Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, à "RTL" le 21 février 2014, sur la crise en Ukraine et sur plusieurs dossiers en matière de politique agricole (prix du lait, OGM, développement de la méthanisation). | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, à "RTL" le 21 février 2014, sur la crise en Ukraine et sur plusieurs dossiers en matière de politique agricole (prix du lait, OGM, développement de la méthanisation).

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, CHAPUIS Jérôme, BAZIN Laurent.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt; ;

ti : LAURENT BAZIN
Jérôme CHAPUIS, vous recevez ce matin Stéphane LE FOLL, le ministre de l'Agriculture.

JEROME CHAPUIS
Bonjour, Stéphane LE FOLL.

STEPHANE LE FOLL
Bonjour.

JEROME CHAPUIS
Avant de parler de l'agriculture, l'Ukraine, vous avez été député européen, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui voient dans la crise ukrainienne une faillite de l'Union européenne ?

STEPHANE LE FOLL
Eh bien j'y vois plutôt tout le contraire ! D'abord, il y a une négociation qui a échoué, mais l'Ukraine voulait rentrer dans l'Union européenne - il y avait un accord commercial - donc c'est plutôt un signe qu'il y a encore des pays qui croient en l'Europe et qui voudraient bien adhérer à l'Union européenne ; et puis, deuxième point, c'est l'Europe aussi qui aujourd'hui s'implique pour arrêter ce qui est en train de se passer quitte à faire sauter…

JEROME CHAPUIS
Mais qu'a fait l'Europe depuis le mois de novembre, depuis le début de crise…

STEPHANE LE FOLL
Qu'a fait…

JEROME CHAPUIS
Pour éviter qu'on en arrive là ?

STEPHANE LE FOLL
Mais, d'abord, qu'a fait l'Europe ? Elle avait négocié un accord commercial qui a été refusé par le Président actuel - c'est ce qui fait d'ailleurs qu'il y a eu ces manifestations – ensuite, il y a une situation qui est extrêmement complexe, compliquée, sur laquelle je rappelle quand même : on n'est pas sur un petit pays, on n'est pas dans un endroit isolé du reste, on est en proximité de la Russie, tout ça c'est des enjeux diplomatiques, géopolitiques extrêmement importants et on ne peut pas faire comme si ça n'existait pas, parce que ceux qui disent : « y a qu'à faire, y a qu'à aller, y'a qu'à régler » , ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai, ce sera difficile – ça été dit par Laurent FABIUS - mais l'Europe s'implique, elle s'implique en plus à trois avec trois ministres des Affaires étrangères extrêmement symboliques : France, Allemagne et Pologne, en même temps qu'au niveau européen l'ensemble des ministres prennent des décisions pour geler les avoirs, l'Europe fait son travail et, moi, j'en suis très satisfait.

JEROME CHAPUIS
L'Ukraine grande puissance agricole, est-ce qu'il y a des risques de répercussions à ce stade sur les cours des matières premières ?

STEPHANE LE FOLL
Pour l'instant ce qu'on a regardé, j'ai essayé de regarder ça, on me dit que non, puisqu'en fait les grandes plaines agricoles ne sont pas directement concernées ou liées, mais je ne sais pas si après ce qui est en train de se passer - et donc le printemps qui arrive – je ne peu pas vous dire.

JEROME CHAPUIS
On regardera ça dans les prochains jours.

STEPHANE LE FOLL
Oui !

JEROME CHAPUIS
Le SALON DE L'AGRICULTURE s'ouvre donc demain à Paris en présence de François HOLLANDE avec beaucoup d'inquiétudes, on va en parler, sujet d'inquiétudes et impopularité record du Président. Il sera bien accueilli, demain, François HOLLANDE ?

STEPHANE LE FOLL
Ca, je… entre l'impopularité record et l'accueil, vous faites un raccourci, je ne sais pas. Le SALON DE L'AGRICULTURE c'est un lieu de rencontres à la fois du monde agricole et puis de tous ceux qui viennent au SALON DE L'AGRICULTURE et, dans tous ceux qui viennent au SALON DE L'AGRICULTURE, il y a peut-être des gens qui ont envie d'y venir pas forcément pour faire la visite du salon mais peut-être pour exprimer quelques revendications, je n'en sais rien pour l'instant.

JEROME CHAPUIS
Donc, vous vous attendez à ce que ce soit éventuellement…

STEPHANE LE FOLL
Pas du tout !

JEROME CHAPUIS
Que ce soit chaud pour François HOLLANDE ?

STEPHANE LE FOLL
Pas du tout ! Ce n'est pas ce que j'ai dit - vous voyez comment vous êtes – je n'ai pas dit ça, mais je reste quelqu'un vous savez d'assez prudent. Donc...

JEROME CHAPUIS
Parce qu'il est écrit dans la presse ce matin qu'il va y passer moins de temps que l'année dernière justement pour éviter...

STEPHANE LE FOLL
Ah ! Ca, je vais répondre à ça.

JEROME CHAPUIS
Pour éviter les incidents ?

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Je vais répondre à ça. Alors, ça, c'est la petite course habituelle des journalistes – je le dis – qui consiste à dire : « il a passé une fois à 11 heures 45, la deuxième fois il a fait 10 heures 20, la troisième fois combien va-t-il faire et combien va-t-il passer de temps ? », eh bien on va dire stop, on va arrêter cette course gentille mais un peu ridicule au temps passé au salon, le temps qu'on passe au salon pour le Président de la République c'est celui de la rencontre avec les agriculteurs.

JEROME CHAPUIS
Alors, les dossiers, le lait - les prix du lait flambent sur les marchés internationaux – et alors le patron de DANONE, Franck RIBOUD, dit : « il faut maintenant répercuter la hausse des prix du lait sur les consommateurs », qu'est-ce que vous lui répondez ?

STEPHANE LE FOLL
Eh bien d'abord j'ai vu que Franck RIBOUD s'était exprimé hier dans un journal…

JEROME CHAPUIS
Il demande une gestion politique des dossiers qui vous interpellent.

STEPHANE LE FOLL
Oui ! C'est surtout ça qui est intéressant, c'est une gestion politique des dossiers. Dans le domaine des prix vous savez il y a des autorités de la concurrence, des règles qui font qu'on a des limites extrêmement claires qui sont mises aux capacités qu'on pourrait avoir d'aller décider nous-mêmes du prix, par contre ce que j'ai fait et ce que je fais depuis le départ c'est considérer qu'après avoir mis en place une médiation pour le lait l'an dernier, d'avoir proposé et obtenu 25 euros la tonne de plus pour les producteurs laitiers, cette année je ne pourrais pas imaginer qu'on descende en-dessous de ce qu'a été le prix moyen de l'an dernier et, donc, je sais….

JEROME CHAPUIS
Est-ce que vous…

STEPHANE LE FOLL
Parce que j'ai pris des contacts - que les choses vont dans un sens qui me satisfait plutôt.

JEROME CHAPUIS
Vous ne fixez pas les prix…

STEPHANE LE FOLL
Non !

JEROME CHAPUIS
Mais vous êtes responsable de la sécurité de la…

STEPHANE LE FOLL
Non ! Non, non.

JEROME CHAPUIS
Si ! De la filière…

STEPHANE LE FOLL
Ne dites pas ça !

JEROME CHAPUIS
Les cours des matières premières ils ont augmenté de 9% pour les professionnels et les prix des produits transformés ils ont baissé de 1%, est-ce que c'est tenable en l'état cette situation ?

STEPHANE LE FOLL
Les cours, l'effet de ciseau dont vous parlez, c'était l'an dernier surtout. Les cours-là aujourd'hui, des céréales en particulier, ont plutôt baissé...

JEROME CHAPUIS
Là, je parle du lait.

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Mais, dans la production de lait, vous avez le prix de vente du produit et puis vous avez ce qu'on appelle ce que vous achetez, en particulier sur l'alimentation animale, c'est vrai que 2012 – 2013 ont vu augmenter de manière très forte l'alimentation, le coût de l'alimentation animale, on n'est pas dans cette situation aujourd'hui. Mais ce qui n'est pas possible d'accepter c'est qu'en ailleurs les prix du lait sont élevés et payés aux producteurs beaucoup plus que ce qu'on a en France, qu'on puisse envisager – et ça l'a été – des négociations commerciales qui doivent se conclure bientôt avec un prix inférieur à ce que nous avions obtenu par une médiation l'an dernier.

JEROME CHAPUIS
Un mot des OGM !

STEPHANE LE FOLL
Mais, je le répète, je pense que ça va plutôt dans un sens qui soit pas celui que je craignais.

JEROME CHAPUIS
Un mot des Organismes Génétiquement Modifiés ! A l'heure où on se parle, sauf erreur, juridiquement rien n'empêche un exploitant de semer du maïs OGM, est-ce que ça peut arriver dans les jours qui viennent puisque l'heure des semis approche ?

STEPHANE LE FOLL
Non ! D'abord, il faut savoir - et tout le monde, tous ceux qui m'écoutent ce matin - c'est que le maïs il n'est pas encore semé, il est semé après l'hiver, donc ça c'est déjà un premier élément concret ; deuxièmement, il y a des maïs autorisés… OGM aujourd'hui, ceux qui sont disponibles sur le marché, c'est le fameux maïs MONSANTO 810, il est cultivé d'ailleurs en Espagne.

JEROME CHAPUIS
Mais qu'est-ce qui se passe si un agriculteur Français décide aujourd'hui d'en semer ?

STEPHANE LE FOLL
Eh bien il y a un arrêté qui va être prix, qui dira qu'on ne peut pas, qu'on n'autorise pas l'utilisation de la semence du MONS 810 en France… Voilà ! Et puis on essaie de faire passer une loi de manière plus globale ; et puis deuxième étape, c'est celle-là la plus important, on renégocie à l'échelle européenne.

JEROME CHAPUIS
Je reviens d'un mot à la politique franco-française ! Le gouvernement, auquel vous appartenez, sera-t-il en place encore dans 15 jours ?

STEPHANE LE FOLL
Ah ! Ca, c'est une bonne question à laquelle je ne peux pas répondre.

JEROME CHAPUIS
Vous êtes au courant qu'il y a quelques rumeurs autour d'un éventuel remplacement de Jean-Marc AYRAULT...

STEPHANE LE FOLL
Mais j'ai tellement l'habitude de…

JEROME CHAPUIS
Avant les Municipales ?

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Je les ai souvent entendues - on est souvent venu me voir d'ailleurs - et j'ai été de ceux qui depuis très longtemps avait, à chaque fois, repoussé ces rumeurs, donc je l'ai tellement fait, que je suis tellement fatigué aujourd'hui, que c'est une question à laquelle je ne porterai pas de réponse.

JEROME CHAPUIS
Ca veut dire qu'on entend qu'aujourd'hui vous ne repoussez pas ces rumeurs ?

STEPHANE LE FOLL
Vous entendez des voix tous les jours !

JEROME CHAPUIS
Ecoutez ! On aura entendu…

STEPHANE LE FOLL
Je ne sais pas où elles vous mèneront, mais…

JEROME CHAPUIS
On aura entendu la voix de Stéphane LE FOLL, on va la réentendre encore tout à l'heure…

LAURENT BAZIN
Ce n'est pas fini !

JEROME CHAPUIS
Ce matin sur RTL.

LAURENT BAZIN
Et vous entendrez la voix des auditeurs qui ont énormément de questions à vous poser ce matin, Stéphane LE FOLL…

STEPHANE LE FOLL
J'imagine !

LAURENT BAZIN
Qu'ils soient consommateurs, cultivateurs ou éleveurs, évidemment le standard est à vous, n'hésitez pas 32.10, 64.900 code matin pour vos SMS. Le petit ding dong, c'est celui du téléphone de Stéphane LE FOLL… (brouhaha)… à tout à l'heure 8 h 20 avec le ministre de l'Agriculture.


INTERVENANTE
Il est 8 h 20 à RTL, Laurent BAZIN vous écoute.

LAURENT BAZIN
Demain… c'est surtout Stéphane LE FOLL, le ministre de l‘Agriculture, qui va vous écoutez maintenant puisque demain ouvre le SALON DE L'AGRICULTURE, que c'est toujours l'occasion de faire remonter des campagnes un certain nombre de revendications ou de mécontentements. Bonjour à Pascal qui nous appelle du Finistère, qui est producteur de lait. Pascal !

PASCAL, PRODUCTEUR DE LAIT A GUIPAVAS - FINISTERE
Oui ! Bonjour, oui.

LAURENT BAZIN
On vous écoute.

PASCAL
Eh bien bonjour Stéphane LE FOLL...

STEPHANE LE FOLL
Bonjour !

PASCAL
Donc depuis l'été, là monsieur LE FOLL, donc les entreprises font un petit peu n'importe quoi, elles ont décroché les indicateurs au niveau du prix du lait, donc aujourd'hui on observe les différences qui vont de 30 à 40 euros entre producteurs – moi je serais payer, là, à 380 euros ce mois-ci alors que les indicateurs donnaient 410 euros – donc, eh bien, que pensez-vous faire à ce niveau-là sachant que nous avons fait une saisine au médiateur à ce niveau-là quoi ?

LAURENT BAZIN
Vous êtes d'où de Bretagne, là ?

PASCAL
Je suis de Guipavas !

STEPHANE LE FOLL
Ah ! Guipavas, oui…

LAURENT BAZIN
A côté de Brest !

STEPHANE LE FOLL
A côté de Brest. Bon ! Eh bien sur cette question il y a globalement… la question du lait, elle est posée à l'échelle nationale, il y a des négociations commerciales qui sont engagées entre les entreprises et la grande distribution, moi - ce que je fais aujourd'hui – je fais en sorte que cette négociation ne remette pas en cause les bases qu'on avait trouvées l'an dernier avec l'accord trouvé grâce au médiateur, donc on part et je crois pouvoir le dire sur des baes qui sont supérieures à celles de l'an dernier, voilà l'objectif. Alors, après, je ne peux pas indiquer moi-même précisément les résultats de ces négociations parce que c'est des négociations commerciales et la concurrence et l'Autorité de la concurrence est là pour rappeler à tout le monde…

LAURENT BAZIN
Mais on entend – et vous l'avez dit ce matin sur RTL – qu'on ne descendra sous le prix de l'an dernier ?

STEPHANE LE FOLL
Oui !

LAURENT BAZIN
Ca, c'est votre engagement de ministre ?

STEPHANE LE FOLL
C'est l'engagement !

LAURENT BAZIN
Bon ! Mais on ne montra pas ce qui se passe en Allemagne, c'est-à-dire par exemple en Allemagne on achète le lait 6 centimes…. (brouhaha)… sous votre contrôle Pascal, 6 centimes c'est ça de plus qu'en France je crois ?

PASCAL
Oh ! Eh bien depuis le mois septembre l'Allemagne est à + de 400 euros et vraisemblablement ça ira jusqu'à au moins jusqu'au moins de juin à + de 400 euros, donc aujourd'hui les différences avec l'Allemagne oui sont de 30 à 40, voire 50 euros la tonne de plus.

STEPHANE LE FOLL
En Allemagne, il faut savoir aussi…

LAURENT BAZIN
Il y a un micro…

STEPHANE LE FOLL
Que ça peut monter haut et ça descend aussi très forte, donc… mais, en même temps, c'est vrai qu'on a un différentiel avec l'Allemagne sur des prix à la production, donc on dit souvent : « l'Allemagne, le coût du travail»… Non ! Là c'est la compétitivité des producteurs Français, si on est à 34 centimes en moyenne l'an dernier, en Allemagne ils étaient autour de 40 centimes le litre quand nous on était à 34, donc il faut qu'on monte et c'est ça l'engagement.

LAURENT BAZIN
Merci Pascal de votre appel et bonne journée donc du côté de Brest, dans le Finistère. Un message laissé sur le répondeur RTL par Claire, qui a 22 ans et qui va s'installer d'ici 2 mois dans une exploitation du Jura.

CLAIRE, JEUNE AGRICULTRICE QUI VA S'INSTALLER DANS LE JURA
Il faut aider les jeunes à s'installer ! On est l'avenir de l'agriculture. Et en ce moment c'est la course au foncier et c'est difficile de trouver les terres pour pouvoir s'installer, d'avoir les financements pour s'installer - c'est un parcours du combattant – et ce n'est pas facile, enfin on sait qu'à partir du moment où on s'installe, où on lance les démarches, c'est presque un an de paperasses, nous aider un peu plus dans l'administratif quoi, c'est surtout ça. Celui qui n'a pas de volonté, il ne s'installe pas.

LAURENT BAZIN
C'est la simplification agricole qu'elle attend…

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Bien sûr. Il y aura les Etats Généraux…

LAURENT BAZIN
Le choc de simplification agricole ?

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Il y a les Etats Généraux qui sont organisés par la FNSEA aujourd'hui, la simplification va être l'un des sujets qui sera abordé, je crois que le syndicalisme avait fait une proposition avec 54 mesures de simplification, je pense qu'il y en a déjà une quinzaine qui ont été prises et qu'il y en a une dizaine supplémentaires qui sont en train d'être expertisées pour être mises en oeuvre, donc on a parfaitement intégré l'idée que…

LAURENT BAZIN
Trop de papiers, vous êtes d'accord là-dessus ?

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Trop de papiers…

LAURENT BAZIN
Vous êtes d'accord avec Claire ?

STEPHANE LE FOLL
Tue le papier.

LAURENT BAZIN
Oui ! Tue le papier et puis tue parfois l'agriculteur, malheureusement, hein ?

STEPHANE LE FOLL
Et surtout l'installation et tout ça, c'est toujours…

LAURENT BAZIN
Oui ! Bonjour Francis…

FRANCIS, AGRICULTEUR PRES DES SABLES D'OLONNE
Bonjour Laurent, bonjour monsieur le ministre.

LAURENT BAZIN
Francis des Sables d'Olonne.

FRANCIS
Oui ! Je suis agriculteur près des Sables d'Olonne. On a un projet de méthanisation et, malheureusement, on a eu 28 mois de procédures administratives…

LAURENT BAZIN
Oui ! Encore.

FRANCIS
Tout ça parce que nos chers fonctionnaires de la préfecture trainent les pieds, trainent les pieds, que comptez-vous faire pour réduire ce temps ?

STEPHANE LE FOLL
Alors il y a… sur le sujet de la méthanisation d'abord je rappelle l'enjeu, il y avait 90 méthaniseurs en France quand il y a 5.000 à 6.000 en Allemagne, voilà, on est passé de 90 à 140…

LAURENT BAZIN
On produit de l'énergie avec du déchet, voilà, c'est le principe de la méthanisation.

STEPHANE LE FOLL
Voilà ! On produit de l'énergie avec la matière organique, c'est-à-dire avec les déchets agricoles - 90, on est déjà à 130 – les projets pour cette année c'est 150 projets qui sont à peu près répertoriés, donc on est dans un processus où l'objectif de 1.000 méthanisateurs d'ici 2020 est en train de se mettre en place. Il faut réduire la durée, donc on en a discuté hier avec le ministre de l'Ecologie, puisque ce sont des règles sur les établissements classés, il ne s'agit pas de remettre en cause – je le répète pour tous ceux qui sont attachés à toutes les études nécessaires – remettre en cause les objectifs environnementaux, toute installation doit être vérifiée pour éviter qu'elle est des conséquences négatives sur l'environnement, mais, en même temps, on ne peut pas accepter qu'en France aujourd'hui c'est à peu près 28 mois alors qu'en Allemagne ça peut être 12 mois, on peut le faire en 12 mois.

LAURENT BAZIN
Oui ! C'est…

STEPHANE LE FOLL
Donc, c'est l'objectif.

LAURENT BAZIN
Donc ceci expliquant cela, vous l'avez dit tout à l'heure...

STEPHANE LE FOLL
Et ceci expliquant cela !

LAURENT BAZIN
Cinq mille usines de méthanisation en Allemagne, moins de 90 en France…

STEPHANE LE FOLL
Quand je suis arrivé !

LAURENT BAZIN
Merci de votre appel…

STEPHANE LE FOLL
Il y en a déjà plus de 150, donc on va y arriver.

LAURENT BAZIN
Merci de votre appel, Francis, bon courage sur votre…

FRANCIS
Merci ! Vous de même, au revoir.

LAURENT BAZIN
Parcours du combattant administratif, où on a bien entendu ce matin que c'était l'un des soucis des agriculteurs, pas le seul. On parle OGM avec Patrick maintenant, bonjour Patrick, de Clos Fontaine, en Seine-et-Marne.

PATRICK, HABITANT CLOS-FONTAINE - EN SEINE-ET-MARNE
Bonjour Laurent, bonjour monsieur le ministre. Vous interdisez la production d'OGM en France, ce que je peux comprendre les consommateurs n'en voulant pas, mais alors pourquoi en importer des millions de tonnes ?

LAURENT BAZIN
Stéphane LE FOLL !

STEPHANE LE FOLL
La question est simple, la réponse est simple. Il y a des accords à l'échelle de l'Organisation Mondiale du Commerce qui font qu'on ne peut pas interdire l'importation de produits - enfin de produits, de semences ou de produits à base d'OGM – et, par contre, ce qui a été la décision de l'Europe, sauf dans un pays, l'Espagne, c'est aujourd'hui de ne pas avoir recours à ces semences d'Organismes Génétiquement Modifiés, c'est pourquoi la France de manière cohérente depuis plusieurs années – c'est pour ça que je regrette qu'au Sénat une partie des Centristes de Monsieur BORLOO et de l'UMP ait changé d'avis - a toujours été cohérente sur ce sujet. Moi ce que je veux faire, c'est que demain la réglementation européenne permette à des états d'accepter ou de refuser la mise en culture de semences OGM et que ces choix soient faits sur des critères objectifs, ça permettra aussi d'ailleurs d'objectiver le débat et de sortir…

LAURENT BAZIN
Donc, ce n'est pas une guerre de religions.

STEPHANE LE FOLL
Voilà !

LAURENT BAZIN
Moi j'ai Jacques, dans le Tarn, qui me dit : « moi je veux ces semences OGM, on a l'impression que vous menez une guerre de religions aux OGM ».

STEPHANE LE FOLL
Non ! Je ne mène pas une guerre de religions. D'abord à ceux qui pensent que les OGM de première génération, qu'on connait, c'est-à-dire qui sont producteurs de pesticides ou résistant à des herbicides, on fera le débat le 29 avril - je l'annonce le Haut comité aux biotechnologies va ouvrir un débat - et on fera pour une fois, objectivement, coûts-bénéfices et on verra qu'en termes de coûts-bénéfices par rapport à ces OGM de première génération il y a de quoi discuter largement et de défendre la position qui est la mienne. Par contre demain il y a d'autres OGM, prenez par exemple celle du riz doré dans lequel on augmente la teneur en vitamine A - absolument nécessaire pour lutter contre la cécité - vrai débat qui méritera d'être organisé, alors ça ne nous concerne pas…

LAURENT BAZIN
Donc c'est comme le cholestérol, voilà ce que je comprends, il y a des bons OGM et des mauvais OGM ?

STEPHANE LE FOLL
Si vous voulez le résumer comme ça, ça pourrait peut-être être… mais un peu plus compliqué quand même, hein, mais…

LAURENT BAZIN
Je veux bien l'imaginer ! Mais en tout cas vous êtes prêt à l'envisager, voilà ce qu'on entend ce matin sur RTL ?

STEPHANE LE FOLL
Moi je suis prêt à envisager des débats démocratiques sur ces choix, jusqu'ici ces choix sont…

LAURENT BAZIN
Et donc des autorisations d'OGM…

STEPHANE LE FOLL
Voilà !

LAURENT BAZIN
Profitables, de votre point de vue ?

STEPHANE LE FOLL
Oui ! De notre point de vue, à condition qu'on ait un débat démocratique. Prenons… Je reprends vitamine A, par rapport à la cécité, oui ou non ? Vrai question ! Coût…

LAURENT BAZIN
Posée par Stéphane LE FOLL, ce matin le ministre de l'Agriculture sur RTL, merci beaucoup…

STEPHANE LE FOLL
Merci à vous !

LAURENT BAZIN
D'être venu répondre aux questions, vous l'avez entendu, très nombreuses des auditeurs, ce qui vous assure des balades sinon mouvementées en tout cas riches en rencontres au SALON DE L'AGRICULTURE pendant une semaine. Bonne journée à vous !


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 février 2014

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