Conseil des ministres du 23 décembre 2013. La situation économique et l'emploi | vie-publique.fr | Discours publics

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Conseil des ministres du 23 décembre 2013. La situation économique et l'emploi

Personnalité, fonction : MOSCOVICI Pierre, SAPIN Michel.

FRANCE. Ministre de l'économie et des finances; FRANCE. Ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social

ti : Le ministre de l'économie et des finances et le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, ont présenté une communication relative à la situation économique et l'emploi.

La situation économique des principaux partenaires commerciaux de la France continue de s'améliorer après un troisième trimestre en demi-teinte. Les signes de reprise sont particulièrement marqués aux Etats-Unis, où les indicateurs du marché de l'emploi, comme ceux du marché immobilier retrouvent les niveaux de la fin de l'année 2008. La vigueur de l'économie a conduit la Réserve fédérale à ralentir légèrement son soutien à l'économie à l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire le 18 décembre dernier, tout en maintenant une politique monétaire extrêmement accommodante et en s'engageant à maintenir un taux bas pendant longtemps. En Europe, les développements récents confirment le retour de la croissance. Les signes de reprise s'accumulent également au Royaume-Uni, bien que l'économie soit encore bien en-dessous de son niveau pré-crise. De même, le climat des affaires se redresse en Allemagne, même si les évolutions récentes de la production industrielle ont été mitigées. La situation de l'Italie et de l'Espagne s'améliorent de manière plus graduelle, mais ces économies, sorties de récession au 3e trimestre, devraient voir progressivement leur croissance accélérer au cours des prochains mois.

L'économie française continue de bénéficier de l'amélioration du contexte international et des effets des réformes économiques mises en œuvre par le Gouvernement. Les dernières prévisions de l'Insee confirment en effet que l'économie française est sortie de la stagnation et a renoué avec une croissance de l'ordre de 1 % en rythme annuel. Elles confortent le scénario de croissance du Gouvernement pour 2014, déjà validé par le Haut conseil des finances publiques et par les prévisions des organisations internationales. Le redressement des enquêtes de conjoncture dans l'industrie, visible depuis le printemps et qui s'est poursuivi en décembre selon l'Insee, est confirmé par la publication des premiers indicateurs quantitatifs du 4e trimestre, soutenu notamment par la consommation des ménages et une reprise, encore modérée, des investissements des entreprises. La crédibilité de la stratégie de finances publiques du Gouvernement permet en outre à tous les agents d'emprunter à des conditions de financement favorables.

Le rythme de croissance de l'économie française demeure encore très inférieur à son potentiel, et le Gouvernement se mobilise pour combler cet écart, à travers sa politique volontariste de soutien à la croissance, la compétitivité et l'emploi. Les grandes avancées réalisées au niveau européen concernant l'Union Bancaire devraient améliorer de manière majeure la confiance dans le système bancaire et à terme favoriser la croissance en permettant aux banques de distribuer plus largement le crédit à l'économie et soutenir ainsi la consommation des ménages et l'investissement des entreprises.

S'agissant du marché du travail, les signaux sont également positifs. Sous l'effet du retour progressif de la croissance et du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), les destructions d'emploi marchand ralentissent nettement : 15 000 emplois salariés marchands ont été détruits au 3ème trimestre, chiffre encore important mais 2 fois moins élevé qu'au trimestre précédent. Les prévisions de l'Institut national des statistiques et des études économiques (INSEE), pourtant plutôt pessimistes sur l'emploi, prévoient que ce rythme devrait encore être divisé par 2 au 4ème trimestre (-7 000) avant une stabilisation début 2014.

En intégrant les créations d'emplois non marchands, en particulier celles permises par les politiques de l'emploi, l'emploi total a recommencé à augmenter dès le 3ème trimestre et va continuer au 4eme trimestre.

En novembre, le nombre de déclarations d'embauches de plus d'un mois - hors intérim – a augmenté de 3,3 %. Au total sur un an, elles augmentent de 1,2 %.

La publication par l'Insee des chiffres du chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) pour le 3ème trimestre 2013 est venue confirmer l'amélioration de la situation du marché du travail depuis 6 mois, après deux années de forte dégradation, déjà visible dans les statistiques de Pôle emploi. Au total, le taux de chômage a progressé de 0,1 point en un semestre (2ème et 3ème trimestres) contre 0,4 point en moyenne pour chacun des trois semestres précédents. Alors qu'il prévoyait encore en juin une hausse continue du chômage tout au long de 2013, l'INSEE anticipe désormais une stabilisation en cette fin d'année.

Les chiffres de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi pour le mois de novembre seront publiés à la fin de la semaine. Au-delà de la volatilité inhérente à cet indicateur au mois le mois, volatilité qui incite à analyser les choses en tendance sur plusieurs mois, l'objectif du Gouvernement est une inversion durable de la courbe du chômage. Celle-ci a débuté au mois d'octobre, et cette tendance devra se confirmer et s'approfondir au début de l'année 2014. C'est le premier combat
du Gouvernement, depuis le premier jour de son installation, mais c'est aussi le combat de toute la société qui refuse l'attentisme et la fatalité du chômage, en particulier celui des jeunes.

Engagée déjà depuis 6 mois, l'inversion de la courbe du chômage des jeunes est visible dans les statistiques de Pôle emploi et elle est visible aussi dans celles de l'INSEE qui mesurent le chômage au sens du BIT (baisse du nombre de jeunes chômeurs au sens du BIT au 3ème trimestre). Après avoir progressé de 3,4 points en 2012, le taux de chômage des jeunes a baissé de 1 point depuis le début de l'année, correspondant à près de 50 000 jeunes chômeurs en moins. Cette baisse vient corroborer celle constatée depuis 6 mois chez les jeunes inscrits à Pôle emploi en catégorie A, qui est de presque 5%.

Fin 2013, le bilan des mesures de politique de l'emploi montre que les objectifs ambitieux –sur les plans quantitatifs et qualitatifs- sont globalement atteints :

Près de 100 000 emplois d'avenir auront été signés ;

Plus de 400 000 contrats aidés non marchands ont été prescrits et 50 000 dans le secteur marchand ;

17 000 demandes d'aides de contrat de génération ont été enregistrées (soit 34 000 emplois déjà créés ou maintenus ; près de 6000 accords et plans d'action contrats de génération ont été déposés, dont plus de la moitié dans les entreprises de plus de 300 salariés ; 40 branches professionnelles sont déjà couvertes par un accord sur le contrat de génération (représentant 3,5 millions de salariés), même si cette couverture doit encore absolument progresser) ;

Avec 38 000 formations financées, le seuil des 30 000 inscriptions dans le cadre du plan « 30 000 formations pour 30 000 emplois » a été franchi et 23 500 entrées sont déjà effectives ;

La bataille pour l'emploi se poursuivra en 2014, à tous les niveaux, et avec toujours plus de vigueur.

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