Déclaration de M. Frédéric Cuvillier, ministre des transports, de la mer et de la pche, sur l'organisation d'un débat national sur le développement de systèmes de transports intelligents (STI) et le lancement de l'institut VéDéCom (Véhicule Décarbonné Communicant), à Versailles le 11 février 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Frédéric Cuvillier, ministre des transports, de la mer et de la pche, sur l'organisation d'un débat national sur le développement de systèmes de transports intelligents (STI) et le lancement de l'institut VéDéCom (Véhicule Décarbonné Communicant), à Versailles le 11 février 2014.

Personnalité, fonction : CUVILLIER Frédéric.

FRANCE. Ministre des transports, de la mer et de la pêche

Circonstances : Signature avec l'Agence nationale de recherche (ANR) de la convention portant création de l'institut VéDéCom (Véhicule Décarbonné Communicant), dans le cadre de la journée "Mobilité 2.0", à Versailles Satory (Yvelines) le 11 février 2014

ti : Monsieur le Commissaire général à l'investissement,
Madame la Directrice générale de l'agence nationale de la recherche,
Monsieur le Président de l'Institut Vedecom,
Monsieur le Président du Conseil Général des Yvelines,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,


Je suis très heureux de vous accueillir, aujourd'hui à l'IFSTTAR, pour cette journée « Mobilité 2.0 : une stratégie pour les transports intelligents » que le Ministère des transports organise avec l'IFSTTAR, l'Imprimerie nationale, Thales, Orange et Paris Tech - Ecole des Mines.

1. Les Systèmes de Transports Intelligents (STI) sont au coeur de la politique multimodale de mobilité durable souhaitée par le Gouvernement

Les systèmes de transport intelligents sont devenus un levier incontournable pour le développement d'une politique multimodale de transport durable souhaitée par le Gouvernement.

Ils permettent, pour l'organisation des transports du quotidiens, plus de qualité de service et de confort pour l'usager, plus de sécurité routière, plus de coordination pour la gestion de la circulation, plus de rationalisation pour l'utilisation des réseaux, plus de report modal du véhicule personnel vers les transports publics et donc plus d'économies d'énergie.


Concrètement, les Systèmes de Transports Intelligents offrent dès lors de grandes opportunités de développement autour du triptyque :
- véhicules connectés et automatisés
- infrastructures connectées
- nouveaux services à la mobilité (tels que l'information routière embarquée ou l'information multimodale voyageurs).

Le marché français des transports intelligents est aujourd'hui estimé à 4,5 Md€ de chiffre d'affaires annuel. Ce qui correspond à environ 45.000 emplois directs dans le secteur privé. Ce dernier chiffre ne tient pas compte des emplois générés dans la fonction publique et chez les opérateurs de transport. Il n'inclut pas non plus les emplois générés dans des secteurs d'activité connexes comme les télécommunications. Aux côtés de quelques grands comptes, on estime entre 500 et 1000 le nombre d'entreprises positionnées sur le secteur des STI aujourd'hui en France.

Les STI représentent un secteur porteur, qui offre de nombreuses potentialités. Il s'agit d'un marché en croissance, générateur de valeur et d'emploi. Il y a donc des initiatives à encourager, des entreprises à créer, des synergies à trouver, des emplois à démultiplier.

La France est aujourd'hui leader dans ce domaine. Incontestablement, il existe un véritable savoir-faire national, qui est un grand atout pour notre redressement industriel.

Il faut nous en féliciter collectivement. Mais, il faut aussi nous projeter, pour accélérer et marquer une nouvelle étape de ce développement. Alors que des expérimentations commencent à se structurer à l'étranger et que les Etats-Unis sont offensifs et enchainent des étapes décisives pour le développement de ces technologies, la France doit maintenir des capacités de conception et de production qui puissent être déployées et valorisées à l'international.

Dans ce cadre, l'initiative de l'Etat et du gouvernement est essentielle, et porte bien souvent ses fruits. En Juillet, nous nous étions déplacés, Fleur Pellerin et moi-même, à la gare Montparnasse, marquant notre volonté en faveur d'un service WIFI gratuit dans les gares. Cette impulsion, coordonnée et commune à nos deux ministères, permet d'aboutir à des résultats prometteurs. La SNCF lance ainsi un nouveau service un nouveau service de WIFI gratuit et illimité dans 128 gares. Le service sera opérationnel dans 100 gares dès 2014. Il permettra une meilleure circulation de l'information, prévenant le voyageur en temps réel de l'état du trafic. C'est une preuve que notre volontarisme, notre mobilisation s'ensuit d'actes en faveur d'un meilleur service pour l'usager.

2. Les objectifs et les attendus de la journée de réflexion

En associant tables rondes et démonstrations dynamiques, j'ai souhaité que cette journée « Mobilité 2.0 » soit l'occasion de faire le point sur l'état de la recherche en France et de réfléchir à une stratégie souhaitable pour les années à venir. Car les transports du futur, c'est pour demain. Et quand je dis demain, ce n'est pas après-demain, c'est tout proche. Je souhaite que nous soyons à la pointe sur ces sujets en impulsant les changements à l'oeuvre dans le champ des Systèmes de Transports Intelligents.

Je me félicite tout d'abord de la richesse et de la variété des démonstrations proposées aujourd'hui sur le site. Je tiens à remercier l'ensemble des porteurs de projet pour leur dynamisme et leur créativité. Vous êtes la preuve vivante d'une France qui crée, d'une France qui invente, d'une France qui innove.

Qu'il s'agisse de services à la mobilité ou de véhicules intelligents, de projets en phase de recherche, de pré-industrialisation ou d'industrialisation, nous avons aujourd'hui à Satory des exemples probants de l'excellence française dans le champ des STI !

Ensuite, pour l'organisation des tables rondes, nous avons souhaité resituer les enjeux qui se posent aujourd'hui aux STI.

La table ronde n°1 marquera le lancement du débat sur l'ouverture des données dans le domaine des transports.

En effet, dans sa feuille de route pour le numérique publiée en février 2013, le Gouvernement a confirmé son souhait d'élargir la politique d'ouverture gratuite de données publiques, en direction notamment des collectivités locales et des services publics à caractère industriel et commercial.

Il a annoncé l'ouverture d'un débat sur ce sujet dans six domaines, dont celui de l'offre de transport.

En effet, le transport public est pleinement concerné par les orientations envisagées en matière d'ouverture des données publiques. Dans certains cas, la non-disponibilité des données nécessaires à l'information du voyageur – telles que les horaires ou les points d'arrêts – constitue un frein dans la mise en place de services d'information adaptés à la mobilité de chacun. S'il existe aujourd'hui des calculateurs d'itinéraires régionaux, aucun acteur ne peut offrir un service d'information pleinement multimodal à l'échelle de l'ensemble du pays. Or, l'avenir est à la fourniture d'un service de mobilité de porte à porte. C'est ce qu'attendent les usagers !

Mais les transports sont un secteur particulier. Avec des acteurs très différents. Un secteur où les données sont précieuses, riches et attendues par de nombreux développeurs. La diversité des acteurs : autorités organisatrices de transports, la SNCF, la RATP et des acteurs privés rend le sujet à la fois complexe et passionnant. Je lance donc ce débat sur l'ouverture des données qui poursuivra après cette journée, pour une durée de 6 mois. Il portera sur les opportunités dont peuvent bénéficier les usagers, mais aussi sur les règles qui doivent encadrer une telle initiative. Il n'est en effet, pas question de pêcher par naïveté et de se faire coloniser par des géants de l'internet à l'appétit féroce !

Il sera animé par un comité du débat multipartite, qui réunira, autour des services de l'Etat, des experts de la société civile, les représentants des collectivités locales, des professionnels de la filière et des usagers des services de transports publics.

Je vous propose d'en confier la présidence à Monsieur Francis Jutand, ici présent, que je salue. Membre du conseil national du numérique, du conseil scientifique de l'ANR, du conseil scientifique de Mines Telecom et vice-président du pôle de compétitivité Cap Digital, il aura la difficile mais très ambitieuse tâche d'animer et d'organiser les réflexions.

L'objectif est d'émettre des recommandations à tous les acteurs concernés et d'accompagner progressivement la France dans ce mouvement mondial de réutilisation des données publiques liées à la mobilité, sans fragiliser pour autant la position des opérateurs français.

Je vous propose que le rapport de recommandations préparé par ce comité du débat soit remis, à l'automne 2014, au Premier Ministre et à moi-même.

La table ronde n°2 contribuera à la définition d'une feuille de route pour le plan « Véhicules à Pilotage automatique »

Celui-ci figure parmi les 34 plans de la Nouvelle France Industrielle pilotés par mon collègue Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement Productif.

Le développement des véhicules automatiques sans chauffeur offre des opportunités de croissance importantes pour l'ensemble de la filière automobile française.

La mise en place de systèmes automatisés soulève toutefois de nombreuses interrogations : les voitures autonomes permettront-elles d'assurer la sécurité des personnes à bord ? Quelle serait la responsabilité du conducteur en cas d'accident ? Comment s'organisera la cohabitation sur les routes entre voitures avec conducteur et voitures autonomes ? Le cadre juridique actuel permet-il la circulation de tels véhicules, a minima à titre expérimental ?

L'enjeu est grand. De nombreux acteurs doivent maintenant coordonner leurs efforts pour faire réussir ce projet. La puissance publique a un rôle prépondérant à jouer dans cette dynamique de recherche appliquée. Elle doit aussi mener l'adaptation réglementaire nécessaire au déploiement de ces nouvelles fonctions.

La table ronde n°3 sera l'occasion de présenter les avancées enregistrées dans le domaine des systèmes intelligents pour la gestion des déplacements des personnes et des marchandises en milieu urbain

Les dernières années ont vu la gestion de la mobilité devenir l'un des domaines qui contribue le plus aux transformations en cours dans la « ville intelligente ». Et là encore, ce n'est pas de la science-fiction mais des fonctionnalités qui se construisent aujourd'hui et qui foisonneront dans de nombreuses villes dans un horizon très proche.

Le développement et l'attractivité des villes dépendent directement de leur capacité à améliorer le niveau de confort, de régularité et de rapidité des transports qu'elles mettent à disposition de leurs habitants et de leurs visiteurs pour accéder au travail, aux commerces, aux services.

En même temps, la croissance des métropoles rend la mobilité de plus en plus difficile à assurer en termes de financement, de consommations d'énergie et d'atteintes à l'environnement.

Cette table ronde devra donc permettre d'identifier le rôle de chacun des acteurs – industriels, chercheurs, Etat, collectivités – pour organiser collectivement la mobilité dans l'espace urbain en s'appuyant davantage sur les STI.

3. La signature du lancement de l'Institut VEDECOM

Je suis également très heureux que cette journée puisse officiellement marquer le lancement de l'Institut VEDECOM.

Monsieur le Commissaire général à l'investissement, Madame la directrice générale de l'agence nationale de la recherche et Monsieur le président de VEDECOM signeront à mes cotés, la convention de partenariat de l'institut avant le début des tables rondes.

En réunissant près de 50 partenaires et plus de 300 chercheurs, VEDECOM est un projet fédérateur, ambitieux, innovant que l'Etat soutient ! Il doit avoir un effet d'entraînement positif sur toute la communauté technique et scientifique des transports intelligents.

En tant qu'institut d'excellence sur les énergies décarbonnées, VEDECOM vise à créer, en France, une plateforme d'expérimentation de nouveaux systèmes de mobilité et de nouveaux véhicules.

VEDECOM propose un projet intégré, articulant les 3 volets de la recherche, de la formation et de l'emploi.

Les programmes de recherche se déclineront en 3 axes : l'électrification des véhicules, la délégation de conduite et la enfin la conception et l'expérimentation simultanées de l'infrastructure et des services.

L'évolution des formations existantes permettra d'anticiper les besoins de recrutement attendus sur de nouveaux métiers.

Enfin, VeDeCoM ambitionne la création et la reconversion de plusieurs dizaines de milliers d'emploi. Des emplois à forte valeur ajoutée à l'échelle internationale. La création de nombreuses entreprises, PME et ETI, est notamment attendue dans le champ des nouveaux services pour l'éco-mobilité.

Je salue ici l'ensemble des partenaires de cet ambitieux projet : les représentants des collectivités territoriales, les représentants des laboratoires scientifiques et des organismes d'enseignement supérieur et de recherche, les représentants de la filière automobile et des opérateurs de mobilité, le pôle de compétitivité MOV'EO, et tous les autres.

Je vous souhaite, au nom du Ministère des transports et du Ministre du Redressement Productif (qui est en déplacement aux Etats-Unis avec le Président), les plus grandes réussites pour cet Institut. L'Etat sera à vos côtés, collectivement, pour contribuer à la pérennité de cette belle initiative.


Mesdames, Messieurs, je reviendrai cet après-midi à vos côtés, ici à Satory. J'avais à coeur de clôturer cette importante rencontre sur les systèmes de transports intelligents.

Je vous souhaite donc une excellente journée de travail et de réflexion : qu'elle soit productive et riche en propositions ! Je les étudierai, soyez en sûrs, avec attention et beaucoup d'intérêt.

Je vous remercie d'ores et déjà pour votre mobilisation et vos précieuses contributions.

A cet après-midi.


Source http://www.yvelines.gouv.fr, le 18 février 2014

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