Déclaration de M. Victorin Lurel, ministre des outre-mer, sur l’emploi des jeunes des Outre-mer et l’acquisition des savoirs de base, notamment par l’action du Service militaire adapté et des Ecoles de la deuxième chance, à Paris le 6 décembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Victorin Lurel, ministre des outre-mer, sur l’emploi des jeunes des Outre-mer et l’acquisition des savoirs de base, notamment par l’action du Service militaire adapté et des Ecoles de la deuxième chance, à Paris le 6 décembre 2013.

Personnalité, fonction : LUREL Victorin.

FRANCE. Ministre des outre-mer

Circonstances : 4ème édition des ateliers InterDOM, salon de l'Aveyron - Bercy village, à Paris le 6 décembre 2013

ti : Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mon général,
Mesdames et messieurs,


Je tiens à remercier Mathieu Lefèbvre de la direction générale des outre-mer, pour la synthèse éclairante qu'il a livrée de vos travaux. Et je veux également remercier les intervenants et les participants d'avoir nourri les débats de leurs points de vue, de leurs expériences et de leurs propositions.

Je suis particulièrement heureux de vous retrouver pour clore cette 4ème édition des Ateliers Interdom, consacrés à l'emploi et à l'insertion professionnelle des jeunes dans les outre-mer.

C'est un sujet prioritaire pour le gouvernement, qui est engagé depuis bientôt 19 mois dans une bataille difficile contre le chômage. Et c'est naturellement un sujet qui me tient personnellement à coeur compte tenu de la situation particulièrement préoccupante de l'emploi dans les outre-mer depuis des décennies.

Oui, c'est une mobilisation de tous les acteurs de l'emploi, de l'insertion, de la formation qui est plus que jamais nécessaire.

A ce titre, je suis particulièrement satisfait d'avoir pris part, à l'instant, à la signature de plusieurs conventions qui traduisent précisément la volonté des signataires de s'engager, de façon convergente et collective, pour améliorer la situation des jeunes des outre-mer.

Durant cette journée, vous avez structuré vos échanges autour des différentes étapes clés du parcours d'insertion des jeunes : de la formation à l'insertion dans l'emploi durable.

Aujourd'hui, vous avez eu l'occasion de le rappeler : la jeunesse ultramarine rencontre, dans son parcours d'insertion, des difficultés spécifiques que nous devons prendre en compte.

Un grand nombre de jeunes ultramarins sont en difficulté avec les savoirs fondamentaux : la lecture, l'écriture, le calcul.

Un grand nombre de jeunes ultramarins quittent le système scolaire sans diplôme.

Or, en cas de crise, c'est bien le diplôme et la formation qui constituent le bouclier le plus solide face au chômage.

Forts de ces constats partagés, vous avez consacré la première table ronde à la lutte contre l'illettrisme et au moyen de permettre à tous les jeunes concernés de maîtriser les compétences nécessaires pour accéder durablement à l'emploi.

En cette année où l'illettrisme a été classée grande cause nationale, ce doit être particulièrement une grande cause dans les outre-mer où des actions sont aujourd'hui entreprises pour casser une réalité pénalisante pour nos territoire.

Lutter contre l'illettrisme dans les outre-mer, cela a été dit, cela passe par une mobilisation de tous les acteurs engagés dans ce combat, par une mutualisation, aussi souvent que possible, des outils disponibles pour remettre les jeunes dans une dynamique d'acquisition des compétences de base, pour les remettre dans une dynamique d'insertion sociale et professionnelle.

Les exemples de mobilisation collective et de mutualisation des financements existent.

Vous avez évoqué l'exemple du Programme régional d'éducation et de formation de base (PREFOB), mis en place en Guyane dès 2007 et qui mobilise de nombreux partenaires publics et privés, préoccupés de promouvoir l'accès des jeunes notamment aux compétences de base.

Il y a aussi les Ecoles de la deuxième chance, qui sont une réponse très concrète à ces réalités et qui obtiennent des résultats encourageants.

Je veux également mentionner l'action très efficace du Service Militaire adapté. Ce dispositif militaire de formation et d'insertion professionnelle au profit des jeunes d'outre-mer leur apporte les savoirs de base, savoir-faire et savoir-être indispensables à une insertion réussie. D'ailleurs, le taux d'insertion pour les jeunes issus du SMA est particulièrement satisfaisant. Fort de ces résultats, le SMA bénéficiera d'une augmentation de 8% de ses crédits et pourra ainsi accueillir près 5500 jeunes en 2014.

J'ai la conviction qu'il faut poursuivre sur les chemins d'innovations partenariales pour agir ensemble, coalisés, contre l'illettrisme.

Faciliter le travail partenarial, c'est partager les outils de lutte contre l'illettrisme avec les autres acteurs, c'est partager ses pratiques.

Faciliter ce travail partenarial, c'est instaurer des échanges réguliers entre les acteurs. C'est pourquoi je demande à mes services de conduire une réflexion avec le département ministériel pilote, la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle, pour mettre en place une mission particulière à la lutte contre l'illettrisme au sein des Comités de Coordination Régionaux de l'Emploi et de la Formation Professionnelle (CCREFP) dans les outre-mer.

Cette mission spécifique contribuerait à assurer la coordination des acteurs et de la prévention de l'illettrisme.

Je serai très attentif à la concrétisation de ces actions, à leur bonne articulation avec l'implication renforcée des conseils régionaux, à qui le nouvel acte de décentralisation devrait confier une compétence étendue en la matière, et avec l'implication renforcée des partenaires sociaux.

Je serai très attentif à la prise en compte de la réalité et des besoins qui s'expriment aujourd'hui sur les différentes géographies ultramarines en termes d'accès aux compétences clés et de lutte contre l'illettrisme.

Mais notre effort collectif doit aussi se poursuivre sur ce chemin de l'insertion.

Je l'ai rappelé à l'instant : la jeunesse ultramarine construit son avenir dans un contexte économique et social difficile.

Les chiffres sont bien connus : le taux de chômage des jeunes ultramarins de moins de 25 ans est deux fois et demie plus élevé en outre-mer que dans l'hexagone, en raison notamment de la faible qualification d'un grand nombre de jeunes.

L'accès à la qualification et la sécurisation des parcours de ce public vers une insertion professionnelle durable doivent constituer des axes forts de notre engagement collectif. Ces thématiques ont fait l'objet de la deuxième table ronde.

Je relève avec grand intérêt que vos échanges ont permis de valoriser les bonnes pratiques mises en oeuvre sur les territoires ultramarins pour sécuriser les parcours des jeunes vers l'insertion professionnelle.

L'accès à la formation, en mobilité ou en outre-mer, l'accès au logement, aux transports, à des modes de garde pour les jeunes parents constituent des points particulièrement importants pour nos jeunes des outre-mer. Je tiens d'ailleurs à souligner le travail réalisé par LADOM pour assurer l'effectivité de la continuité territoriale en permettant notamment à ces jeunes de se former en métropole sur des formations qui ne sont pas dispensées sur leur territoire.

Je vous encourage à reproduire ces bonnes idées sur vos territoires respectifs, dès lors qu'elles y ont du sens et concourent à améliorer la situation de l'emploi des jeunes.

Sécuriser les parcours vers l'emploi et l'insertion, c'est bien sûr veiller à ce que l'ensemble des actions conduites puissent s‘inscrire dans un cadre global et cohérent.

Vous le savez, le Président de la République a déclaré l'emploi des jeunes, priorité du quinquennat.

Vous le savez, dès le mois de mai 2012, le Gouvernement a donné la priorité à cette problématique en mettant en place des mesures d'urgence qui portent leurs fruits.

Je veux citer les emplois d'avenir par exemple, qui représentent un véritable tremplin vers l'emploi pour les jeunes les plus éloignés de l'emploi.

Aujourd'hui, dans le contexte de la garantie pour la jeunesse européenne, la mise en place de la garantie jeune française ainsi que l'Initiative européenne ont vocation à constituer un cadre solide de déploiement des actions pour la jeunesse.

Sécuriser les parcours vers l'emploi et l'insertion, c'est aussi sécuriser les financements.

Je tiens à souligner ici l'engagement de la Commission européenne : les fonds européens représentent un réel levier d'optimisation de nos politiques publiques en la matière.

Enfin, il ne faut pas perdre de vue l'objectif des actions et parcours engagés : trouver un emploi.

Votre troisième table ronde vous a permis d'apprécier les moyens d'aider la jeunesse ultramarine à saisir les opportunités économiques, localement et à l'extérieur du territoire.

Je veux vous redire mon attachement à tout ce qui permet, localement ou dans le cadre d'une mobilité, à un jeune de construire un parcours épanouissant dans une collectivité, dans une entreprise ou dans sa propre entreprise.

Cet épanouissement est affaire de rencontre entre un jeune, ses compétences, un territoire, un employeur public ou privé.

Je vous encourage à renforcer vos diagnostics territoriaux des besoins à court et moyen termes des employeurs publics ou privés : vous assurez ainsi une bonne adéquation des parcours de formation et d'insertion au tissu économique et les inscrivez dans un schéma économique territorial de long terme.

En conclusion, je souhaite que cette 4ème édition des Ateliers Interdom vous ait apporté de nouvelles pistes de réflexion et de travail.

Je vous donne rendez-vous dans un an pour faire le bilan des avancées qu'elles auront favorisées.


Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 13 décembre 2013

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