Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFM TV" le 22 juillet 2014, sur les réponses du gouvernement aux violences lors de manifestations, sur la réforme territoriale et l'agroécologie. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFM TV" le 22 juillet 2014, sur les réponses du gouvernement aux violences lors de manifestations, sur la réforme territoriale et l'agroécologie.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, Malherbe Apolline (de).

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti :
APOLLINE DE MALHERBE
Merci d'être avec nous. Vous êtes ministre de l'Agriculture, porte-parole du gouvernement. Vous vous êtes laissés débordés par les manifestations ?

STEPHANE LE FOLL
Non ! Il y a eu une décision qui a été prise suite à des violences d'interdiction. Ces manifestants, pour ceux qui se sont exprimés, qui ont exprimé la haine qu'on a vue dans toutes les images aujourd'hui, voulaient de toute façon faire ces démonstrations insupportables et intolérables. C'est pourquoi une décision a été prise. D'autres manifestations se sont passées dans le calme. Chacun a le droit de manifester et d'exprimer ce qu'il ressent. C'est légitime et démocratique mais en même temps, on ne peut pas accepter ce qui s'est passé, ce qui a été cette expression de haine.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous dites : « On ne peut pas accepter » mais ça s'est passé.

STEPHANE LE FOLL
Ecoutez, oui ça s'est passé. Il y a déjà eu une manifestation.

APOLLINE DE MALHERBE
Il y a huit jours.

STEPHANE LE FOLL
Oui. Il y a eu des choses qui se sont passées, des violences qui ont existé. Je trouve qu'on confond ce qui est la cause avec ce qui est une conséquence. La cause c'est les violences, elles avaient déjà existé. Je n'ai pas entendu tous les commentaires que j'ai entendus après une interdiction et les violences. Ce qui est en cause, c'est la violence, c'est l'expression de la haine. C'est ça qui est en cause, ce n'est pas le reste.

APOLLINE DE MALHERBE
Bernard CAZENEUVE à ce même micro hier matin disait : « Tout est sous contrôle ». Mais est-ce que tout est sous contrôle quand il y a des jets de cocktails Molotov sur des synagogues ? quand il y a des magasins casher juifs qui sont incendiés ?

STEPHANE LE FOLL
Justement, vous voyez bien que la situation est grave, qu'elle nécessite que tous les moyens soient pris, que des décisions de fermeté soient prises.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais est-ce que vous n'auriez pas pu l'éviter ?

STEPHANE LE FOLL
Depuis combien de temps constate-t-on que dans des manifestations il y a des débordements ? J'ai connu d'ailleurs il n'y a pas si longtemps des manifestations avec des débordements. On est dans une société aujourd'hui où il y a une radicalité qui s'exprime et qui cherche jusqu'au bout à contester ce qui est le vivre ensemble et l'ordre de la République et il faut qu'on fasse respecter l'ordre de la République. C'est cette condition-là qui a été mise sur la table avec l'interdiction. Si les manifestants souhaitent manifester en organisant une manifestation qui répond aux questions posées en termes de sécurité et surtout de non expression de la haine, à ce moment-là les manifestations sont autorisées. C'est ça qui est en jeu, c'est ça qui est en cause.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais on ne voit pas très bien la différence entre les manifestations autorisées et pas autorisées. C'est-à-dire que soi-disant elles ne sont pas autorisées, mais elles ont lieu.

STEPHANE LE FOLL
Mais parce que des gens ont été au-delà de l'interdiction. Quand même, ils ont été au-delà !

APOLLINE DE MALHERBE
Vous vous êtes donc laissé dépasser.

STEPHANE LE FOLL
On s'est laissé dépasser par des gens qui, de toute façon, voulaient aller manifester alors qu'elle était interdite.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous n'avez pas réussi à les contenir, Stéphane LE FOLL.

STEPHANE LE FOLL
On les a contenus dans le sens où ces manifestants ont été contenus là où ils étaient mais on a interdit ces manifestations parce qu'on avait fait le constat de ce qui s'était passé précédemment. Je rappelle qu'il ne faut pas se tromper. Ceux qui font des commentaires sur : « Fallait-il autoriser ou interdire » sont ceux qui ne veulent pas faire de commentaires sur ce qui est dit, sur ce qui a été montré, sur les images qui ont été celles qu'on a vues.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous voulez dire qu'ils se trompent de cible.

STEPHANE LE FOLL
Bien entendu qu'ils se trompent de cible.

APOLLINE DE MALHERBE
Vous pensez notamment à une partie de la droite qui vous a reproché, mais pas toute.

STEPHANE LE FOLL
Pas toute.

APOLLINE DE MALHERBE
On sent la droite divisée là-dessus.

STEPHANE LE FOLL
Oui, on sent la droite divisée et je pense qu'il y en a qui ont eu une expression républicaine dans des moments où on sait que tout ça est fragile.

APOLLINE DE MALHERBE
François FILLON hier a, par exemple, apporté son soutien.

STEPHANE LE FOLL
Voilà, François FILLON, CIOTTI et d'autres. Je trouve que d'autres ont eu des comportements… J'ai vu monsieur JEGO qui confondait la province et Paris, comme si on avait interdit partout toutes les manifestations et qu'il y en avait qui se soient bien passées. Oui, il y a des manifestations qui se sont bien passées et tant mieux. Et, oui, il y a eu des problèmes à Paris et c'est pourquoi il y a eu des décisions. Oui, il y a des choses intolérables qui se sont passées à Sarcelles.

APOLLINE DE MALHERBE
Stéphane LE FOLL, les critiques ne viennent pas que de la droite, elles viennent aussi de la gauche. Le député socialiste Alexis BACHELAY vous traite de « liberticides ».

STEPHANE LE FOLL
Là, il faudrait que chacun – et je pense en particulier à un député – fasse attention dans la situation dans laquelle on est, face à des tensions aussi graves, face à des expressions telles que vous citez, j'aimerais bien que monsieur BACHELAY s'exprime d'abord sur ce qui s'est passé, sur ce qui a été dit par certains, plutôt que de refaire des commentaires. Personne ne peut envisager un seul instant une idée de liberticide ! Mais enfin, comment peut-on faire des commentaires pareils ? Je trouve ça parfaitement mais alors inadmissible de la part de ce député ! Il ne peut pas faire ça dans des moments où on est là pour faire respecter à la fois un ordre républicain et surtout un vivre ensemble. On ne peut pas utiliser ce type de mot.

APOLLINE DE MALHERBE
Stéphane LE FOLL, on se pose quand même la question de l'efficacité. Je repense à l'affaire Dieudonné. Ça a donné quoi ? A l'époque Manuel VALLS, qui était ministre de l'Intérieur, avait fait interdire ses spectacles ; aujourd'hui il recommence : les spectacles de Dieudonné sont en ce moment-même donnés dans son théâtre de la Main d'or avec la même violence, avec le même antisémitisme. Est-ce que vous ne vous trompez pas de méthode ?

STEPHANE LE FOLL
Mais quelle est la méthode dans ce genre de débat ? Quand vous avez des gens qui poussent et qui expriment une haine avec des spectacles ou dans le cadre de manifestations, quelle est la méthode ? C'est de rester ferme.

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, mais quelles sont les conséquences ?

STEPHANE LE FOLL
Mais quelles sont les conséquences de cette méthode ? Apolline de MALHERBE, vous vous rendez compte des conséquences justement !

APOLLINE DE MALHERBE
Si ces expressions continuent à se multiplier, ça vous échappe.

STEPHANE LE FOLL
Ce n'est pas que ça nous échappe, c'est que justement lorsqu'on interdit, on fait, et vous l'avez fait vous-même, le commentaire de dire : « Il ne fallait pas le faire » ou on laisse penser qu'il ne fallait pas le faire. Il faut le faire !

APOLLINE DE MALHERBE
Moi, je me pose la question à l'arrivée de ce qui se passe.

STEPHANE LE FOLL
A l'arrivée, il y a une société aujourd'hui où certains ont pris un angle qui veut remettre en cause l'équilibre de la République. Il faut répéter et en même temps agir avec fermeté et défendre les valeurs de la République, celles de la tolérance en particulier. C'est ça qui est insupportable dans certaines expressions, c'est d'oublier cette grande question de la tolérance qui a été exprimée d'ailleurs par tous les représentants des cultes en France. Eux, ils expriment la tolérance. Nous devons revenir à la tolérance.

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que c'est une question de religion ?

STEPHANE LE FOLL
Mais écoutez…

APOLLINE DE MALHERBE
Hier François HOLLANDE a reçu les représentants du culte, est-ce que, c'est une question, est-ce que c'est un problème qui relève de la religion ?

STEPHANE LE FOLL
Mais regardez ce qui se passe, qui a attaqué des synagogues ? Ça ne s'est pas passé comme ça, certains ont fait le choix d'attaquer des synagogues, donc on est bien dans un moment où il faut qu'on rappelle…

APOLLINE DE MALHERBE
Quand vous dites « qui », quelle est la réponse que vous, vous apportez ?

STEPHANE LE FOLL
Mais écoutez, dans les manifestants, des manifestants ont attaqué, ou ont souhaité attaquer des synagogues. Ce qui s'est passé à Sarcelles…

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que c'est deux communautés religieuses qui s'affrontent ?

STEPHANE LE FOLL
Ecoutez, je ne dis pas que c'est deux communautés, la preuve c'est que les responsables des communautés religieuses s'expriment pour l'apaisement. Donc on n'est pas là pour dire c'est des communautés religieuses. Moi je constate que les responsables des religions expriment, eux, la volonté de la tolérance, ce qui est le principe fondamental des religions. Et quand je vois d'ailleurs, je vous le dis au passage, ce qui se passe en Irak aujourd'hui par rapport aux chrétiens…

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, les chrétiens de Mossoul notamment.

STEPHANE LE FOLL
Oui…

APOLLINE DE MALHERBE
Qui sont rejetés, persécutés.

STEPHANE LE FOLL
Il faut attendre le 21ème siècle, alors que la présence des chrétiens dans le tout Proche-Orient et Moyen-Orient, elle date de 2000 ans, il faut attendre le 21ème siècle pour que des décisions aussi abjectes soient prises par ceux qui sont censés représenter aussi une religion du livre, les grandes religions monothéistes ? Enfin je veux dire, on est quand même face à un problème, et face à problème il faut réaffirmer les valeurs de la République, la laïcité, et en même temps…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous voyez un lien ?

STEPHANE LE FOLL
Je ne fais pas de lien, je constate, je constate qu'aujourd'hui ces tensions, on doit, par rapport aux religions, on doit être d'une fermeté totale, et la laïcité c'est la règle de la République, il faut qu'on l'applique.

APOLLINE DE MALHERBE
Revenons aux fauteurs de troubles. Qui sont-ils ? Est-ce que c'est des individus isolés ?

STEPHANE LE FOLL
Je n'en sais rien, je ne fais pas de commentaire. Attendez, là-dessus, je ne vais pas faire, moi, de commentaire ! Qui sont-ils ? Il y a des gens qui ont été arrêtés, qui ont été sanctionnés aujourd'hui, et donc moi je ne fais pas de commentaire. Ceux qui ont causé des troubles, alors qu'une manifestation était interdire, qui ont causé des dégâts, qui ont attaqué la police, qui se sont comportés comme on le sait, sont sanctionnés. Qui sont-ils ? Ce n'est pas ma… je ne fais pas de commentaire.

APOLLINE DE MALHERBE
Ces sanctions, pour l'heure, les premières sanctions, 18 interpellations, 3 peines de prison avec sursis, la plus lourde peine de prison avec sursis serait de 10 mois, ça paraît un peu décalé quand on voit que Claude BARTOLONE parle de « hordes acharnées », est-ce que vous estimez que les sanctions sont à la hauteur ?

STEPHANE LE FOLL
Alors là, deuxième grand principe, et ça il faut arrêter avec ça, les sanctions c'est la justice qui les décide, et moi je n'ai pas de commentaire à faire sur ce que décide la justice, elle applique la loi.

APOLLINE DE MALHERBE
Bruno LE MAIRE il dit « et s'il devait y avoir des ressortissants étrangers parmi ces fauteurs de troubles, qu'ils soient expulsés du territoire français. » Est-ce qu'il faudrait expulser les fauteurs de troubles étrangers ?

STEPHANE LE FOLL
Il y a des règles en France, on est en République, je le rappelle, et quelqu'un qui a un droit à être présent, est présent, ceux qui sont en situation irrégulière ont vocation à être renvoyés, a fortiori, en plus, s'ils ont manifesté.

APOLLINE DE MALHERBE
On est bien loin de la République apaisée que promettait François HOLLANDE ?

STEPHANE LE FOLL
On est dans une situation où les difficultés sont là et où il faut qu'on soit extrêmement vigilant à maintenir les grands principes de la République, à défendre ces principes, je le disais tout à l'heure, c'est vrai, et ça c'est une tâche qui incombe au président de la République, et il l'a montré en rencontrant, je le disais tout à l'heure, l'ensemble des représentants des cultes, c'est un élément majeur de cette capacité de notre pays à pouvoir se projeter dans l'avenir, apaiser les tensions. Mais je veux le dire quand même, on assiste quand même à des minorités, on n'est pas là sur l'expression d'une majorité, mais ces minorités agissant, et cette radicalité qui s'est exprimée, elle n'est pas acceptable.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais vous dites cette responsabilité incombe à François HOLLANDE, il avait effectivement promis une France apaisée, est-ce que vous estimez qu'aujourd'hui, au bout de 2 ans, ce n'est pas le cas ?

STEPHANE LE FOLL
Mais parce que… mais j'estime que, aujourd'hui je l'ai dit, crise économique, situation qu'on voit aujourd'hui avec cette crise en Palestine, conflit israélo-palestinien, qui dure depuis des années, où là on a vu des tensions. Il faut être là pour apaiser, il faut être là pour réaffirmer les principes, il faut être là pour agir, avec fermeté. C'est ce que nous faisons.

APOLLINE DE MALHERBE
De ce point de vue-là, est-ce que c'est un échec ?

STEPHANE LE FOLL
Il n'y a pas d'échec, on est dans des situations face à des actualités, parce que est-ce que…

APOLLINE DE MALHERBE
Mais c'est plus difficile que vous ne l'imaginiez, Stéphane LE FOLL. Est-ce que c'est plus difficile que ce que vous n'imaginiez ?

STEPHANE LE FOLL
Mais est-ce que quand on a été élus, Apolline de MALHERBE, est-ce que quand on a été élus était prévu la crise ?

APOLLINE DE MALHERBE
Mais rien n'est jamais prévu, Stéphane LE FOLL.

STEPHANE LE FOLL
Rien n'est jamais prévu, donc on doit faire face, donc on doit rester sur l'engagement qui était celui de François HOLLANDE, celui de faire en sorte qu'on respecte les règles de la République et qu'on ait une République qui soit apaisée, c'est ça. et on fait face en même temps à des situations qui sont plus graves – oui, on n'avait pas prévu ce qui s'est passé aujourd'hui, bien sûr ce n'était pas prévu, mais en même temps on a les principes, François HOLLANDE les a rappelés, et c'est ceux-là qu'on fera appliquer.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais pour vous ça ne vient que de l'extérieur ? Vous dites c'est ce conflit israélo-palestinien…

STEPHANE LE FOLL
Mais non ça ne vient pas de l'extérieur, mais ce n'est pas ça Apolline de MALHERBE.

APOLLINE DE MALHERBE
Ou est-ce que malgré tout ce n'est pas le terreau qu'on a laissé…

STEPHANE LE FOLL
Ce qu'on a laissé, je vous signale quand même qu'on est arrivé il y a à peine 2 ans, vous l'avez dit.

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, enfin, c'est déjà pas mal 2 ans quand même, Stéphane LE FOLL, non ?

STEPHANE LE FOLL
Oui, et en 2 ans on change la vie ? On change la totalité de la société ?

APOLLINE DE MALHERBE
Vous aviez promis « le changement c'est maintenant », non ?

STEPHANE LE FOLL
Oui, eh bien le changement est en cours, on ne peut pas juger comme ça, et surtout porter des jugements. Ça fait 2 ans, 2 ans avec une crise économique, 2 ans où il faut redresser un pays, 2 ans où en même temps il faut faire attention à ce qui se passe, dans l'actualité, 2 ans où il faut rappeler les grands principes, 2 ans où il faut investir dans l'éducation, 2 ans où il faut relancer l'investissement, 2 ans où il faut se remettre en ordre au niveau des comptes publics. Oui, tout ça c'est en cours. Oui, c'est plus difficile que ce qu'on avait prévu. Oui, il faut continuer à réaffirmer les objectifs, les enjeux, les projets. Voilà.

APOLLINE DE MALHERBE
Quand Martine AUBRY, l'ancienne chef du Parti socialiste, vous dit « il n'est peut-être pas trop tard pour réussir le quinquennat », elle sous-entend que ces 2 ans c'est 2 ans de perdu et qu'il faut s'y mettre maintenant ?

STEPHANE LE FOLL
Mais moi, Martine AUBRY, vous faites les commentaires que vous voulez, moi je n'ai pas de commentaire à faire sur ce qu'a dit Martine AUBRY, moi je sais qu'on est, depuis 2 ans, à l'oeuvre pour redresser un pays et lui redonner des perspectives et de l'espoir, c'est ça l'enjeu, en particulier sur les grandes questions comme celle du chômage.

APOLLINE DE MALHERBE
Et il y a un point sur lequel elle s'est exprimée en particulier, Martine AUBRY, c'est la réforme territoriale, qui sera notamment soumise au vote demain à l'Assemblée nationale. Elle dit que vous êtes en train de faire un Monopoly et de jouer à Sam City. Est-ce que vous êtes en train de faire un Monopoly avec les régions de France ?

STEPHANE LE FOLL
J'ai compris que Martine AUBRY n'était pas, enfin, ne souhaitait pas la fusion Nord-Pas-de-Calais/ Picardie. Je rappelle que cette décision a été prise dans le cadre d'un débat à l'Assemblée nationale, par les députés, sur la base d'une carte qui avait été proposée par le président de la République, qui n'avait pas fait ce choix. A partir de là…

APOLLINE DE MALHERBE
Cette carte a évolué.

STEPHANE LE FOLL
Cette carte a évolué, voilà. Il faut respecter le choix qui a été fait par les députés.

APOLLINE DE MALHERBE
Donc Martine AUBRY doit le respecter.

STEPHANE LE FOLL
Mais, elle va respecter… moi, je considère que ce qui a été décidé a été décidé par les députés, pour des raisons qui leur appartiennent et qui ont été faites de manière majoritaire. Après, je comprends, et je ne fais pas de commentaire.

APOLLINE DE MALHERBE
Florian PHILIPPOT, le vice-président du Front national, dit « notre victoire dans cette super région Nord-Pas-de-Calais/ Picardie est quasi assurée. »

STEPHANE LE FOLL
Oui…

APOLLINE DE MALHERBE
Est-ce que vous offrez une région sur un plateau au Front national ?

STEPHANE LE FOLL
Qui est Florian PHILIPPOT, Apolline de MALHERBE ?

APOLLINE DE MALHERBE
Le vice-président du Front national.

STEPHANE LE FOLL
D'accord, donc vous lui demandez s'il va gagner la région, qu'est-ce qu'il vous répond ? « Oui, il va la gagner. » Bon ! Eh bien on verra.

APOLLINE DE MALHERBE
Et c'est aussi ce qu'estiment un certain nombre de députés socialistes du Nord, qui disent que c'est justement une des raisons pour lesquelles il ne faut pas faire cette fusion.

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais justement, je pense que les socialistes, au lieu de penser déjà à la défaite et à la victoire du Front national, devraient s'organiser pour faire en sorte de le battre, voilà. C'est ça, aussi, faire de la politique. Ce n'est pas anticiper le pire, c'est d'essayer de faire en sorte qu'on ait le meilleur, c'est comme ça qu'on gagne.

APOLLINE DE MALHERBE
Un mot de l'environnement et de l'agriculture. Les algues vertes, le tribunal de Nantes a reconnu hier la responsabilité de l'Etat dans la mort d'un cheval pendant l'été 2009 en Bretagne, la responsabilité de l'Etat due aux algues vertes. Est-ce que désormais l'Etat va être tenu responsable des questions d'environnement ?

STEPHANE LE FOLL
Ça, ça date de 2009.

APOLLINE DE MALHERBE
Oui, mais c'est une décision importante ?

STEPHANE LE FOLL
Du tribunal, d'aujourd'hui. C'est une décision qui consiste à dire qu'il y a des règles qui s'appliquent sur des éléments techniques, mais qu'aujourd'hui, pour ce qui me concerne, après un vote hier soir au Sénat sur la loi…

APOLLINE DE MALHERBE
Vous avez effectivement fait passer cette nuit…

STEPHANE LE FOLL
Oui, une loi sur des objectifs…

APOLLINE DE MALHERBE
Votre loi d'avenir sur l'agriculture.

STEPHANE LE FOLL
Sur l'agro-écologie, sur l'idée qu'on change les modèles de production, qu'on change la manière dont, jusqu'ici, on a assuré le développement et la production agricole, et ça fait partie des grands enjeux pour changer justement les situations. Je constate simplement une chose, c'est que dans un certain nombre d'endroits, en Bretagne, ceux qui étaient les plus touchés, sur les zones d'excédents structurels, aujourd'hui on en est sorti, c'est-à-dire qu'il y a eu des efforts qui ont été faits et il faut accélérer ce processus, c'est ça l'enjeu. Alors, sur ce sujet, qui date, je le dis, de 2009, l'Etat a été rendu responsable parce qu'il y a des règles qui s'appliquent sur ce qu'on appelle des surfaces sur lesquelles on peut utiliser des lisiers, et qui ne soient pas respectées, c'est possible, c'est possible, mais je sais aussi que ces règles étaient tellement difficiles à appliquer qu'elles n'étaient pas toujours possibles pour être appliquées.

APOLLINE DE MALHERBE
A l'instant vous disiez que votre loi a été adoptée cette nuit au Sénat, vous travaillez souvent tard la nuit, la semaine dernière vous avez eu ce que vous avez appelé un coup de chaud, est-ce que vous allez mieux ?

STEPHANE LE FOLL
Oui, je vais mieux, en tout cas j'ai eu un petit rappel qui consiste à dire que, en politique comme ailleurs, il faut des fois penser à soi, voilà.

APOLLINE DE MALHERBE
Mais est-ce que ça veut dire qu'être ministre aujourd'hui c'est être sous une pression difficile à supporter ?

STEPHANE LE FOLL
Non, moi je ne veux pas faire de cas général à partir de mon cas, mais moi ça fait longtemps que je me suis engagé en politique, ça fait longtemps aussi qu'on est sur le pont… voilà, un petit souci à un moment, ça rappelle que de temps en temps on n'est pas des machines et qu'il faut…

APOLLINE DE MALHERBE
Eh bien merci de vous être, malgré tout, levé tôt ce matin, après avoir veillé tard hier soir.

STEPHANE LE FOLL
Il faut savoir s'écouter.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 juillet 2014

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