Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les défis et priorités de la politique étrangère de la France, à New York le 26 septembre 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur les défis et priorités de la politique étrangère de la France, à New York le 26 septembre 2014.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Déplacement à New York pour la semaine ministérielle de l’assemblée générale des Nations unies, du 21 au 26 septembre 2014

ti :
Mesdames et Messieurs,


Dans un instant je répondrai à vos questions s'il y en a, mais de la même façon que je vous avais vus au début de la semaine pour tracer le programme, donner un certain nombre d'indications et répondre à vos questions, je pensais qu'il serait utile de vous voir non pas exactement à la fin de mon séjour - puisque je partirai samedi soir, et demain nous avons encore des entretiens bilatéraux et une réunion notamment sur le Mali - je pense donc que c'est une bonne chose de faire un point, alors que s'approche la clôture de la semaine ministérielle de l'Assemblée générale des Nations unies.

Si j'avais à définir le contexte de cette semaine et de cette Assemblée générale, je dirais « violences », « multicrises », et « lueurs d'espoir ». Evidemment, cette semaine de l'Assemblée générale des Nations unies a été dominée en ce qui nous concerne par l'assassinat abominable de notre compatriote Hervé Gourdel. Cette exécution, particulièrement atroce, a suscité beaucoup d'émotion, en France évidemment, mais aussi à travers le monde et je veux dire le nombre impressionnant de témoignages de sympathie que j'ai reçus de la part de représentants de pays du monde entier, et je les en remercie. Chacun d'entre nous pense à la famille d'Hervé Gourdel, à ses proches, qui font preuve d'une dignité absolument extraordinaire, et je leur exprime évidemment tout mon soutien. Je salue d'ici l'esprit d'unité qui a prévalu et qui prévaut en France. Je pense que par rapport à ces évènements épouvantables, le rassemblement, l'unité, la détermination sont notre force, et la meilleure réponse qu'on peut apporter à ceux que j'avais appelés, par prémonition, « les égorgeurs ».

Le Président de la République et le Premier Ministre l'ont dit d'une façon extrêmement nette, la France ne cède pas devant les menaces, la France refuse tout chantage, la France agit selon ses principes et selon ses objectifs qui sont la paix, la sécurité et la liberté, et elle ne tremble pas quand elle doit à la fois se défendre et soutenir ses alliés. C'est donc évidemment l'évènement qui a dominé, en ce qui nous concerne, toute cette semaine.

Cela nous amène à l'Irak et à la Syrie, où la France assume ses responsabilités. Ce qui est en jeu c'est à la fois la stabilité et la sécurité d'une région stratégique, et en même temps notre sécurité puisque nous sommes tous menacés par ces groupes terroristes. Ce qui est en jeu aussi c'est le sort de millions de personnes, les réfugiés, les minorités, qui sont la cible des terroristes. En Irak, comme vous le savez, nous avons reçu une demande directe du gouvernement - du nouveau gouvernement, et en réponse à cette demande nous avons fourni un certain nombre d'équipements militaires, de l'aide humanitaire et un appui aérien. Encore hier, il y a eu un certain nombre d'opérations aériennes, nos avions survolent la zone et peuvent soit par des opérations anticipées les déclencher, soit procéder à des opérations qu'on appelle « opérations d'opportunité », c'est-à-dire que lorsqu'une patrouille se déploie, si elle constate qu'un site peut et doit être attaqué, elle le fait.

En Syrie nous soutenons l'opposition modérée, nous avons rencontré à deux reprises son Président. L'opposition modérée doit combattre sur deux fronts, à la fois les terroristes et contre la dictature de Bachar el-Assad. Qu'il s'agisse de la Syrie ou d'une autre façon qu'il s'agisse de l'Irak, la priorité est évidemment de faire avancer la solution politique. En Syrie, on le comprend bien, elle est en place, en Irak elle demande à être confirmée, dans le cadre d'un gouvernement et d'une pratique inclusive, parce que nous sommes absolument convaincus qu'il n'y a pas de solution durable sans le rétablissement d'un Etat solide et inclusif qui soit capable d'assurer lui-même la sécurité sur son territoire, et d'unir tous les citoyens autour de cet objectif. Bien évidemment, si on veut éliminer les terroristes, il faut des soldats sur le terrain, mais ces soldats ne viendront pas de l'extérieur, ils seront Irakiens en Irak, Syriens en Syrie. Tout cela donc prendra du temps. Cela a été dit par beaucoup de responsables et je le confirme, nous sommes engagés dans des actions qui vont prendre du temps. C'est ce que nous apprend l'expérience, et l'essentiel n'est pas simplement l'intervention à chaud qu'il faut faire, c'est le suivi. Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, la France est à l'initiative, en lien avec ses partenaires et ses alliés.

Sur cette question de l'Irak et de la Syrie, l'Assemblée générale des Nations unies a permis à la communauté internationale de manifester une très large unité de vue dans la lutte contre le terrorisme, au-delà des clivages qu'on connait bien. Et c'est vraiment la solidarité des nations unies face à la terreur. La preuve la plus éclatante est l'adoption à l'unanimité - ce qui arrive rarement - sous le chapitre 7, de la résolution du Conseil de sécurité sur les combattants étrangers, ce qui apporte une base juridique contraignante pour la lutte contre les filières djihadistes, contre les financements, contre les réseaux et les sites internet qui diffusent la haine et l'extrémisme. Sur tous ces points, vous savez que la France a déjà rehaussé son dispositif législatif national.

En ce qui concerne cette région, d'autres crises ont fait l'objet de beaucoup de discussions et parfois d'avancées. Je pense notamment à la Libye, à laquelle nous avons consacré deux réunions. J'ai eu l'occasion de dire que là-bas, il y avait à faire face non pas à un seul défi, qui est la réconciliation nationale, mais à deux défis : la réconciliation nationale qui est indispensable, et de ce point de vue-là nous approuvons totalement les propositions faites par le nouvel envoyé spécial de BAN Ki-moon qui s'appelle Bernardino León, et qui doit réunir les parties dès le 29 septembre, pour une première session de dialogue inclusif. Si l'on veut que la Libye retrouve un fonctionnement normal, il faut, à partir de la légitimité qui s'est dégagée des urnes, qu'un dialogue s'établisse, et c'est la tâche et la proposition de M. Bernardino León. Mais il demeure qu'il y a, en plus de ces difficultés qui sont lourdes, des groupes terroristes qu'il faut là aussi neutraliser. J'ai appelé le Conseil de sécurité à sanctionner le groupe Ansar al-Sharia, au titre des sanctions qu'on appelle dans notre langage les sanctions Al-Qaida, et par ailleurs, il y a toute une stratégie à concevoir puis à déployer, pour neutraliser ces groupes terroristes pour endiguer la menace aux frontières de la Libye, et pour renforcer la capacité des Etats limitrophes - je pense à l'Algérie, je pense à l'Egypte, je pense à la Tunisie - à contrôler leurs frontières.

Le conflit israélo-palestinien n'a pas été absent bien-sûr de cette session, mais au moment où je m'exprime, on peut dire et je pense que vous faites le même constat, qu'il a été moins présent, peut-être, que certains pouvaient l'imaginer. Il y a eu des rencontres entre le Fatah et le Hamas, mais sur la question directement des relations entre Israël et la Palestine, même si le cessez-le-feu est toujours heureusement en vigueur, pour le moment les choses n'ont pas avancé. Vous savez qu'il y a une réunion qui est prévue le 12 octobre au Caire, à l'initiative en particulier de l'Egypte et de la Norvège. Nous allons voir comment cette réunion, qui est prévue pour la reconstruction de Gaza, peut se dérouler ; mais il est évident que la priorité aujourd'hui, c'est de trouver le prolongement du cessez-le-feu et l'amorce de solution sur le fond. Mais à cet égard, force est de constater que les choses n'ont pas beaucoup avanc au cours de cette Assemblée générale.

Sur l'Iran, nous avons rencontré avec le Président de la République le Président Rouhani, le Ministre des Affaires étrangères M. Zarif, mais il y a eu d'autres contacts ; il y a également les conversations qu'a Mme Ashton en notre nom avec les Iraniens. Mais au moment où je m'exprime il n'y a pas eu d'avancées significatives. D'ailleurs nous devions avoir une réunion ce matin avec les 5+1 et de l'autre côté les Iraniens, mais faute d'avancées, cette réunion a dû être déprogrammée. Nous devons de toutes les manières nous retrouver rapidement, puisque le butoir dans le temps, je le rappelle, est au 24 novembre, simplement nous regrettons qu'il n'y' ait pas eu d'avancée parce que ce dossier est un de ceux aussi qui déterminent la sécurité, non seulement dans cette région, mais beaucoup plus largement.

De la même façon, vous avez noté comme moi qu'on a assez peu parlé, dans cette Assemblée générale, d'Ukraine et de Russie. Un certain nombre de responsables, on le comprend, européens en particulier en ont parlé, des responsables américains aussi, mais alors que c'est un grand objet de préoccupation bien-sûr pour nous, on peut dire que l'Ukraine, pour cette Assemblée générale, n'a pas été au centre des débats, peut-être parce que compte tenu de la composition universelle des Nations unies, ce conflit, très important, a été un petit peu lointain par rapport à d'autres.

Je veux signaler que deux autres sujets ont été fréquemment abordés. Le sujet du Liban, qui est dans tous les esprits et dans tous les cœurs. Nous avons eu l'occasion de rencontrer le premier ministre libanais et il y a une réunion qui est prévu avec le groupe qui suit particulièrement ces sujets. Et puis il est prévu aujourd'hui, une réunion importante sur la Centrafrique. J'aurais l'occasion de voir au préalable sa présidente, Madame Samba Panza, pour faire le point sur la situation, qui est évidemment en amélioration par rapport à ce que nous avons connu l'année dernière mais sur lequel il y a beaucoup de progrès encore à faire, sur le plan sécuritaire bien sûr, mais aussi sur le plan de l'organisation administrative, et humanitaire, et de la préparation des élections. Les élections ont été prévues pour avoir lieu au mois de février de l'année qui vient, mais ça parait extrêmement difficile. En tout cas il ne faut pas perdre de vue la perspective de l'établissement des formes juridiques d'un Etat de droit et de l'élection, en même temps que les forces de sécurité maintenant des Nations unies doivent faire leur travail et que sur le plan du développement les choses doivent repartir.

Deux autres crises ont dominé l'agenda de cette Assemblée générale des Nations unies. D'abord l'épidémie Ebola et la France, vous le savez, est extrêmement en pointe sur cette question. Ce sont des chercheurs français qui, les premiers, ont découvert les virus. Il y a des travaux très importants qui sont menés en particulier par l'institut Pasteur et par nos centres de recherches autour de l'INSERM. Nous sommes également très présents sur le terrain, nous avons jusqu'à présent prévu de consacrer 70 millions d'euros à cela. Nous avons envoyé toute une série de soignants et il faut leur rendre hommage parce que ce sont des gens vraiment d'une abnégation extraordinaire. Et la décision a été prise, elle est en train d'être exécutée, d'installer en Guinée, puisque l'OMS a un peu réparti les actions et en ce qui concerne la France on nous a demandé d'agir particulièrement en Guinée, nous sommes en train de prévoir en Guinée forestière un hôpital qui sera « opéré », comme on dit en Franco- anglais, par la Croix Rouge. Simplement, ce qui frappe lorsqu'on aborde ces sujets, lorsqu'on discute avec les spécialistes, c'est qu'il reste malheureusement d'y avoir une montée considérable de l'épidémie avant, espérons-le et nous y travaillons, une redescente. Mais les chiffres qui sont évoqués sont des chiffres très importants et donc la communauté internationale doit être totalement mobilisée. C'est un souhait, et il a bien raison, du Secrétaire générale des Nations unies, Madame Chan, la directrice générale de l'OMS, est mobilisée. Nous en avons parlé hier longuement dans le cadre la réunion du G7 sur nous avons organisée avec mes collègues les ministres des Affaires étrangères. Nous redoutons tous que dans les jours et les semaines qui viennent, il y ait une montée extrêmement préoccupante par rapport à laquelle il faut vraiment une organisation très précise et très massive et c'est évidement ce à quoi la France collaborera.

L'autre grande question qui a dominé cette assemblée générale, c'est la question du Climat, puisque cette semaine a été intitulée « Climate week », semaine du Climat, et c'est bien ainsi que les choses se sont passées. D'abord avec une série de manifestation, y compris à New-York une grande manifestions de 300, 400, milles personnes, ce qui est rare dans une ville comme celle-ci, pour montrer que la société civile est extrêmement mobilisée autour de la question climatique, du dérèglement climatique. Ensuite il y a eu toute une série de rencontres et de prises de position à l'initiative, là encore, de Ban ki-Moon. Ce sommet était révélateur, d'éléments d'ailleurs contrastés. D'un côté, incontestablement et c'est une très bonne chose, de la réalité et de la gravité du dérèglement climatique. Il existe, en France c'est terminé, ce que l'on appelle, le climato-scepticisme. Mais dans d'autres pays, y compris celui-ci, on peut dire que le climato-scepticisme a reculé, et c'est une excellente chose. Maintenant les scientifiques ont montré, et les populations constatent que le Dérèglement climatique ce n'est pas pour dans 50 ans, c'est aujourd'hui. Quand on voit l'extermination des phénomènes, les sécheresses, les typhons et les catastrophes de toutes sortes. Avec les chiffres en perspective, nous voulons rester en dessous de deux degrés d'augmentation du climat, si nous n'agissons pas comme il faut, ce sera une augmentation de 4,5 et 6 degrés. Donc il y a une prise de conscience de la population et c'est une très bonne chose. Il y a aussi non seulement une prise de conscience mais aussi une volonté d'agir de la part des milieux économiques. Il est très impressionnant de voir à quel point les très grandes sociétés ont décidé maintenant de s'engager dans la lutte contre le dérèglement climatique en affichant ce qu'on appelle un prix carbone, en ouvrant une série d'opérations, aussi bien de reforestation que dans d'autres domaines. Ça c'est un phénomène nouveau et très important et intéressant. De la même façon, j'ai eu l'occasion d'en parler avec Michael Bloomberg la semaine dernière, avec le maire de New-York cette semaine, et avec d'autres élus, il y a et il va y avoir une montée en régime des responsables des collectivités locales, que ce soit par les maires, que ce soit les régions, les gouverneurs, réunis autour de Michael Bloomberg pour une part et d'Arnold Schwarzenegger pour une autre part, l'un étant venu à Paris, l'autre s'y rendant dans quelques semaines, il y a une mobilisation. Là où il y a encore de gros efforts à faire, c'est au niveau des Etats. On l'a bien vu lorsqu'ont été appelées les premières contributions du fonds vert. L'Allemagne a annoncé une contribution importante, 1 milliard de dollars, la France a aussi annoncé une contribution importante, 1 milliard de dollars. Nos amis norvégiens ont annoncé une série de contributions mais nous sommes encore loin du compte puisqu'il faut obtenir, avant la fin de cette année, entre dix et quinze milliards de dollars, pour que, par un effet de levier, on arrive au chiffre, fixé pour 2020, chaque année 200 milliards de dollars. Il va y avoir une réunion très importante en Allemagne au mois de novembre ou nous ferons le point sur ces contributions mais il y a un gros effort à faire. Tous cela par rapport à deux échéances majeures, d'une part la conférence de Lima au Pérou, qui aura lieu au mois de décembre, et à laquelle je me rendrais, qui doit donner les premiers éléments du futur accord de Paris, deuxième grande échéance, très grande échéance, que tout le monde a salué. Je n'ai entendu, dans les discours des uns et des autres, appréciations « Il faut arriver à un succès à Paris » « Paris sera un succès » « Nous comptons sur vous ». Oui c'est une échéance majeure. Al Gore, qui est très impliqué, me disait « C'est l'échéance la plus importante de ce début du XXIe siècle. ». Il faut bien prendre la mesure de tous cela. Et avec évidemment une traduction concrète, nous aurons au Bourget au mois de décembre, la totalité des pays du monde. Nous aurons 25 000 délégués et 25 000 autres personnes, c'est-à-dire 50 000 personnes qu'il faudra accueillir pendant quinze jours. Et nous devons préparer ce succès. Nous allons le faire avec qui ? Avec tous ceux que j'ai cité, le Secrétaire générale des Nations unies et son équipe au premier chef, avec Madame Christiana Figueres, qui est la secrétaire de la COP, l'accord des partis, avec nos amis péruviens, qui font un très bon travail, et avec tout une série de bonne volonté, de responsables et d'organisations, la France est totalement mobilisée là-dessus et au réseau diplomatique, je lui ai fixé cette priorité comme étant la priorité numéro un pour la fin de cette année et pour l'année qui vient. Quand je disais que le bilan était contrasté, c'est parce que je suis extrêmement heureux de cette prise de conscience, de cette mobilisation des réseaux économiques, cette mobilisation des collectivités locales mais il reste manifestement encore un certain nombre de décisions à prendre pour des grands pays ou des pays plus petits, qui vont être déterminants. A Varsovie tous les pays se sont engagés à fournir leurs propositions avant la fin du premier trimestre de l'année prochaine et ensuite il faudra mettre en musique tous cela avec un accord qui pourrait comporter quatre volets. Le premier c'est l'accord normatif comme on dit, à la fois juridiquement contraignant et différencié. Le deuxième volet c'est une série de contributions nationales puisqu'elles doivent être rendues avant le mois de Mars de l'année prochaine. Le troisième volet c'est le volet financier et technologique. Et le quatrième volet c'est ce que l'on appelle l'agenda des solutions, c'est-à-dire l'addition de ce qu'engagent à faire à la fois les communes, les régions et les entreprises. Tout ça devant constituer l'alliance pour le climat de ris 2015. Voilà ce qui est devant nous et évidement l'intervention du Président français sur ce sujet était particulièrement appréciée et suivie. La décision de contribution par la France et la volonté de la France d'accueillir et de catalyser, ce n'est pas la France qui va faire prévaloir sa propre vision. Nous avons comme tâche de faire un rassemblement de tous cela, positif. Evidemment nous devons dans ce cas montrer l'exemple, et c'est le projet de loi qui est porté par Ségolène Royal sur la transition énergétique qui va être discutée avant la fin de cette session pour bien montrer que la France non seulement mais montre l'exemple, de même que l'Europe devra le faire, ce qui suppose qu'au mois d'Octobre de cette année, l'Europe trouve un accord sur ce sujet car il y a eu beaucoup de discussions mais pour le moment pas d'accord. Si on veut que l'Europe montre l'exemple il faut évidemment qu'elle puisse se mettre d'accord sur un texte très précis.

Nous avons aussi avancé un certain nombre de propositions concernant l'organisation de la société internationale et des Nations unies à proprement parlé, et en particulier deux séries de propositions qui portent la marque à la fois de la France et de beaucoup d'autres pays. Et nous espérons quez cette marque va s'étendre.

Et nous espérons que cette marque va s'étendre. D'une part, je l'avais fait les deux années précédentes, c'est un travail de longue haleine qu'il faut continuer. La priorité accordée à notre diplomatie à l'abrogation universelle de la peine de mort, qui est un des thèmes que nous portons avec d'autres, avec un certain nombre de succès et malheureusement aussi un certain nombre de reculs. C'est une tâche qu'il faut poursuivre. Et puis, je ne sais pas si vous avez eu l'occasion d'y participer hier, une réunion réussie sur une initiative que nous allons amplifier, qui est l'encadrement volontaire par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'utilisation du droit de veto. J'ai été frappé par le nombre de collègues des différents pays qui sont intervenus hier - plus d'une trentaine - pour apporter un soutien fort, par l'engagement quasiment unanime des organisations des droits de l'Homme, par une certaine évolution - qui n'est pas suffisante - de mes collègues qui disposent comme nous du droit de veto. Et, s'il y a encore certaines réticences chez certains de mes collègues, je ne suis pas ni sourd ni aveugle, c'est certainement une cause qui va progresser et la France a bien l'intention, avec le Mexique qui est à nos côtés, et tous ceux qui ont apporté leur concours, de faire de ce sujet un sujet majeur du 70ème anniversaire des Nations unies l'an prochain. Parce que je reviens à mon point de départ, lorsque l'on voit le blocage qui est apporté par une utilisation excessive du droit du veto, par exemple dans l'affaire syrienne, si l'on veut dépasser cela, sans qu'il soit besoin de changer les textes, que les pratiques changent, que nous nous autolimitions, et mon collègue José Antonio Meade a eu la bonne formule en disant : « le veto, c'est un droit, ce n'est pas un privilège » et la contrepartie du droit, c'est la responsabilité. Et lorsqu'il s'agit de crimes de masses, de génocides, d'atrocités de masse, et bien il serait absolument nécessaire que les cinq membres permanents acceptent volontairement de suspendre l'utilisation du veto. Parallèlement bien sûr il y a eu d'autres activités, qu'elles soient de nature économique, de nature culturelle. Peut-être certains d'entre vous seront présents ce soir - puisque je parle de culture - seront présents à l'inauguration de la librairie. Il n'y avait à New York depuis pas mal d'années plus de librairie française. Et donc, grâce en particulier à l'énergie de notre attaché culturel, M. Baudry, maintenant il y aura une librairie. Et je pense qu'en ce qui concerne la France, nous ne séparons jamais la diplomatie stratégique de la diplomatie économique, de la diplomatie culturelle. Tout cela ce sont les différentes facettes d'une même action. Voilà, si j'avais maintenant à résumer, je dirais qu'au cours de ces journées, que ce soit le Président de la République, que ce soit mes collègues Ségolène Royal, Annick Girardin qui était là, Thierry Mandon qui a fait un passage, et moi-même, nous sommes attachés à faire preuve d'initiative, de fermeté, de solidarité et qu'à ce titre je pense que le rôle de la France a été et est utile.


Q : Le Premier ministre irakien al-Abadi a expliqué hier que ses services de renseignements avaient déjoué les projets d'attentat imminent commandés par des combattants étrangers de l'Etat islamique contre les métros de New York et de Paris. Est-ce que vous pouvez apporter quelques clarifications ?

Alors, les Irakiens nous ont passé des éléments, évidemment, ces éléments sont en cours de vérification très très précise. Mais, à ce stade il n'y a encore aucune confirmation. Tout cela doit être profondément vérifié. Cela a été fait, c'est en train d'être fait. Et il n'y a pas de confirmation.

Q : Sur le nucléaire iranien, est-ce que vous pouvez dire quels sont les points qui bloquent, est-ce que ce sont toujours les mêmes et, compte tenu de vos commentaires pessimistes, est-ce que vous pensez qu'il y a de bonnes chances d'aboutir d'ici le 24 novembre ?

La question majeure est celle-ci : est-ce que vous voulez ou non, les Iraniens – qui ont parfaitement le droit d'utiliser l'énergie nucléaire civile – est-ce qu'ils acceptent ou nom de renoncer à la bombe atomique ? Dans le premier accord que nous avons passé, et c'est un accord provisoire, nous avons obtenu, sur proposition de la France, que figure en haut du prologue la phrase suivante. Excusez-moi, c'est de l'anglais, mais c'est une phrase qui avait été prononcée par le Président iranien lui-même et donc j'ai proposé de la remettre dans notre accord : « Under no circumstances, Iran will ever seek, nor posess any nuclear weapon » / « Sous aucune circonstance, l'Iran ne recherchera ou ne possèdera d'armes nucléaires ». Après, il s'agit de rechercher et de se mettre d'accord sur toutes les conséquences techniques à tirer de cet engagement. Alors, cela veut dire quoi ? Discuter de ce que l'on appelle le réacteur d'Arak, qui dans sa première version est un réacteur dit plutonigène et qui donc comporte toute une série de dangers par rapport à la renonciation à cet objectif. Deuxièmement, discuter de la question des centrifugeuses. Si l'on renonce à aller vers l'arme nucléaire, il n'y a pas besoin d'avoir un nombre incommensurable de centrifugeuses. Troisièmement, examiner la généalogie des actions de l'Iran, pour être sûrs que tout va être contrôlé dans le présent et dans le futur, il faut savoir exactement ce qu'il s'est passé avant. Quatrièmement, si on se met d'accord dessus, regarder comment dans le futur le contrôle de tout cela sera fait. Tout cela aboutissant à la définition de ce que les techniciens appellent le « breakout time », c'est-à-dire le temps qui sera à notre disposition pour réagir au cas où ces engagements ne seraient pas respectés. Et tout cela, évidemment, dans un cadre, si nous arrivons à un accord, qui permettra de lever les sanctions puisque à contrepartie – il y a une menace et un risque évident, du coup nous avons été obligé, au niveau international et au niveau européen, de prendre un certain nombre de sanctions, et ces sanctions ne seront levées que si, et à proportion de, nous avons la certitude qu'il y a un renoncement des Iraniens. Voilà ce sur quoi porte, avec quelques autres aspects mais j'insiste sur les aspects principaux, la discussion. Il y a des éléments sur lesquels il y a eu un certain nombre d'ouvertures mais nous nous sommes mis d'accord pour dire que tant que tout ne serait pas réglé, rien ne serai effectivement réglé. Donc il y a des éléments sur lesquels il y a eu un certain nombre de possibilités, et notamment la question est complexe et là il y a eu des progrès potentiels sur le réacteur d'Arak, mais sur d'autres, actuellement il n'y a pas de progrès. Et donc, la position de la France est très très claire, nous souhaitons bien sûr que l'on puisse arriver à une solution positive. Mais cet accord ne peut être passé que si effectivement il se traduit par la renonciation de l'Iran à la possession et à la perspective de possession de l'arme nucléaire.

Q : Pensez-vous que ce sera possible pour le 24 novembre ?

Souhaitable.

Q : Vous disiez en juin que l'Iran ne pourrait posséder au terme d'un accord que quelques centaines de centrifugeuses. Est-ce que c'est toujours votre position et est-ce que vous estimez que cette position est partagée par les autres pays du P5 ?

C'est une question compliquée car les techniciens – ce que je n'étais pas au début et que je serai amenée à devenir – résonnent en terme d'unité. Et, selon qu'on prend une unité ou une autre, ce ne sont pas les mêmes chiffres. Mais disons, je ne veux pas rentrer dans plus de détails, que pour le moment, l'écart est considérable. Et un accord ne serait pas possible si l'écart restait de ce type. Nous souhaitons que les Iraniens tirent les conséquences de leur renonciation. Si elle est authentique, sincère et volontaire, il n'y a pas besoin d'avoir les nombres qui ont été évoqués.

Q : On a entendu le Président expliquer que la France n'interviendrait pas militairement en Syrie, Jean-Yves Le Drian a considéré hier que la question était posée. La question est : est-ce que la France va oui ou non intervenir militairement en Syrie ? Et si non, aujourd'hui, qu'est ce qui ferait que demain la position pourrait changer ?

La position je crois a été bien définie. Elle est rejointe maintenant, vous l'avez vu sans doute, par plusieurs pays. Le Danemark a pris la même position que la nôtre, c'est-à-dire : intervenir à titre de protection aérienne en Irak. Aucune troupe au sol que ce soit en i ou en Syrie, et en revanche en Syrie se concentrer sur l'aide à l'opposition modérée. Je crois comprendre, il faudra vérifier cela, que les Britanniques proposent aujourd'hui de prendre la même position, et d'autres pays. Je répète quelle est notre position : en ce qui concerne l'Irak, nous avons une demande expresse du gouvernement irakien, à la fois en termes d'armement, en termes humanitaires et en termes de protection aérienne, contribuer à assurer cette protection, en en même temps pas de troupes aux sols. En ce qui concerne la Syrie, j'ai dit de la façon la plus nette que nous soutenions l'intervention qui a été faite par les Etats-Unis, et par un certain nombre de pays arabes, qui juridiquement ne pose pas de problème au regard du droit international, mais que nous, nous nous concentrions sur l'appui à l'opposition modérée, qu'est-ce ça veut dire « appui », ça veut dire un appui politique, un appui en termes d'équipement, voilà où nous en sommes aujourd'hui. En même temps nous sommes des gens qui sommes réalistes, nous regardons l'évolution de tout cela, mais comme je crois cela a été dit par le Président de la République, par Le Drian, nous travaillons dans cet esprit avec nos partenaires, nous avons une répartition de nos tâches, et nous avons une perspective stratégique, et ensuite, en fonction de la situation, il pourra y avoir telle ou telle adaptation : aujourd'hui voilà la position que nous avons prise, et qui est d'ailleurs celle de beaucoup d'autres pays.

Q : Qu'est-ce qui ferait que cette position serait adaptée ?

Pour le moment cette position est tout à fait adaptée. Mais cette affaire malheureusement risque d'être un conflit de longue haleine.

Q : Vous confirmez qu'une intervention militaire en Syrie est toujours possible et que c'est envisagé ?

Non, pour le moment, nous ne le faisons pas. Nous aidons l'opposition modérée. Il n'y a aucune pression d'aucune sorte. Les choses sont tout à fait coordonnées.

Q : Est-ce que la France livre des armes à l'opposition syrienne. La France a-t-elle mis en place le programme de formation ?

Il a été dit il y a déjà quelques semaines qu'en ligne avec ce que peut faire l'Europe, nous avons livré des armes. Et il est tout à fait possible que d'autres équipements soient livrés à l'opposition modérée. Sur le programme de formation, un certain nombre de pays procèdent ou vont procéder à une formation. C'est quelque chose de tout à fait ouvert en ce qui concerne la France.

Q : Vous avez dit que le conflit israélo-palestinien n'avait pas été extrêmement au centre de l'Assemblée générale. Le Président Abbas va s'exprimer dans quelques heures, le Fatah et le Hamas se sont parlés, que diriez-vous de ce discours ?

Le Président français a reçu le Président Abbas vendredi dernier. J'étais en déplacement à New York mais le Président français m'a informé de ce qui s'était dit. Nous allons voir ce que le Président Abbas propose, quelles sont ses analyses. Ce que veut la France est que, point un, le cessez-le-feu soit poursuivi et que, point deux, la négociation reprenne sur le fond. Un cessez-le-feu est absolument utile mais il faut aller plus loin, c'est-à-dire comment changer cette situation où d'un côté à Gaza il peut y avoir des roquettes envoyées sur Israël et de l'autre une réaction israélienne extrêmement dure. Plus généralement, cela passe par une analyse politique avec ce qu'on appelle les paramètres. Nous sommes ouverts à toute solution qui permet d'aller dans ce sens-là. J'irai même plus loin, nous constatons, et c'est une réflexion que j'ouvre, que ce conflit est à la fois très grave, profond, on l'a vu lorsqu'il a ré-éclaté récemment, mais qui a une nature un peu particulière parce qu'il existe sur cette planète des conflits pour lesquels le problème principal est de savoir quels sont exactement les paramètres de la solution. C'est cela la difficulté principale. Une fois les paramètres de la solution trouvés, on peut penser qu'elle soit négociée et appliquée. Là avec le conflit israélo-palestinien, je simplifie mais pas trop, les paramètres sont à peu près connus. Vous avez une série de plans qui permettent de définir des paramètres, que ce soit le plan américain, que ce soit le plan de l'Arabie saoudite repris par la Ligue arabe, que ce soit le plan européen. A peu de chose près les paramètres sont connus. Mais là, la difficulté est que lorsqu'on regarde historiquement à travers les trente dernières années les deux côtés entrent en négociations, ils avancent et au moment où ils devraient conclure, impossible. Cela s'est produit plusieurs fois. Nous arrivons à l'idée que c'est très difficile pour eux-mêmes de conclure parce que s'y opposent notamment des raisons politiques. Car c'est très difficile pour le gouvernement israélien, quelles que soit d'ailleurs les époques, d'arriver à une conclusion qui soit en même temps acceptable par l'autre partie et c'est très difficile aussi pour l'autre partie, pour des raisons symétriques.

Là où je veux en venir est que pour ce conflit, qui est très décisif, il ne s'agit pas seulement de trouver les « fine tuning » des paramètres mais aussi de faire en sorte que, d'une part, les deux parties négocient et, quand ils sont au bord de l'accord, il faut quand même qu'il y ait une pression forte pour qu'ils passent du bord de l'accord à l'accord, et non pas au refus de l'accord. Là, il y a toute une série de possibilités : est-ce que c'est une conférence internationale, le Conseil de sécurité des Nations unies, les membres permanents, une addition des forces des Etats-Unis, de l'Europe et des pays arabes ? On peut y réfléchir. Mais je crois que nous avons donc deux questions et non une seule : d'une part arriver à rendre les négociations et à se rapprocher d'un accord sur les paramètres - nous n'y sommes pas car les négociations n'ont pas repris - et parallèlement arriver à faire les derniers mètres qui depuis des années n'ont pas pu être faits. C'est la conviction profonde de la France. Je parle de cela avec mes collègues du P5 et j'espère que cette idée va progresser.

Q : M. Abbas souhaite proposer un projet de résolution appuyé par la Ligue arabe qui propose un calendrier pour la date de retrait effectif des territoires. Est-ce que la France soutiendrait ?

On va voir ce qu'il y a dans ce projet. Nous, nous avons travaillé avec un certain nombre de pays sur une résolution. Nous allons voir ce que le Président Abbas veut proposer, puis nous nous prononcerons sur pièce. Mais, d'une façon générale, il y a des choses qui nous paraissent de bon sens : reprise des négociations, vous connaissez les paramètres, les deux Etats … Cette affaire ne peut pas durer pour l'éternité, il faut trouver des solutions. A partir de cela, toutes les résolutions et propositions de bonne volonté auront notre soutien.

Q : Est-ce que vous avez compris de votre homologue saoudien ce qui bloquait sur le contrat militaire entre la France et l'Arabie saoudite pour aider l'armée libanaise ? L'armée libanaise a eu des soldats décapités par Daech, comment la France peut-elle aider le Liban pour contrecarrer Daech ?

Vous avez tout à fait raison de soulever la question du Liban, pas seulement parce que le Liban est un ami très proche de la France mais aussi parce que dans cette région tout est lié. Quand vous voyez d'un côté ce qui se passe en Syrie – je rappelle que maintenant plus de 25% de la population libanaise est constituée de réfugiés syriens, quand vous voyez ce qui se passe avec Daech, le Liban fait partie théoriquement de l'emprise du fameux califat de Daech. Il est évident que nous sommes très préoccupés. C'est la raison pour laquelle dans la rencontre qui a eu lieu entre le Premier Ministre libanais et le Président français, ces questions ont été abordées, de même la nécessité de trouver une solution pour qu'il y ait un président et qu'à toutes les difficultés du Liban ne s'ajoutent pas en plus des difficultés institutionnelles.

En ce qui concerne l'armement, un accord a été pris. Il reste parfaitement valable. L'idée est que l'armée libanaise est vraiment le ciment de l'unité du Liban, à laquelle nous sommes extrêmement attachés. Maintenant il faut que cet accord passe dans les faits. Nous en avons discuté à la fois avec les Libanais et les Saoudiens et j'espère que d'une manière très rapide il va pouvoir y avoir un accord, en particulier sur les listes de matériel. Je sais que les Saoudiens y sont déterminés. Nous aussi. Il faut que cela soit complété en ce qui concerne les Libanais.

Q : Sur M. Gourdel, Avez-vous, la France a-t-elle des raisons de penser qu'il y a eu des complicités parmi les personnes qui l'accompagnaient ? Il y a actuellement un Français de Lille qui est interrogé par les services algériens. Sa famille et ses proches à Lille sont très inquiets de voir ces soupçons monter.

Au moment où je m'exprime, je n'ai pas d'informations précises là-dessus. Simplement, vous savez que nous sommes en contacts étroits avec les autorités algériennes. Le Président a eu le premier Ministre Sellal, moi-même j'ai vu hier et je verrai de nouveau demain mon collègue, M. Lamamra. Il y a une très bonne coopération entre les deux pays et je sais que du point de vue militaire en particulier, les Algériens ont mis le maximum de moyens pour faire ce qu'ils doivent faire. On a parlé de 1 500 hommes portés à 3 000 hommes. Il est certain aussi que sur le plan judiciaire, il y a une série d'enquêtes et de procédures qui sont en cours. Mais sur la question précise que vous me poser, à l'heure où je vous réponds, je n'ai pas d'éléments d'information.

Q : Une précision pour les Français de l'étranger, le Quai d'Orsay a étendu la liste des zones à risques. Que leur conseillez-vous concrètement, doivent-ils s'inquiéter ?

Sans céder à je ne sais quelle panique, cela veut dire que lorsqu'on a prévu un voyage à l'étranger, il faut regarder les conseils aux voyageurs – le site du Quai, avec les codes couleur-. D'autre part, si on est un ressortissant de ce pays, il faut vérifier qu'on est bien inscrit au consulat et si on est un touriste ou un visiteur de passage, utiliser la procédure Ariane pour qu'on sache que vous êtes là. Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas y aller mais qu'il y ait un recensement pour qu'on ait une bonne maitrise des choses. Et d'une manière générale, sans tomber dans la panique, il faut preuve de vigilance et je pense que nos compatriotes sont tout à fait raisonnables et qu'ils savent à partir des conseils qui leur sont donnés ce qu'ils peuvent ou pas faire. Merci.


Source http://www.franceonu.org, le 30 septembre 2014

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