Déclaration de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, en réponse à des questions portant sur les contours du futur service citoyen de sécurité civile et l’augmentation des attaques contre des commerçants, à l'Assemblée nationale le 4 décembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, en réponse à des questions portant sur les contours du futur service citoyen de sécurité civile et l’augmentation des attaques contre des commerçants, à l'Assemblée nationale le 4 décembre 2013.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel.

FRANCE. Ministre de l'intérieur

Circonstances : Questions au gouvernement posées par M. Jacques Krabal, député (Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste - RRDP) de l'Aisne, et par M. Michel Terrot, député (UMP) du Rhône, à l'Assemblée nationale le 4 décembre 2013

ti : * Question de Jacques Krabal, député Divers Gauche (Groupe RRDP) de L'Aisne

Monsieur le président, mes chers collègues, monsieur le ministre de l'Intérieur. Aujourd'hui 4 décembre, c'est la Sainte Barbe, patronne des sapeurs-pompiers. Collectivement, rendons hommage à ces serviteurs de la Nation, à leurs valeurs, leur engagement et leur volonté de servir. Rappelons que, en service, ce sont huit d'entre eux qui sont morts en 2013, plus de 13 000 ont été blessés en 2012. Oui, les soldats du feu méritent notre reconnaissance. Au congrès de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers à Chambéry le 12 octobre, le président de la République et vous-même avez abordé leurs préoccupations. Pour les professionnels, où en est-on de la réforme de 2012 et, surtout, de la perte de leurs acquis ? Pour les volontaires, avec les difficultés de recrutement, vous avez pris l'initiative d'un plan national très positif qui intègre une campagne de communication, des avantages sociaux, une action auprès de la Commission européenne pour que le volontariat ne soit pas assimilé au travail salarié. Mais, Monsieur le Ministre, le plan sera-t-il suffisant pour endiguer les pertes qui s'élèvent à moins 2200 volontaires en un an ? Le volontariat est un exemple pour notre jeunesse et pour notre pays. S'engager pour la société, c'est ce que la République doit promouvoir pour faire reculer l'égoïsme et le repli sur soi. L'engagement citoyen, c'est retisser du lien social et reconstruire de la responsabilité individuelle. Aussi, Monsieur le Ministre, où en est-on du service citoyen de sécurité civile ? Pourquoi ne pas envisager la création d'un service civique pour toute notre jeunesse ? C'est la proposition du groupe RRDP. Avec la crise morale, sociale et le chômage que nous traversons, nous devons aussi rappeler à nos habitants, comme le disait John Fitzgerald Kennedy, « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous faites pour votre pays ». Monsieur le Ministre, pour les sapeurs-pompiers et pour la …, je vous remercie de vos réponses.

Manuel Valls, ministre de l'Intérieur

Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, monsieur le Député Jacques Krabal. Vous avez raison, en ce jour de la Sainte Barbe, c'est l'occasion de rendre un hommage à l'ensemble des sapeurs-pompiers. J'ai tenu, hier soir, d'ailleurs, à accueillir un détachement qui revenait des Philippines et j'ai envoyé, évidemment, un message de reconnaissance aux 250 000 sapeurs-pompiers de notre pays. Lors du congrès de Chambéry, vous l'avez évoqué, j'ai signé, au côté des élus – je salue, évidemment, Jean-Paul Bacquet – un plan national pour le volontariat car c'est un sujet de préoccupation. Le président de la République, à Chambéry, a ouvert de nombreux dossiers dont, notamment, celui de la reconnaissance que nous devons aux sapeurs-pompiers. Vous m'avez interrogé sur une des mesures de ce plan, le service citoyen de sécurité civile. Il s'agit, avec l'appui des SDIS, des élus donc, des unités militaires de la Sécurité civile, d'offrir aux jeunes un apprentissage sur les valeurs qui fondent l'engagement citoyen des sapeurs-pompiers. Ce nouveau civique concernera, même si c'est un début modeste, 1500 jeunes par an. Il devra leur permettre de s'engager pour trois ans comme sapeur-pompier volontaire. Il contribuera également à la diffusion, et c'est essentiel, d'une culture de la Sécurité civile parmi les jeunes. Et puis, le gouvernement, je veux le souligner, n'oublie pas les sapeurs-pompiers professionnels. Nous avons restauré un dialogue équilibré avec toutes les organisations syndicales et ils seront concernés, en 2014, par la revalorisation de la catégorie C de la fonction publique. Ce n'est pas seulement le gouvernement, ce n'est pas seulement le Parlement, mais la Nation dans son ensemble qui témoignent aux sapeurs-pompiers sa considération et sa reconnaissance pour l'engagement au service de la population et, dans ces temps difficiles de crise de confiance, l'engagement des sapeurs-pompiers, le lien entre eux et la Nation méritent d'être soulignés et d'être soutenus.


* Question de Michel Terrot, député UMP du Rhône

Monsieur le Président, avant de poser ma question, je voudrais dire à madame Taubira que la façon dont elle répond aux questions posées par les parlementaires de l'opposition est tout à fait inacceptable. Madame, vous avez certes, un droit au respect, mais vous avez aussi, un devoir de respect et je déplore d'avoir à vous le rappeler. Ma question, Madame… Ma question s'adresse à Monsieur le Premier ministre. (...) Jeudi dernier...Eric Beyle... Bijoutier à Sézanne, se faisait braquer par Fatihé Mehenni, déjà condamné à 10 reprises. On connaît la suite. Dans un réflexe de défense, le bijoutier abattait celui qui le menaçait de son arme ; deux vies brisées. Monsieur le Premier ministre, en apprenant ce drame, n'avez-vous pas été interpellé sur les conséquences de votre politique pénale et de votre entreprise de déconstruction systématique des mesures de lutte contre la récidive ? (...) Quelques jours auparavant, le 21 novembre, à Osny, une bijouterie située dans un centre commercial était également braquée, et les malfaiteurs prenaient la fuite avec plusieurs dizaines de milliers d'euros de bijoux. Ces faits, Monsieur le Premier ministre, sont spectaculaires. Malheureusement ils tendent à se banaliser, tant ils se répètent. Dans les zones rurales ou périurbaines, on assiste également à l'augmentation des attaques contre les commerçants, comme les buralistes ou les boulangers, parfois pour quelques centaines d'euros. Les particuliers ne sont pas épargnés, avec une explosion des cambriolages. De surcroît, bien des élus de votre majorité renâcle à développer la vidéosurveillance, ce qui constitue un renoncement et en quelque sorte, un désarmement moral. Monsieur le Premier ministre, quand allez-vous enfin entendre la souffrance de ces commerçants qui travaillent dur, cotisent beaucoup…Et ne demandent que…

Manuel Valls, ministre de l'Intérieur

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Député, je me rendrai à Sézanne vendredi, mais j'ai en tête, alors que la Justice est en train de faire son travail et qu'il faut la laisser travailler dans la sérénité, les mots de ce bijoutier, évoquant la mort d'un homme qui est forcément toujours un drame, et demandant – et ça, je pense que ça s'adressait peut-être d'abord à tous les responsables politiques – de ne pas exploiter cette affaire, de ne pas exploiter ce type de drame. Et la dignité de ce bijoutier qui, lui-même, vit un drame, et qui avait déjà connu des braquages, doit être, je crois, prise en considération par chacun. Ce sont des sujets sérieux. Les cambriolages, les braquages ont explosé au cours de ces dernières années, et plutôt que de polémiquer sur ce sujet-là, nous devrions essayer ce que j'essaie de faire, avec les élus, mais d'abord avec les Forces de l'ordre, mettre en place les dispositifs nécessaires pour s'attaquer à ces faits qui, évidemment, touchent d'abord les commerçants, les bijoutiers, les joaillers et d'autres catégories de commerçants. Mais ce matin – je terminerai avec cela, puisqu'il faut mettre les points sur les « i » – en installant la nouvelle promotion de policiers à la Préfecture de Police de Paris, je rappelais – parce qu'il y a des faits qui parlent – que 13.700 postes de policiers et de gendarmes ont été supprimés entre 2007 et 2012, et cela a forcément des conséquences sur le terrain. Et c'est ce gouvernement, parce que c'était un engagement du président de la République, qui a décidé de remplacer tous les départs à la retraite, de créer 400 à 500 postes de policiers par an, de policiers et de gendarmes et de mettre en place des dispositifs, une collaboration avec les élus et avec la Justice, parce que c'est dans la durée avec la volonté de s'attaquer aux maux et dans le rassemblement, que nous serons efficaces contre la délinquance.


Source http://www.interieur.gouv.fr, le 6 décembre 2013

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