Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur les perspectives du dialogue franco-allemand en 2014, à l'Assemblée nationale le 26 novembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur les perspectives du dialogue franco-allemand en 2014, à l'Assemblée nationale le 26 novembre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Jean-Luc Laurent, député (apparenté SRC) du Val-de-Marne, à l'Assemblée nationale le 26 novembre 2013

ti : Merci monsieur le président,
Monsieur Jean-Luc Laurent,
Monsieur le député,


Vous avez raison de dire que nous entrons, ou nous devons entrer dans une nouvelle étape. Le président de la République dès sa prise de fonction, le 15 mai 2012, a immédiatement agi pour la réorientation de l'Europe dans le sens de la croissance. Nous avons réussi ensemble à stabiliser la zone euro. Je vous rappelle qu'il y a un peu plus d'un an l'euro, on se demandait même si cette monnaie allait survivre, et nous sommes maintenant entrés dans une nouvelle phase, une nouvelle perspective de croissance pour la France et pour l'Europe. Mais, il faut aller plus loin. Et, effectivement après les élections allemandes il y a une opportunité pour avoir une vraie discussion sur la réorientation de l'Europe, pas seulement avec l'Allemagne, mais aussi avec l'Allemagne. Et ce qui se passe en ce moment est une opportunité à saisir.

Le président de la République, vous vous souvenez lors de sa dernière conférence de presse, a fait toute une série de propositions sur l'avenir de la zone euro, avec l'accélération de l'Union bancaire, qu'il faut absolument réussir, avec une meilleure coordination des politiques économiques, avec la volonté aussi de créer une communauté européenne de l'énergie, voilà un cadre, voilà une base, mais, là il faut passer évidemment à cette étape que vous évoquez.

La Commission européenne a donné un avis sur toutes les politiques économiques de chaque Gouvernement. C'est utile, et en effet il faut éviter les distorsions de compétitivité. Vous avez salué les efforts qui sont faits. On ne va pas se plaindre que l'industrie allemande soit vigoureuse, qu'elle soit compétitive, qu'elle soit exportatrice.

Mais, il faut aussi harmoniser davantage, et en particulier sur le plan social, car même si nous sommes dans un marché unique, même si nous appartenons à la même zone monétaire, il ne faut pas de distorsions de concurrence sur le plan social, qui s'apparentent entre certains pays à du dumping social. Et nous ne pouvons que saluer positivement ce qui se prépare dans le cadre d'une négociation de grande coalition en Allemagne pour la mise en place d'un Smic. Parce que quand, en effet, certaines de nos activités économiques, je pense à l'agroalimentaire mais aussi dans d'autres secteurs, sont en compétition avec des entreprises où l'on paye à 3 ou 4 euros de l'heure, comment voulez-vous que nous puissions être compétitifs ?

Nous avons nos propres efforts à faire et c'est ce que nous avons engagé avec le pacte de compétitivité. Mais nous ne pouvons pas accepter cette situation sur le plan social. L'Europe ça n'est pas seulement la coordination des politiques budgétaires, c'est aussi la coordination des politiques d'investissements, c'est aussi la coordination des politiques sociales non pas vers le bas mais vers le haut. Et si un SMIC est instauré en Allemagne, alors il faut pousser plus loin pour avoir un SMIC européen. Il faut également demander la renégociation de la directive travailleurs détachés et nous n‘accepterons pas avec Michel Sapin, lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres du Travail, une modification de la directive travailleurs détachés au rabais. L'harmonisation sociale par le haut est une nécessité, pas seulement pour les droits des travailleurs, d'abord pour les droits des travailleurs mais aussi pour la croissance.

Et je me réjouis, mesdames et messieurs les députés, que dans la négociation de la grande coalition, la politique s'oriente vers davantage d'investissements, notamment dans l'éducation, notamment dans la recherche, notamment dans les infrastructures et c'est là que les excédents allemands seront utiles à l'Allemagne mais aussi à toute l'Europe. Quand on investit davantage chacun dans notre pays, c'est toute l'Europe qui en profite. Voilà, la réorientation de l'Europe est en marche pour la croissance, pour l'emploi, pour la cohésion sociale.


Source http://www.gouvernement.fr, le 27 novembre 2013

Rechercher