Interview de M. François Cuvillier, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à RMC le 18 juillet 2014, sur l'avion de la Malaysia Airlines abattu au-dessus de l'Ukraine et la collision survenue entre un TGV et un TER près de Denguin (Pyrénées Atlantiques). | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François Cuvillier, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à RMC le 18 juillet 2014, sur l'avion de la Malaysia Airlines abattu au-dessus de l'Ukraine et la collision survenue entre un TGV et un TER près de Denguin (Pyrénées Atlantiques).

Personnalité, fonction : CUVILLIER Frédéric, CROMBE Fabien.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche;

ti : FABIEN CROMBE
Vous étiez hier à Denguin, sur les lieux de l'accident entre le TER et le TGV, on va y revenir. D'abord, cet événement exceptionnel, cet avion de ligne abattu. Des pistes nous dirigent vers un missile qui a abattu cet avion de ligne avec 298 personnes à bord. Ce matin, avez-vous reçu enfin la liste des passagers ? Savez-vous s'il y a des Français dans cet appareil ?

FREDERIC CUVILLIER
Nous ne sommes toujours pas en mesure de l'affirmer ou de l'infirmer dans la mesure où 34 identités n'ont pas été établies et 34 nationalités ne l'ont pas été. Nous ne pouvons donc pas ni confirmer ni infirmer la présence de Français. Nous avions hier des informations sur la présence éventuelle de quatre de nos compatriotes sur ce vol, mais à cette heure cette information n'est pas confirmée.

FABIEN CROMBE
Comment expliquer cette lenteur ? On n'est pas dans un bus ou dans un train, on est dans un avion où chaque place est identifiée. La Malaysia Airlines tarde à communiquer à la France ces informations ?

FREDERIC CUVILLIER
Non. Il y a des procédures qui sont extrêmement précises selon les compagnies d'ailleurs. C'est une des préoccupations dans pareilles circonstances de pouvoir établir la réalité de l'identité et que les informations soient absolument certaines lorsqu'elles sont délivrées, notamment aux familles et aux proches. Il faut qu'il y ait beaucoup de prudence et le temps nécessaire à l'identification est un temps précieux parce que nous ne pouvons pas, et je pense que c'est la même démarche de la part de cette compagnie, nous ne pouvons pas donner des informations qui ne seraient pas confirmées. Dans un avion, il peut y avoir à la dernière minute des personnes qui manquent une correspondance, qui ne sont pas montées ou qui sont redescendues. Bref ! Il faut être très, très prudent.

FABIEN CROMBE
D'accord. Simplement, je ne vous cache pas que l'interrogation est que dès hier soir, on avait le nombre de Malaisiens, de Néerlandais, d'Indonésiens, de Britanniques, d'Allemands, de Belges, de Philippins, de Canadiens et on se demandait pourquoi, avec tous ces nombres-là, on n'avait pas la liste qui devait être dévoilée. On comprend, bien entendu.

FREDERIC CUVILLIER
Nous n'avons pas la totalité de l'identification des personnes.

FABIEN CROMBEI
Il reste une trentaine de personnes, c'est ce que vous me disiez.

FREDERIC CUVILLIER
A cet instant, il n'y a pas de Français concernés, mais je ne peux pas dire qu'il n'y en aura pas dans la mesure où il reste trente-quatre identités à établir.

FABIEN CROMBE
Que savez-vous ce matin sur les circonstances de ce crash exactement ?

FREDERIC CUVILLIER
L'information qui se recoupe laisse à penser qu'il s'agit en effet d'un missile qui aurait atteint par erreur ou non – les enquêtes auront à le déterminer – ce vol de l'aviation civile, mais là encore nous sommes dans des investigations de la Défense des différents pays d'ailleurs, et avec une mobilisation à l'international puisque l'ONU a été très ferme. Le président de la République a été, dès les premiers instants, ferme sur la volonté de la France de participer à l'établissement de la vérité.

FABIEN CROMBE
Vous demandez aux compagnies françaises d'éviter la zone.

FREDERIC CUVILLIER
Oui, sur le champ. J'ai demandé à ce que l'espace aérien ukrainien ne soit pas survolé et soit contourné.

FABIEN CROMBE
Une dernière information là-dessus : si je prends un vol en France aujourd'hui, est-il possible que je survole quand même une zone de conflit ?

FREDERIC CUVILLIER
Cela peut arriver parce que la nature des conflits est différente et l'interdiction de survol d'espace aérien fait suite à des recommandations internationales ou européennes, ce qui n'était pas le cas de l'Ukraine. Mais prenons l'exemple de la Crimée, nous savons que la Crimée est une zone qui est contournée et qui n'est pas survolée. Nous n'avions pas d'informations permettant d'établir la présence d'armes sophistiquées permettant d'atteindre à une telle altitude un vol civil.

FABIEN CROMBE
Je sais que vous étiez hier à Denguin. En sait-on plus ? Quarante blessés, un TER qui percute un TGV, le TGV fonctionnait au ralenti à 30 kilomètres/heure, visiblement averti d'un problème grâce à la signalisation, le TER roulant trois fois plus vite. Sait-on s'il s'agit d'un problème de signalisation ? Le conducteur de TER n'était pas au courant de ce qu'il se passait devant lui.

FREDERIC CUVILLIER
Ce qui est établi, c'est la concomitance de cet accident qui est un accident extrêmement rare et très préoccupant, dans la mesure où il s'agit de trains qui se succédant ont été rattrapés. La collision est une collision qualifiée de rattrapage, ce qui est extrêmement rare sur les réseaux ferroviaires. Concomitance entre la présence d'un TGV à vitesse ralentie et d'un TER à vitesse normale, dans le même temps des interventions de maintenance ou de réparation sur un système de signalisation. Y a-t-il eu un lien de causalité entre les deux éléments ? a-t-il eu une défaillance technique ? Y a-t-il eu une défaillance humaine ou superposition de deux types de responsabilités ? Les enquêteurs que j'ai diligentés du Bureau Enquêtes Accidents seront en mesure de pouvoir l'établir.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 juillet 2014

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