Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec divers médias, sur les questions climatiques et sur la libération de Serge Lazarevic, un otage français retenu au Sahel, à Lima le 9 décembre 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec divers médias, sur les questions climatiques et sur la libération de Serge Lazarevic, un otage français retenu au Sahel, à Lima le 9 décembre 2014.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : 20ème conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 20), à Lima (Pérou) du 9 au 14 décembre 2014

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* Dérèglement climatique - Bolivie

Q - Pourquoi avez-vous rencontré le président Morales ?

R - Il a un rôle très important sur les questions du climat, puisqu'il dirige le groupe dit des «77». Il a été très brillamment réélu, récemment, et nous avons beaucoup de choses à faire avec la Bolivie. C'est un pays qui a un taux de croissance important, qui a de grandes ressources et c'est toujours intéressant de travailler avec lui.

Q - Ce genre de conférence internationale favorise-t-elle les échanges avec les responsables de pays éloignés ?

R - Oui, et le président Morales viendra en France au cours du premier semestre 2015 ; nous l'avons invité. Bien sûr, chaque sommet est une occasion de voir des dirigeants pour leur parler de l'objet du sommet, mais aussi pour parler plus généralement des relations entre la France et leur pays. Je le fais systématiquement.

Q - La délégation française est en force cette année. Il doit se passer quelque chose à Lima pour que Paris soit une réussite ?

R - Oui, bien sûr ! Pourquoi ? Parce que, comme on dit au théâtre, Lima est un peu la «générale», la répétition générale, de Paris. Tout le travail qui aura été accompli à Lima sera un excellent tremplin pour Paris. Donc, notre souhait, c'est qu'on avance le plus possible à Lima, pour qu'ensuite nous puissions, avec nos amis péruviens, prendre le relais.

Q - Est-ce que Lima permet de prendre conscience que l'Amérique latine est un peu un continent oublié de la lutte contre le changement climatique ?

R - Non, pas oublié. C'est un continent très actif. Vous allez le voir dans les semaines qui viennent, notamment Madame Bachelet, la présidente du Chili, va annoncer des initiatives très importantes. Des pays comme le Mexique, le Brésil, ou Cuba, l'ensemble des pays du continent, comptent beaucoup. Ils ont un rôle très actif à jouer. Nous sommes à leurs côtés. (...).


* Sahel - Libération de Serge Lazarevic

(...)

Q - Un autre sujet d'actualité : la libération de Serge Lazarevic a eu lieu pendant votre voyage. Quelle est votre réaction ?

R - C'est une immense joie, comme je l'ai exprimé plus tôt. Il était le dernier otage français à l'étranger. Nous en avons déjà libéré beaucoup. C'est un très, très gros travail. Évidemment, nous voyons là le produit de ce travail et c'est une satisfaction formidable pour lui, pour sa famille et pour nous tous. Il y a eu, pendant les trois années de sa captivité, un travail quotidien des services, que ce soit les gens de la défense, mes propres services au quai d'Orsay, en liaison avec d'autres pays : le Mali, le Niger. C'est tout cela qui se traduit aujourd'hui, donc c'est une très grande satisfaction, et c'est encore insuffisant de dire cela.

Q - C'est un travail diplomatique, mais on se pose toujours la question de la contrepartie de ce genre de libération.

R - Vous savez, j'ai toujours eu la même attitude. Quand nous sommes arrivés aux responsabilités, je crois qu'il y avait quinze otages français à l'étranger. Nous en avons sorti beaucoup. Il n'y en a plus maintenant. Cela demande beaucoup de travail avec une règle : la discrétion. J'ai toujours observé cette règle. C'est la clef de l'efficacité.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 décembre 2014

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