Interview de M. Guillaume Garot, ministre de l'agroalimentaire, à "LCI" le 26 février 2014, sur l'attente du secteur de l'agriculture du pacte de responsablite des entreprises. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Guillaume Garot, ministre de l'agroalimentaire, à "LCI" le 26 février 2014, sur l'attente du secteur de l'agriculture du pacte de responsablite des entreprises.

Personnalité, fonction : GAROT Guillaume.

FRANCE. Ministre de l'agroalimentaire

ti : CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Sur RADIO CLASSIQUE et LCI ce matin l'invité politique c'est Guillaume GAROT, ministre délégué à l'Agroalimentaire, bonjour monsieur le ministre…

GUILLAUME GAROT
Bonjour.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Merci d'être avec nous en plein milieu du SALON DE L'AGRICULTURE que vous arpentez, j'imagine, du matin au soir ?

GUILLAUME GAROT
Ah ! Tout à fait, et j'y ai même mon bureau, j'ai délocalisé mon bureau du ministère jusqu'au SALON DE L'AGRICULTURE.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors on va parler de l'actualité de l'agriculture dans un instant, mais d'abord Michel SAPIN, le ministre du Travail, qui vient de déclarer à l'AFP qu'il doit y avoir moins de chômeurs à la fin de l'année, fin de l'année 2014, donc on reporte d‘un an l'objectif de l'inversion de la courbe du chômage, c'est ça ?

GUILLAUME GAROT
Non ! Ca signifie simplement que c'est que ça reste notre combat quotidien, notre priorité première si j'ose dire et qui mobiliser aujourd'hui toute l'énergie du gouvernement, c'est pour ça qu'on fait le Pacte de responsabilité pour donner plus de force à nos entreprises qui peuvent ainsi, qui pourront ainsi créer davantage d'emplois. Vous savez que c'est évidemment un combat difficile, ardu, mais…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Un combat quand même qui…

GUILLAUME GAROT
Mais, mais, mais…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce qui était prévu au départ par le chef de l'Etat ?

GUILLAUME GAROT
Mais, mais, mais, qui d'ores et déjà a produit des résultats. Et je veux le redire, parce que…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Lesquels ? Lesquels ?

GUILLAUME GAROT
Le chômage des jeunes ! Et pour le sixième mois consécutif, vous l'avez vu, ce sont les chiffres du mois de décembre, eh bien le chômage des jeunes avait reculé dans notre pays…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Grâce aux Emplois aides, pas grâce à la reprise économique ?

GUILLAUME GAROT
Et alors ? Et alors ? Est-ce que ce sont pour autant de mauvais emplois, des faux emplois ? Pas du tout ! Ce sont des emplois utiles et ça permet à des jeunes de retrouver espoir et de retrouver tout simplement leur place dans notre société.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors justement le Pacte de responsabilité, le Premier ministre l'a dit ou le Président même, il va concerner l'agriculture. De quelle manière ? Est-ce qu'il y aura des adaptations particulières ? Est-ce que vous aurez des engagements particuliers que vous allez demander aux agriculteurs en termes d'embauche et d‘emploi ?

GUILLAUME GAROT
Il concernera tous les secteurs économiques du pays et, évidemment aussi, l'agriculture et l'agroalimentaire. Alors nous travaillons aujourd'hui en effet pour faire en sorte que nos entreprises puissent davantage investir, qu'elles puissent davantage innover, parce qu'elles ont aujourd'hui des projets et qu'il faut qu'on puisse déclencher, créer un climat de confiance pour que ces entreprises passent à l'acte sur l‘investissement.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais alors…

GUILLAUME GAROT
Juste sur l'agroalimentaire…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui ! C'est deux choses différentes.

GUILLAUME GAROT
Juste un mot.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Le climat de confiance que j'entends, est-ce que les contreparties…

GUILLAUME GAROT
Oui ! Oui.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que vous considérez qu'en matière d'agroalimentaire il doit y avoir une forme ou une autre, des emplois, des investissements, de contrepartie…

GUILLAUME GAROT
Eh bien c'est dans le cadre...

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
En échange des charges ?

GUILLAUME GAROT
Mais c'est dans le cadre global du Pacte de responsabilité et nous attendons évidemment la discussion qui va s'engager le 28 février entre les partenaires sociaux sur ces engagements, sur ces objectifs et ces contreparties, c'est ça qui compte. S'agissant de l'agroalimentaire et de l'agriculture, nous savons – je le disais – qu'il y a des projets qui pourront être mis sur la table. Juste sur l'agroalimentaire, nous savons que les projets d'investissements des entreprises aujourd'hui quels qu'ils existent dans leur volonté d'innovation ou d'investir c'est presque deux milliards d'euros, donc il faut aider les entreprises à mettre ces projets en action, en oeuvre et c'est ça qui évidemment pourra créer de l'emploi.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais ce qu'on essaie quand même de comprendre c'est, concrètement, quelles contreparties vous allez demander ? J'ai vu qu'il y avait des propositions intéressantes dans votre secteur, les brasseurs de France par exemple ils ont proposé de réaliser quatre cents embauches nettes – parce que physiquement il y a une confusion souvent entre le brut et le net – si vous leur garantissez à la fois le Pacte de responsabilité et une stabilité fiscale, est-ce que c'est possible de prendre ce type d'engagement aussi précis métier par métier ?

GUILLAUME GAROT
Tant mieux ! Tant mieux lorsque des secteurs mettent des propositions sur la table, ça veut dire qu'on est tous dans le même sens, et c'est ça qui fera aussi l'efficacité du Pacte de responsabilité. Ce que je veux dire c'est qu'on doit travailler sur des thèmes aussi différents et complémentaires que l'apprentissage, davantage d'apprentissage, de places d'apprentissage pour les jeunes ; sur la formation - et en particulier la formation aux savoirs fondamentaux - vous savez combien c'est important dans l'agroalimentaire ; sur aussi l'égalité entre les hommes et les femmes, notamment sur les salaires, ça fait partie aussi des sujets de discussion.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais ça ne sera pas plus précis que ça, ça sera aussi vague que ça les contreparties ?

GUILLAUME GAROT
Mais je ne vais pas fermer la discussion avant qu'elle ait été engagée et nous sommes aujourd'hui au coeur de cette discussion.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors l'autre sujet qui va beaucoup faire débat au sein de votre secteur, au sein de l'agriculture et de l'agroalimentaire, c'est le traité entre les Etats-Unis et l'Europe, qui est en cours de discussion avec, on le sait, avec des points de vue un peu différents d'un état à l'autre. On a vu aussi hier par exemple Marine LE PEN, du Front National, expliquer aux agriculteurs - qu'elle rencontrait au salon - que ça allait être la catastrophe pour l'agriculture française, est-ce que ça va être la catastrophe ce traité transatlantique ?

GUILLAUME GAROT
Ce traité… d'abord, il n'existe pas encore…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Non ! Non, il est en discussion.

GUILLAUME GAROT
Puisqu'il est à peine engagé dans sa discussion.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
L'idée, c'est d'ouvrir encore davantage les frontières entre les deux blocs.

GUILLAUME GAROT
L'idée, l'idée c'est de gagner de la croissance de part et d'autre et nous savons que si nous accélérons les échanges, si nous fluidifions, si nous simplifions les échanges, c'est davantage de croissance économique et donc d'emplois.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ca, c'est de la…

GUILLAUME GAROT
Mais…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Economique !

GUILLAUME GAROT
Voilà ! Mais…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Qui, depuis deux siècles, on dit ça.

GUILLAUME GAROT
On ne peut pas le faire à n'importe quelles conditions ! Et donc, nous la France, nous avons, lorsque nous avons négocié le mandat de l'Union européenne pour discuter avec…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous avez fait des restrictions !

GUILLAUME GAROT
Absolument ! Et nous savons aujourd'hui que les lignes sont très claires, notamment sur le clonage, sur…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les OGM !

GUILLAUME GAROT
Sur les OGM…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce n'est pas si simple que ça les OGM ?

GUILLAUME GAROT
Mais ça fait partie de la discussion évidement, mais vous connaissez bien évidemment aussi la position de la France, c'est-à-dire que nous ne sommes pas pour les cultures d'OGM chez nous en plein champ s'agissant des maïs en particulier et, donc, nous avons…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais on sait aussi qu'on a quelquefois des difficultés à contrôler les importations ?

GUILLAUME GAROT
Mais ce qui compte c'est que nous avons dit – et nous le redisons – que la législation européenne devra s'imposer, c'est la ligne rouge sur le clonage, le boeuf aux hormones et les OGM également.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais je me mets à la place des agriculteurs, par exemple en ce moment ils sont en pleine discussion du prix du lait avec la grande distribution…

GUILLAUME GAROT
Oui !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est un peu contradictoire, on leur dit d'un côté : « on va ouvrir le marché, on va libéraliser, on va faire moins de contraintes » et, de l'autre, on leur explique que les prix du lait s'envolent mais que nous on réglemente encore les prix du lait…

GUILLAUME GAROT
Ah non !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Eh bien si !

GUILLAUME GAROT
Absolument pas !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Il y a une discussion entre la grande distribution…

GUILLAUME GAROT
Oui ! Et, alors, est-ce que c'est de la réglementation ?

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Non ! Mais vous avez vu que les prix du lait…

GUILLAUME GAROT
Ce n'est pas l'Etat…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
En France sont bien inférieurs aux prix mondiaux…

GUILLAUME GAROT
Mais ce n'est pas de la réglementation, monsieur JAKUBYSZYN.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Pourquoi ?

GUILLAUME GAROT
C'est précisément la libre discussion entre les acteurs économiques…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce qu'ils sont vraiment libres les agriculteurs face…

GUILLAUME GAROT
Entre les producteurs et…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Au poids de la grande distribution ?

GUILLAUME GAROT
Mais justement…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce que c'est de la liberté ?

GUILLAUME GAROT
Eh bien justement, justement, justement. Aujourd'hui, le prix du lait il est fixé par le contrat entre les producteurs et la grande distribution, la discussion est difficile…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est 20% inférieur au prix mondial du lait !

GUILLAUME GAROT
La discussion est difficile, et ce que nous disons nous gouvernement aux uns et aux autres c'est de se mettre d'accord sur une base qui permette à chacun de vivre de son revenu et d'abord de vivre de son travail et, donc, de tirer un revenu, et d'abord pour les producteurs - c'est ce que nous avons dit – et sur quelle base ? Eh bien partons du prix du lait de 2013, il ne pourra pas ce prix du lait être inférieur en 2014 à ce qu'il était en 2013.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous parlez du prix mondial ou du prix…

GUILLAUME GAROT
Non ! Je parle du prix payé aux producteurs.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui ! Mais, en même temps, vous le savez le prix du lait s'est envolé sur le marché mondial, pourquoi les agriculteurs n'en bénéficient…

GUILLAUME GAROT
Eh bien c'est pour ça qu'il faut une discussion…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Pourquoi les producteurs n'en bénéficieraient-ils pas ?

GUILLAUME GAROT
Et c'est pour ça qu'il faut une discussion entre la grande distribution, les transformateurs également, qu'il ne faut jamais oublier, et…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les coopératives aussi…

GUILLAUME GAROT
Bien sûr !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Les industriels, les producteurs.

GUILLAUME GAROT
Et les producteurs.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et est-ce que vous allez participer à cette discussion pour justement peut-être rééquilibrer un peu les forces en présence ?

GUILLAUME GAROT
Alors la loi ne fait pas autorisation au gouvernement de fixer le prix du lait mais elle donne la possibilité, s'il y avait une situation de blocage, de recourir à la médiation et, dans le cadre de la prochaine loi d'avenir agricole - défendue par Stéphane LE FOLL - nous renforcerons cette médiation. Mais aujourd'hui il faut laisser les parties s'entendre, s'il n'y avait pas accord, s'il n'y avait pas entente, eh bien la loi s'appliquerait avec l'intervention du médiateur, mais nous n'en sommes pas là.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est quoi la différence entre une politique agricole de gauche et de droite, est-ce que vous faites des choses différentes que vos prédécesseurs ?

GUILLAUME GAROT
Oui ! Absolument.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Lesquelles ?

GUILLAUME GAROT
D'abord parce que nous avons mis de la justice et de la justice sociale…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ca, c'est dans toutes les…

GUILLAUME GAROT
Non ! Pas du tout, c'est la réalité. Lorsque vous savez, sur la Politique Agricole Commune, on réoriente les soutiens publics, les crédits européens des céréaliers vers les éleveurs c'est une façon de soutenir aujourd'hui…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Déjà, avant, c'était le cas. On avait…

GUILLAUME GAROT
Ah ! Eh bien, écoutez, non…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Non !

GUILLAUME GAROT
Regardez, regardez quelle était la distribution des aides agricoles, et aujourd'hui nous faisons…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Donc, là, vous avez réorienté les aides européennes vers les…

GUILLAUME GAROT
Mais évidemment !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
D'accord.

GUILLAUME GAROT
Mais bien davantage en direction des céréaliers, c'est un milliard d'euros à l'horizon 2019 qui retourneront vers les éleveurs. De la même façon, c'est une politique qui est plus verte, parce qu'aujourd'hui nous considérons que la performance écologique c'est la condition de la performance économique et qu'il faut marier les deux et que c'est ça qui fera la performance globale de notre agriculture…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors vous dites ça et, en même temps…

GUILLAUME GAROT
Et ça…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous avez…

GUILLAUME GAROT
Ca, c'est…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous avez levé les plafonds d'exploitation d'élevage, notamment pour les élevages porcins en Bretagne, vous avez libéré le…

GUILLAUME GAROT
Mais ce n'est pas parce qu'on produit…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Il n'y a plus d'autorisation administrative pour…

GUILLAUME GAROT
Mais ce n'est pas parce que…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Pour faire la fameuse ferme des mille vaches par exemple ?

GUILLAUME GAROT
Mais ce n'est pas parce qu'on produit davantage qu'il faudrait produire moins bien, tout au contraire, notre ligne elle est claire, c'est produire plus…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Mais… vous le savez bien ?

GUILLAUME GAROT
Et produire mieux, c'est pour ça que nous lançons la méthanisation et la méthanisation c'est l'utilisation des déchets agricoles, des effluents d'élevage pour produire de l'énergie, donc quand on produit de l'énergie on a un coût de production qui est moindre et donc on a davantage d'efficacité économique. C'est ça la logique d'ensemble et, ça, c'est une vraie logique de gauche.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Alors je vais donner un exemple concret, même si c'est un exemple judiciaire, mais ce viticulteur bio qui est en ce moment jugé pour avoir refusé de traiter ses ceps contre une maladie, est-ce que vous le comprenez… vous le comprenez ou pas ?

GUILLAUME GAROT
Nous sommes dans une affaire qui est instruite par la justice, donc je me garderai bien d'intervenir et de commenter cette…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Cette décision qui est en délibéré…

GUILLAUME GAROT
Voilà ! Absolument, qui interviendra…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et il est passible d'une amende de mille euros le 7 avril.

GUILLAUME GAROT
Le 7 avril ! Absolument, courant avril. Il y a néanmoins un principe qu'il faut rappeler, qui est celui de la responsabilité, parce que si le fait de ne pas traiter sa parcelle de vigne met en péril, met en risque, met en danger d'autres parcelles du vignoble qui sont voisines ou qui sont adjacentes, là ça pose un problème et, donc, c'est cet équilibre-là qu'il faut trouver et c'est ce que la justice aura à trancher.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
On va faire un peu politique, parce que vous êtes l'un des bons élèves du gouvernement, il y a rarement un mot plus haut que l'autre. Quand même est-ce que vous pouvez vous mouiller un petit peu aujourd'hui…

GUILLAUME GAROT
C'est à dire ?

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce remaniement dont on parle beaucoup, est-ce qu'il doit intervenir entre les Municipales et les Européennes ou après les Européennes ?

GUILLAUME GAROT
Alors, là, ce n'est certainement pas à moi de vous dire quel doit…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Non ! Mais c'est votre analyse personnelle, politique…

GUILLAUME GAROT
Oui ! Mais je vais vous dire, eh bien je vais vous dire. Je vais vous dire une chose…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Je ne vous demande pas de nom !

GUILLAUME GAROT
Non ! Mais sur le remaniement je trouve qu'on en entend beaucoup parler lorsqu'on allume la télé, qu'on regarde les images, qu'on lit les journaux, mais que franchement ce n'est pas la préoccupation des gens aujourd'hui, mais alors franchement pas…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Eh bien il semble quand même que l'équipe…

GUILLAUME GAROT
Et donc…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Manque un peu de ressort ?

GUILLAUME GAROT
Et donc, et donc, et donc, aujourd'hui l'é… enfin l'énergie du gouvernement elle doit être mobilisée autour de nos priorités et d'abord la lutte contre le chômage, voilà ce qui…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Justement à un moment donné, c'est ce que dit le Président, il va falloir que sur ce Pacte de responsabilité tous les ministres soient derrière – et on sait qu'il y a des sensibilités plus à gauche au sein du gouvernement qui toussent un peu de la baisse des charges pour les entreprises, sans peut-être de contreparties - on en parlait tout à l'heure – et puis de l'autre, dans la majorité aussi, on sait que pour porter cette nouvelle politique économique on attend par exemple des Verts qu'ils soient complètement solidaires de ce changement de cap économique ?

GUILLAUME GAROT
D'abord : 1) ce n'est pas un changement de cap…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Un peu quand même !

GUILLAUME GAROT
Non ! Ce n'est pas un changement de cap, c'est une clarification et c'est aussi une forme d'accélération…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Tout ça c'est des changements de langage ! Mais il y a…

GUILLAUME GAROT
Non ! Mais c'est vrai.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Comme un changement de discours entre…

GUILLAUME GAROT
Ecoutez, depuis vingt mois, il y a une vraie cohérence et une vraie continuité dans la politique que nous conduisons. Mais ce que je regarde, ce que je remarque, ce que je constate également, c'est qu'il y a une vraie solidarité de toutes les composantes de la majorité autour de ce Pacte de responsabilité. Alors il peut y avoir des nuances, il peut y avoir du débat – et c'est parfaitement normal…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Parce qu'il faut marquer justement…

GUILLAUME GAROT
Mais c'est parfaitement normal – mais il y aura un rendez-vous…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Voilà !

GUILLAUME GAROT
Et le rendez-vous c'est le vote de confiance.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'est la question de confiance.

GUILLAUME GAROT
Absolument !

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Et donc est-ce que...

GUILLAUME GAROT
A l'Assemblée nationale.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Le vote de confiance, on imagine que ce sera avec une nouvelle équipe quand même, en partie - je ne parle pas du Premier ministre, on ne sait pas – mais il y aura forcément du serrage de boulons ?

GUILLAUME GAROT
Eh bien, écoutez, vous n'en savez rien, moi non plus d'ailleurs. Ce qui compte c'est qu'on présente un projet de Pacte de responsabilité qui soit mobilisateur, qui déclenche en France l'envie d'investir, l'envie d'aller plus loin, l'envie d'innover, c'est ce que nous attendons des entreprises, mais sur la base d'un contrat avec les forces sociales, avec l'Etat également sur des objectifs en termes d'emploi, en termes de formation, c'est ça le Pacte de responsabilité.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Ce sera quoi, fin avril, la question de l'engagement de…

GUILLAUME GAROT
La date n'est pas fixée ! Mais la discussion est engagée, elle va s'intensifier vendredi entre les partenaires sociaux et donc c'est en fonction aussi du résultat de ces discussions que nous saurons exactement quelle est la date du vote de confiance. Mais ce qui compte c'est qu'on y voit clair en effet rapidement sur ce que sera le contenu de ce Pacte de responsabilité et, ça, cela dépend de l'engagement de chacun.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Est-ce qu'il manque des figures dans ce gouvernement, on pense à Ségolène ROYAL, on pense à Martine AUBRY, on pense à Bertrand DELANOË ?

GUILLAUME GAROT
Mais moi je me réjouis quand les Français reconnaissent les qualités de Ségolène ROYAL…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Vous parlez des sondages ?

GUILLAUME GAROT
Oui ! Oui, oui, oui, et puis ce que je perçois, ce que j'entends à travers les discussions que je peux avoir et ils reconnaissent chez Ségolène ROYAL sa ténacité, sa volonté, sa fermeté aussi et, si vous me demandez si Ségolène ROYAL aurait sa place, c'est ça votre…

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
Oui ! Tout à fait.

GUILLAUME GAROT
Eh bien oui, je dis oui en effet, Ségolène ROYAL c'est certainement une grande femme d'Etat.

CHRISTOPHE JAKUBYSZYN
C'était Guillaume GAROT, royaliste et ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire, merci d'avoir été sur RADIO CLASSIQUE et LCI ce matin.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 février 2014

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