Interview de M. Michel Sapin, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social à LCI le 20 décembre 2013, sur la situation économique et le chômage. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Michel Sapin, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social à LCI le 20 décembre 2013, sur la situation économique et le chômage.

Personnalité, fonction : SAPIN Michel, DURAND Guillaume.

FRANCE. Ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social;

ti :

GUILLAUME DURAND
Alors, les questions, évidemment, sont multiples, elles ont un caractère politique, et aussi des questions de terrain, puisque vous vous occupez donc notamment du chômage en France et les chiffres vont tomber le 26 décembre, c'est la date clef de l'inversion. Nous verrons cela tout à l'heure. AYRAULT est-il condamné, est-il en train de se débattre ? Pardonnez-moi de commencer par ce dossier le plus polémique possible.

MICHEL SAPIN
Oui, mais ce n'est pas un dossier, si vous voulez qu'on parle du chômage, ce qui n'est pas si simple...

GUILLAUME DURAND
Oui, mais on va le faire.

MICHEL SAPIN
... ça c'est un vrai dossier, si vous voulez que l'on parle de la formation professionnelle, c'est un vrai dossier...

GUILLAUME DURAND
Mais enfin, le chef de l'équipe, c'est important quand même.

MICHEL SAPIN
La personnalité, la combativité du Premier ministre, c'est important, mais je vois fleurir uniquement des racontars de fonds de couloirs, des espèces de soi-disant rumeurs de fin de déjeuner, ça ne m'intéresse pas. Moi je ne suis pas là pour faire du café du commerce, même si le café du commerce peut occuper des colonnes de journaux ou des minutes de commentaires.

GUILLAUME DURAND
Michel SAPIN, vous avez été plusieurs fois ministre de nombreux gouvernement...

MICHEL SAPIN
C'est bien la raison...

GUILLAUME DURAND
... vous savez très bien que si vous étiez contesté, vous, on trouverait ça dans les journaux, vous ne l'êtes pas, on ne le trouve pas, Jean-Marc AYRAULT, il y a la liste complète de tous les ministres qui lui reprochent sa façon de gouverner.

MICHEL SAPIN
Vous avez eu la gentillesse de dire que j'avais un peu d'expérience dans des gouvernements, puisque c'est le 4ème gouvernement auquel j'appartiens, et ça fait d'ailleurs le 4ème Premier ministre, donc je connais cela par coeur. Je sais comment ça se passe et je sais combien on perd du temps, certains, uniquement à commenter des sujets qui n'intéressent absolument pas les Français.

GUILLAUME DURAND
Vous êtes certain, que le 14 janvier...

MICHEL SAPIN
Hier, j'ai vu …

GUILLAUME DURAND
Vous êtes certain que le 14 janvier François HOLLANDE va le soutenir ?

MICHEL SAPIN
Mais c'est... le président de la République parlera et ce n'est pas à moi de lui dicter sa parole, ni à vous. J'ai vu hier un Premier ministre combatif, même Guillaume TABARD le disait, même quand il critiquait LE FIGARO, il était combatif, y compris dans la critique du FIGARO, ce qui est complètement légitime, en sens inverse aussi. J'ai vu hier un Premier ministre qui disait où était la ligne, le cap, la réforme fiscale, au sens où il l'entend, elle sera faite parce que c'est nécessaire, il faut mettre de la stabilité, il faut mettre de la simplicité...

GUILLAUME DURAND
Proposition à l'été 14.

MICHEL SAPIN
... il faut mettre de la compréhension.

GUILLAUME DURAND
2000.

MICHEL SAPIN
Il a dit combien un certain nombre de réformes étaient engagées et elles pouvaient être importantes. Il a dit avec quels ministres il travaillait sur les sujets.

GUILLAUME DURAND
Sauf VALLS.

MICHEL SAPIN
Il a donc décrit...

GUILLAUME DURAND
Sauf VALLS.

MICHEL SAPIN
VALLS, parce que VALLS travaille à la sécurité des Français, dans des conditions qui sont exemplaires, qui sont exceptionnelles, lui aussi. Donc vous avez une série de personnalités qui travaillent au sein d'un gouvernement, avec un Premier ministre qui a autorité sur ce gouvernement. C'est la seule chose qui compte. On passe on concret ?

GUILLAUME DURAND
Ah, on passe au concret, mais on peut quand même... Donc vous considérez qu'il n'y a pas de problème.

MICHEL SAPIN
Mais ce n'est pas la question !

GUILLAUME DURAND
C'est l'histoire de la 5...

MICHEL SAPIN
Mais c'est...

GUILLAUME DURAND
Michel SAPIN, attendez, attendez, je vous promets qu'on y arrive, mais vous connaissez l'histoire de la Vème République, aussi bien que moi, CHIRAC – GISCARD il y a eu u problème, Michel ROCARD, François MITTERRAND, il y a eu des problèmes, puisqu'il a été remplacé, donc ne nous faites pas croire qu'il n'y a pas, je ne parle pas pour les journalistes, même, mais pour les gens du gouvernement auquel vous appartenez, un problème avec Jean-Marc AYRAULT, y compris du côté de François HOLLANDE, tout le monde l'a vu à propos du rapport sur l'intégration, particulièrement exaspéré.

MICHEL SAPIN
Une fois que vous avez dit cela...

GUILLAUME DURAND
C'est mon métier.

MICHEL SAPIN
Une fois que vous avez dit cela, une fois que vous avez rappelé que sous la Vème République il y a une situation un peu particulière que l'on ne retrouve qu'en France, c'est qu'il y a à la fois un président de la République élu par l'ensemble des Français et un Premier ministre qui est responsable devant le gouvernement. Donc oui, en France, il y a deux têtes à l'exécutif, donc depuis toujours on commente la relation entre ces deux têtes. Le commentaire, en lui même, m'intéresse peu, on verra ce que l'histoire en dira. Nous sommes dans l'action, nous sommes dans l'action. Les Français, aujourd'hui, qu'est-ce qu'ils attendent de nous ? Non pas des commentaires de PSYCHOLOGIE MAGAZINE sur telle ou telle situation gouvernementale...

GUILLAUME DURAND
Donc ça ne paralyse pas l'action.

MICHEL SAPIN
Ça ne paralyse absolument pas l'action ! Jour après jour, nous sommes dans l'action, nous sommes dans le mouvement, nous essayons de bouger les lignes, la réalité de la vie, ce n'est pas si simple d'ailleurs, on ne réussit pas toujours, mais c'est cela qui compte, pour un gouvernement comme pour un ministre.

GUILLAUME DURAND
Alors, voyez, c'est moi qui reviens au terrain. Il y a des dates. 26 décembre, est-ce que la grande promesse de François HOLLANDE de l'inversion, sera tenue ? Je parle du chômage.

MICHEL SAPIN
Mais, d'abord, je ne veux pas jouer sur les mots, mais ce n'est pas une promesse, on n'est pas avant une élection présidentielle ou une élection législative...

GUILLAUME DURAND
Un engagement, une volonté.

MICHEL SAPIN
Voilà, une volonté. Parce que quand on agit, on se fixe des objectifs. Quand on veut faire bouger, je reprends le terme que j'ai utilisé, la réalité des choses, on se donne des objectifs. Cet objectif, il est déjà atteint, puisqu'au mois d'octobre, le nombre des chômeurs, pour la première fois depuis 5 ans, a diminué en France. Il faut le confirmer, parce qu'effectivement, reculer un mois le nombre des chômeurs, ce qui n'est déjà pas si mal, ça ne suffit pas, il faut que ça recule mois après mois et que ça recule dans la durée. C'est toute la concentration de la politique gouvernementale, parce qu'il faut que ça aille mieux dans les entreprises, pour que dans le tissu économique lui-même se crée plus d'emplois.

GUILLAUME DURAND
Mais ce matin, vous y croyez ?

MICHEL SAPIN
Je ne suis pas là pour croire, je ne suis pas dans une chapelle !

GUILLAUME DURAND
J'allais vous le dire, vous n'êtes pas religieux, mais enfin, c'est votre boulot tous les jours !

MICHEL SAPIN
Non, je ne suis pas dans une église, vous n'êtes pas le curé qui me demande est-ce que je crois en quelque chose. Non, j'agis, je fais, les actions que nous menons aujourd'hui, sont en train de porter leurs fruits. Il y a un chiffre qui n'est pas commenté, qui est tombé cette nuit, qui est le nombre de créations d'emplois au cours du mois de novembre. Il y a eu une reprise des embauches au mois de novembre, c'est un chiffre, non pas de prévisions, c'est un chiffre sur la réalité du mois de novembre, c'est plutôt un bon signe...

GUILLAUME DURAND
Donc les indices dans la perspective du 26, sont plutôt bons.

MICHEL SAPIN
L'activité économique est plus forte que prévu au dernier trimestre de cette année, puisque c'est 0,4 ou 0,5. La montée en puissance des politiques de l'emploi, celles dont j'ai responsabilités, pour donner des solutions à des jeunes, pour donner des solutions à des gens qui sont au chômage depuis très longtemps, cette montée en puissance, elle est réelle. Nous verrons quel sera le chiffre, mais on va dans la bonne direction.

GUILLAUME DURAND
Quand vous entendez COPE et les autres, dire « tout ça, ce sont des emplois aidés, c'est-à-dire des faux emplois, financés par l'Etat, augmentation du déficit », donc c'est une solution qui est finalement apparemment bonne mais anti économique sur le fond.

MICHEL SAPIN
Oui, mais c'est un commentaire, je ne veux pas être désagréable, mais simpliste, pour deux raisons. D'abord, parce que, aujourd'hui, il n'y a même pas encore le même nombre d'emplois aidés que sous Nicolas SARKOZY au moment où le chômage avait explosé en 2009/2010, si on voulait faire des comparaisons, et deuxièmement, parce que ce qui compte, ce n'est pas de savoir si les emplois « sont aidés », c'est est-ce qu'ils sont utiles et est-ce qu'ils apportent une solution durable. Quand un jeune est en emploi d'avenir et qu'il n'a pas simplement un emploi pour l'occuper, ce n'est pas la question de l'occuper, mais qu'il a un vrai emploi, qui correspond à un besoin, à un service, et, qui, à côté, il a une formation, on va en revenir à ce mot fondamental, une formation, à ce moment-là il retrouve un avenir. Et donc, il ne s'agit pas de dire « c'est grâce aux emplois aidés que nous allons résoudre la question du chômage ».

GUILLAUME DURAND
Ben c'est ce que dit l'opposition, hein.

MICHEL SAPIN
Mais, elle a tort, elle peut avoir tort aussi. Il ne s'agit pas de dire cela, elle a tort quand elle dit cela. Il s'agit d'avoir une politique économique qui stimule l'activité économique, la croissance a repris, elle n'est pas encore suffisante, il faut qu'elle se confirme...

GUILLAUME DURAND
L'INSEE considère qu'en France, ce n'est pas terrible.

MICHEL SAPIN
Eh bien l'INSEE dit aujourd'hui des chiffres supérieurs à ceux qu'ils disaient hier, puisqu'il y a, en début d'année ils annonçaient - 0,1. On sera à + 0,2, + 0,3. Ça fait des chiffres, mais derrière ces chiffres, ça veut dire des emplois et c'est ce qui va se passer en 2014. Plus cette politique en faveur... donner des solutions à ceux qui aujourd'hui sont sans solution, c'est ça qui permet de faire en sorte qu'à partir de la mi-2014, le relais de l'activité économique soit là et permette de créer des emplois qui répondent aux besoins, et de l'économie, et des Français.

GUILLAUME DURAND
J'ai beaucoup de petits dossiers, qui sont les dossiers de la journée. Pardonnez-moi de vous demander d'y répondre. Les sages-femmes, est-ce qu'il faut leur donner un statut équivalent à ceux des médecins ?

MICHEL SAPIN
Demandez aux médecins, ils vous diront non, parce que quand on est sage-femme on fait des choses extraordinaires, exceptionnelles. Il y a, comment dirais-je, une sorte de sentiment positif vis-à-vis de celles qui accompagnent la naissance.

GUILLAUME DURAND
On est tous touchés par ça, parce que...

MICHEL SAPIN
On est tous touché par ça, et je le comprends parfaitement. Je le comprends parfaitement, mais est-ce que c'est exactement le même métier ? Voilà, c'est sur ce point-là que se penche ce matin Marisol TOURAINE.

GUILLAUME DURAND
Mais ce matin il va y avoir une réponse, il va bien falloir la donner.

MICHEL SAPIN
Marisol TOURAINE les rencontrera, elle va parler avec eux, je pense que ce sont vraiment des gens qui méritent non seulement l'attention, non seulement l'humanité, mais aussi une reconnaissance du point de vue du travail qui est le leur...

GUILLAUME DURAND
Mais leur donner un statut médical, équivalent...

MICHEL SAPIN
Ce ne sont pas des médecins.

GUILLAUME DURAND
Ça, on ne leur donnera jamais.

MICHEL SAPIN
Mais je n'en sais rien, mais je pense que les médecins eux-mêmes trouveraient étranges que l'on considère que c'est exactement la même formation et les mêmes qualifications. Voilà, c'est un dossier qui est entre les mains de Marisol TOURAINE, c'est elle qui donnera la réponse sur ce sujet.

GUILLAUME DURAND
Forcément, quand on s'occupe du Travail, de l'Emploi, on s'occupe aussi du pouvoir d'achat. Est-ce qu'il ne faut pas transférer une partie de la vente des médicaments aux grandes surfaces ? Comme ça se fait en Italie, comme ça se fait aux Etats-Unis, à partir du moment où il y a des pharmaciens dans les grandes surfaces.

MICHEL SAPIN
Oui, non mais je vois bien. Pardon de dire ça, mais j'aime aussi, dans l'organisation d'un gouvernement, que chacun parle à sa place. Donc je ne suis pas ministre de la Santé, donc je ne répondrai pas sur ce sujet, il y a des tas d'aspects...

GUILLAUME DURAND
Mais, elle a pris position contre et l'Autorité de la concurrence est pour.

MICHEL SAPIN
Il y a des tas d'aspects qui touchent aussi à la sécurisation du médicament, à la sécurisation de la prescription de ce médicament, les pharmaciens jouent aussi ce rôle là...

GUILLAUME DURAND
Non, mais ça on est tous d'accord, mais le problème c'est que si on a un rhume tous les deux, et qu'on va acheter du Fervex, il y a des endroits où on va le payer 1 ou à d'autres endroits on va le payer 4.

MICHEL SAPIN
Ni vous, ni moi, ne demanderons son remboursement par la Sécurité sociale.

GUILLAUME DURAND
Mais ce n'est pas un système qu'il faut mettre de côté. Parce que vous savez qu'il y a un débat, parce qu'on revient à l'histoire de la République, souvenez-vous, depuis SEGUIN, on essaie de dérembourser les médicaments qui ne sont pas forcément extraordinairement opérants sur le plan médical, ça a fait un tollé, on était il y a 25 ans...

MICHEL SAPIN
Oui, oui, bien sûr, oui...

GUILLAUME DURAND
Depuis 30 ans on parle de ce transfert, depuis 30 ans on parle de la vente des médicaments à l'unité, vous savez que pour les comptes publics de la Nation, c'est considérables les économies qu'on peut réaliser, donc ce n'est pas une question...

MICHEL SAPIN
Oui, en l'occurrence ce ne serait pas les médicaments remboursables, ce serait les médicaments non remboursables, ce ne serait pas une économie pour la Nation, ce serait une économie pour la poche, si je puis dire, de chacun des Français concernés, mais c'est le même problème que celui qui a été résolu par monsieur HAMON avec la vente en ligne d'un certain nombre de produits pour les yeux qui n'ont pas forcément nécessité à être trop chers.

GUILLAUME DURAND
Mais, est-ce qu'il faut remettre à plat tout le système médical, pour faire des économies ?

MICHEL SAPIN
Je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire dans le domaine de la santé, parce que c'est un budget énorme, c'est un budget qui augmente, et donc naturellement, et que quand on lutte contre les déficits, on doit aussi lutter contre les déficits de l'assurance maladie.

GUILLAUME DURAND
Un dossier qui vous concerne, le Conseil constitutionnel a invalidé le dispositif fiscal encadrant le choix de l'assureur dans les entreprises. Retoqué je crois pour la 2ème fois. Est-ce que vous allez représenter quelque chose ?

MICHEL SAPIN
Alors, ce n'est pas tout-à-fait exact, mais c'est normal que l'on facilite la lecture des uns et des autres, donc l'article qui a été examiné par le Conseil constitutionnel est beaucoup plus complet que ce que l'on vient de dire, et donc il y a des dispositions qui ont été introduites dans cet article, en particulier à ma demande, et qui vont permettre, ce qui est naturel, ce qui est normal, à des partenaires sociaux, d'indiquer un choix, un choix d'un organisme qui apportera en particulier de la prévention, qui est absolument nécessaire. Ecoutez, dans la boulangerie, moi je pense bien qu'il y a des préventions, contre par exemple l'inhalation des farines, qui ont à un moment donné des effets extrêmement nocifs pour la santé de ceux qui travaillent dans la boulangerie, donc je souhaite que la boulangerie puisse continuer à indiquer ce qu'elle pourra faire, quels sont les organismes de prévention qui sont les mieux à même d'apporter des solutions. Ce n'est pas chacun dans son coin !

GUILLAUME DURAND
Mais est-ce qu'on présente, est-ce qu'on réinsiste auprès du Conseil constitutionnel ?

MICHEL SAPIN
Non, mais je pense que la solution qui a été trouvée aujourd'hui est une solution qui est équilibrée, parce que vous ne la lisez pas, dans sa complexité, dans sa plénitude, mais lisez l'article, très complexe, et vous verrez qu'il apporte des solutions qui sont des solutions concrètes.

GUILLAUME DURAND
Je lis LIBERATION, un portrait vous est consacré, c'est la dernière page, finalement SAPIN c'est peut-être Matignon bientôt. Vous êtes le futur Premier ministre de la France.

MICHEL SAPIN
Je trouve toujours étonnant ce...

GUILLAUME DURAND
Vous allez quand même pas vous plaindre d'un article qui dit du bien de vous, dans un journal, fut-il de gauche, qui de temps en temps tape sur François HOLLANDE toute la journée.

MICHEL SAPIN
Je ne me plaints jamais quand on dit du bien de moi, et je ne critique pas quand on dit du mal de moi, parce qu'heureusement, il y en a aussi qui disent du mal de moi, mais ce n'est pas la question. Non, ce n'est pas parce qu'on... je ne sais pas comment dire, pour ne pas avoir l'air de... mais on réussit dans le travail que l'on fait, parce qu'effectivement j'ai arraché à nos partenaires européens un accord pour lutter contre les dérives des travailleurs détachés, ceux qui viennent en France et étaient exploités en France, au détriment par ailleurs des travailleurs français, que pour autant je vais aller à Matignon. Ce n'est pas parce que les partenaires sociaux, que j'ai accompagnés...

GUILLAUME DURAND
Vous avez été ministre de l'Economie, du Travail...

MICHEL SAPIN
... ont permis d'avoir la réforme la plus importante, on n'en a pas parlé ce matin, mais on en parlera une autre fois...

GUILLAUME DURAND
La formation professionnelle.

MICHEL SAPIN
La plus importante réforme de la formation professionnelle depuis 40 ans...

GUILLAUME DURAND
Et je connais.

MICHEL SAPIN
Qui va être extrêmement porteuse, pour lutter contre le chômage de durée, de longue durée, pour lutter contre ce manque de formation d'un certain nombre de jeunes, enfin, bref, pour préparer l'économie. C'est la vraie compétitivité de notre économie la formation. Donc ce n'est pas parce qu'on réussit cela que pour autant on devient Premier ministre, ou alors, comment ferait-on, il faudrait une dizaine de gouvernement, un pour chacun de ceux d'entre nous qui réussissent au sein de ce gouvernement ?

GUILLAUME DURAND
Mais vous n'y avez jamais pensé en vous rasant le matin ? Pourquoi ?

MICHEL SAPIN
Jamais. Mais là on est parti de nouveau dans du commentaire de café du commerce, ça n'est pas mon problème.

GUILLAUME DURAND
Mais on peut être aussi détendu, le matin, quand on se voit.

MICHEL SAPIN
Ça n'est pas mon problème. Je suis très détendu, surtout avec vous.

GUILLAUME DURAND
Merci beaucoup. Il parait que vous collectionnez les pièces de monnaie et que vous aimez pêcher le bar, vous avez raison, c'est parfait.

MICHEL SAPIN
Oui, c'est deux passions.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 décembre 2013

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