Interview de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, à France Bleu Provence le 8 novembre 2013, sur le plan d'aide à la ville de Marseille. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, à France Bleu Provence le 8 novembre 2013, sur le plan d'aide à la ville de Marseille.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

ti : JOURNALISTE
Vous annoncez aujourd'hui une série de mesures très importantes pour la ville, on va en parler dans le détail, mesures coûteuses, vous nous expliquerez comment vous trouverez l'argent. D'abord, qui est face à nous, le Premier ministre, l'homme qui va, quelque part, diriger la campagne des socialistes, ou le sauveur de Marseille ?

JEAN-MARC AYRAULT
Moi je suis Premier ministre, d'un gouvernement, qui n'abandonne aucun de ses territoires.

JOURNALISTE
Ça a été le cas ?

JEAN-MARC AYRAULT
Bien sûr, c'est, depuis 1 an les choses ont commencé à changer, et je viens avec des annonces importantes pour renforcer encore cette ambition pour Marseille, l'ambition de la métropole Euro-méditerranée qu'elle peut devenir, et donc la France a besoin. Et puis en même temps je veux réduire cette fracture sociale et territoriale qui mine Marseille, c'est un combat, mais ce que je voudrais dire c'est que ce combat, on ne le gagnera pas seulement avec le gouvernement, c'est les Marseillais eux-mêmes qui, par leurs choix, et les habitants de la métropole, qui par le choix de leurs futurs élus, porteront. Donc moi je viens avec la solidarité nationale. J'ai dit souvent que Marseille avait besoin de l'Etat, et besoin de la France, mais que la France avait aussi besoin de Marseille, donc c'est maintenant aux Marseillais, moi je ne vais pas décider à leur place, ne ferai pas à leur place, mais l'Etat sera présent, parce que l'autorité de l'Etat doit s'exercer partout. Et l'autorité de l'Etat c'est d'abord l'ordre public et la sécurité, mais c'est aussi la présence des services publics, et c'est aussi l'exigence que lorsqu'on met des crédits importants à la disposition du territoire, ils soient utilisés. Quand je vois que par exemple la rénovation des quartiers Nord, sur 300 millions, il reste encore 200 qui n'ont pas été engagés, là je me dis il y a quelque chose qui ne va pas. Il faut que tout ça change, parce que les Marseillais attendent, les Marseillais espèrent, mais le peuple marseillais est un peuple formidable, dans sa diversité, dans sa richesse et sa jeunesse, qui est le principal atout de Marseille.

JOURNALISTE
Reconnaissez que c'est plus facile de venir à Marseille avec 3 milliards d'euros, de rencontrer les Marseillais…

JEAN-MARC AYRAULT
Mais enfin, dans les 3 milliards il y a des investissements, il y a aussi des dépenses de soutien de politique publique, il ne faut pas… je ne viens pas, vous avez dit « hotte du Père Noël », non…

JOURNALISTE
Vous n'êtes pas le Père Noël.

JEAN-MARC AYRAULT
Je ne suis pas le Père Noël, mais je suis le Premier ministre d'un gouvernement qui ne se contente pas de commenter, qui agit, et qui donne à ceux qui, sur le terrain, acteurs politiques, économiques, sociaux, culturels, citoyens, peuvent agir, et ont envie d'agir, qui donne les moyens de le faire.

JOURNALISTE
Vous connaissez les sondages Jean-Marc AYRAULT, 24% des Français vous font confiance seulement.

JEAN-MARC AYRAULT
C'est vrai, mais c'est compréhensible. Vous savez, le gouvernement a engagé une politique de redressement, qui demande des efforts, et qui portera ses fruits, mais c'est un travail difficile que je mène, et si je devais regarder chaque jour les sondages, je ne ferai pas le travail que je fais. Le travail que je fais c'est une mission pour redresser le pays. Et si je n'avais rien fait, avec le gouvernement, nous aurions 6% de déficit, on serait dans quelle situation ? On serait la proie des marchés financiers. Ce n'est pas le cas. Toutes les grandes réformes qui ont été engagées porteront leurs fruits, et l'objectif c'est bien le retour de la croissance, et les indicateurs que nous avons, la Commission européenne vient de le dire, vont dans cette direction, c'est le retour de la croissance dans le monde, en France, et en Europe, et il ne faut pas rater ce rendez-vous, tout en préservant, évidemment, nos priorités, comme l'éducation, l'emploi et la sécurité.

JOURNALISTE
Ce matin il y a une information qui, peut-être, vous a déçu, c'est que l'agence d'évaluation Standard & Poor's abaisse d'un cran la note de la France.

JEAN-MARC AYRAULT
Oui, mais enfin la note de la France reste parmi les meilleures du monde, c'est ça qui compte, et surtout l'agence parle des perspectives, et certains pays ont des perspectives négatives, ce n'est pas le cas de la France. Et…

JOURNALISTE
La France n'est pas en mesure de réformer…

JEAN-MARC AYRAULT
Je regrette ce qui est par ailleurs commenté, parce que, une note c'est une note, ce qui est commenté c'est à propos des réformes, mais cette agence ne prend pas en compte toutes les réformes qui sont engagées. J'en prends une par exemple, la réforme des retraites. On disait que ça serait le dossier le plus explosif de la rentrée, ça n'a pas été le cas, c'est une bonne réforme, sauf que cette réforme elle n'est pas encore complètement votée.

JOURNALISTE
Elle a été rejetée par le Sénat.

JEAN-MARC AYRAULT
Elle sera votée par l'Assemblée nationale, vous savez bien ce qui se passe au Sénat, et donc elle sera votée par l'Assemblée nationale, mais elle sera votée à la fin de l'année. Beaucoup de réformes sont engagées. Par exemple la réforme du marché du travail, qui a été négociée avec les syndicats, elle a mis des mois avant de produire ses effets, elle commence tout juste. La Banque Publique d'Investissement, elle commence juste à produire ses effets. Ces réformes vont produire leurs effets et ça demande un certain temps. Il y en a une que je veux absolument réussir, c'est la réforme de la formation professionnelle, parce que c'est comme ça aussi qu'on va redonner de la compétitivité à nos entreprises, permettre aussi aux jeunes, qui ne sont pas formés, de pouvoir répondre aux offres d'emplois non satisfaites, c'est un chantier immense, la France l'a engagé, et ce travail d'un peu plus d'1 an, il va dans la bonne direction. Il suffit de regarder la signature de la France, parce que si ça allait si mal, quand la France qui emprunte, comme tous les pays chaque jour, sur les marchés, empruntent à des taux énormes, on dirait ça va mal, la signature de la France est bonne et nous n'avons jamais emprunté à des taux si bas, encore hier, c'est-à-dire quasiment au niveau de l'Allemagne, ça c'est un signe.

JOURNALISTE
Donc tout va bien ?

JEAN-MARC AYRAULT
Non, pas tout va bien. j'ai hérité d'une situation extrêmement difficile, que ce soit sur les territoires, on le voit ici à Marseille, que ce soit à l'échelle de la France, mais ce n'est pas ça qui me fera renoncer, parce que la mission que m'a confiée le président de la République c'est de remettre la France en marche, ça demande beaucoup d'efforts, beaucoup de travail, et encore une fois, c'est le travail du gouvernement, mais aussi c'est le travail de toutes les forces vives du pays, et nous avons besoin de redonner à ce pays toutes ses capacités à redevenir une grande puissance, nous en avons, je dirais, toute la capacité, toutes les chances, mais à nous de nous mobiliser encore davantage.

JEAN-LAURENT BERNARD
Une question de Cathy, qui nous arrive par Internet, sur le site de FRANCE BLEU Provence, qui pose une question très simple. Vous savez, comme nous, à quel point les Français sont mécontents des impôts, etc., vous arrivez aujourd'hui en faisant un certain nombre de promesses pour Marseille, où trouvez-vous l'argent pour financer les nombreux projets que vous allez développer aujourd'hui sur Marseille ?

JEAN-MARC AYRAULT
Gouverner c'est choisir, c'est MENDES FRANCE qui disait ça, je le fais tous les jours, je ne réponds pas à toutes les demandes partout, il ne suffit pas de dire « on veut », « on veut », et puis en même temps « on ne veut pas payer d'impôts », donc il faut choisir. C'est vrai que le gouvernement a demandé un effort aux Français, sur le plan fiscal, une contribution au redressement des finances publiques. Je l'ai dit, si ça n'avait pas été fait, dès le début, et c'est effectivement ce qui fait réagir un certain nombre de gens, par rapport à l'impôt, nous serions à un niveau de déficit de 6%, il fallait mettre un coup d'arrêt à ça. mais maintenant je rappelle que, et c'est vrai pour le budget 2014, nous avons engagé un programme d'économies considérable, ça ne s'est jamais fait avant nous, 15 milliards d'euros, mais pour l'année 2015, donc c'est le projet budget, celui que nous commençons déjà à préparer, il n'y aura pas d'impôts supplémentaires, c'est la stabilité des prélèvements obligatoires, c'est un engagement très fort qui a été pris, mais ça va être un nouveau programme d'économies. Ça veut dire que quand on finance des priorités, par exemple le développement de Marseille, le développement des infrastructures de transport, la réduction de la fracture sociale et territoriale, ça veut dire qu'on fait des choix, qu'on fait des économies ailleurs. Comment voulez-vous faire autrement ? et donc c'est ce que nous faisons, et je crois qu'il faut s'habituer, en France, à faire des choix encore davantage que ça a été fait dans le passé, c'est-à-dire accepter aussi que certaines dépenses sont moins utiles, qu'elles peuvent être diminuées, et ce chantier il est engagé, il se fera aussi avec tous les Français. Je crois que c'est l'intérêt du pays de faire comme ça, pour que nous préparions l'avenir, parce que ce n'est pas… moi je ne suis pas uniquement pour faire de la gestion au jour le jour, je suis là pour préparer l'avenir. J'irai cet après-midi à l'université d'Aix-Marseille, c'est là qu'on forme les étudiants, que les laboratoires de recherche permettent aussi aux entreprises d'innover, de se développer, la région Provence Côte-d'Azur a, de ce point de vue, d'immenses atouts, eh bien quand nous faisons des choix, nous faisons le choix de soutenir les investissements d'avenir pour que la France monte en gamme, pour que ce qu'elle produit ne soit pas du moyen de gamme ou du bas de gamme, mais que la France soit à la hauteur de ce qu'elle est.

JOURNALISTE
Alors vous arrivez Jean-Marc AYRAULT, avec 3 milliards d'euros de mesures, au total évidemment. Vous annoncez notamment une gare souterraine à Saint-Charles, alors que le projet de la LGV vers Nice est au point mort, à quoi va servir cette gare ?

JEAN-MARC AYRAULT
Eh bien écoutez, aujourd'hui vous savez bien que c'est un cul-de-sac, la gare, elle a été rénovée, mais c'est un cul-de-sac. Si vous voulez que la circulation ferroviaire se fasse dans toutes les directions, il faut faire un passage traversant, comme toutes les grandes gares efficaces, pour aller vers Aix, pour aller vers Nice, pour aller vers Marignane par exemple, est-ce que c'est possible de… bon, ça c'est indispensable, mais ça ne suffit pas, il faut poursuivre un programme qui permette aussi des liaisons avec les quartiers Nord, des liaisons dans toutes les directions, et notamment mieux fluidifier le trafic domicile/ travail, parce que c'est un des gros problèmes. Et c'est pourquoi je, je l'ai dit aux maires qui s'inquiètent pour la métropole, aujourd'hui il y a 6 intercommunalités, il y a 10 autorités organisatrices des transports, donc comment voulez-vous porter une ambition pour améliorer le trafic ferroviaire, ou le trafic de bus, ou des tramways et des métros, si nous n'avons pas un outil adapté, la métropole est là pour ça, mais l'Etat prend ses responsabilités. Voilà ce que j'annonce et que je confirme, pour assurer la perspective et l'ambition de la métropole Euro-méditerranée.

JOURNALISTE
On veut bien vous croire. La ligne ferroviaire Marseille-Aix, qui va être doublée, Lionel JOSPIN l'avait déjà annoncé, Jean-Pierre RAFFARIN est revenu dessus, qui nous dit que ce sera fait ? Ça n'engage que vous ça…

JEAN-MARC AYRAULT
Oui, mais… ça n'engage pas que moi. Ça engage aussi les partenaires ici, notamment la région…

JEAN-LAURENT BERNARD
Le tour de table est fait à ce propos ? Vous avez l'accord de Michel VAUZELLE à la région, de Jean-Noël GUERINI au département ?

JEAN-MARC AYRAULT
La négociation pour les contrats de plan a commencé, depuis septembre, l'objectif c'est de signer ce contrat au cours de l'année prochaine, mais vous pensez bien que les responsables ici, les collectivités locales, de la région, du département, ont tout intérêt, lorsque l'Etat met sur la table des investissements, qu'ils apportent leur contribution, parce que c'est l'attente des habitants, l'attente des Marseillais, l'attente des territoires, qui veulent réussir. Hier soir j'ai rencontré mes amis socialistes, et quelqu'un qui nous accueillait, de la société civile marseillaise, me dit quand on voit ce qui a été fait à Barcelone, qui a une taille à peu près équivalente à la grande métropole que je veux bâtir, 1,8 million habitants, c'est le nombre d'habitants pour cette grande métropole Marseille Provence, Aix-Provence, eh bien regardez ce qui a été fait toutes ces années. On dit Barcelone c'est une référence, une référence, c'est une grande métropole européenne et méditerranéenne, Marseille le deviendra aussi. Mais là, encore une fois, je le répète, je prends mes engagements, je les tiendrai, mais c'est aussi à ceux à qui je m'adresse, c'est-à-dire les représentants de toutes les collectivités locales ici, de prendre leurs propres responsabilités, parce que eux aussi ils seront jugés sur leurs résultats et sur leurs engagements.

JOURNALISTE
Jean-Marc AYRAULT, est-ce que vous diriez, comme par exemple Patrick MENNUCCI, que le maire de Marseille dort et que finalement les élus locaux, ici, n'ont pas fait le boulot qu'il fallait pendant ces dernières années, d'où l'intervention nécessaire de l'Etat pour piloter, commander, organiser ?

JEAN-LAURENT BERNARD
Est-ce que le maire vous a demandé quelque chose ?

JEAN-MARC AYRAULT
Oui, le maire de Marseille m'avait déjà, il y a 1 an, demandé un certain nombre de choses, je pense par exemple aux marins-pompiers de Marseille, l'Etat prend ses responsabilités, l'Etat est solidaire. Moi je ne m'occupe pas que de l'étiquette politique des gens, je m'intéresse, c'est les citoyens, c'est les habitants, mais en même temps, quand je constate que, je le disais tout à l'heure, 200 millions d'euros, pour la rénovation des quartiers Nord, ne sont toujours pas utilisés, je me dis que si c'est comme ça l'Etat doit être encore plus présent, et il l'est plus.

JOURNALISTE
Et les élus ici ne font pas le boulot ?

JEAN-MARC AYRAULT
Je veux que la population voit les résultats. Vous avez-vous-même donné la parole à des auditeurs, qui disent on jugera sur pièce parce qu'on a tellement été déçu, et on ne voit rien venir, voilà.

JOURNALISTE
Mais le bilan de Jean-Claude GAUDIN, vous pouvez dire ce matin qu'il est mauvais ou pas ?

JEAN-MARC AYRAULT
Moi je regarde la situation de Marseille, vous en parlez assez, vous dites que ça ne va pas, qu'il y a des choses à changer, il suffit de le constater, alors est-ce que c'est le bilan d'un homme ou est-ce que c'est le bilan de tout un ensemble ? moi je ne veux pas être tourné vers le passé, je veux être tourné vers l'avenir, c'est très clair, donc je donne aux Marseillais, qu'ils soient dans la ville de Marseille, dans tout ce territoire Aix-Provence, Marseille, les capacités de prendre leur destin en main. Si je ne faisais rien, je ne venais simplement apporter de bonnes paroles, ça ne servirait à rien, donc quand je suis venu il y a 1 an j'ai pris des engagements, aujourd'hui je viens les confirmer. Et il ne s'est pas rien fait depuis 1 an, en matière de sécurité par exemple, il y a eu du concret.

JOURNALISTE
Vous allez voir les habitants de la cité de la Castellane tout à l'heure, vous pensez vraiment…

JEAN-MARC AYRAULT
Je connais la cité de la Castellane, figurez-vous que j'y suis venu quand j'étais député, président du groupe socialiste, et ce que j'ai vu c'est qu'il y avait, vraiment d'abord des hommes et des femmes, et des jeunes qui, beaucoup d'entre eux sont au chômage, ils le sont encore, et puis j'ai vu qu'on avait laissé tomber ce quartier depuis des années, qu'on n'avait rien fait.

JOURNALISTE
Le maire l'a laissé tomber ?

JEAN-MARC AYRAULT
Je dis on a laissé tomber, après vous faites vos commentaires, je l'ai écouté votre commentaire, mais moi je veux changer les choses, donc c'est ça qui compte, et le reste ne m'intéresse pas.

JOURNALISTE
En 1 an vous pensez que les habitants vont vous dire, les habitants que vous allez voir ce matin, vont vous dire « bravo, la vie a changé en 1 an » ?

JEAN-MARC AYRAULT
Mais non, mais ce n'est pas ce que je viens de vous dire.

JOURNALISTE
Non, mais est-ce que depuis que la police est intervenue dans ces cités, est-ce que vous croyez que la vie a changé ?

JEAN-MARC AYRAULT
Il y a beaucoup de choses encore à changer, mais quand… il faut être honnête, et pas faire croire que parce que vous venez en septembre 2012, qu'en 1 an toute la vie a changé, tout a basculé, simplement nous avons mis en place des outils, l'organisation de l'Etat avec un préfet de police de plein exercice, il n'y en a que deux en France, il y en a un à Paris et il y en a un à Marseille, et puis qu'il y a des moyens, mais des moyens, il fallait rattraper le retard qui a été pris. Est-ce que vous vous souvenez que le gouvernement SARKOZY, qui parlait beaucoup de sécurité, a détruit des milliers et des milliers de postes de policiers, 10 000 en tout, de gendarmes, de magistrats, et donc qu'est-ce que j'ai eu à faire avec Manuel VALLS et Christiane TAUBIRA ici, c'est de redonner des moyens pour remettre à niveau, une nouvelle organisation, mais aussi davantage d'hommes, et davantage d'hommes sur le terrain, et il va y en avoir encore davantage, et puis en même temps des moyens d'enquêtes. parce qu'il y a deux choses à faire en matière d'ordre public et de sécurité, il y a l'espace public, on doit pouvoir circuler en toute sécurité, et les Marseillais et les habitants de tous les quartiers le demandent, ils veulent voir des policiers, mais il y a aussi un travail d'enquêtes, un travail en profondeur, pour casser les bandes, l'économie souterraine et l'économie de la drogue. Et vous parliez de la Castellane, ce n'est pas venu par hasard, c'est au moins 1 an de travail de la police, de travail d'enquêtes, et là on a démantelé tout un réseau, et ça a été spectaculaire. Mais en même temps, puisqu'on parle de la Castellane, je ne veux pas limiter la Castellane à cette affaire de drogue, de réseau qui a été démantelé, ce que je veux c'est que les habitants de Castellane eux aussi aient un avenir, et qu'on améliore leur quartier, qu'on améliore les services publics, qu'on améliore la formation des jeunes, qu'on leur donne du travail et qu'on donne aussi aux familles les moyens d'éduquer leurs enfants.

JEAN-LAURENT BERNARD
Sur ce sujet justement, c'est le deuxième volet, très important, l'emploi. Tout à l'heure vous avez parlé du retour des services publics, est-ce que ce serait une façon de ramener des emplois publics dans les quartiers, notamment quartiers Nord, est-ce que vous avez d'autres idées pour recréer des emplois sur Marseille, parce qu'on connaît le taux de chômage ?

JEAN-MARC AYRAULT
D'abord le grand projet de métropole qui sera mis en place pour le 1er janvier 2016, c'est la loi qui l'a dit, il va falloir préparer tout ça, préparer ça avec les élus, notamment les maires, je leur ai confirmé mercredi, je veux les associer, l'enjeu c'est à la fois les transports, le développement économique, créer les conditions pour le développement économique de soutien aux entreprises, mais aussi avec le volet formation, parce que c'est une région où il y a des offres d'emplois non satisfaites, et l'organisation de la formation ne va pas, et puis il y a l'urgence. L'urgence c'est d'être présent, et là les services publics, ce n'est pas uniquement d'embaucher dans les services publics, mais c'est aussi les services publics, notamment Pôle Emploi, qui n'est pas assez présent. Plus le taux de chômage est élevé, moins les moyens de Pôle Emploi sont élevés, donc il y a un problème. Donc j'annoncerai ce matin que les moyens de Pôle Emploi vont être orientés sur le terrain, dans les quartiers, là où les gens vivent, pour qu'il y ait un contact direct et pour qu'on puisse apporter des réponses. Et par exemple je souhaite, pour les jeunes, que les emplois d'avenir, les 100 000 emplois d'avenir que le gouvernement a créés, eh bien les jeunes Marseillais puissent aussi en bénéficier, et malheureusement je constate que c'est sans doute un des plus mauvais taux de France. Les emplois aidés, qui permettent aussi à ceux qui sont loin de l'emploi d'avoir une solution, en attente de pouvoir entrer dans une entreprise, là aussi il y a une sous-utilisation. Donc, pour ça, il faut une présence accrue de l'Etat, ça c'est l'action de l'urgence, pour les gens éloignés de l'emploi, les jeunes en particulier, c'est aussi la formation, et puis c'est aussi le soutien aux projets de développement économique, pas seulement des grandes entreprises, mais aussi des PME et parfois des très petites entreprises, et il y a partout, notamment à Marseille, dans les quartiers, des gens qui veulent créer des entreprises, et il faut les soutenir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 novembre 2013

Rechercher