Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur la question de la paix et de la sécurité en Afrique, à Paris le 6 décembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur la question de la paix et de la sécurité en Afrique, à Paris le 6 décembre 2013.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

Circonstances : Sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, les 6 et 7 décembre 2013

ti :
Mesdames et Messieurs,


Nous avons souhaité, avec le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, vous faire un point sur la session de travail en cours du Sommet de l'Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique.

Comme vous le savez, il y a trois volets dans ce sommet : le volet paix et sécurité, abordé cet après-midi ; et demain le volet partenariat économique et développement, et celui concernant le changement climatique.

La question de la paix et de la sécurité est actuellement abordée par 26 des orateurs présents sur les 53 délégations. Chacune et chacun des chefs d'État et de gouvernement présents a souhaité apporter sa contribution au débat.

Cela a commencé par des interventions institutionnelles, au nom de l'Union africaine, Mme Zuma, puis le président de la Gambie, le président Ouattara au nom de la CEDEAO, le président Deby au nom de la CEEAC, et le président de la COMESA. Le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, est également intervenu, ainsi que de nombreux autres. Il s'agit d'un débat extrêmement dense.

Les principaux sujets abordés par les différents orateurs ont été les suivants. Chacun a naturellement tenu à rendre hommage à Nelson Mandela. Il s'agissait d'un hommage profond et extrêmement émouvant.

Les interventions sont tout-à-fait convergentes. La déclaration finale qui sera adoptée le sera à l'unanimité. Certains points ont été particulièrement mis en avant.

Le premier, c'est la conviction qu'il appartient aux Africains d'assurer leur sécurité. Il y a certes un paradoxe, puisque cette réunion se tient au moment même où débute l'intervention en Centrafrique. Des forces africaines sont bien sûr impliquées, mais elles ont besoin d'appui. Cela a également été le cas au Mali.

L'objectif est que les forces africaines puissent elles-mêmes assurer la sécurité du continent. Chacun des orateurs a convenu que nous n'en étions pas encore là. La question qui se pose à nous est donc la suivante: comment pouvons-nous aller mieux et plus loin?

Il a été fait référence à l'architecture de paix de l'Afrique et aux méthodes pour faire monter en régime le plus vite possible la capacité africaine de réponse immédiate aux crises, la CARIC. Il s'agit d'une décision de l'Union africaine. Beaucoup d'orateurs ont insisté sur le fait qu'il devait y avoir une organisation sous-régionale, puis une organisation au niveau du continent dans son ensemble. Les principaux problèmes posés étant, évidemment, ceux du financement et la qualité des équipements. Des propositions très précises ont été faites. Elles vont permettre de faire avancer la mise en place rapide de cette force au niveau du continent.

Nous avons constaté, Jean-Yves Le Drian et moi-même, la convergence des points de vue. Cela nécessitera cependant de régler un certain nombre de problèmes, notamment financiers.

L'apport de la France a été souligné. Le président de la République l'a rappelé dans son intervention à l'Élysée : la France est prête à apporter sa contribution en termes d'équipements et de formation.

Plusieurs intervenants ont insisté, en présence du secrétaire général des Nations unies, sur la nécessité que la place de l'Afrique soit renforcée dans le cadre d'un Conseil de sécurité des Nations unies élargi.

Beaucoup sont intervenus pour souligner et se réjouir des avancées importantes réalisées par l'Union africaine. L'Union africaine, les communautés économiques régionales et les États africains ont contribué puissamment à la mise en oeuvre d'opérations de paix africaines. La Somalie, la Guinée-Bissau, le Burundi, le Soudan, les Comores ont bien sûr été cités.

L'autre point crucial qui a été mis en avant est celui du terrorisme. Tous les intervenants conviennent que la lutte contre le terrorisme doit être menée au niveau continental et intercontinental. Il est également nécessaire d'accorder une attention prioritaire à la question des espaces frontaliers et de la sécurité des frontières.

Les intervenants ont convenu que l'objectif de sécurité et celui de développement étaient convergents. On ne peut pas séparer un objectif de l'autre : aucun développement n'est possible sans sécurité. De même, la pauvreté et l'insuffisance du développement forment à long terme le terreau de l'insécurité et du développement.

Pour résumer, nous assistons à des débats riches, où se dégagent de véritables convergences. La qualité des interventions est remarquable. Une gratitude est également exprimée à l'égard de l'accueil de la France dans ce sommet, et au regard des actions que mène notre pays, en liaison avec l'Europe, en particulier au Mali et aujourd'hui en République centrafricaine.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 9 décembre 2013

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