Interview de M. François Cuvillier, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à l'émission "Les 4 vérités" à France 2 le 25 juillet 2014, sur le crash de l'avion d'Air Algérie au Mali. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François Cuvillier, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à l'émission "Les 4 vérités" à France 2 le 25 juillet 2014, sur le crash de l'avion d'Air Algérie au Mali.

Personnalité, fonction : CUVILLIER Frédéric.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche

ti : GUILLAUME DARET
C'est l'information de la nuit, l'Elysée a annoncé un peu après 2 h 00 du matin que l'épave du vol AH 5017 avait retrouvée. Est-ce que vous pouvez nous dire dans quelles conditions cela s'est passé ?

FREDERIC CUVILLIER
Oui, cette nuit à 3 h 00 du matin, d'abord par une reconnaissance effectuée par un drone Reaper de l'armée de l'Air ; puis 2 compagnies héliportées qui se sont déplacées sur site, d'abord pour clairement identifier l'épave et pour mettre en oeuvre – ce qui est le cas – le déplacement d'une colonne d'une centaine de soldats de la force Barkhane et une trentaine de véhicules, pour sécuriser le site et pour…

GUILLAUME DARET
Ils ne sont pas encore arrivés !

FREDERIC CUVILLIER
Ils ne sont pas arrivés puisque nous sommes dans une zone qui est une zone difficile d'accès, marécageuse, avec des conditions météorologiques extrêmement dégradées.

GUILLAUME DARET
L'Elysée explique que l'épave serait – je cite – dans un état désintégré, qu'est-ce que ça signifie ? Est-ce que ça signifie que les débris sont dispersés ou est-ce qu'il y a au contraire un seul site d'impact ?

FREDERIC CUVILLIER
A priori, sous réserve de précisions puisque les conditions de découverte et surtout d'images, il fait nuit, il faisait nuit lorsque l'épave a été découverte, il semblerait que les débris soient concentrés, ce qui est très important pour la suite et notamment pour l'enquête qui sera diligentée. J'ai envoyé d'ailleurs le Bureau Enquêtes Accidents, des enquêteurs spécialisés, également la gendarmerie des transports aériens qui sont en partance pour rejoindre le site.

GUILLAUME DARET
Ça veut dire qu'on va retrouver plus facilement les boîtes noires ?

FREDERIC CUVILLIER
Ça veut dire que les boîtes noires seront facilement…, facilement retrouvées. C'est vrai que nous avons retrouvé cette épave moins de 24 h 00 après sa disparition, ce qui est décisif. Et par ailleurs, le fait de pouvoir identifier la zone permettra une enquête qui sera menée avec aussi des témoignages qui pourront être explicatifs.

GUILLAUME DARET
Quels sont les premiers témoignages justement que vous avez, est-ce qu'il y a des odeurs particulières, est-ce que vous avez déjà retrouvé des choses ?

FREDERIC CUVILLIER
Oui, il semblerait qu'il y ait une forte odeur de kérosène, ce qui là aussi peut donner des éléments sur les conditions dans lesquelles s'est écrasé l'avion.

GUILLAUME DARET
Justement quels sont les éléments que vous avez ? On évoque plusieurs hypothèses, ces premiers éléments…

FREDERIC CUVILLIER
Il faut être très prudent, d'abord nous écartons – nous l'avons fait dès les premiers instants – un tir qui serait un tir du sol pour atteindre un avion à une altitude, ce qui était hautement improbable et impossible. Pour le reste, c'est vrai que les conditions météorologiques sont extrêmement dégradées, nous avons également à reconstituer le parcours de cet équipage. La zone dans laquelle il a été retrouvé, la localisation au Sud de Gossi laisse à penser qu'il y a eu un changement de direction, cela avait été un des éléments indiqués des témoignages notamment radio. Pour le reste, problèmes techniques, problèmes météorologiques, peut-être éléments cumulatifs, nous aurons rapidement je pense – selon l'évolution de l'enquête – des éléments explicatifs.

GUILLAUME DARET
Pour l'instant, vous retenez plutôt l'hypothèse d'un avion qui se serait écrasé, c'est-à-dire qui serait tombé d'un seul bloc plutôt qu'une explosion en vol ?

FREDERIC CUVILLIER
C'est manifestement l'expression des témoignages et des premières images, des premières constatations qui ont été faites, plutôt une zone concentrée où l'avion se serait écrasé.

GUILLAUME DARET
Est-ce que ça veut dire…

FREDERIC CUVILLIER
Et qui pourrait laisser penser qu'il n'y aurait pas eu d'explosion en vol, mais une fois encore il faut être extrêmement prudent et ce sont les enquêteurs qui pourront nous déterminer ces circonstances.

GUILLAUME DARET
Est-ce que ça veut dire ce matin que la piste terroriste, de l'explosion d'une bombe est exclue ?

FREDERIC CUVILLIER
Il ne faut exclure aucune piste, mais là encore selon les circonstances, des témoignages, je le disais, l'odeur de kérosène, le positionnement des débris, ce sont autant d'indications qui permettront de donner… de privilégier une piste je pense rapidement.

GUILLAUME DARET
On est à un peu plus de 24 h 00 après la disparition de ce vol, est-ce qu'il y a encore des chances d'après les premiers éléments que vous avez de retrouver des survivants ou plus du tout ?

FREDERIC CUVILLIER
Compte tenu de l'état de l'avion, je pense qu'il n'y a pas de chance de retrouver de survivants. Mais les indications et les soldats qui se rendront sur place tout de suite sécuriseront le dispositif et l'ensemble de la zone. Mais compte tenu de l'état de l'avion, il est fort peu probable, voire exclu qu'il y ait des survivants.

GUILLAUME DARET
Quelle est la priorité aujourd'hui, quel va être le travail à la fois des enquêteurs, des militaires autour de cette épave ?

FREDERIC CUVILLIER
Sécurisation de l'espace et de la zone, relevés et préservation de tout ce qui peut être indices, accueil des enquêteurs et pour notre part, dès 9 h 00, le président de la République réunit une cellule de crise des principaux ministres concernés. Nous aurons aussi à organiser l'information, l'accueil, le suivi des familles des victimes.

GUILLAUME DARET
Justement on le disait, pour l'instant aucune piste n'est exclue, vous le disiez il y a quelques instants. Est-ce qu'en tant que ministre des Transports, vous pouvez nous dire s'il existe actuellement en France des menaces terroristes particulières sur le domaine des transports, aériens, ferroviaires ?

FREDERIC CUVILLIER
Le domaine des transports est toujours sous haute vigilance, et c'est une mobilisation de tous les instants par tous les opérateurs de transport quels qu'ils soient : aériens, terrestres. Ce qu'il faut malgré tout considérer, c'est que malgré la succession de ces drames extrêmement douloureux, le transport aérien reste le transport qui est le plus sûr. Pour autant, nous devons ne relâcher aucun effort et aucune attention car effectivement, les cibles peuvent être celles du transport aérien, des avions ou les modes de transport en général.

GUILLAUME DARET
Vous n'avez pas en ce moment d'informations particulières concernant des cibles aériennes…

FREDERIC CUVILLIER
Non !

GUILLAUME DARET
Des risques terroristes ?

FREDERIC CUVILLIER
Non mais c'est vrai que le contexte international nous amène à être toujours sur une mobilisation très forte et une vigilance extrême dans tous les domaines de transport. Et nous ne sacrifions la sécurité à aucun autre élément, c'est une exigence que nous devons apporter, garantir à nos concitoyens et à l'ensemble des passagers quel que soit le mode de transport.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 juillet 2014

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