Interview de M. Manuel Valls, Premier ministre, à RMC - BFMTV le 9 avril 2014, sur ses relations avec le président de la République, le pacte de responsabilité et de solidarité, les économies budgétaires à réaliser, la réforme territoriale, le calendrier des prochaines réformes (transition énergétique, rythmes scolaires, réforme pénale) et les élections européennes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Manuel Valls, Premier ministre, à RMC - BFMTV le 9 avril 2014, sur ses relations avec le président de la République, le pacte de responsabilité et de solidarité, les économies budgétaires à réaliser, la réforme territoriale, le calendrier des prochaines réformes (transition énergétique, rythmes scolaires, réforme pénale) et les élections européennes.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Premier ministre;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité ce matin est Manuel VALLS, Premier ministre. Bonjour.

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE MANUEL VALLS
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être avec nous, Manuel VALLS. « Je dois la vérité aux Français », cette phrase que vous avez prononcée hier qui est de Pierre MENDÈS FRANCE vous accompagnera tout au long de ces mois à la tête du gouvernement. Elle va vous accompagner ce matin. J'ai une première question très directe : François HOLLANDE a-t-il modifié votre discours hier ?

MANUEL VALLS
Nous avons travaillé ensemble, bien sûr, parce que c'est le président de la République qui m'a nommé, c'est lui qui fixe le cap. Il a reçu la légitimité des Français il y a deux ans. Je conçois et nous concevons ainsi notre relation, et nous travaillons ensemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et il a modifié ce que vous aviez prévu ?

MANUEL VALLS
Mais bien sûr. Il peut porter des modifications, me faire des suggestions. C'était mon discours, je l'ai prononcé mais nous devons ensemble travailler pour redresser le pays, pour faire en sorte que la confiance soit de retour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce qu'il a changé dans ce discours ?

MANUEL VALLS
Ça doit rester entre nous, bien évidemment. Je lui ai fait des suggestions, il m'en a faites aussi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il l'a édulcoré, Manuel VALLS ?

MANUEL VALLS
Je ne crois pas, je pense que c'est même le contraire. Il l'a rendu parfois plus clair, plus net. Mais le président de la République et le Premier ministre dans la Vème République, dans le quinquennat doivent travailler en permanence ensemble, parce que nous formons une équipe, une équipe compacte aussi évidemment avec les membres du gouvernement. Il est le président de la République, je suis le Premier ministre, la constitution prévoit clairement quelles sont les missions de l'un et de l'autre. C'est lui qui me nomme. J'ai reçu hier la confiance du Parlement, mais nous devons former cette équipe qui est l'équipe pour la France, pour faire gagner la France.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Votre gouvernement sera complété tout à l'heure. Quand exactement et combien de secrétaires d'État ?

MANUEL VALLS
Dans l'après-midi sans doute, et il y aura une douzaine de secrétaires d'État.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Une douzaine ? Douze ?

MANUEL VALLS
Pas plus, je pense. Paritaire toujours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Paritaire toujours. Harlem DÉSIR, secrétaire d'État aux Affaires européennes ?

MANUEL VALLS
Les nominations des membres du gouvernement et des secrétaires d'État en l'occurrence, il faudra attendre cet après-midi, Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais c'est une possibilité ?

MANUEL VALLS
Je ne ferai aucun commentaire là-dessus. Il faut attendre. C'est de la prérogative du président de la République et du Premier ministre ; il faut donc attendre cet après-midi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai lu, j'ai regardé et travaillé votre discours hier, Manuel VALLS. Emploi, fiscalité, pouvoir d'achat, je vais commencer avec l'emploi et je vais commencer avec les entreprises. Vous décidez d'alléger le coût du travail, 30 milliards d'euros, avant 2016. C'était annoncé, c'est confirmé. 1er juin 2015 (sic) : suppression des charges pour tout employeur qui emploie un salarié payé au SMIC. En fait, ce sont les cotisations patronales URSSAF ; on est bien d'accord ?

MANUEL VALLS
Zéro charge effectivement pour l'employeur d'un salarié payé au SMIC.

JEAN-JACQUES BOURDIN
1er janvier 2015.

MANUEL VALLS
1er janvier 2015.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Allègement aussi pour ceux qui sont payés entre une fois et 1,6 fois SMIC.

MANUEL VALLS
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien ? quel allègement ?

MANUEL VALLS
Cet allègement permettra à ceux qui aujourd'hui sont payés 1,6 SMIC d'avoir du pouvoir d'achat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais combien ? quels allègements ? Progressifs ? entre 1 et 1,6 ?

MANUEL VALLS
Ce sera 1,6 et ensuite ce sera progressif, en effet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Progressif entre 1 et 1,6 ?

MANUEL VALLS
Non ! Ce serait 1,6 à la fois pour les bas salaires en dessous de 1,6, puis ensuite progressif au-dessus.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Au-dessus de 1,6, il y aura aussi des allègements de charges patronales ?

MANUEL VALLS
Bien sûr, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Patronales ?

MANUEL VALLS
Bien sûr, bien sûr.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça va coûter 4,5 milliards d'euros.

MANUEL VALLS
Nous voulons créer les conditions qui permettent à l'économie française et à nos entreprises d'être performantes. Nous considérons et le président de la République a considéré déjà depuis plusieurs mois qu'il fallait soutenir les entreprises. Il l'avait annoncé le 31 décembre à l'occasion de ses voeux, puis quinze jours après à l'occasion d'une conférence de presse. Nous avons besoin dans un monde ouvert que notre économie soit beaucoup plus performante, attractive. Nous avons besoin que la compétitivité de notre économie, de notre industrie, de notre agriculture, de nos grandes entreprises comme de nos PME-PMI que cette compétitivité soit au rendez-vous. C'est le moyen de créer de la richesse, c'est le moyen de créer de l'emploi et c'est ce que les Français attendent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je pense aux artisans et aux indépendants, parce qu'on les oublie bien souvent. Trois points de baisse de leurs cotisations familiales ; quand la première baisse ?

MANUEL VALLS
La première baisse sera l'année prochaine et le coût global de cette baisse représente un milliard d'euros. Là aussi, vous avez raison. Souvent cela s'exprime sur votre antenne, ces commerçants, ces artisans, ces indépendants il ne faut les oublier. Ces auto-entrepreneurs aussi parce que nous voulons préserver également ce statut. Il y a beaucoup de souffrance chez eux, et pourtant ils apportent eux aussi de l'emploi, beaucoup d'engagement pour le pays et pour notre économie. Mais je pense aussi à l'économie sociale et solidaire en coopérative qu'il faut également encourager. C'est un travail que Benoît HAMON avait accompli là aussi avec beaucoup d'engagement au cours de ces derniers mois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc baisse d'un point des cotisations familiales dès janvier prochain si j'ai bien compris.

MANUEL VALLS
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dès janvier prochain. L'impôt sur les sociétés, le taux abaissé à 28 % d'ici 2020 ; on est bien d'accord ? Première baisse quand ?

MANUEL VALLS
Je crois que nous l'avons dit : c'est en 2017.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Rien avant 2017 ?

MANUEL VALLS
Non. Il y a également la surtaxe. Nous allons le préciser, Jean-Jacques BOURDIN. J'ai donné un certain nombre d'indications hier et nous allons progressivement préciser. Je rencontre tous les partenaires sociaux vendredi prochain avec les ministres concernés Michel SAPIN, François REBSAMEN, Arnaud MONTEBOURG, Marisol TOURAINE, Marylise LEBRANCHU pour ce qui concerne la fonction publique. Nous allons rencontrer tous les partenaires sociaux précisément pour aller dans le détail sur un certain nombre de ces mesures.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y aura aussi la suppression de la contribution sociale de solidarité des entreprises sous trois ans. Aucune contrepartie demandée aux entreprises ?

MANUEL VALLS
J'ai dit d'ailleurs hier que ce terme de contrepartie est important. Ça veut dire quoi, la contrepartie ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire créer des emplois contre les aides qu'on vous donne.

MANUEL VALLS
Ça veut dire que chacun s'engage pour l'emploi. C'est ça qui est nouveau. Le contrat social, pas uniquement entre l'État et les partenaires sociaux mais d'abord entre les partenaires sociaux, est la marque de ce gouvernement. C'est la marque d'abord de ce président de la République depuis deux ans avec les deux conférences sociales, les négociations qui ont permis des avancées considérables et concrètes en matière de marché du travail, de formation professionnelle, mais aussi ce plan des retraites. Laissons le dialogue entre les partenaires sociaux. Ceux qui ont signé le Pacte de responsabilité et de solidarité vont travailler sur ce que nous appelons ces contreparties. Je pense par exemple à tout ce qui concerne l'apprentissage. On en parle depuis longtemps : comment faire en sorte qu'il y ait davantage d'apprentis ; comment faire en sorte que les entreprises accueillent davantage de jeunes dans leurs services. C'est de cela dont ils vont parler. Il ne s'agit pas dire combien d'emplois on va créer précisément, on ne va pas dire que dans telle ou telle entreprise il faut créer X emplois, ce serait totalement contraire à ce qu'est la réalité de l'économie. Par branche il va y avoir cette discussion, puisque nous avons besoin de nos entreprises mais que les entreprises ont aussi une responsabilité vis-à-vis des Français et donc vis-à-vis des salariés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un Observatoire des contreparties est en place.

MANUEL VALLS
Absolument.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On le laisse faire son travail ?

MANUEL VALLS
Bien sûr. C'est ce qui doit permettre d'avancer sur ce que les Français attendent en matière d'emploi mais aussi de vie au travail, de pénibilité, de formation professionnelle et d'apprentissage.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Passons au pouvoir d'achat des salariés. Diminution des cotisations salariales pour les salariés payés au SMIC, on est bien d'accord ?

MANUEL VALLS
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Combien et quand ?

MANUEL VALLS
Là aussi j'ai donné un certain nombre de précisions hier et nous allons, là également avec les partenaires sociaux et avec les ministres concernés, donner ces précisions. Jean-Jacques BOURDIN, je comprends qu'il y ait de l'impatience sur les précisions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, non, non ! ce n'est pas de l'impatience. C'est des précisions.

MANUEL VALLS
C'est des précisions et ces précisions sont attendues.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est la vérité que vous devez aux Français.

MANUEL VALLS
Je le comprends. Ces précisions sont attendues par les Français. Il nous faut un peu de temps maintenant pour déployer ce que j'ai annoncé hier.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y aura une baisse dès le 1er janvier 2016 des cotisations familiales payées par les salariés qui gagnent entre le SMIC et 3,5 fois le SMIC. 90 % des salariés en France sont dans ce cas. Avant de parler du financement de toutes ces mesures, Manuel VALLS, je voudrais vous lire simplement ce que m'a écrit Dominique, l'un de nos auditeurs, ce matin. « Si j'ai bien compris, pourquoi est-ce que vous n'avez pas engagé ces mesures il y a deux ans ? Ces mesures-là me paraissent bonnes, me dit Dominique, mais pourquoi avoir attendu deux ans avant de les prendre ? avant de les annoncer ? »

MANUEL VALLS
Peut-être cela n'a-t-il pas été dit suffisamment clairement il y a deux ans, nous avons trouvé une situation très difficile. Je ne suis pas là pour polémiquer avec ceux qui ont gouverné avant, puisque les Français l'ont fait, au fond, à travers leur vote au moment des élections municipales ou par leur absence de vote. Je pense à l'abstention.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ils en ont assez de ces polémiques.

MANUEL VALLS
Mais c'est vrai que la destruction des emplois industriels depuis dix ans, la perte de compétitivité et d'attractivité de notre économie, l'endettement du pays, le niveau du commerce extérieur, les déficits publics, cette situation rend encore plus difficile les choses, au fond, pour ceux qui arrivent et pour ceux qui ont reçu le mandat de gouverner pour les Français. C'était difficile de prendre des mesures qui soient en direction des salariés. Quand hier j'ai annoncé cette augmentation de salaire net de cinq cents euros au niveau du SMIC pour les salariés modestes dès 2015, c'est parce que nous avons entendu aussi ce message. Il faut à la fois soutenir les entreprises et répondre également à cette demande d'augmentation du pouvoir d'achat.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais est-ce que vous n'avez pas perdu deux ans, franchement ? C'est le sentiment que tout le monde a ce matin. Ces mesures-là, on aurait aimé les entendre il y a deux ans.

MANUEL VALLS
C'est ce qu'a dit le président de la République au lendemain des élections municipales : « Ça ne va pas assez vite ».

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais qui n'est pas allé assez vite, Manuel VALLS ?

MANUEL VALLS
Le gouvernement !

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le gouvernement n'est pas allé assez vite.

MANUEL VALLS
Nous ne sommes pas allés vite, le gouvernement et la majorité bien évidemment.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et le président de la République non plus.

MANUEL VALLS
Je ne suis pas là pour ne faire que des autocritiques mais c'est cette réalité. Jean-Jacques BOURDIN, c'est le président de la République lui-même qui a dit : « Tout cela ne va pas assez vite » en matière d'emploi, en matière de pouvoir d'achat, en matière de compétitivité et d'attractivité pour nos entreprises. C'est lui-même qui fait ce constat et c'est pour cela qu'il nomme un nouveau gouvernement dont la mission précisément est d'aller beaucoup plus vite, parce que tout simplement les Français attendent des résultats. Là aussi, c'est ce devoir de vérité que j'évoquais hier et il faut le faire en tenant le contexte de notre économie. Il y a un ralentissement du chômage, il y a un début de croissance en France et dans la zone euro. Quel est le but du gouvernement ? quel est l'objectif du gouvernement et la politique économique que nous devons mener ? C'est de soutenir cette croissance, de ne rien faire qui puisse la ralentir car, vous le savez parfaitement, avec un point de croissance, nous ne créons pas de l'emploi. Il faut donc plus de croissance pour avoir demain plus d'emploi et retrouver surtout la confiance des acteurs économiques et sociaux, mais aussi des Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Manuel VALLS, efforts pour les entreprises, efforts pour les salariés. Pas de recours à l'impôt ; vous confirmez ?

MANUEL VALLS
Pas de recours à l'impôt parce que les Français ont été assommés depuis 2010 par près de soixante milliards d'impôts. Trente milliards du côté de la droite avant 2012, trente milliards depuis 2012.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça suffit.

MANUEL VALLS
Ça suffit. Il y a notamment les classes moyennes, mais aussi les couches populaires. Je pense notamment à ces Français qui ne payaient pas d'impôts et qui, par toute une série de mécanismes, sont rentrés dans l'impôt, qui ont vu leur pouvoir d'achat érodé, parce qu'il y a aussi la vie chère dans bien des domaines, dans le domaine de l'énergie, dans le domaine des transports. Ce sont des familles qui ne peuvent plus partir en vacances, il y a parfois des gens qui sont dans une telle situation qu'ils ne peuvent plus même s'acheter de quoi manger. Nous avons donc là aussi le devoir d'en finir avec cette pression.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que ces impôts vont baisser ? Est-ce que nous avons les moyens aujourd'hui de baisser les impôts ?

MANUEL VALLS
C'est bien sûr la bonne question. Le président de la République, là aussi, s'est engagé à ce que d'ici 2017 nous puissions baisser les prélèvements obligatoires. Mais devoir de vérité oblige, le premier choix que nous devons faire c'est de ne pas augmenter les impôts, et c'est de réduire les dépenses publiques pour, en effet, trouver les équilibres nécessaires qui demain nous permettent de baisser les impôts, parce que le problème que nous avons depuis deux ans, ce n'est pas uniquement l'augmentation des impôts. C'est que les recettes fiscales ne sont pas au rendez-vous, ce qui explique que la baisse des déficits publics n'est pas suffisamment forte.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Je vais en profite pour rappeler une phrase de Winston CHURCHILL qui disait : « Une Nation qui espère prospérer grâce à l'impôt est comme un homme debout dans un seau qui essaye de se soulever par la poignée ». Elle est belle, non ?

MANUEL VALLS
Elle est très belle. Nous avons besoin d'un impôt, c'est vrai, au niveau des collectivités territoriales comme de l'État. C'est vrai aussi d'une manière générale pour les prélèvements obligatoires pour financer nos services publics, pour financer notre système de santé. Les Français veulent, comme vous et moi, payer moins d'impôts mais veulent aussi des services publics performants, c'est comme ça que nous avons besoin de réformes de structures, et de réformes de structures dans la durée. Elles doivent concerner l'État, les collectivités territoriales ou la Sécurité sociale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cinquante milliards d'euros d'économies, vous confirmez ? Dix neuf milliards pour l'État, dix milliards pour les collectivités territoriales et dix milliards pour l'Assurance maladie. Dix neuf-dix-dix, ça fait trente-neuf ; il manque onze milliards. Où sont-ils ?

MANUEL VALLS
Sur les autres dépenses de Sécurité sociale.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire ? Lesquelles ?

MANUEL VALLS
Là aussi, je ne veux pas trop vous décevoir. Je ne suis pas en train de renvoyer ce débat à plus tard, mais nous aurons l'occasion dans les prochaines semaines…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va multiplier, je ne sais pas, doubler le prix des cigarettes ? Je ne sais pas !

MANUEL VALLS
Non, mais on peut trouver des pistes sur la gestion des caisses de Sécurité sociale, sur un certain nombre de mesures, mais je ne veux pas rentrer dans ce détail.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc il reste 11 milliards à trouver ?

MANUEL VALLS
Non, il y a 10 milliards qui proviendront de l'Assurance Maladie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et 11 milliards ?

MANUEL VALLS
On peut, par exemple, beaucoup travailler sur la question de la chirurgie ambulatoire, restructurer l'offre de soins hospitaliers, mais je ne veux pas rentrer dans ce détail. 11 milliards sur d'autres dépenses de Sécurité Sociale, les 10 milliards des collectivités territoriales, et les 17 milliards qui concernent l'Etat, je l'ai rappelé hier, et ses agences.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous allez poursuivre le gel du traitement des fonctionnaires ?

MANUEL VALLS
Là aussi nous voyons les partenaires sociaux et les syndicats de la fonction publique vendredi prochain, avec la ministre qui a en charge ces questions-là, Marylise LEBRANCHU…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu'il faut faire 19 milliards d'économies, donc il faut les trouver !

MANUEL VALLS
Il faut un effort. Ce que j'ai rappelé hier, c'est que les Français ont eu le sentiment, pas seulement depuis 2 ans, mais depuis plusieurs années, qu'on leur faisait faire beaucoup d'efforts, parfois même des sacrifices, mais qu'ils ne savaient pas pourquoi. Et donc c'est ce que j'ai essayé de faire hier, à la tribune de l'Assemblée nationale, c'est de montrer le cap qui est défini par le président de la République. Nous devons redresser notre pays, pour qu'il soit beaucoup plus performant. J'ai dit une formule lapidaire, mais qui, me semble-t-il, veut tout dire, nous vivons au-dessus de nos moyens depuis plusieurs années, nous avons accepté un niveau d'endettement insupportable, qui nous fait perdre notre souveraineté nationale, nous avons une dette publique qui nous empêche d'agir. On prend souvent l'exemple de l'Italie, pour dire regardez, ils se lancent dans des réformes, mais leur niveau de déficits publics, est moindre que le nôtre, il est de moins 3 %. Ils ont fait, eux, un certain nombre d'efforts pour retrouver des marges. Donc il nous faut poursuivre cette baisse des déficits publics pour retrouver des marges. Il ne s'agit pas uniquement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc des économies, par exemple dans les embauches dans l'Education nationale ?

MANUEL VALLS
Je vois que vous me poussez à être précis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

MANUEL VALLS
Je ne le ferai pas. Il y aura une présentation, dans les prochaines semaines, très précise, il y a déjà un certain nombre d'informations qui sont sorties, mais très précises, c'est à Michel SAPIN…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez ralentir ces embauches ?

MANUEL VALLS
C'est à Michel SAPIN de faire ces informations, nous avons encore besoin de quelques heures, de quelques jours, pour porter ces précisions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La semaine prochaine on en saura plus ?

MANUEL VALLS
Je reviendrai.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Déficit public, 3 % en 2015, vous maintenez ce chiffre ?

MANUEL VALLS
Ça c'est l'objectif. Soyons pru… moi je ne suis pas là pour annoncer des chiffres que nous ne pourrions pas atteindre, mais en tout cas on s'est fixé des chiffres, des objectifs, des engagements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il est encore possible ?

MANUEL VALLS
Il faut faire ces efforts, mais il ne faut pas les faire n'importe comment. Et donc là aussi nous allons préciser ce qu'on appelle notre trajectoire budgétaire, notre trajectoire financière, dans les prochains jours. Il y aura un débat suivi d'un vote, à l'Assemblée nationale, avant la fin du mois d'avril.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous allez demander un nouveau délai à Bruxelles ?

MANUEL VALLS
Il y a des discussions avec Michel SAPIN et le commissaire REHN qui a en charge ces questions à Bruxelles. Là aussi, c'est tout le débat que nous allons connaître au niveau européen, comment nous pouvons retrouver de la croissance pour l'emploi au niveau européen. La zone euro est celle qui aujourd'hui a le moins de croissance par rapport aux grandes économies du monde, donc comment nous pouvons mieux piloter notre politique économique et budgétaire au niveau européen, c'est cette discussion.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'il serait bon d'obtenir un délai, franchement, pour l'économie française ?

MANUEL VALLS
Mais moi je ne poserai pas la question…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ?

MANUEL VALLS
Moi je ne poserai pas la question comme…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors comment la poseriez-vous ?

MANUEL VALLS
Comment nous pouvons être plus performants ? Il faut faire des économies, il faut réduire les déficits, c'est pour ça que nous avons annoncé…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous dites à Bruxelles, nous faisons des économies, nous réduisons nos déficits, mais nous demandons du temps.

MANUEL VALLS
Et nous faisons des réformes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous demandez du temps.

MANUEL VALLS
Nous avons déjà obtenu…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Déjà demandé du temps.

MANUEL VALLS
Nous faisons des réformes de structure, et donc c'est le rythme de cette baisse des déficits, d'une part, et aussi, et c'est la question que vous m'avez posée il y a un instant, quels sont les secteurs qui sont concernés. Comment nous pouvons à la fois baisser le déficit et préserver notre modèle social.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous avez besoin de temps, on est d'accord ?

MANUEL VALLS
Mais il faut toujours du temps et du rythme. A partir du moment où les réformes de structure et les choix que nous venons de faire, notamment pour les entreprises, nous permettent de trouver plus de compétitivité, et donc de produire plus de richesses pour notre pays, nous aurons aussi plus de recettes pour notre économie, et c'est cette équation, qui est complexe, je ne dis pas que la tâche est facile, que nous devons trouver.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réforme territoriale, alors ça fait du bruit aussi, réduction du nombre de régions, de moitié, au 1er janvier 2017, en métropole, et puis 2021 suppression des conseils départementaux, les conseils généraux. Ça ne veut pas dire suppression des départements ?

MANUEL VALLS
Non, j'ai bien évoqué la suppression des conseils départementaux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire ?

MANUEL VALLS
Essayons de préciser. On parle depuis des années de la réforme du millefeuille, on en parle, il y a beaucoup de propositions sur la table, des rapports, je pense notamment au rapport de deux sénateurs, Jean-Pierre RAFFARIN, ancien Premier ministre, et Yves KRATTINGER, qui ont proposé de réduire le nombre de régions pour qu'elles aient une taille critique, notamment pour être plus performantes au niveau européen, qu'elles jouent un rôle essentiel en matière de développement économique ou de transition énergétique, ils proposent eux-mêmes une dizaine de régions. Faisons en sorte, dans un premier temps, après les élections régionales de 2015, qu'il y ait déjà un certain nombre d'initiatives. Les deux Normandie peuvent parfaitement fusionner par exemple.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Par la loi, s'il le faut.

MANUEL VALLS
D'abord dans la discussion entre les régions, et puis si ces régions n'ont pas réussi à avancer, eh bien la loi, mais après un débat bien sûr, commencé avec le Sénat, l'Assemblée nationale, avec les élus eux-mêmes, je suis convaincu que ce débat va intéresser les Français, au 1er janvier 2017, eh bien la loi sera adoptée pour que, ensuite, au prochain renouvellement...

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça ce sont les régions.

MANUEL VALLS
On puisse avoir ces régions.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les départements, est-ce que des préfectures vont disparaître, est-ce que… ?

MANUEL VALLS
Nous parlons des conseils généraux.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

MANUEL VALLS
J'ai indiqué cet objectif, 2021, d'ailleurs certains me reprochent d'aller trop vite pour les régions ou trop lentement pour les départements. Les départements, les conseils généraux, existent depuis déjà près de deux siècles, nous avons besoin d'avoir là également un débat, mais si je n'avais pas fixé cet objectif, le débat n'aurait jamais lieu. Et je pense… et c'est déjà le cas dans les métropoles. Ce débat…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc disparition…

MANUEL VALLS
Disparition des conseils généraux, le débat ne fait que commencer. A partir de changement, de cette nouvelle donne territoriale, qui concerne les régions et les conseils généraux, l'Etat devra évidemment adapter sa propre organisation. Mais en même temps, tout au long de cette campagne municipale, depuis déjà des années, moi j'ai entendu ce sentiment d'abandon, je pense notamment à nos territoires ruraux, à cette ruralité qui est une richesse inouïe de notre pays, mais il y a un sentiment d'abandon des territoires ruraux, des petites villes, des villes moyennes, nous devons donc y répondre également. Et nous devons trouver, au fond, les structures, à travers l'intercommunalité, qui permettent cette solidarité territoriale, sociale, vis-à-vis de ces villes, de ces campagnes, de cette ruralité, qui vivent, je parle des citoyens, ce sentiment d'abandon.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La transition énergétique, une loi présentée avant l'été, en juin probablement, vous confirmez le mois de juin ?

MANUEL VALLS
Bien sûr, et Ségolène ROYAL y travaille déjà beaucoup… le travail qui avait été réalisé par Philippe MARTIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors écotaxe, définitivement abandonnée, remplacée ?

MANUEL VALLS
Nous sommes là aussi dans un débat qui doit permettre un certain nombre de décisions. Vous connaissez parfaitement les paramètres de ce débat. Moi je ne ferai pas d'annonce dans ce domaine-là, je laisse la ministre y travailler, avec l'ensemble des partenaires, il y a aussi, d'ailleurs vous le savez, un travail parlementaire qui…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous êtes favorable à un remplacement, vous êtes favorable à une taxe sur le déplacement des poids lourds ?

MANUEL VALLS
Ne me poussez pas dans mes retranchements, vous n'y arriverez pas. Il y a un problème qui est celui du financement de nos grandes infrastructures…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais oui.

MANUEL VALLS
Et nous avons besoin aussi, pour la transition énergétique, de ces infrastructures, et en même temps…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, n'est-ce pas une bonne solution l'écotaxe ?

MANUEL VALLS
Ce qui est une bonne solution c'est de trouver les financements pour ces infrastructures en matière de transport, et en même temps il faut écouter ce qui s'est passé en Bretagne, il faut y être attentif. On ne peut pas dire qu'il faut écouter les Français et ne pas entendre le message des Bretons. Là aussi c'est une équation que nous devrons traiter dans les prochaines semaines.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les taxes sur le diesel resteront les mêmes ?

MANUEL VALLS
Je ne serai pas dans cette précision Jean-Jacques BOURDIN. Je fais attention…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et le gaz de schiste, vous restez sur la même position, interdiction de toute exploration ?

MANUEL VALLS
Absolument, les choses sont très claires, le président de la République a eu déjà l'occasion de le dire avec beaucoup de netteté.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Rythmes scolaires, assouplissement à la rentrée 2014, là aussi est-ce qu'il y aura retrait, est-ce qu'il y aura report, ou est-ce qu'il y aura libre choix laissé aux municipalités ?

MANUEL VALLS
Il n'y a ni retrait, ni report. Ces rythmes scolaires, qui étaient demandés, puisque la semaine de 4 jours avait été critiquée, elle faisait peser beaucoup d'efforts sur les enfants, chacun le reconnaissait. Aujourd'hui l'immense majorité des communes sont en train de rentrer dans ce système, et il y aura une application, je vous le confirme, à la rentrée 2014. En même temps on a vu que sur un certain nombre de sujets, Benoît HAMON, le ministre de l'Education nationale, aura l'occasion là aussi de préciser les choses, puisqu'il va rencontrer l'ensemble des partenaires, les représentants des enseignants, les représentants des parents d'élèves, les élus et notamment les maires qui sont très directement concernés par ces rythmes scolaires, pour assouplir le décret qui encadre ces rythmes scolaires.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc le décret sera assoupli.

MANUEL VALLS
Le décret sera assoupli, selon des modalités qui vont être discutées précisément.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire que ça va permettre à certaines municipalités de mettre les choses bien en place…

MANUEL VALLS
Oui, et sans doute de regrouper un certain nombre d'activités, parce que c'est ça qui était demandé, avec un problème plus spécifique concernant les maternelles.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les mairies qui ne voudront pas appliquer la réforme à la rentrée prochaine ?

MANUEL VALLS
Mais la loi elle doit s'appliquer, il ne peut pas y avoir des inégalités selon les territoires. Il doit y avoir une discussion avec les maires, et notamment le représentant des maires, l'Association des maires de France, mais nous avons besoin d'appliquer la loi, sinon il y aurait des inégalités sur le territoire, et ce serait totalement contraire à notre tradition républicaine.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La réforme pénale, reportée ?

MANUEL VALLS
La réforme pénale elle sera discutée avant l'été.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Avant l'été ?

MANUEL VALLS
Avant l'été.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est certain ?

MANUEL VALLS
Bien évidemment. Pourquoi ? Quel est l'objectif…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le texte modifié ?

MANUEL VALLS
Mais le texte sera modifié par l'Assemblée nationale, il l'est déjà, mais l'objectif c'est de lutter contre la récidive. La récidive est quelque chose qui est insupportable pour nos concitoyens, et c'est l'objectif de la loi pénale. On lui a fait dire beaucoup de choses à cette loi pénale, on l'a beaucoup caricaturée, mais il y a un travail qui est déjà accompli depuis plusieurs semaines par Dominique RAIMBOURG, qui va être le rapporteur, qui est, d'ailleurs, le rapporteur de cette loi. Ce que j'ai souhaité hier à la tribune de l'Assemblée nationale c'est que sur cette question, comme sur bien d'autres, on sorte des postures, qu'il y ait un travail de qualité réalisé par les parlementaires, quel que soit leur camp politique, pour, au fond, servir les Français et l'intérêt général. Est-ce qu'on peut se mettre d'accord, oui ou non, sur cet objectif qui vise à lutter contre la récidive ? Donc le texte sera débattu à l'Assemblée nationale avant l'été.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai trois petites questions, avec des réponses brèves si vous pouvez. Première question, est-ce que vous vous êtes bridé hier ? Est-ce que vous bridez votre nature depuis que vous êtes Premier ministre ?

MANUEL VALLS
Je ne sais pas très bien ce que ça veut dire se brider.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce que ça veut dire, c'est que vous pourriez aller plus vite, plus fort. Est-ce que vous vous modérez ?

MANUEL VALLS
Non, je fais très attention à l'état de la société française, et quand le président de la République parle d'apaisement, je me dois, moi aussi, de participer de cet apaisement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'on attend que Manuel VALLS fasse du Manuel VALLS, non ?

MANUEL VALLS
Mais c'est ce que le président de la République a dit, je crois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, c'est ce qu'il a dit, bien sûr.

MANUEL VALLS
Donc je crois, hier, avoir fait aussi, mais là vous m'obligez de parler de moi, je ne suis pas sûr que ce soit un sujet qui intéresse beaucoup vos auditeurs, et ceux qui nous regardent, j'ai fait du VALLS, mais je suis Premier ministre de la France, j'ai indiqué, je crois, des réformes importantes, pour les entreprises, pour les salariés, pour les collectivités territoriales, et ces réformes nous devons les mener, à bon rythme. C'est ça la feuille de route que j'aie.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ressemblez à Nicolas SARKOZY ? Vous n'en n'avez pas assez qu'on vous compare sans cesse à… ?

MANUEL VALLS
Pourquoi vous me posez la question alors ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vous pose la question pour savoir si vous en avez assez, justement.

MANUEL VALLS
Non, mais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, bon ! Alors, dernière question…

MANUEL VALLS
Non, mais je ne suis pas gêné par votre question…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais j'ai compris.

MANUEL VALLS
Mais je crois que ce qui compte pour les Français c'est ce que nous allons faire pour eux, il me semble que nos compatriotes en ont assez des petits débats politiques, ce qu'ils veulent c'est que nous soyons, nous, à la hauteur de la gravité du moment.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Une dernière question. Vous êtes catalan de coeur, l'indépendance de la Catalogne, vous voteriez oui ou non ?

MANUEL VALLS
Mais je suis Premier ministre de la France…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, non mais d'accord, mais d'accord…

MANUEL VALLS
Je suis Premier ministre, vous vous rendez compte du type de questions auxquelles vous m'obligez de répondre. Non… et puis, faisons attention, dans l'Europe, c'est une manière pour moi de vous répondre…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Justement.

MANUEL VALLS
Faisons attention à ce que l'Europe ne se disloque pas. Le projet européen est aujourd'hui fragilisé par la montée des populismes, parce que tout simplement, aussi, les peuples, et ils ont raison, considèrent que l'Union Européenne ne répond pas suffisamment concrètement à leur attente, en matière d'emplois, et quand nous parlons de politiques qui soutiennent davantage la croissance européenne, c'est parce que nous voulons répondre précisément à l'attente de nos concitoyens. Le projet européen est un des plus beaux projets, qui puisse exister, il a permis la paix, entre la France et l'Allemagne, il a permis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous allez vous engager fortement dans la campagne ?

MANUEL VALLS
Oui, je vais m'engager parce que je suis profondément européen, et les peuples du Sud de l'Europe, de l'Est de l'Europe, ont, grâce à l'Union Européenne, là aussi, pu retrouver la démocratie, et je l'espère, la prospérité. Mais nous avons besoin d'une Europe forte, nous avons besoin d'une Europe unie, qui se fixe des objectifs, pour mieux répondre encore à l'attente des Européens.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Manuel VALLS d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 9 avril 2014

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