Interview de M. Frédéric Cuvillier, ministre des transports, de la mer et de la pêche, à RMC le 7 février 2014, sur les mesures envisagées pour protéger le littoral des inondations, des submersions et de l'érosion, la mise en oeuvre de l'écotaxe et les relations entre l'Etat et les concessionnaires d'autoroutes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Frédéric Cuvillier, ministre des transports, de la mer et de la pêche, à RMC le 7 février 2014, sur les mesures envisagées pour protéger le littoral des inondations, des submersions et de l'érosion, la mise en oeuvre de l'écotaxe et les relations entre l'Etat et les concessionnaires d'autoroutes.

Personnalité, fonction : CUVILLIER Frédéric, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre des transports, de la mer et de la pêche;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a de très nombreux sujets qui vous concernent ce matin, c'est la raison pour laquelle vous avez accepté cette invitation et je vous en remercie. Je vais commencer très vite avec Anglet, ce cargo, on a vu… c'est un vraquier…

FREDERIC CUVILLIER
Un vraquier oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On a vu les images sur toutes les chaînes de télévision, il est coupé en 3 morceaux, c'est ça maintenant ? Est-ce qu'il y a risque de pollution, oui ou non ?

FREDERIC CUVILLIER
Non, il n'y a pas de risque de pollution majeur, d'abord c'est un vraquier…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Majeur !

FREDERIC CUVILLIER
Majeur, il y a de la pollution parce qu'il y avait le carburant… le gasoil léger qui d'ailleurs se dissipe très rapidement dans la mer, mais il y a n'a pas… ça n'est pas l'Amoco Cadiz, ça n'est pas le Prestige, c'est un vraquier, il était vide et le seul risque c'est le carburant contenu et les réservoirs pour la plupart sont…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On a commencé à pomper les réservoirs ou pas ?

FREDERIC CUVILLIER
Pas à ma connaissance compte tenu des conditions météorologiques, mais le dispositif est mis en place.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le dispositif est mis en place, qui va payer ?

FREDERIC CUVILLIER
Ce sont les assurances, les assurances de l'armateur oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de pollution donc…

FREDERIC CUVILLIER
Non, non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est rassurés, c'est très important et je sais que…

FREDERIC CUVILLIER
J'y suis allé justement pour m'en assurer et aussi pour saluer – parce qu'on en a peu parlé – mais les conditions d'hélitreuillage et de sauvetage de l'équipage sont des conditions extraordinaires de bravoure et de courage.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On a vu les images, on a vu les images.

FREDERIC CUVILLIER
Impressionnant.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien ! Frédéric CUVILLIER, les tempêtes se succèdent, surélévation du niveau de la mer, submersion marine, ça pose un vrai problème, vrai problème pour le littoral. Que peut faire l'Etat ?

FREDERIC CUVILLIER
D'abord l'Etat doit avoir une politique stratégique, c'est-à-dire que nous avons le premier littoral européen, avec des zones qui sont à risques du fait du recul du trait de côte, notamment sur les zones sableuses. Et il faut qu'avec les collectivités, nous puissions connaître l'évolution du phénomène. Il y a des zones qui sont plus sensibles, certaines ne bougent pas mais un certain nombre de régions littorales connaissent ce retrait du trait de côte. Alors là deux solutions, après observation, cartographie que nous allons lancer là de façon la plus fine…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez lancer une cartographie…

FREDERIC CUVILLIER
De l'ensemble des rivages littoraux…

JEAN-JACQUES BOURDIN
De l'ensemble des rivages et des risques d'érosion !

FREDERIC CUVILLIER
Des risques d'érosion et de la courantologie, pour pouvoir anticiper et surtout avoir une stratégie avec les collectivités, parce qu'il ne sert à rien de considérer que l'on peut lutter contre l'effet de la mer en tout endroit s'il n'y a pas d'enjeu stratégique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c'est enjeu grave, j'ai vu que si on ne fait rien, en 2100 la ville de Calais sera rayée de la carte… enfin rayée de la carte, risque de disparaître. Non, non mais je ne veux pas faire de catastrophisme…

FREDERIC CUVILLIER
Non mais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce sont les scientifiques qui disent ça, ce n'est pas moi.

FREDERIC CUVILLIER
Ce qui est vrai, c'est que dans un certain nombre de pays – et notamment de pays du Nord – les aménagements urbains ont anticipé l'élévation du niveau de la mer, c'est-à-dire qu'il y a surélévation de l'ensemble, y compris des voiries, des murs, des constructions, et il faut que nous nous préparions aussi à ça dans les documents d'urbanisme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà un deuxième sujet qui m'intéresse mais là, vous êtes ministre des Transports, nous quittons la mer, vous êtes ministre des Transports. La fameuse écotaxe, on va faire le point parce que la situation est ubuesque, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la présidente de la Commission d'enquête sénatoriale, situation ubuesque. D'abord est-il vrai que vous voulez l'appeler contribution ?

FREDERIC CUVILLIER
On appelle ce que l'on souhaite, redevance, écotaxe, l'important c'est que ce soit compris. Or aujourd'hui, le dispositif n'est pas compris.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça, on est bien d'accord, alors on va faire le point. D'abord sera-t-elle instaurée ?

FREDERIC CUVILLIER
Je le souhaite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais vous, vous le souhaitez, sera-t-elle instaurée ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est la mission qui est assignée à la Commission parlementaire de pouvoir mettre en place un dispositif permettant l'application de l'écotaxe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il y aura une écotaxe, ça c'est certain, vous confirmez, il y aura une écotaxe oui ou non ?

FREDERIC CUVILLIER
Si nous souhaitons financer les infrastructures, si nous souhaitons avoir des réseaux de transport qui soient efficaces, il faut l'écotaxe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il y aura l'écotaxe !

FREDERIC CUVILLIER
Il appartiendra aux parlementaires de voter et pour notre part, nous souhaitons qu'il y ait écotaxe. Il y a suspension pourquoi ? Parce qu'il y a eu une incompréhension, parce qu'il y a eu un moment où l'acceptabilité n'était pas de mise. Et donc il faut reprendre les choses quasiment au début, parce que vous imaginez bien, c'est un dossier dont j'ai hérité, l'écotaxe, le principe a été quand même arrêté depuis 2007-2008, repoussé sans cesse par manque de courage politique et sans même mettre les dispositions permettant de mettre à l'abri les transporteurs routiers de l'éventuelle conséquence de l'application de l'écotaxe. Moi je veux les préserver parce qu'il n'est pas normal que les routiers aient en charge le paiement de l'écotaxe, ça fait partie du prix de la marchandise, et donc ça doit être répercuté. Et le principe de répercussion est un principe majeur qu'il faut sauvegarder.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il y aura écotaxe, on est bien d'accord…

FREDERIC CUVILLIER
Oui parce que sinon…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Quand ?

FREDERIC CUVILLIER
Parce que sinon c'est le budget de l'Etat, donc les contribuables qui paieront.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais y revenir, je vais y revenir. Quand, avant la fin 2014 ?

FREDERIC CUVILLIER
Dès que les parlementaires auront rendu en avril, en avril le rapport d'information, compte tenu des conclusions avec le Premier ministre, nous ajusterons le dispositif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc écotaxe avant la fin 2014 ?

FREDERIC CUVILLIER
Pour ma part je le souhaite, je ferai tout pour qu'il en soit ainsi, à condition une fois encore que le dispositif soit efficace, pertinent et que les gens sachent bien – et c'est d'ailleurs une des propositions puisque nous en sommes à la période des propositions, moi je contribue au débat – que les gens sachent bien à quoi sont utilisées les recettes de l'écotaxe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va y revenir. Ecotaxe, donc en avril rapport parlementaire et avant la fin 2014, une écotaxe ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est souhaitable.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qui va se passer !

FREDERIC CUVILLIER
Oui mais je ne vais pas me substituer au Parlement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c'est souhaitable, c'est ce que le gouvernement veut !

FREDERIC CUVILLIER
C'est ce que je plaide depuis le début parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le gouvernement veut…

FREDERIC CUVILLIER
Oui parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le Premier ministre aussi ?

FREDERIC CUVILLIER
Je le vois dans quelques minutes, ce sera l'occasion…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dans quelques minutes !

FREDERIC CUVILLIER
Notre rendez-vous est donc trop rapide.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais c'est ce que vous allez lui dire !

FREDERIC CUVILLIER
Bien sûr, bien sûr, pourquoi ? Parce qu'il faut que nous financions les investissements de transport, la sécurité…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les transports fluviaux, les transports ferroviaires, les transports collectifs qui souffrent qu'ils n'ont pas l'argent…

FREDERIC CUVILLIER
Transport maritime, le fluvial…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui devait venir de l'écotaxe.

FREDERIC CUVILLIER
Bien sûr, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-il vrai que vous voulez régionaliser l'écotaxe ?

FREDERIC CUVILLIER
Je pense que les territoires doivent avoir conscience de l'intérêt de l'écotaxe, et donc que l'affectation des recettes de l'écotaxe puisse être une affectation au plus proche des territoires. Et pour cela, c'est une suggestion que je fais aux parlementaires, il leur appartiendra de la retenir ou pas, mais que l'on considère que dans le budget de l'Agence de financement des infrastructures il y ait une affectation par région en fonction des recettes de l'écotaxe. Et ce qui est normal d'ailleurs parce que les régions qui subissent un transit important de transport, elles doivent bénéficier des moyens pour améliorer le quotidien, les modes de transport alternatifs et, donc, plus de lisibilité et plus de proximité dans la déclinaison de l'écotaxe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc les régions vont recevoir une partie de l'argent…

FREDERIC CUVILLIER
Les territoires, les territoires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais est-ce que ce sont les régions qui vont percevoir…

FREDERIC CUVILLIER
Non, non !

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est l'Etat toujours !

FREDERIC CUVILLIER
L'Etat qui va percevoir, il est possible d'ailleurs… comme c'est le cas pour les départements puisque les départements ont des réseaux départementaux, les routes départementales, donc les départements bénéficient aussi pour la modernisation de leurs routes une partie de l'écotaxe, c'est de l'ordre 160 millions prévus, et il est possible…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils devaient toucher 160 millions les départements…

FREDERIC CUVILLIER
Ils devaient oui, et donc ce sont les contributions budgétaires et les impôts qui se substituent…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça commence à coûter très cher cette histoire d'écotaxe, dites-moi…

FREDERIC CUVILLIER
Et donc je précise sur les régions, il n'est pas insensé de penser que 2 ou 3 centimes puissent être affectés aux régions parce que les régions, elles, ont la charge du ferroviaire et il faut qu'elles aient les moyens de financer des pôles logistiques…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-il vrai que le manque à gagner pour l'Etat est de 1,2 milliards d'euros ?

FREDERIC CUVILLIER
C'était la recette globale, pas seulement pour l'Etat, pas seulement pour l'Etat, pour les départements… l'Etat devait recevoir de l'ordre de 750 à 800 millions…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que vous n'avez pas en caisse.

FREDERIC CUVILLIER
Que je n'ai pas, et d'ailleurs le budget de l'Agence de financement des infrastructures a été voté hier. Il y a une dotation, une provision qui a été attribuée pour permettre de poursuivre l'investissement dans les transports.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai encore plein de questions, ECOMOUV c'est l'entreprise, la société chargée d'organiser la récolte de l'argent…

FREDERIC CUVILLIER
Depuis 2011.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, dit…

FREDERIC CUVILLIER
…Par mes prédécesseurs.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le dispositif de recouvrement est prêt, voilà ce que dit ECOMOUV encore il y a quelques jours. L'Etat maintenant va devoir payer 20 millions d'euros par mois à la société, c'est vrai ça ou pas ?

FREDERIC CUVILLIER
Ça n'est pas le cas tant que le dispositif n'a pas été réceptionné par l'Etat, il ne l'est pas et nous sommes en discussion parce que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'avez rien payé depuis le début ?

FREDERIC CUVILLIER
Non, rien payé, pourquoi ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous allez payer, vous allez être obligés de payer !

FREDERIC CUVILLIER
Nous sommes en discussion avec ECOMOUV pour savoir qui est responsable du report de l'écotaxe, parce que souvenez-vous, l'écotaxe devait…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui est responsable, les bonnets rouges ?

FREDERIC CUVILLIER
Non…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais…

FREDERIC CUVILLIER
Justement, je vais revenir sur ça. L'écotaxe devait être mise en oeuvre le 20 juillet dernier, il y a eu un premier report puisque le dispositif n'était pas prêt. Le report était en octobre, puis un second report parce qu'il y avait encore quelques anomalies techniques. Donc ce retard à l'allumage de l'écotaxe, il est dû aussi à la société ECOMOUV, nous sommes en discussion pour savoir quelles sont les conséquences.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors vous pourriez réclamer 7 millions d'euros (je crois) à la société ou 8 millions d'euros à la société ECOMOUV, mais comme vous en devez 20 par mois ou 18 par mois, ça fait…

FREDERIC CUVILLIER
Ecoutez ! C'est un dispositif qui est là, c'est un dispositif…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui mais il faut aller vite parce que ça va commencer à coûter cher à l'Etat, non, Frédéric CUVILLIER cette affaire ?

FREDERIC CUVILLIER
Oui mais pour le moment ce qui coûte très cher à l'Etat, c'est qu'on n'ait pas de solution à l'écotaxe, donc nous nous employons à en trouver.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les portiques détruits, ça vous coûte quoi, 4 millions d'euros ?

FREDERIC CUVILLIER
Ça coûte de l'ordre de 900.000 € à 1 million.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça fait beaucoup tout ça, non ?

FREDERIC CUVILLIER
Oui, c'est inadmissible parce que c'est l'argent du contribuable, parce que c'est le bien public. Je rappelle quand même que les dispositifs, les portiques sont amenés à être propriété de l'Etat, donc de nous tous, donc ça n'a pas de sens de dégrader… 1 million d'euros par portique, ça n'a pas de sens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Frédéric CUVILLIER, je voudrais parler des autoroutes et des péages d'autoroute. Depuis le 1er février, +0,8 % l'augmentation en moyenne, ça c'est une moyenne, mais nous avons regardé en détail…

FREDERIC CUVILLIER
…Depuis 10 ans.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais j'ai regardé en détail, quand même Paris – Lille +2,2 %, c'est une autoroute très fréquentée. Cannes – Nice très fréquentée, +3,45 %, ça veut dire quoi, ça veut dire que les sociétés d'autoroutes sur les secteurs les plus fréquentés augmentent un peu plus qu'à la moyenne nationale ?

FREDERIC CUVILLIER
Vous avez choisi vos parcours mais vous auriez pu parler d'Alençon – Rouen par exemple…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, Alençon – Rouen… alors ça c'est un record, c'est +6 %.

FREDERIC CUVILLIER
Vous avez raison, derrière tout cela… d'abord nous avons des discussions depuis mon arrivée au ministère extrêmement exigeantes vis-à-vis des concessionnaires d'autoroutes. Ce qui nous a amené d'ailleurs – on pourra en parler – à avoir un plan de relance des infrastructures que je souhaite pouvoir signer, important pour relancer l'activité du transport bien sûr et des travaux publics avec des milliers d'emplois à la clé, mais ce n'est pas le sujet. L'Etat doit faire respecter des règles claires, ça a été d'ailleurs les conclusions de la COUR DES COMPTES sur la gestion 2007-2012, des conclusions qui étaient extrêmement dures par rapport à l'Etat qui n'appliquait pas son rôle de contrôle et de vérification. Moi, j'ai souhaité que les rapports soient rééquilibrés, nous avons été exigeants puisque c'est la plus basse des augmentations depuis 10ans, 0,8 + 0,3 avec la TVA ; et par ailleurs le contrôle…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça fait 1,1.

FREDERIC CUVILLIER
1,1, c'est-à-dire…

JEAN-JACQUES BOURDIN
0,7 l'inflation.

FREDERIC CUVILLIER
Nous avions des augmentations de 2,5 en moyenne. Et la vérification que ces augmentations – lorsqu'il y a des tronçons – sont dues à des améliorations, à des travaux et non pas à ce qu'on appelle « la technique du foisonnement ». C'est quoi la technique du foisonnement ? C'est de profiter… de faire payer sur des tronçons les plus fréquentés des hausses, là où sur d'autres tronçons moins fréquentés il n'y aurait pas d'augmentation. Tout ça est interdit désormais, ça n'existe plus et cela a été d'ailleurs salué par la COUR DES COMPTES.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'on pourrait imaginer une nationalisation, retour à la nationalisation ?

FREDERIC CUVILLIER
Mais l'erreur a été la privatisation…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non mais on pourrait envisager un retour à une nationalisation ?

FREDERIC CUVILLIER
50 milliards, je ne les ai pas en poche…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça coûterait 50 milliards ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est de l'ordre de 40, 50…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça, ça représente les économies que veut faire l'Etat, dites-moi, 50 milliards annoncés par le président de la République…

FREDERIC CUVILLIER
Alors peut-être pas pour les… vous êtes d'accord que ça n'est pas pour les donner aux concessionnaires en indemnisation…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est d'accord.

FREDERIC CUVILLIER
En revanche, j'ai lancé une mission avec l'Inspection générale des finances et les spécialistes de mon ministère sur comment anticiper de nouveaux types d'investissement et de financement des infrastructures de transport. Nous savons que dans 10, 20 ans les autoroutes reviendront dans le domaine public, comment peut-on anticiper cela, non pas anticiper sur le retour mais essayer de financer des infrastructures d'aujourd'hui avec des recettes qui seront celles générées par le retour dans le giron de l'Etat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'on va geler l'avancement des fonctionnaires ?

FREDERIC CUVILLIER
Ça n'est pas d'actualité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça a été dit pourtant par certains ministres !

FREDERIC CUVILLIER
Ça a été démenti par les mêmes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais enfin ça a été dit !

FREDERIC CUVILLIER
Ça a été démenti.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Même ont été démentis…

FREDERIC CUVILLIER
Oui mais écoutez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce qu'on dit au cours d'un déjeuner, c'est autre chose.

FREDERIC CUVILLIER
Voilà, ça a été dit dans un déjeuner et démenti publiquement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous verrons, ça a été dit dans un déjeuner…

FREDERIC CUVILLIER
Et moi, je n'étais pas au déjeuner et je fais attention à ce que je dis quand je déjeune.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, vous avez raison, c'est dangereux parfois. Est-ce que… il y a une rumeur qui court sur internet qui nous dit qu'une nouvelle vignette auto serait créée, vous avez entendu parler de ça ?

FREDERIC CUVILLIER
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Moi j'ai vu et j'ai beaucoup d'auditeurs qui… il n'y a aucun projet de vignette auto ?

FREDERIC CUVILLIER
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, rien.

FREDERIC CUVILLIER
Non, non, je vous écoute, je viens chercher l'information à la source mais pour le coup, c'est une rumeur aussi, peut-être de déjeuner mais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la rumeur des municipales, vous êtes candidat à Boulogne-sur-Mer ou pas ?

FREDERIC CUVILLIER
Vous le saurez très bientôt, vous savez que j'aime beaucoup ma ville et que j'y habite, je ne suis pas un ministre parisien. Et d'ailleurs c'est le propre de ce gouvernement d'avoir beaucoup de ministres sur les territoires, dans les régions, au plus proche des territoires. Et donc si je suis utile et si on considère…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez envie ?

FREDERIC CUVILLIER
J'aime ma ville oui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous avez envie d'être candidat !

FREDERIC CUVILLIER
Je serai candidat bien évidemment, la question sera de savoir si je suis au côté de Mireille HINGREZ qui fait un très bon travail, la maire actuelle…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ou si vous serez tête de liste !

FREDERIC CUVILLIER
Et si je serai tête de liste, mais enfin…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Si vous êtes tête de liste, vous ne serez plus…

FREDERIC CUVILLIER
Non, non…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne serez que maire.

FREDERIC CUVILLIER
Non mais les choses sont claires, je peux être tête de liste et pour autant, le temps où je serai au gouvernement, et cette décision ne m'appartient pas, ne pas assurer…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce sont des cumuls de mandats !

FREDERIC CUVILLIER
Non, non, justement pas puisque si je suis ministre, je ne serai pas maire ; et si je ne suis plus ministre, je redeviendrai maire.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je voulais vous demander, vous connaissez bien François HOLLANDE, vous êtes proche de François HOLLANDE, est-ce qu'il est possible aujourd'hui de gouverner avec 19 % de cote de confiance, franchement, je vous pose franchement la question !

FREDERIC CUVILLIER
Vous pensez que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais bon ! Comment gouverner sans confiance ?

FREDERIC CUVILLIER
D'abord l'important c'est de gouverner en responsabilité, j'ai rencontré le président de la République il y a quelques jours, j'ai trouvé un président décidé, assumant pleinement toutes les responsabilités. La situation est difficile, comment voulez-vous avoir aussi des cotes de popularité, des sondages alors même que lorsqu'il y a des bonnes nouvelles, elles sont souvent tues et pas suffisamment mises en avant !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ah bon !

FREDERIC CUVILLIER
Regardez dans mon secteur des transports, la croissance, la reprise je l'aie par des résultats, j'ai +5 % d'activité dans le transport de marchandises par exemple, c'est un signe de frémissement de croissance. J'ai des contrats qui sont en train d'être signés – c'est vrai – dans le maritime, dans l'aérien, c'est vrai dans le transport urbain, c'est vrai dans le ferroviaire, mais on n'en parle jamais. Quand les patrons annoncent qu'ils vont investir +3 % l'année prochaine, ça a été une information… ça n'a pas fait la une des journaux, et pourtant c'est un climat de confiance qui reviendra, qui est nécessaire et qui permettra de répondre à l'objectif qui est celui du président de la République, c'est l'emploi, c'est l'emploi, c'est l'égalité des territoires, c'est l'efficacité, c'est le fait que la France doit être dans la compétitivité et dans la course mondiale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce que vous demandez au patronat des transports, qu'est-ce que vous demandez, vous demandez des engagements à la branche transport…

FREDERIC CUVILLIER
Regardez ce que nous avons fait sur…

JEAN-JACQUES BOURDIN
En charge de la branche transport, vous leur demandez quoi ?

FREDERIC CUVILLIER
Nous avons anticipé le pacte de responsabilité, regardez MORY DUCROS…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, j'allais y venir.

FREDERIC CUVILLIER
Oui mais au-delà des discussions qui ont été fermes, difficiles menées par Arnaud MONTEBOURG et moi-même et Michel SAPIN, nous avons aussi profité de l'exigence et de notre rôle d'Etat stratège, de responsabilité de la part… public, de dire : telle profession voilà, naturellement vous avez une capacité d'embauche parce que vous avez des départs en retraite, etc., comment fait-on pour régler ce problème social ? Eh bien ! Nous avons en plus des 2.200 emplois sauvés, nous avons…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Repris par ARCOLE.

FREDERIC CUVILLIER
Repris par ARCOLE, nous avons l'engagement de l'interprofession de se mobiliser à hauteur…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il reste 2.800 emplois…

FREDERIC CUVILLIER
A hauteur de 1.000 emplois, engagement de l'interprofession sur la logistique, sur le transport…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire dans le transport, d'autres transporteurs vont…

FREDERIC CUVILLIER
Oui, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vont embaucher 1.000 des 2.800 personnes…

FREDERIC CUVILLIER
Au moins, au moins 1.000, et vous avez des grands comptes publics qui se sont engagés à hauteur de 500. Donc nous sommes a minima, a minima…

JEAN-JACQUES BOURDIN
1.500 sur 2.800…

FREDERIC CUVILLIER
A 1.500 et nous aurons un suivi par un inspecteur…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les 1.300 qui restent…

FREDERIC CUVILLIER
Nous avons le suivi par l'inspecteur…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Au chômage !

FREDERIC CUVILLIER
Non, non, attendez ! D'abord ce n'est pas le chômage, c'est le PSE, c'est-à-dire qu'il y a une garantie…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pendant 1 an.

FREDERIC CUVILLIER
Oui mais c'est très important parce que pendant cette période-là, on peut leur donner la capacité…

JEAN-JACQUES BOURDIN
90 % du salaire…

FREDERIC CUVILLIER
100 % pendant un an, et puis 90 après, et vous avez la possibilité d'amener à des formations, c'est-à-dire des métiers de transport, de pouvoir les former à des métiers de logisticiens qui est une branche qui crée de l'emploi, et de faire en sorte aussi qu'il y ait ce suivi méthodique, site par site par l'inspecteur général des affaires sociales qui a été nommé, le « monsieur MORY DUCROS ». Vous voyez, ce sont des dossiers dont nous héritons, parce que ce ne sont pas des dossiers nouveaux, moi j'ai eu AIR FRANCE, j'ai eu SEAFRANCE, nous avons AMORY DUCROS, nous avons tous ces dossiers. Alors vous me parliez de la popularité du président de la République, excusez-moi, les gens savent très bien que la situation était une situation extrêmement dégradée. D'ailleurs, c'est peut-être pour ça qu'ils ont fait appel à nous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 février 2014

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