Conseil des ministres du 10 juillet 2013. La situation économique et l'emploi. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conseil des ministres du 10 juillet 2013. La situation économique et l'emploi.

Personnalité, fonction : MOSCOVICI Pierre, SAPIN Michel.

FRANCE. Ministre de l'économie et des finances; FRANCE. Ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

ti : Le ministre de l'économie et des finances et le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social ont présenté une communication relative à la situation économique et l'emploi.

Toutes les enquêtes de conjoncture – Insee, Banque de France, Institut Markit – témoignent d'un raffermissement graduel de l'économie française. Trois facteurs expliquent cette évolution.

Premièrement, la conjoncture européenne montre de premiers signes, encourageants, de stabilisation même si le taux de chômage est toujours sur une tendance haussière (12,2 % en mai dans la zone euro). En effet, après six trimestres consécutifs de contraction, l'activité dans la zone euro devrait s'être stabilisée au 2e trimestre de cette année et pourrait amorcer une reprise au 2e semestre au vu des dernières enquêtes de conjoncture. Alors que les tensions financières se sont quelque peu ravivées ces dernières semaines, les institutions de la zone euro, plus robustes, permettent désormais d'y faire face. La communication de la Banque centrale européenne qui s'est engagée, lors de la réunion du conseil des gouverneurs de la semaine dernière, à maintenir un environnement de taux d'intérêt bas pour une période de temps prolongée, a eu un effet stabilisant.

Deuxièmement, l'amélioration du climat des affaires résulte d'une évolution plus favorable de la demande intérieure. La consommation des ménages, atone ces derniers trimestres, est en effet mieux orientée, comme en témoigne la progression des immatriculations de véhicules neufs de près de 6 % au 2e trimestre, qui constitue la plus forte progression depuis début 2011. Le rebond des indices de chiffre d'affaire en avril dans le commerce de gros et de détail confirme cette légère embellie de la demande intérieure. Enfin, la situation de trésorerie des entreprises, toujours difficile, s'améliore grâce aux instruments mis en place par le Gouvernement pour soutenir le financement de la croissance et de la compétitivité des entreprises. Ainsi, à ce jour, l'objectif de 800 M€ assigné à la Banque publique d'investissement (bpifrance) pour le préfinancement, en 2013, du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) est quasiment atteint (780 M€). Lorsqu'on y ajoute la garantie « renforcement de la trésorerie », le prêt pour l'innovation, et le préfinancement du crédit d'impôt recherche (CIR), ce sont 1,2 Md€ qui ont été injectés dans l'économie par bpifrance depuis le début de l'année.

Au total, la France devrait avoir renoué avec la croissance dès le 2e trimestre 2013, la Banque de France, comme l'Insee, anticipant désormais une progression de 0,2 % du PIB. S'il est encore tôt pour y voir le signe d'une reprise durable, la croissance pourrait cependant se raffermir au cours des prochains mois au vu du redressement des perspectives personnelles des chefs d'entreprise retracées par les enquêtes de conjoncture.

Sur le front de l'emploi, la progression du nombre de demandeurs d'emploi a marqué une pause au mois de mai avec une hausse de seulement +100 en catégorie A et un recul de 3 600 pour l'ensemble des catégories A, B et C. Cette accalmie, qui n'est pas encore le retournement attendu, est encourageante et vient s'inscrire en cohérence avec d'autres signaux favorables, tels que la bonne tenue de l'emploi intérimaire depuis octobre et la légère reprise des embauches en mai.

La mobilisation des outils de la politique de l'emploi se poursuit. 33 000 emplois d'avenir ont été prescrits fin juin comme attendu. Le contrat de génération se déploie efficacement dans les petites entreprises ; les branches et les grandes entreprises doivent s'en saisir et négocier des accords dans les prochaines semaines.

Nombre des dispositions de la loi sur la sécurisation de l'emploi du 14 juin 2013 sont déjà opérationnelles : accord de maintien de l'emploi, activité partielle, procédure d'homologation des plans de sauvegarde de l'emploi.

Les partenaires sociaux, représentatifs au niveau interprofessionnel, ont reçu ce lundi le document d'orientation les invitant à ouvrir une négociation sur « la formation professionnelle pour la sécurisation des personnes et la compétitivité des entreprises ». Cette négociation devra aboutir d'ici la fin de l'année.

Sans attendre l'issue de cette négociation, les participants sont convenus de la nécessité d'un plan d'action concerté pour saisir toutes les opportunités d'emploi pour les jeunes et les demandeurs d'emploi. Afin d'accompagner cette mobilisation, des « formations prioritaires pour l'emploi » seront mises en œuvre dès septembre pour former 30 000 demandeurs d'emploi supplémentaires d'ici à la fin de l'année.

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