Déclaration de M. Kader Arif, ministre des anciens combattants, sur l'enseignement de l'histoire consacré à la Première et Deuxième guerre mondiale, à Paris le 19 décembre 2013. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Kader Arif, ministre des anciens combattants, sur l'enseignement de l'histoire consacré à la Première et Deuxième guerre mondiale, à Paris le 19 décembre 2013.

Personnalité, fonction : ARIF Kader.

FRANCE. Ministre des anciens combattants

Circonstances : Intervention devant les référents académiques "mémoires et citoyenneté", à Paris le 19 décembre 2013

ti : Madame la Ministre,
Monsieur le Directeur,
Mesdames et Messieurs les référents académiques « mémoire et citoyenneté »,


Permettez-moi tout d'abord de remercier le mémorial de la Shoah, et son Directeur, Jacques Fredj, de nous accueillir sur ce lieu de mémoire, un lieu unique, pour clôturer votre deuxième séminaire.

J'ai déjà eu le plaisir de visiter le mémorial de la Shoah à plusieurs reprises. Je pense notamment à la visite que j'ai faite en février dernier de l'ensemble des lieux du souvenir, des salles d'expositions et du centre de documentation du mémorial.

J'étais ensuite revenu le 28 avril dans le cadre de la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, où nous avions mené cette longue et solennelle marche jusqu'au mémorial d'île de la Cité.

Ce qui saisit chaque visiteur ici, c'est d'abord une grande émotion, à laquelle succède un incroyable sentiment de responsabilité. Responsabilité de dire et de rappeler sans cesse l'histoire, et ces vérités, même les plus douloureuses. Une responsabilité qui incombe à tout citoyen et qui m'incombe tout particulièrement de par mes fonctions.

Dans celles qui sont les vôtres, vous vous êtes déjà interrogé : Comment enseigner l'horreur, la cruauté, l'inhumanité ? Comment faire comprendre l'impensable ? Comment nommer l'innommable ? Comment transmettre une mémoire si intime et si douloureuse ?

Longtemps, vous avez pu vous appuyer sur les témoignages des anciens résistants et déportés, qui, avec courage, nous conte le récit de leur vie, restant toujours humbles, à l'écoute des autres et avec une capacité à pardonner qui est un modèle pour nous tous.

A l'heure où beaucoup disparaissent, la transmission de la mémoire est désormais entièrement entre les mains des équipes pédagogiques, auprès desquelles vous êtes chargés, mesdames et messieurs, d'apporter un soutien.

Cet enseignement de l'histoire est un enjeu essentiel pour notre jeunesse. Cela fait écho aux propos qu'avait eus Mme Simone Veil en 2005 à l'occasion de la cérémonie commémorative du Vel d'Hiv : « La diffamation des victimes et l'infidélité de la mémoire commencent quand on songe à relativiser l'absolu au lieu de l'enseigner ».

Vous avez accepté, et je tenais à vous en remercier, la mission que le ministre de l'Education nationale vous a confiée, pour être référents « mémoire et citoyenneté » de votre académie.

C'est une noble mission car c'est vous qui, auprès des enseignants, pilotez la mise en œuvre de cet exceptionnel cycle commémoratif des deux guerres mondiales.

Vous répondez ainsi à la demande du Président de la République qui souhaite faire des commémorations à venir un moment de rassemblement national, et en particulier des plus jeunes, autour d'une mémoire partagée.

Votre mission est donc multiple.

Correspondants privilégiés de la direction générale de l'enseignement scolaire, vous travaillez de concert avec les partenaires du concours national de la Résistance et de la Déportation, dont je remettrai les prix nationaux avec Vincent Peillon tout à l'heure. Les services départementaux de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre sont également à vos côtés pour vous accompagner dans cette tâche.

Depuis hier, les enjeux des deux prochains cycles commémoratifs vous sont présentés par les différents opérateurs, que je tiens à remercier, la Direction de la mémoire du patrimoine et des archives et la mission du Centenaire.

Vous avez ainsi pu mesurer la volonté politique qui anime le gouvernement pour que l'Etat soit au rendez-vous de ces deux cycles et pour en garantir la réussite. Cette volonté, je l'observe au quotidien dans les travaux de la mission interministérielle que j'ai l'honneur de présider.

C'est ainsi que le 14 juillet prochain sera placé sous le signe du Centenaire. La France accueillera 72 nations représentées notamment par 400 jeunes qui défileront ensemble sur les Champs-Elysées en signe de paix et de fraternité.

Le 3 août, une minute de silence commémorera l'entrée dans la Grande Guerre. Nous entrerons ensuite à partir du mois de septembre dans les commémorations des grandes batailles et en particulier celle de la Marne.

Mais 2014 sera aussi la grande année de la Libération du territoire. Les 6 juin et 15 août prochains donneront lieu à des manifestations commémoratives des deux débarquements auxquelles seront associés de nombreux pays dont, pour le débarquement de Provence, l'ensemble des pays africains sont les soldats ont contribué à l'effort de guerre.

Les Françaises et les Français attendent beaucoup de ces cycles mémoriels, comme en témoigne leur exceptionnelle mobilisation pour initier des projets partout en France, déjà plus de 1 000 ont été labellisés.

Des projets qui ont un sens, pas seulement celui de commémorer le passé mais celui de transmettre des valeurs aux jeunes pour éveiller leur conscience citoyenne.

Les enseignants sont au plus près des élèves pour les accompagner dans ce travail. Ils ont un rôle capital que l'Etat reconnaît et soutient. La présence de Mme George Pau-Langevin à mes côtés en témoigne.

C'est tout le sens de ce séminaire qui vise à vous donner à la fois l'information et les outils nécessaires pour faciliter votre travail au quotidien. Les ressources sont nombreuses : sites internet, documentations, recueils de témoignages, ouvrages, expositions itinérantes, films documentaires.

Autant de supports pour vous et pour les enseignants, au service de ces collégiens et lycéens qui seront demain les nouveaux passeurs de mémoire.

Nous avons conscience de l'ampleur de la tâche qui est devant vous, et dans laquelle vous êtes déjà pleinement investis.

Sachez que nous sommes, avec l'ensemble du gouvernement, totalement à vos côtés pour faire que ce cycle commémoratif soit une réussite pour chacun, une réussite pour notre pays, et surtout un bel hommage à la liberté.


Je vous remercie.

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