Extraits d'un entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avec France Inter le 9 novembre 2013, sur les otages français et sur l'assassinat de deux journalistes de RFI au Mali. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extraits d'un entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avec France Inter le 9 novembre 2013, sur les otages français et sur l'assassinat de deux journalistes de RFI au Mali.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti :

Q - Autre sujet, les quatre otages français en Syrie : Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres. Vous l'avez dit, il y a des traces de vie, vous en avez. Savez-vous où ils sont ? Est-ce qu'ils sont ensemble ? Est-ce qu'ils sont regroupés ?

R - Nous avons encore sept compatriotes retenus en otage. Nous avons pu heureusement ramener quatre otages récemment, vous le savez, c'était formidable, mais nous en avons encore sept. Il faut donc continuer un travail qui est à la fois très discret, parce que si ce n'est pas discret c'est contre-productif, et qui veut être efficace. En ce qui concerne nos otages en Syrie, il y a effectivement des traces récentes de vie, mais sur les contacts, les méthodes, etc...

Q - Vous ne pouvez pas en dire plus ?

R - Vous m'excuserez si je n'en dis pas plus. J'ai acquis la conviction que c'est là la clé d'un succès.

Q - Reste aussi la montée en puissance des violences faites aux journalistes, on pense évidemment à Ghislaine Dupont et à Claude Verlon. On sait que l'enquête avance, la France a promis de punir les auteurs de ces assassinats. Où en sommes-nous de la traque, il y a des noms qui ont été évoqués ?

R - Oui, il ne faut pas prendre pour argent comptant toutes les informations que je vois dans tel ou tel média, mais il est vrai que les choses ont avancé, à la fois sur les circonstances dans lesquelles nos compatriotes ont été enlevés puis assassinés. Ce sont des circonstances absolument odieuses puisque ce sont des rafales de mitraillettes qui les ont abattus de manière froide.

Ensuite, bien sûr, des recherches ont commencé d'être effectuées, il y a beaucoup de monde qui fait cela. On remonte les pistes, on a des indications, notamment sur les commanditaires. Aqmi a exprimé une revendication. Elle me semble plausible, mais pour les personnes proprement dites, on remonte le film.

Vous savez, là aussi, c'est quand les gens sont vraiment pris, que tout est clair et précis, que l'on peut communiquer. Avant, cela risque d'être contre-productif. En tout cas, pour ce qui concerne les journalistes, j'ai dit que lorsqu'un journaliste est attaqué et assassiné, finalement c'est un double crime, à la fois contre sa personne et puis c'est la liberté d'informer que l'on veut bâillonner et assassiner. Donc, il faut être d'autant plus intransigeant, très ferme et dire à l'ensemble de vos collègues journalistes qu'il faut qu'ils continuent leur métier, évidemment de manière prudente, vigilante, on ne peut pas aller n'importe où, mais il est indispensable d'informer.

Q - Et il est indispensable aussi évidemment de protéger les ressortissants français, c'est aussi le devoir de l'État !

R - Bien sûr !

Q - Ça va ensemble.

R - Bien sûr.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 novembre 2013

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