Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avec Itélé et Europe 1 le 15 décembre 2013, notamment sur l'intervention militaire française en Centrafrique, la lutte contre le terrorisme islamiste, la construction européenne et sur la disparition de Nelson Mandela. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avec Itélé et Europe 1 le 15 décembre 2013, notamment sur l'intervention militaire française en Centrafrique, la lutte contre le terrorisme islamiste, la construction européenne et sur la disparition de Nelson Mandela.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères

ti : Q - Est-il vrai que l'avion présidentiel a été ou aurait été menacé sur l'aéroport de Bangui par les milices Seleka ?

R - J'étais dans cet avion présidentiel et nous avons passé toute la soirée et une partie de la nuit à Bangui. Je n'ai absolument pas entendu parler de cela.

Q - Vous auriez été au courant ?

R - oui.

Q - Et le président de la République ne l'a pas su non plus ?

R - Nous étions ensemble.

Q - On nous dit que les 1.600 militaires français ne savent pas quelle est aujourd'hui la véritable mission en Centrafrique.

R - Bien sûr qu'ils le savent et ils font un travail admirable. Nous avions décidé, avec le président de la République, d'aller à Bangui au début de la semaine. Nous avons ensuite appris dans la nuit que deux jeunes soldats français de 22 et 23 ans avaient été tués.

Le président a rassemblé tous les soldats qui étaient là, sous les ordres du général Soriano qui est un homme remarquable. Il s'est adressé à eux et il y avait une émotion extrêmement forte. Nous avons ensuite discuté avec ces soldats admirables et nous avons parlé de leur mission.

Quelle est cette mission ? Premièrement, le désarmement impartial. Si la France n'était pas intervenue, avec d'autres pays africains, la République centrafricaine aurait sombré dans la guerre civile et interreligieuse.

Je comprends que les Français se disent que c'est loin, que cela peut coûter cher, mais quand vos amis sont sur le point d'être massacrés, quand l'Organisation des Nations unies, à l'unanimité, vous demande d'intervenir, la France a la responsabilité de le faire.

Vous allez là-bas pour désarmer de manière impartiale. Vous allez là-bas pour aider l'action humanitaire et vous allez là-bas pour préparer la transition démocratique.

Q - Avec 1.600 soldats, sur un mandat limité dans un pays aussi immense que la Centrafrique, comment faire ?

R - Il y a 1.600 Français et 6.000 soldats africains.

Q - Ils sont peu opérationnels !

R - Vous n'êtes pas allé là-bas. Je m'y suis rendu deux fois. J'y suis allé il y a trois semaines et je peux vous dire que ces soldats sont courageux. On ne peut pas être là, assis, et dire qu'ils ne sont pas bons. Je vous le dis, ce sont des gens formidables.

Nous sommes dans ce pays pour l'assistance humanitaire, le désarmement impartial et la préparation à la transition démocratique.

Q - Vous dites qu'il faut les désarmer d'une manière impartiale, mais on a désarmé d'abord les musulmans, ce qui a permis aux chrétiens d'aller tuer des musulmans.

R - C'est inexact. Il y a des musulmans qui composent un groupe qu'on appelle «l'ex-Seleka». Ce groupe été dissous, en théorie, par le président actuel, M. Djotodia qui est leur ancien chef. Mais ils conservent des armes. Donc la première tâche, c'est d'aller les désarmer.

Mais il y a aussi des chrétiens, qu'ils soient catholiques ou protestants, qui disposent également d'un certain nombre d'armes, notamment des machettes. C'est extrêmement dangereux aussi, et il convient de les désarmer.

Nous ne sommes pas seuls. Hier, Jean-Yves Le Drian, qui était en mission en RCA, est revenu à Paris. Je me suis entretenu avec lui. Il m'a dit que les patrouilles étaient constituées de soldats français et africains, avec des Congolais et des Tchadiens.

Q - C'est très dangereux ; on l'a vu lorsque nos deux soldats sont morts. Est-ce qu'il ne va pas y avoir un enlisement et de plus en plus de victimes françaises ou africaines lors de ce désarmement, qui doit se faire personne par personne, bloc par bloc ?

R - Il est vrai que c'est une tâche très difficile, mais c'est la mission qui nous a été donnée par l'Organisation des Nations unies et l'Union africaine. La semaine dernière à Paris, 52 pays d'Afrique, à l'unanimité plus le Secrétaire général des Nations unies et les dirigeants européens ont salué l'engagement de la France.

Q - Il n'y a pas trop de missions pour la France. Finalement, on a l'impression qu'il n'y a que la France qui doit aller au Mali, qui doit aller en Centrafrique !

R - C'est en effet un problème important. La France n'est pas le gendarme de l'Afrique mais il se trouve que pour le moment - et nous travaillons à ce que cela change- la France est le seul pays qui dispose des forces capables d'intervenir en nombre.

Il faut changer cela, c'est la raison pour laquelle nous avons décidé avec les Africains de mettre sur pied ce qu'on appelle «une force interafricaine d'action rapide». Elle sera capable d'ici deux ans d'intervenir dans ce type de crise.

Pourquoi n'y a-t-il pas d'armée africaine suffisamment solide ? Tout d'abord parce que cela coûte cher et souvent les budgets de ces États sont insuffisants ; ensuite, parce qu'un certain nombre de dirigeants africains hésitent à créer une armée parce qu'ils redoutent que les chefs d'armées ne se retournent contre eux. Il faut donc une force interafricaine. Nous allons la mettre sur pied avec les Européens et les Africains.

Nous avons demandé bien évidemment de ne pas être seul. Près de 6.000 militaires et policiers africains seront bientôt déployés en République centrafricaine. Ensuite, il y a les Européens. Je ne serai pas étonné qu'ils renforcent leur présence. Les Polonais seront notamment avec nous sur le plan logistique, de même que les Britanniques, les Allemands, les Espagnols et les Belges. Demain, j'irai au Conseil des ministres des affaires étrangères et je demanderai qu'il y ait un concours plus solide, plus fort, y compris sur le terrain et sur le plan financier.

Q - Ils donnent des hommes ?

R - Deux pays sont en train de s'interroger, j'espère qu'ils le diront.

Le problème que vous soulevez à juste titre, c'est qu'il n'existe pas encore d'Europe de la défense. Nous souhaitons qu'elle puisse exister. Il y a des unités qui pourraient intervenir. Actuellement, elles sont dirigées par les Britanniques mais cela change tous les six mois. Dans ce cas précis, ils disent que ce n'est pas suffisamment européen et qu'il n'y a pas eu suffisamment de délibérations.

En Europe, la France n'est pas seule et nous ne pouvons pas, en matière de souveraineté, obliger les autres pays à être présents. Dans l'immédiat, en République centrafricaine, l'urgence reste cependant de venir au secours d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont en train de mourir.

Q - Il faudra augmenter le contingent ?

R - Non, nous ne l'augmenterons pas. Il y a 4,5 millions de personnes en Centrafrique, près de la moitié sont en situation de pré-famine et il n'y a que sept chirurgiens. Il faut donc que la France, l'Europe, les Africains et la communauté internationale se mobilisent. Quand on représente la France et que l'on voit ses amis se faire massacrer, on agit.

Q - Alors qui peut aider sur le plan humanitaire ? Il y a la famine, la nourriture à apporter. Est-ce qu'il n'y a pas un appel à lancer au monde ?

R - Il y a l'Europe et les Nations unies. Vous vous rappelez que c'est François Hollande le premier qui, à la tribune des Nations unies, a dit au mois de septembre dernier, qu'il fallait s'occuper de la Centrafrique.

Q - Il l'avait dit le 29 août aussi devant les ambassadeurs et avec vous.

R - Tout à fait.

Q - Mais est-ce qu'on n'a pas fait une erreur en laissant tomber M. Bozize il y a neuf mois ?

Aujourd'hui, il faut régler les problèmes d'aujourd'hui. Que fait-on pour ceux qui sont en train de mourir de faim.

R - D'abord il faut régler les problèmes d'aujourd'hui.

Il y a un changement par rapport à la pratique précédente de la France, c'est que ce n'est pas la France qui fait ou qui défait les dictateurs. La France est au secours des Africains. Ce n'est pas la même chose.

Q - Alors c'est Djotodia qui est à la tête des Seleka ?

R - Non. Il l'était mais il ne l'est plus, c'est le président de transition. Le Premier ministre est M. Tiangaye.

Q - Est-ce qu'il pourra être candidat aux élections présidentielles ?

R - Non, ils n'auront pas le droit de l'être. C'est ce qui a été décidé par l'Union africaine. Ils ne pourront pas l'être mais il faut préparer la transition démocratique. Donc, je le répète : il faut tout d'abord un désarmement impartial, une assistance humanitaire et la préparation de la transition démocratique. C'est le rôle de la France.

(...).

Q - On a appris qu'il y avait eu des arrestations au Mali. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire à ce sujet ?

R - Au Mali a lieu aujourd'hui le deuxième tour des élections législatives. Demain, l'Assemblée nationale sera constituée. Un président de la République a été très largement élu. Il y a encore, au Nord, un certain nombre de difficultés mais, dans l'ensemble, le Mali est sécurisé.

Au début de l'année, en janvier, le Mali était sur le point de devenir le premier État terroriste du monde. Nous sommes au mois de décembre et, grâce à l'action de la France, le Mali a recouvré son intégrité et son indépendance, il y a un président légitimement élu et, ce soir, il y a une Assemblée nationale. Je tiens à saluer l'action que la France a effectuée avec les Africains.

Q - À condition que toutes les menaces terroristes soient réglées. Or, il y avait des terroristes proches de Mokhtar Belmokhtar qui ont été arrêtés, il y a 8 à 10 jours. Vous le confirmez ?

R - 19 d'entre eux ont même été tués.

Le Mali n'est plus un pays terroriste mais le terrorisme est un mal qui continue de menacer toute l'Afrique. Le pays qui est peut-être plus menacé aujourd'hui, est la Libye.

Q - Est-ce que vous confirmez que partout, même en Libye et dans d'autres pays, la menace et l'ennemi constant c'est l'islamisme radical ?

R - Oui, le terrorisme islamiste a des liens avec les prises d'otages, le trafic de drogue, d'armes, tout cela souvent sous couvert religieux. C'est un mal qui traverse toute l'Afrique et qui menace aussi potentiellement la France. Quand vous regardez où se trouve le Mali, vous voyez que l'on traverse un pays et vous êtes au bord de la Méditerranée et, de l'autre côté, de la Méditerranée c'est nous.

Q - Est-ce que vous craignez des représailles sur la France, il faut être plus vigilant en France ?

R - Il faut être très vigilant et nous le sommes. Avec le ministre de l'intérieur, nous faisons un travail extrêmement précis. Cela concerne aussi bien des terroristes venus de ces régions d'Afrique ou ceux qui ont pu agir en Syrie.

(...)

Q - Est-ce que l'Ukraine appartient aujourd'hui à la sphère d'influence de la Russie ?

R - En Ukraine, il faut avoir les idées claires : qu'est-ce qu'on veut, qu'est-ce qu'on ne veut pas ? Ce que l'on veut c'est, par rapport à la crise qui existe en Ukraine, qu'elle ne se résolve pas dans la violence et dans la force. Nous demandons donc à M. Ianoukovitch et aux gens qui sont autour de lui de ne pas faire usage de la force et de respecter la population. Ce que nous voulons, c'est que l'Ukraine décide librement, sans chantage, et nous voulons, nous souhaitons qu'elle choisisse l'accord d'association avec l'Union Européenne.

Q - Sinon ?

R - Sinon, nous respecterons son choix mais cela voudra dire, à ce moment-là, qu'il n'y aura pas de rapprochement possible avec l'Union européenne. Parfois, j'entends à ce sujet des versions inexactes : nous ne disons pas que parce que l'Ukraine se rapprocherait de l'Union européenne, elle serait contre la Russie - pas du tout ! C'est tout à fait conciliable.

(...).

Q - L'Allemagne a un gouvernement de grande coalition ; qu'est-ce que ça va changer concrètement pour vous ?

R - C'est une affaire très importante qui se passe en Allemagne. Au fond il y a une concordance des temps entre le mandat de Mme Merkel et le mandat de François Hollande. Mme Merkel est élue maintenant jusqu'en 2017, François Hollande aussi.

Ce que je souhaite, c'est que la concordance des temps se traduise par une concordance des projets. Mercredi matin, Mme Merkel sera devant le Parlement allemand ; mercredi après-midi, dans la soirée, elle sera en France. Nous allons essayer, et si les Allemands le veulent bien, de bâtir un projet commun à proposer à l'ensemble des pays d'Europe, avec un certain nombre d'axes ; l'objectif étant de permettre aux Européens d'aimer de nouveau l'Europe.

Q - La présence des socio-démocrates, ça change quoi ? Quelle va être l'inflexion des socio-démocrates ?

R - On l'a vu déjà dans le projet. Cela change des choses sur le plan social, puisqu'en particulier va être adopté un SMIC en Allemagne, qui jusqu'à présent n'en avait pas. Cela va sûrement aussi donner une tonalité plus tournée vers l'emploi. Et cela va aussi, je crois, en matière d'environnement, en matière d'approche européenne, permettre d'avancer davantage.

Je disais qu'il faut avoir une convergence des projets. Je pense à trois ou quatre domaines en particulier. Il y a le domaine économique et social, la fiscalité. Il y a ce que l'on appelle l'Union bancaire ; on va y arriver dans les jours qui viennent. Cela veut dire que l'argent que déposent les épargnants dans les banques sera garanti ; donc, quelles que soient les difficultés, ils ne perdront pas leur argent. Cela veut dire également que même s'il y a des crises financières, ce ne sera pas une crise du budget des États. Il va y avoir sur le plan social des choses à faire ; on a commencé. On a corrigé la directive sur les travailleurs détachés.

Donc, il y a, premièrement, le secteur monétaire, économique et social ; deuxièmement, l'environnement et l'énergie. Je souhaite à cet égard qu'il y ait une Communauté européenne de l'environnement et de l'énergie, et, concrètement, que l'on prépare ensemble le grand sommet à Paris en 2015. Troisièmement, je pense qu'il faut que l'on bâtisse - il y a un sommet européen très important sur cette question cette semaine - l'Europe de la défense.

Ce n'est pas normal que la France aille seule en RCA. Ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de drone européen. Donc, si nous sommes capables d'avancer sur le plan économique et social, sur le plan de l'environnement et de l'énergie, sur le plan de l'Europe de la défense, nous aurons fait du bon travail.

Q - Alors justement, vous dites : faire redécouvrir l'Europe, faire aimer l'Europe à nouveau. Votre homologue est plutôt considéré comme pro-russe. Comment faire aimer l'Europe avec M. Steinmeier.

R - C'est un homme tout à fait remarquable, c'est un homme que je connais et, si c'est lui, on s'entendra certainement très bien.

(...).

Q - Est-ce que vous irez et est-ce que le président François Hollande ira à Sotchi pour inaugurer les Jeux Olympiques, alors que le président allemand a décidé qu'il n'irait pas ?

R - Je souhaite beaucoup de succès à ces Jeux, mais il n'est pas prévu que les plus grandes autorités françaises s'y rendent.

Q - Et vous-même ?

R - Non. En revanche, je verrai mon collègue ministre des affaires étrangères, M. Lavrov, ce lundi.

(...).

Q - Est-ce que «La liberté guidant le peuple» de Delacroix ira à Pékin, puisque je crois que vous y êtes favorable ?

R - Il faut expliquer de quoi il s'agit. Il y a l'année prochaine le 50e anniversaire de l'établissement par le Général De Gaulle des relations diplomatiques avec la Chine et c'est évidemment une grande date.

Nous voulons que cette année franco-chinoise soit traitée de manière exceptionnelle. Le président chinois Xi Jinping va venir en France, à la fin du mois de mars. Il y aura toute une série de manifestations, d'actions, à la fois en France et en Chine. Parmi ces manifestations, il y aura des envois d'oeuvres d'art, dans les deux sens.

Je suis, bien sûr, très respectueux des grandes oeuvres d'art et je souhaite qu'en tout cas le choix soit fait d'oeuvres exceptionnelles.

Q - Mais c'était le symbole de Tian'anmen, «La liberté guidant le peuple».

Il faudra convaincre Aurélie Filippetti de vous laisser envoyer «La liberté guidant le peuple» de Delacroix...

R - Il faut à la fois que l'on respecte le bon état des oeuvres et, en même temps, que l'on trouve des oeuvres exceptionnelles, à la mesure de l'aspect exceptionnel de notre amitié avec la Chine.

(...).

Q - Vous étiez à Soweto. Est-ce qu'au fond on n'a pas assisté aux obsèques de l'influence européenne ?

R - Je ne pense pas mais ce qui m'a frappé, c'est qu'un certain nombre de personnalités internationales ont été invitées à prendre la parole dans le grand stade et que, d'une manière assez surprenante, il n'y avait pas de personnalité européenne.

Q - Vous le regrettez ?

R - Oui, mais nous n'étions pas les organisateurs. En revanche, on a entendu le président cubain et quelques autres.

Q - Les Européens étaient représentés par M. Obama ?

R - Je vous confirme qu'il représentait les États-Unis d'Amérique.

Q - Vous constatez la place privilégiée qui est donnée aux pays qu'on appelle les BRICS, c'est-à-dire le Brésil, l'Inde, la Chine et les États-Unis...

R - Oui, Mme Dilma Rousseff s'est exprimée. En même temps, je pense qu'il ne faut pas s'y attarder. Il y a quelques semaines, nous avions fait, avec François Hollande, un voyage officiel qui a été extrêmement réussi. Les autorités sud-africaines nous ont confirmé que l'action de la France était bienvenue. Nous avons parlé du Mali, de la Centrafrique, dans les pays francophones, dans les pays anglophones, dans les pays lusophones, dans les pays arabophones. Il y a donc une évolution de l'Afrique du Sud qui longtemps a considéré que l'ancien colonisateur n'avait pas sa place, mais qui maintenant reconnait que la France est un pays ami.

Q - Mandela était la dernière grande icône, qui est le prochain Mandela selon vous ? On parle beaucoup de Barghouti!

R - Les circonstances sont très différentes. Je ne peux pas faire de comparaison. Comme beaucoup l'ont dit, Nelson Mandela était unique.

J'ai agi, même si c'était modeste, comme Premier ministre pour lutter contre l'apartheid. C'est à ce moment-là que les sanctions économiques ont été prises contre l'Afrique du Sud. Je suis depuis toujours un militant anti-apartheid et antiraciste. Ce qui me frappait dans les contacts que j'ai eus avec Nelson Mandela, c'est à la fois l'autorité et l'humilité de cet homme. Il était également à la fois un combattant et un rassembleur. Quand il combattait, il pensait déjà à la réconciliation. Et quand il était l'homme de la réconciliation, il le faisait d'une manière combattante. C'est une figure extraordinaire.

Q - Ce n'est pas la récupération politique, peut-être morale, de M. Obama qui fera de lui le prochain Mandela!

R - Il ne faut pas être critique. Le président Obama a été bien accueilli par la foule, avec un très beau discours, très personnel.

Ayant connu toute cette histoire, je voyais tout de même avec plaisir que des pays qui avaient été très tolérants vis-à-vis de l'apartheid, reconstituaient tout d'un coup l'histoire pour dire non.

Q- Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France à un certain moment, etc.

R - Oui, mais la France a pris à un moment la tête du combat aux Nations unies. Je m'en souviens très bien, c'était sous François Mitterrand.

(...)

Q - Est-ce qu'on peut vous demander des nouvelles des otages français, dont Didier François, et trois autres otages français qui sont en Syrie ?

R - Comme vous, on pense vraiment à eux tous les jours. Nous travaillons pour leur libération et, comme je l'ai fait dans le passé pour les otages que nous sommes parvenus à libérer, nous ne donnons pas de détails, pour des raisons que vous comprenez.

Q - Non mais, est-ce que tous les moyens sont utilisés, toutes les pistes, toutes les filières sont utilisées ?

R - La réponse est oui.

Q - Et on sait à peu près dans quelle région ils sont ? Et est-ce qu'on a eu un contact récent avec eux ? Avez-vous eu récemment des nouvelles d'eux ?

R - Oui, mais je ne veux pas donner plus de détails. Vous m'en excuserez.

(...).


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 décembre 2013

Rechercher