Interview de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé à France 2 le 21 mai 2014, sur la sécurité sanitaire et les dépenses de santé. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé à France 2 le 21 mai 2014, sur la sécurité sanitaire et les dépenses de santé.

Personnalité, fonction : TOURAINE Marisol, SICARD Roland.

FRANCE. Ministre des affaires sociales et de la santé;

ti :


ROLAND SICARD
Bonjour à tous. Bonjour Marisol TOURAINE.

MARISOL TOURAINE
Bonjour.

ROLAND SICARD
Vous accusez l'Institut Pasteur de négligence. Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

MARISOL TOURAINE
Je ne porte pas d'accusation, au début du mois d'avril, l'Institut Pasteur m'a informée de ce que des tubes qui contenaient du SRAS, pour faire des études…

ROLAND SICARD
Virus très dangereux…

MARISOL TOURAINE
Virus très dangereux lorsqu'il est actif, n'étaient plus répertoriés dans les stocks de l'Institut Pasteur, et cela depuis plusieurs mois. Des enquêtes ont eu lieu…

ROLAND SICARD
Ça fait un peu bricolage…

MARISOL TOURAINE
Ce jour-là, lorsque j'ai appris cette information, j'ai demandé à un panel d'experts indépendants d'apprécier la dangerosité éventuelle du contenu de ces tubes, bien sûr. Et ces experts, unanimement, ont dit qu'il n'y avait plus, compte tenu de l'ancienneté du virus, de la mauvaise qualité du virus, qu'il n'y avait aucun risque de contamination. Je veux commencer par-là, parce que, il ne faut pas inquiéter vos téléspectateurs, il n'y a aucun risque de contamination. Pour autant, ces tubes, on ne sait pas ce qu'ils sont devenus. Et le plus probable, d'après l'Institut Pasteur…

ROLAND SICARD
C'est ça qui est inquiétant, ça fait très bricolage, ça pourrait arriver sur des tubes très dangereux…

MARISOL TOURAINE
Le plus probable, c'est qu'ils ont été détruits sans que cela soit porté sur les registres nécessaires. J'ai donc demandé à l'Inspection générale des affaires sociales d'enquêter sur l'organisation des circuits et la sécurité au sein de l'Institut Pasteur, et je dois dire d'ailleurs que l'Institut Pasteur est parfaitement coopératif. Donc n'affolons pas, n'inquiétons pas, et je veux rappeler que l'Institut Pasteur est un institut de renommée internationale, dont la qualité des travaux n'est pas mise en cause, il faut simplement s'assurer que les procédures évidemment sont respectées.

ROLAND SICARD
Est-ce qu'il y aura des sanctions ?

MARISOL TOURAINE
Mais pour le moment, l'enquête est en cours, et nous allons essayer de comprendre ce qui s'est passé, ce qui n'a pas fonctionné, et nous verrons à partir de là, mais je veux rappeler encore une fois que nous avons affaire à un Institut tout à fait exceptionnel sur le plan de la recherche, ce qui n'autorise pas que des légèretés puissent être tolérées en matière d'organisation et de sécurité.

ROLAND SICARD
Autre sujet, les lunettes.

MARISOL TOURAINE
Oui.

ROLAND SICARD
On apprend que certains opticiens tricheraient pour qu'elles soient moins chères.

MARISOL TOURAINE
Oui, c'est une information, enfin, en tout cas, un reportage qui a eu lieu hier, et qui est préoccupant si ce qu'il rapporte était confirmé. En tout état de cause, cela vient mettre de l'eau à mon moulin, si j'ose dire, lorsque j'appelle à ce que nous encadrions mieux les prix des lunettes, parce que tous les Français…

ROLAND SICARD
Plafonner le remboursement à 450 euros.

MARISOL TOURAINE
Non, écoutez, les choses sont un tout petit peu plus compliquées que cela, en réalité, les mutuelles, lorsqu'elles vous remboursent, selon le niveau de remboursement, elles ont droit à des avantages fiscaux, et donc ce que je dis, c'est que les avantages fiscaux dont bénéficient les mutuelles doivent s'accompagner de pratiques vertueuses, ça veut dire deux choses, d'abord, il faut rembourser un minimum les lunettes, parce qu'il y a aujourd'hui par exemple 30% des contrats qui ne remboursent pas les lunettes un peu compliquées, lorsque vous avez besoin de voir à la fois de près et de loin, et puis, d'un autre côté, vous avez des mutuelles qui remboursent beaucoup trop, et donc font monter les prix. Et donc il s'agit d'encadrer les prix, mais en même temps, de faire la transparence sur les prix, qui gagne de l'argent avec des lunettes trop chères ? Est-ce qu'on paie trop cher la monture ? Est-ce que ce sont les verres ? Ou est-ce que ce sont les prestations des opticiens ? Eh bien, moi, je souhaite que, on y voie clair, et que la transparence soit faite, que lorsque vous allez chez l'opticien, on vous remette des éléments d'information sur la manière dont se répartissent les différents prix. Donc garantir un remboursement minimum, et proposer un plafonnement pour les remboursements habituels, qui seront évidemment différents, j'insiste, selon que vous aurez des lunettes simples, si vous êtes myope par exemple, ou des lunettes plus compliquées, si vous êtes à la fois myope, astigmate, hypermétrope.

ROLAND SICARD
La loi sur la famille, elle suscite une très forte opposition, comment vous expliquez ça ?

MARISOL TOURAINE
C'est une opposition idéologique, de principe, d'obstruction de la part de la droite, moi, je veux le dire, la loi qui est présentée aujourd'hui, et qui est d'ailleurs… enfin, en ce moment…

ROLAND SICARD
Est-ce qu'elle est vraiment indispensable ?

MARISOL TOURAINE
C'est une loi d'initiative parlementaire, et on ne peut pas souhaiter que les parlementaires que le Parlement aient davantage d'initiatives, de place dans le débat politique et s'interroger dès lors qu'il y a un texte qui vient à l'initiative des parlementaires, qu'est-ce qu'ont voulu faire les parlementaires ? Apporter des sécurités et des garanties aux enfants qui vivent dans des familles dont les parents se séparent ou se sont séparés, au fond, c'est un intérêt général, et il n'y a pas, là, matière à inflammation, à obstruction et à excès de langage, comme on en entend certains à l'Assemblée nationale en ce moment. De quoi parle la loi ? Favoriser la médiation pour éviter autant que possible, en cas de séparation, les passages devant les juges, qui sont souvent traumatisants pour les enfants, faire en sorte que les parents voient leurs obligations mieux précisées lorsqu'ils se sont séparés ; en quoi est-ce que, il y a atteinte à la famille lorsque l'on souhaite, au contraire, que, et le père et la mère d'un enfant, qui se sont séparés, puisent intervenir, expliquer leur décision concernant l'enfant. Je veux changer mon enfant d'école, je dois avoir l'accord de l'autre parent…

ROLAND SICARD
Mais est-ce qu'on ne complique pas les choses avec cette loi ?

MARISOL TOURAINE
Il ne s'agit pas de compliquer il s'agit de prendre en compte la réalité des familles aujourd'hui, la réalité des familles, c'est que vous avez des parents qui se sont séparés, des enfants qui vivent une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre, ou chez la mère ou chez le père, et voit le week-end l'autre parent. Et qu'est-ce qu'on fait lorsqu'un enfant doit être hospitalisé ? Lorsqu'un parent déménage à distance ? Lorsqu'un enfant veut changer d'école ou un parent veut changer d'école ? C'est cela qu'il s'agit d'organiser, ce sont des choses importantes pour la vie quotidienne, mais aller dire qu'il y a un bouleversement du droit de la famille, c'est franchement se moquer du monde.

ROLAND SICARD
Merci. William, c'est à vous !

WILLIAM LEYMERGIE
Ben, c'est la machine à café, c'est loin, hein, voilà. Merci beaucoup. A plus tard.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 mai 2014

Rechercher