Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, sur les réalisations et enjeux de la "diplomatie territoriale" des Outre-mer et le bilan de l'action du gouvernement en faveur du renforcement de l'attractivité des Outre-mer, à Paris le 27 août 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme George Pau-Langevin, ministre des outre-mer, sur les réalisations et enjeux de la "diplomatie territoriale" des Outre-mer et le bilan de l'action du gouvernement en faveur du renforcement de l'attractivité des Outre-mer, à Paris le 27 août 2014.

Personnalité, fonction : PAU-LANGEVIN George.

FRANCE. Ministre des outre-mer

Circonstances : Dîner des Trois Océans à l'hôtel de Montmorin, à l'occasion de la 22ème conférence des ambassadeurs, à Paris le 27 août 2014

ti : Madame la Ministre,
Mesdames et messieurs les directeurs géographiques du Ministère des Affaires étrangères,
Mesdames et messieurs les Ambassadeurs,
Madame et messieurs les Préfets,
Monsieur le Haut-Commissaire,
Madame la directrice de l'AFD,
Madame la présidente de l'audiovisuel extérieur de la France
Mesdames, messieurs,


C'est pour moi un grand plaisir de vous accueillir ici, à l'Hôtel de Montmorin, à l'occasion de cette 22ème Conférence des ambassadeurs, pour ce désormais traditionnel dîner des Trois Océans.

Je me réjouis de perpétuer ce rendez-vous. Il donne aux ambassadeurs l'occasion de rencontrer les élus et les préfets des Outre-mer, et leur offre l'opportunité d'échanger ensemble sur les problématiques qu'ils partagent.

Nous connaissons tous les enjeux de la diplomatie territoriale pour nos territoires. En tant qu'ambassadeurs de pays limitrophes, vous êtes amenés, toujours plus fréquemment, à défendre non seulement la position de la France, mais aussi les intérêts particuliers des Outre-mer. Concilier les intérêts du pays avec ceux de nos territoires peut s'avérer être un exercice délicat. J'en ai pleinement conscience. Mais, grâce à l'expertise des directions géographiques du Quai d'Orsay, nous parvenons à toujours à trouver un consensus adapté et une solution équilibrée.

[1. Bilan 2014 de la diplomatie « traditionnelle »]

Je tiens à vous remercier pour les efforts que vous déployez. Vous êtes là pour rappeler régulièrement la souveraineté de la France sur certaines îles, pour dénoncer le pillage de nos ressources halieutiques ou pour vous opposer à la contestation de notre zone économique exclusive (ZEE). Sur ces sujets, je veux saluer tout particulièrement la réactivité des services du Quai d'Orsay, avec lesquels la Direction générale des Outre-mer entretient d'excellentes relations de travail et de confiance.

Cette année encore, nous pouvons être fiers des avancées réalisées.

• Dans le domaine institutionnel tout d'abord l'insertion des Outre-mer dans leur environnement régional est désormais un processus solidement enclenché.

L'adhésion de la Guadeloupe et de la Martinique – en leur nom propre - à l'Association des Etats de la Caraïbe (AEC), lors du sommet de Mérida au Mexique, en témoigne.

La participation renforcée des outre-mer aux instances régionales, à des projets conjoints de coopération, attestent de l'insertion grandissante des Outre-mer dans leur environnement. Cette aspiration de la France est devenue une réalité.

• Dans le domaine de la santé et de la prévention des risques naturels et sanitaires ensuite, deux projets significatifs ont vu le jour ces dernières années : le centre de recherche et de veille sur les maladies émergentes dans l'océan indien (CRVOI) en 2007 et l'observatoire inter-caribéen du VIH en 2012. Ces projets permettront la promotion des partenariats avec les pays des différentes zones et le développement d'approches globales et adaptées.

En 2014, nous avons continué à oeuvrer en matière de coopération hospitalière avec nos pays voisins. Nous avons conclu un partenariat avec les Pays-Bas pour que les habitants de îles Saba et Saint-Eustache puissent bénéficier de soins de qualité dans les établissements français de la Caraïbe. Nous réfléchissons maintenant à aller plus loin afin de permettre aux moyens de transports sanitaires héliportés de la sécurité civile d'intervenir dans ces îles en cas d'urgence vitale. Et, dans le même esprit, nous souhaitons voir aboutir rapidement un partenariat entre la Martinique et Sainte-Lucie afin d'encadrer la prise en charge des ressortissants qui viennent se faire soigner dans les établissements hospitaliers français.

Si ces initiatives de coopération institutionnelle sont incontestablement prometteuses, elles n'auront de sens que si elles participent à une plus grande insertion économique de nos outre-mer dans leur zone géographique. Les représentants des collectivités ultramarines affectés au sein du réseau diplomatique doivent servir, dans leur pays d'affectation, de relais stratégiques pour promouvoir les intérêts de nos collectivités.

[2. Favoriser l'insertion économique des outre-mer dans leur environnement]

Vous le savez : la « diplomatie économique » constitue l'un des axes forts de la politique du Gouvernement. Un axe autour duquel le Ministre des Affaires étrangères et du développement, Laurent Fabius, est particulièrement mobilisé.

Les Outre-mer entendent s'inscrire dans ce mouvement. Je suis en effet persuadée que les opportunités offertes par les Outre-mer en matière de développement économique méritent d'être davantage mises en exergue dans les relations que nous entretenons avec les Etats voisins.

De nouvelles initiatives sont à promouvoir.

• Les investisseurs étrangers ignorent encore trop souvent le potentiel économique et stratégique des territoires ultramarins. Nos départements et nos collectivités d'outre-mer s'illustrent dans des domaines tels que l'écotourisme, la culture, la santé et plus particulièrement la télé-médecine, la géothermie, les biotechnologies marines ou encore les nouvelles énergies.

Ainsi, dès 2006, la Polynésie française a été la première collectivité française à mettre en place des systèmes SWAC (Sea Water Air Conditionning). Cette technologie permet d'installer des systèmes d'air conditionné plus économes et respectueux de l'environnement, alimentés par les eaux profondes de l'océan. Elle est désormais présente au sein d'un grand complexe hôtelier tahitien, mais aussi au sein de l'hôpital de Taone. Nés dans le Pacifique, les systèmes SWAC s'implanteront seront sans doute bientôt amenés amener à s'implanter en Martinique et à La Réunion où des expérimentations sont en cours. Dans les pays où vous représentez la France, ces technologies peuvent être utiles pour faciliter la vie quotidienne des populations. Il faut inciter les investisseurs à venir découvrir ces technologies innovantes dans nos territoires en rappelant que ces projets sont l'illustration d'un savoir-faire « made in France », tout aussi exemplaire que celui de l'Hexagone.

• Ne craignons pas de répéter que les Outre-mer constituent aussi des foyers d'expérimentation, qu'ils regorgent d'entreprises dynamiques, innovantes et performantes. Ces entreprises peuvent offrir des perspectives de développement dans leurs zones. Mais, surtout, nous devons affirmer que ces entreprises oeuvrent pour une meilleure gestion éco-responsable des ressources locales.

Pour preuve, en 2011, quatre pôles d'innovations lauréats de la sélection nationale des « grappes d'entreprises » étaient implantés outre-mer : un « cluster » en Nouvelle-Calédonie, deux en Martinique et un en Guyane.

Dans ce dernier territoire, la « grappe » ORkidé rassemble 48 membres, dont 33 TPE, 12 PME, deux organismes de recherche et de formation (le BRGM et l'UAG), ainsi que la Chambre de commerce et d'industrie de Guyane. Tous ces acteurs ont des activités en lien avec la filière minière de Guyane. Depuis trois ans maintenant, ORkidé a mis en place de nombreuses actions concrètes en termes de recherche et de développement, de préservation de l'environnement et de formation professionnelle. Cette filière est riche de potentiels pour la Guyane.

• De même, certains de nos territoires font aujourd'hui figure de pionniers dans la valorisation des déchets agricoles, tels que la bagasse ou encore les troncs de bananiers, ou les micro-algues qu'une entreprise réunionnaise - Bioalgostral Océan Indien – utilise dans un processus de recherche et de développement pour produire du biocarburant. Cette technologie innovante a été développée en partenariat avec la société allemande IGV, leader mondial dans ce domaine. Pour l'heure en phase de pré-industrialisation, elle pourrait permettre à La Réunion d'accéder à son indépendance énergétique d'ici 2030.

L'attractivité, l'intégration et le redressement économique de nos territoires demeurent une priorité. Nous ne parviendrons pas à tenir ce pari sans votre soutien, sans votre appuie et sans votre détermination. Il nous revient de donner, ensemble, aux Outre-mer, la place qu'ils méritent sur la scène internationale.

[3. Bilan de l'action du Gouvernement en faveur des outre-mer]

Cette dynamique que nous appelons de nos voeux, le Gouvernement l'a faite sienne. De manière résolue, le Gouvernement a élaboré une stratégie pour renforcer l'attractivité des Outre-mer.

• Parmi les mesures que nous avons prises, la modernisation et l'alignement du statut des ports des DOM sur celui des ports hexagonaux depuis janvier 2013, a permis leur adaptation aux nouveaux enjeux du transport maritime mondial.

• Mais on ne peut être attractif sans assouplir les conditions d'entrée de certains publics. Dans les outre-mer, où le tourisme est un secteur économique important, les dispenses de visas d'entrée pour les courts séjours de ressortissants chinois, indiens ou encore sud-africains sont bénéfiques. Des mesures de facilitation peuvent aussi être accordées à des étrangers, même s'ils proviennent d'Etats pour lesquels le visa reste obligatoire. Il s'agit essentiellement de personnes dont l'activité professionnelle présente un intérêt notable pour le développement des relations entre les outre-mer et leurs partenaires, tels que les hommes d'affaires, les universitaires, les scientifiques chercheurs ou encore les professeurs de français.

• Je crois aussi sincèrement que l'attractivité repose sur la promotion des offres de formation et de recherche outre-mer. En effet, la coopération universitaire et la mobilité étudiante dans nos territoires participent au rayonnement de la France sur la scène internationale. Vous pouvez rappeler à vos interlocuteurs que nous bénéficions d'un réseau de quatre établissements d'enseignement supérieur et de recherche qui répondent aux standards de qualité français et européens. Ces pôles universitaires ont intensifié leur ouverture internationale grâce à la diversification de leur offre de formation, la signature d'accords de partenariats et la mise en place de programmes d'échange avec de nombreuses universités étrangères.

C'est dans cette même perspective que nous avons allégés la procédure de dépôt et d'instruction des demandes de visas long séjour pour les étudiants.


Les Outre-mer permettent à la France de rayonner partout à travers le monde et de porter sa présence et son influence sur l'ensemble de la scène internationale. Les Outre-mer sont un atout majeur et une richesse décisive pour notre pays. Grâce à ces territoires, la France possède la seconde plus grande zone économique mondiale, plus des trois quart de sa biodiversité nationale, un potentiel économique et stratégique considérable – je pense aux nodules polymétalliques de la Polynésie et de Wallis, à l'aquaculture de Mayotte, à la pêche de Saint-Pierre et Miquelon, au pétrole et à l'or de la Guyane, au tourisme vert de la Martinique, aux nouvelles énergies de La Réunion, à la géothermie de la Guadeloupe, etc.

Vous l'aurez compris, je suis aujourd'hui convaincue que les Outre-mer sont des pôles d'excellence qui doivent être valorisés pour attirer les entrepreneurs et les investisseurs étrangers. Nous ne manquons ni de capacités d'innovation technologique, ni d'entreprises performantes et compétitives, ni d'une ingénierie « à la française ». Nos Outre-mer ne manquent ni de compétences, ni de savoir-faire, ni de potentiels. Mais il nous faut désormais nous unir pour mieux les faire connaître. Le rayonnement économique des Outre-mer ne peut que bénéficier à la France. Les Outre-mer ont besoin de vous pour relever les défis qui l'attendent.


Source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 12 septembre 2014

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