Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "Europe 1" le 25 juillet 2014, sur le crash du vol AH5017 au Mali. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "Europe 1" le 25 juillet 2014, sur le crash du vol AH5017 au Mali.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, KARA Alexandre.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : ALEXANDRE KARA
Merci d'être avec nous ce matin sur Europe 1 alors que ce drame aérien terrible vient endeuiller la France toute entière. Alors Stéphane LE FOLL, l'épave du vol AH 5017 a été retrouvée cette nuit par les militaires français. Est-on sûr, à l'heure qu'il est, qu'il n'y a aucun survivant ?

STEPHANE LE FOLL
Ecoutez, vous me posez une question à laquelle je ne répondrai pas parce que je n'ai pas d'information. Ce que l'on sait, et vous l'avez rappelé, c'est que cette épave a été localisée, repérée, des hélicoptères ont été dépêchés dans la nuit et des troupes au sol vont arriver pour sécuriser l'ensemble du lieu. Voilà ce que je peux vous dire. Je suis d'une prudence qui est absolument nécessaire ; je ne sais pas, tout ce que je sais c'est que d'après les informations qui ont été données d'ailleurs par l'Elysée cette nuit, cette épave, enfin cette épave, cet avion, s'est écrasé et que donc il est dans un état assez… ce qu'on peut imaginer. Donc je ne peux pas répondre à cette question.

ALEXANDRE KARA
A l'heure qu'il est les militaires français sont déjà sur place. Est-ce qu'ils ont sécurisé la zone, est-ce que l'enquête a commencé ?

STEPHANE LE FOLL
Sécurisation de la zone, ils sont sur place, donc on considère qu'à partir de là il faut qu'ils la délimitent, et elle sera sécurisée. Tout est mis en oeuvre aussi vite et rapidement que possible. Repérer le lieu où l'avion s'est écrasé, à partir de là dépêcher dans la nuit les premiers hommes avec des hélicoptères ; deuxièmement, engager tout de suite, avec la force Barkhane, des hommes sur le terrain pour sécuriser la zone. Tout est mis en oeuvre. Et ensuite, poursuivre et commencer l'enquête, puisque c'est ça qui va être aussi l'objet de toutes les attentions, là maintenant, avec la recherche comme toujours des fameuses boîtes noires, on aura là la séquence logique la plus rapide possible pour être le plus au clair par rapport aux familles, par rapport à ce qui s'est passé.

ALEXANDRE KARA
Vous venez d'évoquer les boîtes noires, pour l'instant on ne les a toujours pas retrouvées ?

STEPHANE LE FOLL
Non, je n'ai pas d'information sur ce sujet, mais je sais que dans les principes qui sont courts, eh bien ça fait partie des enjeux aussi pour savoir ce qui s'est passé, et en même temps que la sécurisation de la zone c'est aussi pour éviter que sur cette zone quelques éléments puissent venir perturber l'enquête future et surtout préserver l'ensemble de ce qui est le résultat de cet avion qui s'est écrasé.

ALEXANDRE KARA
Le communiqué de cette nuit, de l'Elysée, parle, à propos de l'avion, d'un état désintégré. Qu'est-ce que ça veut dire un état désintégré ?

STEPHANE LE FOLL
Vous savez, Monsieur KARA, moi je ne vais pas… vous imaginez, on l'a vu d'ailleurs, il y en a eu d'autres, malheureusement, depuis quelques jours, accidents d'avions, vous voyez, donc on ne va pas commencer, de manière exhaustive, à faire de commentaire sur le mot…

ALEXANDRE KARA
Non, mais on sait très bien que c'est très important pour la suite de l'enquête.

STEPHANE LE FOLL
Oui, eh bien, il y a une enquête qui est en cours, donc il faut qu'on se donne un tout petit peu de temps et qu'on arrête d'accélérer les réponses, voilà. Il faut qu'on regarde tout ça avec ce que l'on doit, en particulier à toutes les familles qui aujourd'hui, voilà, sont dans l'angoisse, et je pense à elles. Et je pense aussi, en même temps, que ça s'est succédé avec l'accident, vous l'évoquiez ce matin, aussi de l'autobus. Donc moi je pense à toutes ces familles, tous ces gens, tous ces parents, qui sont dans la souffrance, et il faut qu'on soit, à la fois efficace, parce qu'on doit la transparence, on doit la rapidité, on doit à toutes ces familles, en même temps, surtout de la solidarité et du soutien.

ALEXANDRE KARA
Justement, pour les familles, qu'est-ce que le gouvernement envisage ? On a entendu ce matin le témoignage poignant d'une femme, sur l'antenne d'EUROPE 1, qui disait que justement elle n'avait été tenue au courant de rien hier.

STEPHANE LE FOLL
Vous savez, je mesure, je le dis, le désarroi qui doit être celui de ceux qui attendaient des proches, et en même temps la nécessité qu'il y a de tout vérifier. Quand on apprend cet accident il faut se donner les moyens, c'est ce qui a été fait tout de suite, de pouvoir retrouver, de remonter l'ensemble des listes et des listings, de ne pas faire d'erreur, parce qu'il n'y aurait rien de pire, et donc on peut comprendre qu'il y a un moment où il y a un certain temps qui était nécessaire. Il faut tout faire pour le réduire, il faut tout faire pour apporter le soutien aux familles, c'est l'objectif qu'on se fixe. Il y a une cellule au Quai d'Orsay, tout ça est mis en oeuvre pour apporter le réconfort, le maximum, dans ces moments de douleur extrême.

ALEXANDRE KARA
Alors, Frédéric CUVILLIER, votre collègue au gouvernement, le secrétaire d'Etat aux Transports, vient de dire sur FRANCE 2, chez nos confrères de FRANCE 2, qu'il y avait extrêmement peu de chance, même aucune chance, de retrouver des survivants.

STEPHANE LE FOLL
Je disais que je ne voulais pas faire de commentaire anticipé, parce que vous vous rendez compte de ce que ça a comme charge émotionnelle derrière, donc je ne le dis pas, et je ne ferai pas d'autre commentaire. Frédéric CUVILLIER a plus d'informations, puisque lui il est directement concerné par, en tant que ministre des Transports, peut-être… mais moi je n'ose pas faire ça, parce que je vois et je mesure ce que ça aurait comme conséquences. Donc je ne sais pas. Moi je ne sais pas.

ALEXANDRE KARA
Stéphane LE FOLL, vous êtes porte-parole du gouvernement, vous venez parler d'accident, ça veut dire qu'aujourd'hui la piste privilégiée, l'hypothèse privilégiée, c'est l'accident ?

STEPHANE LE FOLL
Non, je fais le constat qu'il y a eu un avion qui s'est écrasé, et je vous l'ai dit tout à l'heure, maintenant il faut qu'on sache ce qui s'est passé, et là encore, je n'ai pas à anticiper. Laurent FABIUS l'a dit, les hypothèses elles sont malheureusement ouvertes, à la fois sur l'accident, puisqu'on sait, paraît-il, qu'il y a eu un message des pilotes qui disait qu'ils étaient obligés de changer de trajectoire pour des raisons liées à des raisons climatiques, un orage, donc ça on sait. Après, je ne sais pas, et c'est l'enquête qui le dira, mais il faut rester extrêmement prudent parce que, voilà, je dirai comme Laurent FABIUS, on ne peut pas, à l'heure où on parle, remettre, ou faire un choix sur les hypothèses, donc il faut se donner un peu de temps pour y voir plus clair.

ALEXANDRE KARA
Bien sûr, vous avez raison, il faut rester prudent, néanmoins il faut avoir aussi des débuts d'explication, ou au moins des hypothèses. Bernard CHABERT, lui, notre spécialiste aéronautique, nous dit aujourd'hui que l'explication météo est insuffisante.

STEPHANE LE FOLL
Oui, mais… il y a tellement de spécialistes, d'experts, qui s'expriment à chaque fois qu'il y a, comme ça, un événement tragique, ils ont des raisons de le faire, sûrement, mais moi, n'étant pas expert, et ne voulant pas ouvrir des pistes à un moment où nous n'avons pas, je n'ai pas, d'information sur le sujet, je ne suis pas un expert, donc je ne suis pas là pour faire des commentaires, je suis là pour donner une parole qui soit la plus factuelle possible, la plus claire possible, et qui s'adresse surtout à ceux qui souffrent aujourd'hui.

ALEXANDRE KARA
Par exemple, l'hypothèse d'un tir de missile semble exclue désormais ?

STEPHANE LE FOLL
(Ricanement) – je ne répondrai pas, je ne sais pas. vous avez vu que sur un autre événement, malheureusement, il y a peu de temps, l'hypothèse du missile a été très vite identifiée, et même indiquée par un certain nombre de voix officielles, aujourd'hui il n'y a pas, et je ne donnerai pas, d'autres informations, que celles qui ont été données, qui consistent à rappeler qu'on a localisé le lieu de l'accident, enfin du crash, parce qu'il faut parler comme ça, je dis accident, mais du lieu où l'avion s'est écrasé, qu'il y a eu, dans la nuit, des éléments qui ont été dépêchés, et que ce matin des militaires au sol sont en train de sécuriser la zone.

ALEXANDRE KARA
Une réunion de crise va se tenir ce matin à l'Elysée, que va-t-il être décidé et est-ce qu'on peut envisager, comme ça a été le cas aux Pays-Bas, un deuil national ?

STEPHANE LE FOLL
Alors, cette réunion crise, qu'est-ce qui va se passer : les ministres qui sont concernés, qui ont directement l'information, la Défense, les Affaires étrangères, le ministère des Transports, vont faire, au président de la République, avec le Premier ministre, le point. C'est-à-dire que là, ces réunions, sont l'occasion d'échanger et de mettre tout le monde à niveau, et de coordonner l'action. A partir de là, des décisions seront prises, par le président de la République, ou pas, en fonction de ce que va être la discussion et l'ensemble de la mise à niveau des informations. Moi je ne peux pas vous dire quelles seront les décisions qui seront prises, mais voilà le principe de ces réunions. Elles sont importantes parce que c'est un moment où…

ALEXANDRE KARA
L'hypothèse d'un deuil national ?

STEPHANE LE FOLL
Je ne peux pas, alors là, m'engager sur ce sujet.

ALEXANDRE KARA
Le gouvernement a décidé d'envoyer Fleur PELLERIN sur place. Est-ce que ce n'est pas un peu sous-dimensionné par rapport au drame que vit le pays, a priori, probablement, il y a 51 victimes françaises, est-ce que ce n'est pas, par exemple, au ministre des Affaires étrangères, Laurent FABIUS, de se rendre sur place ?

STEPHANE LE FOLL
Je crois que là vous faites une complète erreur. Ici, en France, il y a la nécessité, je l'ai dit, d'être présent pour apporter toutes les informations, coordonner l'ensemble du dispositif, être parfaitement en mesure d'apporter la solidarité à toutes les familles. Il y a aussi, je le dis, énormément de sujets d'actualité aujourd'hui, et il y a nécessité d'être présent sur place, et un ministre, et Fleur PELLERIN est ministre de ce gouvernement, a été dépêchée dès hier, à 17H00, 17H00 ou 18H00, elle est partie, elle est arrivée dans la nuit pour assurer la présence du gouvernement et coordonner sur place, prendre les contacts avec les autorités au niveau local, et puis coordonner avec les militaires, et ici, l'ensemble des opérations. Et puis être, je le dis, c'est ça la priorité, être aux côtés des familles. Voilà.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 juillet 2014

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