calme et la mise en oeuvre rapide de la feuille de route permettent d'établir des institutions civiles démocratiquement élues, dans le cadre d'un processus inclusif et respectueux des libertés fondamentales.

Pour conclure, Monsieur le Secrétaire général, j'aimerais rappeler que la jeunesse est une formidable richesse pour l'espace francophone et qu'elle doit être au coeur de notre action.

J'ai constaté la maturité et l'esprit de responsabilité des jeunes francophones lors des Jeux de la francophonie qui se sont déroulés à Nice au début du mois de septembre et que vous avez honorés de votre présence, monsieur le Secrétaire général.

Nous avons pu échanger ensemble sur leurs espoirs, leurs attentes, leurs rêves.

La jeunesse, «ce sourire de l'avenir» comme dit Victor Hugo, donne du sens à ce rêve francophone de partage de la langue des droits de l'Homme et de ses valeurs, de respect des différences de l'autre et du multilinguisme.

Je veux aussi vous remercie, Monsieur le Secrétaire général de la francophonie, d'avoir entendu l'appel des femmes lors du premier forum mondial de femmes francophones que nous avons organisé ensemble en mars dernier à Paris, et d'avoir créé le réseau des femmes francophones : il représente une avancée primordiale pour leurs droits.


Je vous remercie.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 18 novembre 2013

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