Interview de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, à France 24 le 16 décembre 2013, sur les relations économiques entre la France et l'Algérie, la coopération dans la lutte contre le terrorisme, la défense de la laïcité et de l'intégration républicaine et les relations entre le président de la République et le Premier ministre. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, à France 24 le 16 décembre 2013, sur les relations économiques entre la France et l'Algérie, la coopération dans la lutte contre le terrorisme, la défense de la laïcité et de l'intégration républicaine et les relations entre le président de la République et le Premier ministre.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Voyage officiel en Algérie les 16 et 17 décembre 2013 - Entretien accordé à France 24 à Alger le 16

ti : VANESSA BURGGRAF
Bienvenue dans "L'Entretien de France 24", nous sommes à Alger à l'occasion de la visite du Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault. Bonjour.

JEAN-MARC AYRAULT
Bonjour.

VANESSA BURGGRAF
Cette visite intervient un an après celle de François Hollande. On parle aujourd'hui des deux côtés de la Méditerranée d'une relation apaisée entre la France et l'Algérie. Est-ce que c'est une nouvelle histoire qui commence entre nos deux pays ?

JEAN-MARC AYRAULT
C'est un nouvel élan, c'est évident et je crois que cette relation n'a jamais été autant au beau fixe qu'aujourd'hui. Ce n'est pas uniquement à cause du temps magnifique d'Alger mais je crois que la visite d'Etat de François Hollande l'année dernière, à peine un an, qui a été reçu par le président Bouteflika était un succès, un succès à la fois pour la France, à la fois pour l'Algérie et puis pour la relation de nos deux pays avec une feuille de route qui a été fixée aux deux Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et moi-même, afin de mettre en place sur le plan économique, sur le plan politique, sur le plan à la fois scientifique, universitaire et éducatif et aussi sur le plan culturel des relations intensifiées avec la mise en place d'une conférence intergouvernementale de haut niveau. C'est la première, elle a lieu à Alger, la prochaine fois, ça sera en France – comme il en existe avec l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne ou la Russie.

VANESSA BURGGRAF
Avec l'Allemagne, on a signé un traité d'amitié. Est-ce qu'on signera un jour un traité d'amitié avec l'Algérie ?

JEAN-MARC AYRAULT
Ecoutez, nous avons déjà une déclaration commune qui est un acte politique extrêmement important. Je crois qu'il faut laisser le temps aux choses mais ce qui est important avec le Premier ministre Sellal, c'est que nous, nous sommes des pragmatiques. Nous avons l'orientation stratégique fixée par nos présidents, la feuille de route et c'est à nous de la mettre en œuvre et donc avec des résultats concrets. Je prends un exemple. Il faut améliorer par exemple la circulation des personnes. Le nombre de visas a été en un an augmenté dans des proportions très importantes et tout en maîtrisant évidemment les flux migratoires mais en respectant les règles, on peut mettre aussi plus de fluidité. Donc plus de fluidité, c'est bon pour les étudiants, c'est bon pour les hommes d'affaires, c'est bon pour les personnes aussi qui vivent des deux côtés de la Méditerranée et puis, c'est bon pour la mise en œuvre de projets économiques, éducatifs et culturels très dynamiques.

VANESSA BURGGRAF
Alors, justement, c'est une visite économique, une douzaine de contrats vont être signés dans le domaine de l'industrie, de la recherche notamment. Alors jusqu'à présent, la France était le premier fournisseur de l'Algérie et voilà qu'on a été supplanté par les Chinois. Alors, est-ce que ça veut dire que les Chinois …

JEAN-MARC AYRAULT
Oui mais ça …

VANESSA BURGGRAF
…savent faire des affaires que les Français ? Est-ce qu'ils sont moins frileux, moins regardants sur les questions de corruption notamment ?

JEAN-MARC AYRAULT
Nous sommes quasiment les premiers. On n'est pas dans une course poursuite avec la Chine, un pays beaucoup plus puissant encore que la France et nous ne sommes pas simplement des fournisseurs. C'est peut-être ça la différence. Nous sommes aussi des partenaires et qu'est-ce que ça veut dire des partenaires ? Ça veut dire que la France ne veut pas simplement vendre à l'Algérie des produits, des équipements. C'est aussi la volonté de créer des entreprises communes. Un exemple : je vais visiter à Oran à l'invitation du Premier ministre Sellal le chantier de l'usine Renault. Dans quelques mois, cette usine va être ouverte. C'est une usine Renault qui va fabriquer pour l'Algérie des Renault "made in Algérie", c'est une entreprise à 51% propriété de la société nationale des voitures légères algériennes et le reste par Renault. Qu'est-ce qui va s'y passer ? C'est des constructions de voitures avec une technologie française dont la recherche développement a lieu en France, dont certaines pièces essentielles pour qu'elles soient construites ici viennent aussi d'usines françaises. Donc c'est un partenariat gagnant / gagnant. Là, ce n'est pas simplement "on vend des voitures", c'est "on construit ensemble". Pour la création d'entreprises communes, ce que nous appelons, nous, la "colocalisation". On investit, on crée les emplois ici mais ça développe et ça renforce les emplois en France.

VANESSA BURGGRAF
Alors, la Chine, on le sait, est moins regardante, c'est le moins que l'on puisse dire que la France en matière de droits de l'homme. Il y a des ONG qui vous ont interpellé à la veille de votre visite en Algérie, voilà qui vous appellent à parler aux autorités algériennes, de parler notamment de la violation des libertés syndicales, des libertés d'association. Est-ce que vous allez en parler aux autorités algériennes ou est-ce que c'est tabou ? Les affaires, ce sont les affaires.

JEAN-MARC AYRAULT
Non il n'y a pas de sujet tabou. La France est partout la même en France et à l'international avec ses valeurs, son respect des droits de l'homme et donc on aborde toutes les questions. On n'est pas pour autant obligé en abordant les questions avec nos partenaires de leur faire la leçon. Ils ont leur histoire, l'Algérie a connu une histoire terrible, des années de violence qu'elle a surmontées. Donc aujourd'hui, je pense que l'Algérie est en train de franchir un cap extrêmement positif et le partenariat franco-algérien va jouer un rôle déterminant, j'en suis totalement convaincu. Et encore une fois, c'est important de parler avec les uns et avec les autres en les respectant, en se respectant mutuellement mais …

VANESSA BURGGRAF
En toute franchise …

JEAN-MARC AYRAULT
…en toute franchise, en toute sincérité.

VANESSA BURGGRAF
La lutte contre le terrorisme, voilà une coopération qui fonctionne très bien …

JEAN-MARC AYRAULT
Très bien !

VANESSA BURGGRAF
…avec l'Algérie. Est-ce que vous pouvez nous expliquer concrètement comment l'Algérie aide la France dans la lutte contre le terrorisme notamment dans la bande sahélo-saharienne ?

JEAN-MARC AYRAULT
D'abord, il y a des coopérations très importantes entre nos services, les services de renseignement, et aussi en matière de défense. Et j'ai souvenir qu'au moment de l'intervention au Mali, l'Algérie a été très attentive aux préoccupations de la France et a pris ses responsabilités. Vous vous souvenez de cette tentative d'enlèvement à In Amenas qui avait été d'une violence extrême et qui agressait l'Algérie sur son propre territoire, en cette époque, j'avais été en contact permanent avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal qui a mené le combat contre ces groupes terroristes qui voulaient déstabiliser l'Algérie et l'Algérie a résisté et elle a pris la décision de renforcer encore plus son contrôle aux frontière, notamment avec le Mali. Donc c'est une question très importante, la stabilité pour l'Algérie comme pour la France et pour toute cette région du Maghreb et donc la protection des frontières, c'est un vrai souci que nous partageons en particulier avec la Libye qui est aujourd'hui dans une situation difficile …

VANESSA BURGGRAF
Chaos sécuritaire …

JEAN-MARC AYRAULT
…et qui est assez chaotique et qui porte préjudice aussi bien à l'Algérie qu'à la Tunisie et donc il faut qu'on la traite ensemble.

VANESSA BURGGRAF
Monsieur le Premier ministre, les moines de Tibhirine ont été assassinés en 1996. Il a fallu attendre près de vingt ans pour que le juge Trevidic ait l'autorisation enfin d'autopsier la tête de ces moines d'ailleurs dont on n'a jamais retrouvé les corps. Comment expliquer qu'il ait fallu attendre tout ce temps pour ce feu vert des autorités algériennes ? Est-ce que l'Algérie a des choses à cacher ? On a parlé à un moment d'une hypothèse d'une bavure de l'armée algérienne.

JEAN-MARC AYRAULT
Je crois que les autorités algériennes comprennent parfaitement l'émotion que cela représente en France, on le sait, les moines de Tibhirine, il y a même eu un film qui a été fait et …

VANESSA BURGGRAF
"Des hommes et des dieux" …

JEAN-MARC AYRAULT
Et donc c'est un sujet extrêmement sensible mais les Algériens l'ont très bien compris et le Premier ministre Sellal a rappelé le souci que la justice …

VANESSA BURGGRAF
Passe …

JEAN-MARC AYRAULT
…algérienne fasse son travail, facilite le travail du juge Trevidic en Algérie et que la justice algérienne fasse aussi le sien. Donc je crois qu'il y a un changement qu'il faut saluer et je le fais avec beaucoup de respect.

VANESSA BURGGRAF
Le juge Trevidic qui n'a pas eu l'autorisation par contre d'auditionner des témoins ?

JEAN-MARC AYRAULT
Il faut aussi respecter la souveraineté d'un Etat. La justice algérienne s'est engagée à faire son travail et donc tout cela va dans la bonne direction, dans un climat, je dois dire, apaisé.

VANESSA BURGGRAF
Monsieur le Premier ministre, il y a sept millions d'Algériens ou des Français d'origine algérienne qui vivent aujourd'hui en France. Il y a un rapport qui a fait polémique sur la politique d'intégration, vous avez été très clair concernant ce rapport, il n'est pas question d'autoriser le port du voile à l'école.

JEAN-MARC AYRAULT
Non, il n'y en a jamais été question.

VANESSA BURGGRAF
Voilà, vous avez été…

JEAN-MARC AYRAULT
Certains ont feint de le croire ou de le faire croire, je trouve ça déplaisant, nous avons nos règles, nous sommes un Etat laïc et en même temps nous respectons la liberté de culte. Mais à l'école publique, il y a une sorte de protection de toutes les sensibilités, de toutes les cultures. J'ai moi-même voté la loi qui n'autorise pas les signes religieux à l'école. Vous savez, j'étais même en pointe en 2004, donc je n'ai pas de leçon à recevoir de ceux qui veulent toujours instrumentaliser cette question pour faire peur. Et la République française, la République laïque, démocratique et sociale elle est là pour veiller au vivre ensemble et le vivre ensemble c'est tout ce qu'on doit partager, des droits et des devoirs, des valeurs républicaines, mais en même temps c'est la liberté de culte qui doit être respectée mais aussi de croire ou de ne pas croire, mais c'est aussi une promesse d'émancipation sociale. Et la grande revendication de beaucoup de ceux qui vivent en France quelle que soit leur origine d'ailleurs, étrangère ou pas, c'est que le principe de l'égalité soit respecté. Ce n'est pas toujours le cas. Donc, moi, mon travail c'est de faire en sorte que les droits et les devoirs soient respectés mais aussi que tout ce qui va faire reculer les inégalités et les discriminations soit également combattu.

VANESSA BURGGRAF
Voilà, vous avez été très clair sur la question. Il y a dans ce rapport quand même d'autres propositions et il y en a notamment une qui dit que la France doit assumer sa dimension arabo-musulmane, est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?

JEAN-MARC AYRAULT
Mais, écoutez, ne me faites pas débattre d'un rapport qui fait 400 pages, qui a été préparé par cinq groupes de travail à la fois d'experts, de chercheurs mais aussi de personnes de terrain, des élus, des représentants d'associations et qui ont fait ces différentes propositions. De toute façon le gouvernement il y a des choses qu'il ne retiendra pas, vous en avez déjà cité l'essentiel.

VANESSA BURGGRAF
Mais il y a peut-être des choses qu'il retiendra, par exemple sur la langue, Monsieur le Premier ministre…

JEAN-MARC AYRAULT
On ne va pas faire un débat là-dessus. La priorité qui est la mienne c'est d'abord que les enfants de France quelle que soit leur origine, quand ils vivent en France, aient les meilleures études possibles. Donc ça commence à l'école primaire et la priorité c'est d'abord l'apprentissage de la langue française, c'est de savoir lire, écrire, compter. Après, qu'on s'intéresse aux cultures d'origine, c'est simplement du respect.

VANESSA BURGGRAF
Oui mais regardez la langue allemande…

JEAN-MARC AYRAULT
Ne mélangeons pas tous les sujets.

VANESSA BURGGRAF
Mais regardez la langue allemande par exemple, vous vous avez été professeur d'allemand et c'est vrai que la langue c'est aussi une passerelle entre les pays…

JEAN-MARC AYRAULT
Oui mais la passerelle c'est la première…

VANESSA BURGGRAF
On apprend aujourd'hui l'allemand pour apprendre l'arabe finalement…

JEAN-MARC AYRAULT
On apprend l'allemand, on apprend les langues étrangères, on apprend les langues régionales mais la langue de la République c'est la langue française. Je parle de la France et je crois que l'intérêt des enfants c'est de la maîtriser totalement. Après, il faut respecter évidemment la culture des origines mais la France n'est pas adepte du multiculturalisme ni du communautarisme. La France est une République qui intègre peu à peu mais à une condition, je le répète, c'est qu'il y ait le moins possible de discriminations et qu'on fasse reculer les inégalités. C'est ça la France et il faut que la France soit fidèle à elle-même. Parfois elle ne l'est pas assez et quand elle ne l'est pas assez, quelque part, elle recule.

VANESSA BURGGRAF
Un dernier mot sur ce rapport, il a été publié…

JEAN-MARC AYRAULT
D'abord ce n'est pas un rapport, c'est cinq rapports.

VANESSA BURGGRAF
Ces cinq rapports, c'est un rapport non officiel et certains vous reprochent aujourd'hui, même dans votre propre majorité, de l'avoir publié sur le site de Matignon. Est-ce qu'aujourd'hui avec un peu de recul parce qu'on peut prendre un peu de recul par rapport à ça et en parler calmement, est-ce que vous ne regrettez pas finalement que ce rapport ait été publié sur le site de Matignon ?

JEAN-MARC AYRAULT
Ecoutez, on peut tout occulter, on peut très bien dire "il y a eu des rapports mais personne n'en aura connaissance". Il y a une pratique, elle est discutable, on peut l'arrêter, c'est que depuis que je suis Premier ministre il y a eu énormément de rapports, des rapports fait par des parlementaires, faits par des personnalités qualifiées. Ca ce sont c'est des travaux de cinq commissions, de 2 à 300 personnes, 400 pages. Ce ne sont que des contributions, mais la politique de la France, c'est celle que je viens de rappeler. Donc n'essayons pas de faire de la polémique inutile. Moi j'ai un but. Vous savez bien que sous le gouvernement précédent on a essayé d'instrumentaliser la question de l'immigration et de l'intégration. Moi je ne veux pas rentrer là-dedans, je veux que la République soit fidèle à elle-même, celle de l'intégration républicaine, celle de l'intégration dans la République laïque, démocratique et sociale en s'en donnant les moyens. Et quand cette politique-là est en panne il faut la réparer mais pas l'abandonner. Moi je n'ai pas du tout l'intention d'abandonner les valeurs républicaines et d'intégration républicaine. J'ai envie de les faire vivre, ça c'est un vrai défi je crois que beaucoup sont capables de comprendre.

VANESSA BURGGRAF
L'intégration encore, il y a eu une promesse du candidat François Hollande c'est de donner le droit de vote aux immigrés aux élections locales, est-ce que cette promesse sera tenue ?

JEAN-MARC AYRAULT
Le président de la République a toujours dit qu'il y a une condition à remplir, c'est qu'il faut réformer la Constitution. Pour ça il faut une majorité des trois cinquièmes du Parlement, de l'Assemblée nationale et du Sénat. Aujourd'hui, cette majorité n'existe pas, alors on peut toujours faire des vœux pieux.

VANESSA BURGGRAF
Oui mais à chaque fois on fait ce vœu pieu, on avance et…

JEAN-MARC AYRAULT
Il faut poser la question non pas aux socialistes puisque moi je suis socialiste ; ou à la majorité. Il faut la poser à l'UMP, il faut la poser aux centristes, il faut la poser à toutes ces sensibilités politiques. Veulent-ils oui ou non que cette majorité des trois cinquièmes soit trouvée ? Jusqu'à présent je les ai consultés, ils ont répondu, non. Donc la responsabilité n‘est pas de mon côté, elle est du leur.

VANESSA BURGGRAF
Monsieur le Premier ministre, on vous dit aujourd'hui fragilisée dans votre propre camp, est-ce que vous avez toujours la confiance du chef de l'Etat, François Hollande ?

JEAN-MARC AYRAULT
Je n'en doute pas un seul instant, mais ce que je fais est difficile ! Mais qu'est-ce que je fais ? Je ne suis pas en train de commenter des rapports ! Qu'est-ce que j‘ai fait cette semaine ? J'ai défendu à l'Assemblée nationale la position du président de la République concernant l'intervention en République centrafricaine. Ensuite, je me suis occupé de la Bretagne, où j'ai présenté le pacte d'avenir et je considère que c'est un résultat très positif. Ensuite, j'ai avec Michel Sapin, ministre du Travail, créé les conditions pour qu'il y ait un accord entre les partenaires sociaux pour une réforme de la formation professionnelle en faveur des chômeurs, des moins qualifiés parce qu'il fallait quand même changer là aussi et qui va déboucher sur un projet de loi. Et cette semaine qu'est-ce que je vais faire ? Je suis en visite en Algérie pour mettre en œuvre la feuille de route du président Hollande et du président Bouteflika avec mon homologue Sellal. Ensuite, je vais devant l'Assemblée nationale et puis ensuite je vais réunir le comité interministériel pour la modernisation de l'action publique. Et vendredi je réunirai les ministres qui sont chargés avec moi de la réforme de la fiscalité pour qu'on puisse avancer. Vous voyez de quoi je m'occupe ! Et si je devais commenter à chaque instant les commentaires des commentaires et tous ceux qui au fond rêvent d'avoir une place, moi je ne suis pas dans cette logique-là, je ne suis pas en train de me poser la question de mon avenir personnel. Si je devais me poser cette question, je ferais mal mon travail. Moi mon objectif et ma seule ambition c'est de servir la France.

VANESSA BURGGRAF
Monsieur le Premier ministre, vous rencontrez le président Abdelaziz Bouteflika, il y a des rumeurs, vous savez, qui circulent comme quoi le président est malade, d'ailleurs on ne l'a plus vu depuis longtemps sur la scène internationale, on voit quelques images de temps en temps à la télévision algérienne. Est-ce que vous avez des nouvelles à nous donner du président Abdelaziz Bouteflika ?

JEAN-MARC AYRAULT
Je ne peux pas vous en donner parce que je ne l'ai pas encore vu. Les seules nouvelles que j'ai sont celles du Premier ministre Abdelmalek Sellal qui m'a donné de bonnes nouvelles comme vous l'avez entendu d'ailleurs. Il l'a dit aux médias. D'ailleurs la preuve c'est qu'il me reçoit, nous allons avoir un entretien qui sera assez long. Je commencerai d'ailleurs par lui transmettre un message d'amitiés du président de la République française, François Hollande, et qui au-delà de la personne de François Hollande sera un message d'amitiés de la France.

VANESSA BURGGRAF
Dernière question, Monsieur le Premier ministre, on arrive à la fin de l'année, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour 2014 ?

JEAN-MARC AYRAULT
Je veux que la France aille mieux et que les Français croient davantage dans les capacités de notre pays à être un pays leader en Europe et dans le monde. Nous en avons la capacité. La croissance est en train de revenir. Il ne faut surtout pas baisser la garde des réformes, il faut surtout au contraire se battre encore davantage pour réussir, redonner de l'espoir, redonner de la confiance. Moi je gère les problèmes les uns après les autres avec une envie et un désir c'est que la France aille mieux et que les Français soient fiers de leur pays. Eh bien il y a de quoi faire mais je suis sûr que ça va marcher. Donc c'est ça, le vœu un peu en avance que je formule pour la France.

VANESSA BURGGRAF
Merci beaucoup Jean-Marc AYRAULT, merci d'avoir répondu aux questions de France 24 depuis Alger.

JEAN-MARC AYRAULT
Merci !

VANESSA BURGGRAF
Merci à vous de nous avoir suivis, tout de suite d‘autres infos sur la chaine internationale.


Source http://www.gouvernement.fr, le 19 décembre 2013

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