Interview de Mme Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, au journal "Le Parisien" du 11 décembre 2014, sur la prise de conscience croissante du changement climatique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Ségolène Royal, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, au journal "Le Parisien" du 11 décembre 2014, sur la prise de conscience croissante du changement climatique.

Personnalité, fonction : ROYAL Ségolène.

FRANCE. Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie

ti : Q - Les Français ont-ils suffisamment conscience des conséquences du changement climatique en cours ?

R - Il y a vingt ans que les experts nous alertent, mais peu de décisions ont été prises.

Peut-être parce que les effets du changement climatique en France semblaient ténus. Mais avec la multiplication des inondations, des phénomènes caniculaires, l'apparition d'espèces invasives dans l'Hexagone, la modification des dates de récolte, les Français se sont tout à coup rendu compte de la réalité de ce qu'on leur a annoncé depuis des années. Cette prise de conscience est tardive mais la bonne nouvelle est que l'on va enfin pouvoir agir collectivement.

Q - Comment ?

R - Le rôle des présentateurs météo est crucial. Je vais tous les réunir l'an prochain dans le cadre des préparatifs de la conférence Paris climat 2015 pour qu'ils participent à la sensibilisation du public. Je souhaite qu'ils donnent aux téléspectateurs, à la fin de leur bulletin, des informations pratiques pour les inciter à lutter contre le gaspillage énergétique ou leur rappeler qu'ils peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt s'ils veulent effectuer des travaux d'isolation chez eux. En adoptant quelques gestes simples au quotidien - pas d'appareils électroniques laissés en veille, volets fermés pour conserver la chaleur... -, on peut diminuer de 20 à 30 % sa consommation.

Q - Peut-on encore inverser la tendance ?

R - Si on ne fait rien, les perspectives seront dramatiques. Mais si nous ne faisons que délivrer un discours catastrophiste, les gens ne seront pas motivés à agir. Soit on voit cette crise climatique comme un fléau, soit on l'appréhende comme un levier d'innovation au service de la transition énergétique et de la création d'emplois. Tout le monde doit donner l'exemple. Dans les entreprises et les administrations, on pourrait diviser par deux le gaspillage de papier. Il faut aussi accélérer les commandes publiques de bus électriques et je crois beaucoup au rôle de l'école car nos enfants deviendront ainsi prescripteurs auprès de leurs parents des bons gestes à adopter au quotidien.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 décembre 2014

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