Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur les propositions des cinq groupes de travail sur l’intégration, à l'Assemblée nationale le 18 décembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en réponse à une question sur les propositions des cinq groupes de travail sur l’intégration, à l'Assemblée nationale le 18 décembre 2013.

Personnalité, fonction : AYRAULT Jean-Marc.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question au gouvernement posée par M. Eric Ciotti, député (UMP) des Alpes-Maritimes, à l'Assemblée nationale le 18 décembre 2013

ti : Monsieur le président,
Mesdames et messieurs les députés,
Monsieur le député Ciotti,


S'il n'y avait aucune arrière-pensée politicienne dans votre propos, je pourrais penser que vous avez peut-être été mal informé. Parce que, s'il y a un reproche à me faire et au Gouvernement, ce n'est certainement pas d'abandonner le principe de la laïcité et de l'intégration républicaine. Mais je ne vous en fais pas le reproche parce que vous n'étiez pas député en 2004.

Et en 2004, j'ai participé au débat qui a été initié par la mission d'information présidée par Jean-Louis Debré, à l'époque président de l'Assemblée nationale. Et qui portait notamment sur la laïcité à l'école, le respect des principes laïques à l'école républicaine. Et qui a abouti à une proposition de loi que j'ai défendue et que j'ai entraîné le groupe socialiste à l'unanimité à voter cette loi qui interdit les signes religieux à l'école, le voile à l'école, qui est aujourd'hui la loi de la République. Et vous croyez que moi j'aurais envie de changer ? Je suis fidèle à ce que j'ai voté, je suis fidèle à la République et à l'intégration républicaine.

Mais monsieur le député Ciotti, il ne suffit pas de déclarations, il faut des preuves, il faut des actes. Et la République, c'est une République une et indivisible, laïque, démocratique et sociale. Et la République démocratique et sociale, c'est celle qui permet à tous ses enfants, quelle que soit leur origine, la promotion sociale, l'émancipation sociale, le refus des discriminations, c'est-à-dire, l'égalité des droits ! Et vous avez fait tout le contraire pendant 10 ans ! Et si aujourd'hui le communautarisme se développe dans certains quartiers, vous en portez l'entière responsabilité. Et c'est ça que nous voulons combattre de toutes nos forces.

Alors pour combattre cela, oui, nous avons une volonté, c'est par l'école d'abord. Et j'aimerais que temps en temps vous nous apportiez votre soutien. Quand le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon, réinstaure l'enseignement de la morale laïque à l'école républicaine, vous n'avez de sens que d'ironiser. Est-ce que vous pourriez un moment soutenir ce qui est entrepris pour faire partager les valeurs de la République par tous les enfants quelle que soit leur origine !

Monsieur le député Ciotti, est-ce que vous pouvez soutenir aussi les efforts que nous faisons pour lutter contre l'échec scolaire ; pour lutter contre le fait qu'une partie des jeunes qui fréquente, là, l'école, ne maîtrise pas bien la langue française, ne maîtrise pas bien les fondamentaux, et si on ne maîtrise pas les fondamentaux, alors on ne peut pas comprendre et on ne peut pas partager ce qui fait la France, sa force et ses valeurs. C'est ça que nous attendons de vous, pas la critique permanente, pas l'injure permanente, pas la déformation permanente. Mais vous n'êtes jamais là pour défendre la fonction publique, ceux qui se battent en première ligne pour faire vivre les valeurs de la République.

Et puis je voudrais ajouter quelque chose. Nous avons lancé beaucoup de chantiers, et j'ai répondu dans la clarté, j'ai répondu dans la clarté la plus grande. Est-ce que, oui ou non, vous allez par exemple soutenir les propositions qu'a fait récemment Manuel Valls, et que nous mettons en oeuvre, c'est-à-dire, faciliter l'accès à la nationalité française pour devenir français, avec ce que cela représente, c'est-à-dire le respect des droits, mais aussi ses devoirs. Et pourtant vous l'avez combattu monsieur le député Ciotti, avec tous vos amis de l'UMP. Voilà ce que nous faisons.

Alors maintenant, maintenant le Parlement travaille, il va voter bientôt une réforme des retraites, l'année prochaine il va proposer une réforme de la décentralisation, il va proposer une réforme de la fiscalité, il va proposer une baisse de la dépense publique, il va proposer la baisse des prélèvements obligatoires. Alors où serez-vous monsieur Ciotti ? Où serez-vous avec vos amis de l'UMP ? Serez-vous dans l'invective, serez-vous dans la caricature, comme vous l'êtes davantage chaque jour ? Ou serez-vous avec nous au service de la France, c'est-à-dire, de la France juste, de la France qui défend ses valeurs ? Il ne suffit pas de les proclamer, mais de les faire vivre. ? Et parmi celles-là, il y a l'égalité républicaine, il y a la laïcité, il y a la justice, il y a la solidarité. C'est là que nous vous attendons et sur rien d'autre !


Source http://www.gouvernement.fr, le 19 décembre 2013

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