Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur les suites à donner à la "une" d'un hebdomadaire d'extrême droite mettant en cause Mme Christiane Taubira, ministre de la justice, garde des sceaux, à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur les suites à donner à la "une" d'un hebdomadaire d'extrême droite mettant en cause Mme Christiane Taubira, ministre de la justice, garde des sceaux, à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Bruno Le Roux, député (président du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen - SRC) de Seine-Saint-Denis, à l'Assemblée nationale le 13 novembre 2013

ti :
Monsieur le Président,
Mesdames,
Messieurs les Députés


Je voudrais dire ma solidarité totale et amicale et fraternelle à Christiane Taubira, ministre de la Justice, garde des Sceaux qui est une grande ministre dont nous devons être tous fiers et qui représente le gouvernement de la France. Quand on s'attaque à elle, c'est sûrement une blessure personnelle mais c'est aussi une fonction que l'on attaque et c'est la République que l'on abîme.

Vous en avez encore une preuve de plus, ce matin avec cette "une" lamentable d'un journal d'extrême-droite contre la garde des Sceaux.

Une parution comme celle-là, Mesdames et Messieurs les Députés, ce n'est pas de l'information, c'est une infraction et cette infraction appelle une sanction !

C'est mon devoir de Premier ministre, comme l'article 40 du code de procédure pénale me le permet, de saisir le procureur de la République de Paris. C'est un fait qui manifestement est passible d'être qualifié d'injure publique à caractère racial. Je précise d'ailleurs que, dans le même temps, une enquête judiciaire est en cours concernant les faits qui se sont déroulés à Angers et que chacun a en mémoire.

C'est à la justice désormais de dire le droit, et elle le dira, mais c'est à nous, Mesdames et Messieurs les Députés, de rappeler à tous les Français que le racisme n'est pas une opinion mais un délit puni par la loi de la République.

La loi s'applique à tous, elle est la même pour tous, elle est la même partout, et le devoir du gouvernement est d'être intransigeant dans le respect des lois partout sur le territoire de la République.

Cela vaut pour les actes de délinquance, cela vaut pour les dégradations de biens publics, cela vaut pour les attaques contre les forces de l'ordre mais aussi contre toutes les expressions à caractère raciste ou antisémite.

Les auteurs de tous ces actes n'ont pas leur place dans les médias mais devant les tribunaux, Mesdames et Messieurs les Députés.

Je l'ai dit, je le dis, je le redis et je le redirai : la République ce sont des valeurs mais ce sont aussi, Mesdames et Messieurs les Députés, des règles. C'est d'abord le respect des lois, par ceux qui les ont votées et aussi par ceux qui sont chargés de les faire appliquer. C'est l'exemplarité qui s'applique à chacune et à chacun d'entre nous surtout quand on exerce un mandat public. La République, c'est l'ordre public, c'est la protection de tous les citoyens, et en particulier les plus fragiles.

C'est ma première mission, celle de tout le gouvernement : faire respecter la loi, et pour l'accomplir, je le redis ici, ma main ne tremblera pas !


Source http://www.gouvernement.fr, le 19 novembre 2013

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