Interview de M. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, à "RTL" le 19 décembre 2013, sur sa politique industrielle. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, à "RTL" le 19 décembre 2013, sur sa politique industrielle.

Personnalité, fonction : MONTEBOURG Arnaud, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Ministre du redressement productif;

ti : JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez reçu hier soir à votre ministère Xavier NIEL le patron de FREE qui affole le marché de la téléphonie mobile en cassant le prix de la 4G et celui d'un téléphone portable, vous l'avez félicité pour ses initiatives commerciales ?

ARNAUD MONTEBOURG
Je l'avais déjà félicité lors de son apparition sur le marché lorsqu'en effet il avait d'une certaine manière bousculé l'entente, le monopole, et il a en effet servi la cause des consommateurs…

JEAN-MICHEL APHATIE
Et alors aujourd'hui ?

ARNAUD MONTEBOURG
…et la sienne d'ailleurs, et la sienne au passage. D'ailleurs tant mieux pour lui et tant mieux pour les consommateurs mais comme en toute politique, il ne faut pas aller trop loin…

JEAN-MICHEL APHATIE
Il va trop loin ?

ARNAUD MONTEBOURG
…nous sommes opposés à toute forme d'entente, de monopole sur le dos des consommateurs, mais nous sommes inquiets de toute forme de dérive du low-cost et de guerre des prix qui se fait au détriment des producteurs. Exemple, nous avons 30 milliards à trouver d'investissements dans la fibre, c'est-à-dire le très haut débit pour tous les Français. Qui va devoir financer ça ? Nous allons le demander aux opérateurs et donc ces opérateurs soient ils gagnent de l'argent et ils peuvent le faire, soit ils ne gagnent plus d'argent, il y a des dégâts, des fusions, des plans sociaux, des destructions d'actifs et auquel cas on ne pourra pas le faire et qui va le payer ? Les contribuables, donc nous…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est ce que fais Xavier NIEL, il met en danger aujourd'hui les producteurs ?

ARNAUD MONTEBOURG
Je lui ai dit que cette guerre des prix était ravageuse, j'ai déjà à gérer les délocalisations de centres d'appels, j'ai à gérer les plans sociaux dans la distribution télécom. ALCATEL équipementier télécom est en difficultés, d'ailleurs j'ai demandé aux opérateurs téléphoniques, avec Fleur PELLERIN, je les ai appelé au patriotisme économique, je leur ai dit, faites travailler ALCATEL. Trois m'ont répondu, FREE ne m'a pas répondu, alors je peux vous dire qu'hier en effet monsieur NIEL m'a dit, je vais voir ALCATEL, je vais chercher un terrain d'entente ; je l'en remercie donc.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il reviendra sur les offres commerciales qu'il a faites notamment concernant la 4G ? Il vous l'a dit ?

ARNAUD MONTEBOURG
Je ne crois pas, je ne crois pas, c'est sa politique, mais moi j'ai un problème c'est que tous ces… dans cette guerre des milliardaires, tous ces opérateurs travaillent sur le domaine public, qui est le domaine public hertzien, qui appartient à tous les Français, donc nous sommes en droit d'imposer des contreparties en termes d'emploi, en termes d'investissements et je crois que nos prédécesseurs ont été un peu légers, ils n'ont pas vu les conséquences de tout cela. Donc moi je suis chargé du redressement productif, je ne veux pas voir des producteurs, des plans sociaux, des opérateurs en difficulté et il est possible que dans cette guerre des prix, nous ayons un mort et que finalement on se retrouve à trois opérateurs. Est-ce qu'on aura gagné quelque chose, je ne le crois pas, parce que vous savez, il y a des gens qui travaillent dans ces entreprises et qui risquent de perdre leur emploi. D'ailleurs certains syndicats se sont émus de la situation, c'est le cas de Force Ouvrière.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc nous essayerons de voir avec Xavier NIEL ce qu'il a retenu lui de son côté de votre entrevue hier…

ARNAUD MONTEBOURG
J'appelle en tout cas tout le monde à la modération.

JEAN-MICHEL APHATIE
En quittant les studios de RTL tout à l'heure, vous rentrez dans une usine de FAGOR qui est située à Saint-Jean-de-la-Ruelle à Orléans, FAGOR, 2.000 emplois, entreprise menacée, vous en êtes où dans la tentative de repreneur chez FAGOR ?

ARNAUD MONTEBOURG
Nous avons organisé la résistance économique, c'est-à-dire qu'en fait l'Etat a décidé dans ces grandes entreprises qui sont en difficulté, de faire la banque pour favoriser des reprises et d'aider des repreneurs qui aujourd'hui ne trouvent pas à se financer sur le marché et qui donc, à cause du système bancaire et financier…

JEAN-MICHEL APHATIE
Alors FAGOR a trouvé une banque qui l'aide à repartir et le fonds de développement économique et social que vous dirigez, a donné dix millions.

ARNAUD MONTEBOURG
La banque, la banque, c'est nous qui prêtons, pourquoi ?

JEAN-MICHEL APHATIE
Il y a une banque aussi je crois.

ARNAUD MONTEBOURG
Oui, c'est les banquiers qui sont très créanciers…

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord, les banquiers font aussi leur travail.

ARNAUD MONTEBOURG
C'est parce que nous sommes là, parce que les banquiers, ils ne prenaient pas la totalité de la remise en marche…

JEAN-MICHEL APHATIE
Et le fond de développement ?

ARNAUD MONTEBOURG
…donc nous avons fait cela, c'est le fond…

JEAN-MICHEL APHATIE
10 millions…

ARNAUD MONTEBOURG
…le fond de résistance économique, j'ai été autorisé à hauteur de 380 millions par le Parlement, donc j'en fais usage dans tous ces dossiers. KEM ONE nous l'avons remonté et nous avons construit une offre avec un repreneur en participant à son financement. Je remercie d'ailleurs tous les acteurs qui eux-mêmes, c'est quand même 10.000 salariés dans la pétrochimie française qui seraient impactés si KEM ONE se cassait la figure. Donc nous avons apporté ces efforts de résistance économique pour construire des solutions de reprise. Si nous avions compté sur le marché, les banquiers, le système financier, eh bien toutes les personnes concernées seraient aujourd'hui à POLE EMPLOI, il n'y aurait pas reprise et nous n'aurions que nos yeux pour pleurer.

JEAN-MICHEL APHATIE
Pour l'instant pas de repreneur pour FAGOR encore ?

ARNAUD MONTEBOURG
C'est trop tôt car les dépôts d'offres ce seront en janvier, mais nous avons permis le redémarrage d'un certain nombre de lignes de production pour justement démontrer avec l'administrateur judiciaire, que cette entreprise est rentable et viable et qu'elle a donc un avenir et donc que des repreneurs peuvent s'y intéresser. Mais ce que je vais aller dire aux salariés, parce que je vais aller les voir, je vais leur dire que nous ne voulons pas d'un repreneur qui prenne les marques, les brevets et ne maintienne pas les outils industriels sur le territoire national, c'est ça que nous faisons. C'est-à-dire que comme nous sommes présents dans ces opérations, nous pouvons poser un certain nombre d'exigences.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un autre dossier très préoccupant, très important, PEUGEOT CITROËN PSA, quand les discussions seront-elles terminées avec DONGFENG le partenaire chinois qui doit entrer au capital de PSA ?

ARNAUD MONTEBOURG
Les discussions sont en cours entre les deux entreprises, c'est une alliance internationale puisque PSA était enfermée sur son marché européen, donc il faut l'aider à s'en sortir, c'est ce qu'a fait RENAULT NISSAN il y a dix ans et accéder à l'Asie de façon puissante, donc de trouver un allier pour le faire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc DONGFENG, partenaire chinois.

ARNAUD MONTEBOURG
C'est une négociation qui a lieu, ces discussions sont en cours, j'espère qu'elles devraient bientôt s'achever.

JEAN-MICHEL APHATIE
Quand ?

ARNAUD MONTEBOURG
Ces temps-ci on va dire…

JEAN-MICHEL APHATIE
Début de l'année prochaine ?

ARNAUD MONTEBOURG
Voilà on peut dire les choses comme ça.

JEAN-MICHEL APHATIE
L'Etat entrera aussi au capital de PSA, c'est acquis ?

ARNAUD MONTEBOURG
C'est trop tôt pour le dire…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ca n'est pas certain aujourd'hui ?

ARNAUD MONTEBOURG
C'est trop tôt pour le dire…

JEAN-MICHEL APHATIE
C'est une discussion au sein du gouvernement ?

ARNAUD MONTEBOURG
Il n'y a pas de discussion au sein du gouvernement sur ce sujet…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous êtes sûr ?

ARNAUD MONTEBOURG
…il y a une maitrise de ce dossier car nous savons exactement comment nous allons aider PSA à rebondir, d'ailleurs si nous avons donné une aide de sept milliards de garantie à la banque PSA finance qui accorde le crédit aux automobilistes pour se financer l'achat d'automobiles, c'est que, et si nous avons exigé en contrepartie d'avoir monsieur GALLOIS au conseil de surveillance, des salariés qui sont au conseil de surveillance et le contrôle d'un certain nombre d'opérations stratégiques pour l'entreprise, c'est précisément parce que l'Etat est présent dans ce dossier.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais il n'est pas certain que l'Etat entre au capital lors de la recomposition ?

ARNAUD MONTEBOURG
Cette décision adviendra le moment venu.

JEAN-MICHEL APHATIE
La famille PEUGEOT ne dirigera plus l'entreprise au terme de cette recapitalisation ?

ARNAUD MONTEBOURG
Le débat n'est pas celui-là, le débat c'est quelles sont les orientations pour cette entreprise…

JEAN-MICHEL APHATIE
Non, je ne vous dis pas que le débat est celui-là, je vous pose la question de la famille PEUGEOT qui perdrait une entreprise.

ARNAUD MONTEBOURG
C'est trop tôt pour le dire, elle devra partager son pouvoir, c'est certain, mais ça c'est la loi du capitalisme.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un commentaire sur le « produisons français » qui a du mal à s'imposer, le Rafale a perdu… DASSAULT a perdu le marché des Rafale au Brésil, un commentaire ?

ARNAUD MONTEBOURG
Ecoutez, il y a des appels d'offres, on en gagne, on en perd dans tous les secteurs…

JEAN-MICHEL APHATIE
… (inaudible) tous pour Rafale.

ARNAUD MONTEBOURG
Ecoutez, en tout cas on continue, voilà. Nous nous battons pour notre joyau et nous continuons à le faire.

JEAN-MICHEL APHATIE
Un mot d'Edouard MARTIN qui sera candidat Grand Est pour le Parti Socialiste, on peut insulter le Premier ministre et représenter le Parti Socialiste, ce n'est pas incompatible Arnaud MONTEBOURG ?

ARNAUD MONTEBOURG
Ecoutez, c'est un défenseur de la classe ouvrière…

JEAN-MICHEL APHATIE
Et ça, ça vaut tous les brevets ?

ARNAUD MONTEBOURG
Non, je pense que la gauche a cette vocation de défendre ceux qui n'ont que leur travail pour vivre et je vais vous dire, la candidature d'Edouard MARTIN…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous la soutenez !

[08h20]

LAURENT BAZIN
Arnaud MONTEBOURG est donc votre invité ce matin, le ministre du Redressement productif, qui est aussi le ministre du made in France, c'est depuis votre affaire de la marinière.

ARNAUD MONTEBOURG
En quelque sorte.

LAURENT BAZIN
Vous êtes devenu le ministre du made in France et du côté des auditeurs, c'est ce qui s'entend. Bonjour, à Philippe, j'ai deux Philippe. Philippe d'Orléans pour commencer, bonjour, Philippe.

PHILIPPE, AUDITEUR
Oui, bonjour, monsieur le ministre, bonjour, monsieur BAZIN. Moi, j'ai une question, une question simple, on est PME dans le Loiret et on a une activité particulière, mais…

LAURENT BAZIN
Vous construisez, qu'est-ce que vous faites ?

PHILIPPE, AUDITEUR
On fait de l'ascenseur.

LAURENT BAZIN
D'accord !

PHILIPPE, AUDITEUR
Mais ma question c'est : ne peut-on pas sensibiliser les acheteurs publics à l'achat du matériel français et à la préférence aux entreprises françaises, surtout quand on est moins cher ?

LAURENT BAZIN
Parce que vous perdez, pour être concret, vous perdez des marchés face à des entreprises étrangères en étant moins cher ?

PHILIPPE, AUDITEUR
Oui, parce que dans mon domaine, les 4 grosses, c'est 4 entreprises étrangères. Et voilà ! Donc là on s'est fait éliminer récemment dans l'appel d'offre, on était 50 000 euros moins chers, mais on s'est fait éliminer sur la valeur technique.

ARNAUD MONTEBOURG
C'est un sujet très important et je vais vous dire, il m'est arrivé de pousser quelques coups de gueule, si vous me passez l'expression en disant aux acheteurs publics, quand même 100 milliards d'euros en disant : n'oubliez pas le made in France, et je les ai appelés dans les hôpitaux, dans les collectivités locales, les acheteurs de l'Etat, à l'UGAP je leur ai dit : moi, je vous appelle au patriotisme économique, parce que dans les pays européens comme l'Allemagne, d'autres pays qui ne sont pas européens comme le Japon, c'est 100 % achat made in… le pays concerné.

LAURENT BAZIN
Donc on ne vous écoute pas ? C'est frappant ce que raconte Philippe !

ARNAUD MONTEBOURG
Je crois que c'est culturel. C'est-à-dire qu'on a pris des habitudes de rechercher le prix et de ne pas faire attention à la territorialisation de la production, de ne pas regarder qui ça concerne et donc c'est une reconquête. Et c'est une reconquête dans nos têtes.

JEAN-MICHEL APHATIE
La Commission européenne laisse les Allemands 100 % acheter allemand, sans que la libre concurrence joue ?

ARNAUD MONTEBOURG
Ce n'est pas à 100 %. Mais en vérité, les lois européennes, permettent d'accorder la préférence à des entreprises qui sont localisées assez proches du lieu d'achat, de consommation et donc il est possible de faire des choses. Notamment sur les clauses environnementales, les clauses sociales de soutien par exemple à des publics particuliers. Donc nous sommes en train de travailler à réformer tout ça, c'est un immense chantier, mais il est surtout dans nos têtes.

LAURENT BAZIN
Un coup de fil, qui nous vient d'une entreprise qui est en difficulté aujourd'hui, puisqu'il y a blocage en l'occurrence de la zone du Rousset dans les Bouches-du-Rhône par les salariés de cette entreprise, qui s'appelle LFOUNDRY. C'est je crois le délégué, c'est ce que je comprends, le délégué CFDT qui est avec nous, bonjour à vous.

JEAN-YVES GUERRINI
Bonjour, oui, bonjour, monsieur MONTEBOURG.

LAURENT BAZIN
C'est Jean-Yves.

ARNAUD MONTEBOURG
Bonjour, monsieur.

JEAN-YVES GUERRINI
Oui. Jean-Yves GUERRINI, délégué syndical donc CFDT de la société microélectronique LFOUNDRY. Vous connaissez bien le dossier pour l'avoir suivi. Aujourd'hui, nous passons devant un Tribunal de Commerce à 9 heures 30 et il est très probable que la liquidation judiciaire sera prononcée, en partie parce que notre trésorerie a été pillée par nos patrons allemands. Donc au bas mot avec les emplois indirects c'est 1500 familles qui vont se retrouver à la rue avant Noël. Alors monsieur MONTEBOURG je vous demande : est-ce que vous allez nous laisser mourir sans rien faire ? Et est-ce que la France est devenue une zone de non-droit où des sociétés étrangères peuvent tout se permettre en toute impunité ?

ARNAUD MONTEBOURG
Premièrement est-ce que nous n'avons rien fait ? La réponse est non. J'ai moi-même cherché à convaincre le dirigeant de cette entreprise qui était en Californie sans succès. Donc ça, nous n'avons pas réussi à convaincre, de prolonger les commandes pour votre entreprise et deuxièmement, il y a une procédure qui est probablement importante, sérieuse, qui va aller rechercher les responsabilités. Mais cela ne redonnera pas du travail à LFOUNDRY. Donc pour nous…

LAURENT BAZIN
Si la liquidation judiciaire est prononcée aujourd'hui, c'est terminé ?

ARNAUD MONTEBOURG
Oui, si la liquidation, tout procès, toute recherche de responsabilité, ne donnera pas du travail, parce qu'il n'y aura pas les commandes. Donc nous, notre travail, c'est de conserver les outils industriels. Donc…

LAURENT BAZIN
C'est un échec pour vous, ça Arnaud MONTEBOURG ?

ARNAUD MONTEBOURG
Mais il y en a tous les jours des échecs ?

LAURENT BAZIN
Si LFOUNDRY malheureusement…

ARNAUD MONTEBOURG
Tous les jours, il y a des échecs et tous les jours il y a des succès, je vais même vous dire. Pourquoi ? Parce que parfois on réussit, parfois on ne réussit pas. J'ai eu à traiter 1117 dossiers d'entreprises en difficulté depuis que je suis arrivé à Bercy, qui concernait 162 450 emplois menacés et nous en avons préservé 146 966, donc ça veut dire qu'on en a quand même perdu 15 000. Mais pour l'essentiel, on a quand même gardé nos outils industriels. Par exemple, quand on arrive à sauver une entreprise, parfois tout le monde fait des sacrifices, le dirigeant, le banquier, les actionnaires, les salariés aussi. Mais l'essentiel pour moi, c'est qu'on garde les capacités de produire. Là, c'est pour moi, un échec, si on n'arrive pas à le garder. On a déjà sauvé les entreprises qui avaient été placées en liquidation derrière. Je l'ai fait en Alsace avec VIRTUOSE, on a sauvé 45 métiers à tisser, des savoir-faire dans une petite ville d'Alsace. On l'a fait après la liquidation, donc ça a été un travail d'acrobatie. Mais pourquoi on le fait ? Parce qu'on a besoin de garder nos capacités de production voilà ! C'est ce que tous les pays dans la crise ont su faire. Et c'est ces pays-là qui finalement sont les plus forts aujourd'hui. Donc si c'est ce travail-là difficile…

LAURENT BAZIN
Merci, Jean-Yves de votre appel en tout cas.

ARNAUD MONTEBOURG
C'est un combat de résistance économique. Voilà on est sur tous les fronts et je veux remercier les commissaires au Redressement productif qui dans les départements et les régions font ce travail en mon nom, pour moi, et le font bien.

LAURENT BAZIN
Merci, Jean-Yves, on vous souhaite évidemment bon courage pour la journée qui s'annonce qui va être sans doute compliquée pour vous. Bonjour, à Philippe qui nous appelle de Troyes.

PHILIPPE, AUDITEUR
Oui, bonjour Laurent. Bonjour, monsieur le ministre.

ARNAUD MONTEBOURG
Bonjour monsieur.

LAURENT BAZIN
On vous écoute, Philippe.

PHILIPPE, AUDITEUR
J'avais donc une question, monsieur MONTEBOURG, il y a quelques temps, vous avez demandé… vous êtes le ministre du made in France et vous demandez aux Français d'acheter au maximum français. Et je voulais savoir pourquoi actuellement la police nationale est équipée de véhicules de marques FORD et VOLKSWAGEN ?

ARNAUD MONTEBOURG
Parce que les constructeurs français n'ont pas gagné l'appel d'offre. Ca renvoie à ce que j'ai dit tout à l'heure…

LAURENT BAZIN
C'était la première question de l'autre Philippe.

ARNAUD MONTEBOURG
D'ailleurs le directeur de l'UGAP, l'Union des Acheteurs Publics, a été convoqué par mes soins. Je lui ai demandé de faire évoluer sa manière de faire. Donc nous avons, c'est vrai un conflit avec la direction d'UGAP en ce moment. Parce que nous considérons qu'il n'y a pas suffisamment de patriotisme économique dans les réflexes de cet établissement public.

LAURENT BAZIN
Est-ce que vous nous dites ce matin, n'achetez pas FREE, c'est mauvais pour l'emploi, nous demande Raphaël au 64900 ? Est-ce que vous le dites aussi clairement que ça ?

ARNAUD MONTEBOURG
Je dis aux consommateurs : regardez ce que vous achetez ? Et regardez ce qu'il y a derrière l'offre. Parce que nous, notre travail, c'est quand même d'éclairer le consommateur, voilà ! Et de toute façon…

LAURENT BAZIN
Donc vous dites plutôt n'achetez pas FREE c'est mauvais pour l'emploi ?

ARNAUD MONTEBOURG
Je dis regardez toutes les offres, comparer et regardez ce qu'il y a derrière la présentation. C'est le rôle d'ailleurs j'allais dire du régulateur, l'ARCEP. Ce serait bien qu'il fasse son travail.

LAURENT BAZIN
Le Brésil n'était pas la cible prioritaire dit le ministre de la Défense, ce matin, après l'échec de la vente du Rafale aux Brésiliens. J'ai une dernière question de Cécile, doit-on continuer à subventionner des produits français dont personne ne veut ? Et dit-elle je pense en particulier au Rafale.

ARNAUD MONTEBOURG
Dont personne ne veut, ça reste à démontrer.

LAURENT BAZIN
Qui le veut ?

ARNAUD MONTEBOURG
Il y aura, nous sommes en compétition mondiale encore, dans de nombreux pays, donc c'est une bataille, c'est très difficile. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes les Etats-Unis d'Amérique. Nous sommes la 5ème puissance mondiale. Nous sommes 5ème, mais nous avons c'est vrai, des prétentions à défendre et à montrer que notre industrie réussit. Et elle réussit dans de nombreux domaines.

LAURENT BAZIN
Vous n'avez pas renoncé à vendre le Rafale ?

ARNAUD MONTEBOURG
Pardon ?

LAURENT BAZIN
Vous n'avez pas renoncé à vendre le Rafale ?

ARNAUD MONTEBOURG
Certainement pas. Et d'ailleurs je vais vous dire : luttons contre notre propre découragement.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 décembre 2013

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