Point de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la promotion de la gastronomie et de l'oenologie française, à Paris le 22 octobre 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur la promotion de la gastronomie et de l'oenologie française, à Paris le 22 octobre 2014.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Conseil de promotion du tourisme, à Paris le 22 octobre 2014

ti : Mesdames et Messieurs,


Nous avons voulu, après cette séance du conseil de promotion du tourisme faire un point devant vous. Je dirai donc quelques mots et ensuite, M. Alain Ducasse présentera l'opération «Goût de / Good France», qui traduit l'état d'esprit dans lequel nous travaillons.

J'avais déjà réuni une première séance du conseil de promotion du tourisme qui était consacrée à une prise de connaissance entre les différents membres de cet organisme extrêmement souple et qu'anime à mes côtés, Philippe Faure. Il est à la fois, et c'est une double qualité éminente, l'ancien secrétaire général de cette Maison et un gastronome accompli.

J'ai présidé aujourd'hui la séance de lancement du Conseil de promotion du tourisme. Gastronomie et oenologie : voilà le chantier que nous avons choisi pour démarrer - j'allais dire pour nous mettre en appétit.

Comme il n'y a pas de bonne introduction sans citer de bons auteurs, j'ai retenu cette phrase de Brillat Savarin : «La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent.» Tout le monde connaît la qualité et l'importance des produits français pour le rayonnement de notre pays, mais là encore je vais citer un mot de Churchill qui, en oenologue averti, haranguait ainsi les troupes britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale : «Souvenez-vous que nous ne nous battons pas seulement pour la France : nous nous battons aussi pour le champagne !»

La cuisine et les vins, c'est le patrimoine de la France : le «repas à la française» est inscrit depuis 2010 au patrimoine de l'UNESCO. Mais c'est un patrimoine qu'il ne nous faut pas seulement contempler, glorifier ou savourer. C'est un patrimoine qu'il faut valoriser, dynamiser et faire fructifier.

Le président de la République a réuni dimanche dernier le «conseil supérieur de l'attractivité», auquel je ne participais pas parce que j'étais en Chine. Rendre la France plus attractive, c'est renforcer ses atouts. La gastronomie et l'oenologie sont deux atouts essentiels, deux avantages concurrentiels majeurs pour notre pays. Dans le monde, la compétition existe mais dans cette compétition-là, la France est vraiment au tout premier rang.

Ne pas s'y intéresser, ce serait commettre une double erreur. Une erreur culturelle : la gastronomie, les vins, la cuisine, ce n'est pas simplement une technique qui permet de manger et de boire, c'est une certaine culture. Un pays fait fausse route s'il ne valorise pas ce qui fait sa force. Une erreur économique : la restauration commerciale est le 5e secteur d'emplois en France : (600 000 salariés) et la filière du vin (550 000 emplois directs et indirects) est le 2ème secteur excédentaire dans notre balance commerciale des biens, après l'aéronautique. Et n'oublions jamais que le tourisme, ce sont des emplois non délocalisables.

Nous avons consacré notre session à essayer d'être lucides sur les atouts et les insuffisances en matière de gastronomie et d'oenologie, nous sommes très bons mais nous avons des marges de progression pour satisfaire encore davantage de personnes.

Voilà pourquoi, désormais en charge du tourisme, je veux contribuer à dynamiser la promotion de notre cuisine et de nos vins. J'ai demandé à Philippe Faure, qui co-préside le conseil de promotion du tourisme et dont je salue la compétence, de réfléchir à la question. Il l'a fait avec l'aide de plusieurs grands chefs ici présents (Alain Ducasse, Guy Savoy et Guy Martin, que je remercie pour leur engagement.) Je veux les remercier très chaleureusement pour leur engagement. Ils ont fourni un lourd travail, il y a eu une quarantaine d'auditions, qui a abouti à des propositions concrètes, qui vont nous permettre d'aller de l'avant.

À partir de leur pré-rapport, il y aura un rapport d'ensemble puisque nous avons décidé d'avoir plusieurs cessions. Celle-ci porte sur la gastronomie et l'oenologie et nous traiterons aussi du net, des destinations et de la formation, nous prendrons les principales questions et nous bâtirons un rapport. Et ce rapport sera suivi de décisions concrètes. Un exemple : dans les jours qui viennent, sera mis en place un «parcours d'excellence culinaire», destiné à faciliter la venue en France de stagiaires ou de professionnels souhaitant se former auprès de grands chefs. Les chefs nous ont expliqué que c'est l'un des problèmes qu'ils avaient et ils souhaitent avoir des stagiaires qui, une fois formés, seront les meilleurs ambassadeurs de la gastronomie française à travers le monde mais c'est assez difficile et même très difficile de les faire venir.

Grâce à la gentillesse de mon collègue et ami Bernard Cazeneuve, qui apporte son concours à ce projet, les démarches d'immigration seront facilitées radicalement dans ce cadre et dans les prochaines semaines.

Ce chantier autour de la cuisine et des vins n'est pas le seul. Le prochain chantier, intitulé «destinations et marques», sera lancé lors du prochain conseil de promotion du tourisme le 12 novembre. L'objectif est simple : mieux promouvoir le «site France», mieux valoriser les destinations touristiques qu'offre notre pays.

D'autres chantiers sont prévus - à chacun correspondra une séance du conseil de promotion du tourisme - : le numérique, l'hôtellerie, le tourisme de shopping, la communication, la formation. Ce sont les facettes d'une action globale, concrète, qui ne négligera aucun domaine stratégique. Je souhaite valoriser à 100 % les immenses atouts touristiques de la France. Je remercie les représentants de la profession et les parlementaires qui ont la gentillesse de nous accompagner.

Le rapport final, nous le présenterons à la fin de nos travaux, au printemps 2015. Mais la dynamique est lancée, la motivation est là et nous sommes au travail - au service du tourisme français.

Pour bien le montrer, je vais laisser maintenant la parole à Alain Ducasse avec l'opération «Goût de France» que nous lançons aujourd'hui. Le principe est tout simple: pendant une journée, le 19 mars 2015, le repas à la française sera mis à l'honneur par mille restaurants sur les cinq continents et dans toutes nos ambassades. L'objectif est de valoriser notre excellence et notre savoir-faire. On me demandera quel est le rapport avec la diplomatie, je pense que l'on peut créer la «gastrono-diplomatie» qui sera une nouvelle spécialité, mais qui ne peut être que positive pour la France.

Un site Internet dédié à l'opération est ouvert aujourd'hui même. Ce sera la vitrine de cette action inédite en faveur de notre gastronomie.

Monsieur le chef, vous avez la parole.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 octobre 2014

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