Interview de Mme Fleur Pellerin, ministre de la culture et de la communication à LCI le 16 décembre 2014, sur l'identité nationale et culturelle et l'immigration. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Fleur Pellerin, ministre de la culture et de la communication à LCI le 16 décembre 2014, sur l'identité nationale et culturelle et l'immigration.

Personnalité, fonction : PELLERIN Fleur, DURAND Guillaume.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication;

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GUILLAUME DURAND
Bonjour à tous, et méfiez-vous du périphérique si vous vous réveillez, ou si vous prenez votre voiture, car il y a des incidences ce matin. Bonjour Fleur PELLERIN, bienvenue sur l'antenne de RADIO CLASSIQUE et de LCI.

FLEUR PELLERIN
Merci.

GUILLAUME DURAND
Est-ce que vous avez le sentiment que ce discours sur l'immigration était une nécessité pour remobiliser la gauche ?

FLEUR PELLERIN
Une nécessité, sans aucun doute, parce que c'était aussi l'occasion pour le président de la République de s'exprimer sur lequel finalement il n'avait pas tenu de grands discours, donc je crois que c'était une belle occasion.

GUILLAUME DURAND
C'est un reproche qui lui est fait, deux ans et demi sans rien, sur ce thème.

FLEUR PELLERIN
Je crois que c'était une belle occasion de le faire en inaugurant ce Musée de l'immigration, qui ne l'avait pas été, depuis son ouverture il y a presque dix ans maintenant, il y a sept ans, donc effectivement, je pense que c'était très attendu, je crois que c'était aussi l'occasion pour le président de rappeler un certain nombre de convictions et de valeurs.

GUILLAUME DURAND
Mais à qui ? A la gauche ? A l'ensemble du pays ?

FLEUR PELLERIN
A l'ensemble des Français.

GUILLAUME DURAND
Ou à la droite qui considère qu'il n'y a rien dans ce discours ?

FLEUR PELLERIN
Le président de la République n'est pas le président de la gauche, il est le président des Français, et je crois qu'il a souhaité parler à l'ensemble des Français et rappeler son attachement politique au droit de vote des étrangers et les conditions politiques nécessaires pour pouvoir faite voter ces dispositions…

GUILLAUME DURAND
Mais vous savez très bien, comme moi, que ça n'aura jamais lieu.

FLEUR PELLERIN
Je pense qu'il ne faut pas être pessimiste, a priori…

GUILLAUME DURAND
Non mais ça c'est le regard de le l'expérience, François MITTERRAND a tenu le même discours, et finalement pendant les…

FLEUR PELLERIN
Oui, les choses évoluent, notre société évolue, les mentalités évoluent, je crois qu'il ne faut pas fermer la porte à ces évolutions importantes.

GUILLAUME DURAND
Mais si je vous pose cette question concernant ces sujets, vous qui êtes ministre de la Culture, c'est que je me souviens que Jean-Christophe CAMBADELIS a écrit plusieurs papiers, un peu sur le thème, et c'est aussi un discours que l'on entend à gauche, que sur ce thème-là, justement, la gauche a perdu la bataille, c'est-à-dire que c'est les livres de ZEMMOUR, les thèses de Renaud CAMUS sur le remplacement de la société blanche par d'autres, qui tiennent le haut du pavé, dans le monde culturel, et plus tellement les thèses qui sont celles de l'intégration, qui ont eu leur heure de gloire dans les années 80.

FLEUR PELLERIN
Non mais moi je ne suis pas d'accord. Alors c'est vrai qu'il y a une forme de banalisation ou d'appropriation par le public, d'un certain nombre de thèmes qui me semblent extrêmement contestables, et qui sont finalement souvent mal étayées, on voit que les méthodes ou les arguments qui sont développés par certains auteurs, en tout cas, sont souvent contestables, qu'elles n'ont aucune rigueur historique, qu'elles n'ont pas de rigueur même dans l'argumentation, puisqu'il va parfois, essayer de prouver de choses…

GUILLAUME DURAND
Mais c'est peut-être un phénomène culturel, par exemple quand FINKIELKRAUT parle de l'identité malheureuse, on ne peut pas lui reprocher…

FLEUR PELLERIN
Non mais c'est vrai probablement que dans notre vie culturelle et dans la vie intellectuelle, plus largement, mais au-delà de la littérature, il y a probablement une percée de thèses, qui sont des thèses qui visent à montrer que toutes les difficultés de la France, son déclin, sa chute, sont imputables aux étrangers ou à la manière dont finalement elle n'a pas su intégrer ou assimiler des étrangers. Bon, ce sont des thèses qui sont proches des thèses du Front national…

GUILLAUME DURAND
Mais, pardonnez-moi, madame, c'est peut être une vraie question.

FLEUR PELLERIN
Bien sûr, bien sûr qu'il y a sans doute une question, sur la manière dont la France conduit depuis… a d'abord su considérer l'immigration comme une chance, une chance pour sa reconstruction, une chance pour accompagner la croissance des années 60/70 et puis aujourd'hui, sans doute, peine à proposer un emploi, un destin et des perspectives, finalement, à des Français issus de l'immigration ou enfants de français issus de l'immigration, de deuxième ou troisième génération. Et la question que l'on doit se poser aujourd'hui c'est plutôt comment on résout le problème des inégalités, qui sont des inégalités socio-économiques, qui ne sont pas uniquement dues à la couleur de la peau, et comment on propose aujourd'hui des perspectives à ces jeunes qui sont en difficultés.

GUILLAUME DURAND
Vous ne m'avez pas répondu sur la défaite culturelle de la gauche dans ce domaine, parce que le discours que vous tenez est un discours qui se tient, c'est-à-dire que je l'approuve, c'est un discours qui se tient, problème c'est qu'aujourd'hui les gens ont dans la tête, importation du confit israélo-palestinien, communautarisme islamiste, c'est ça qu'ils ont dans la tête, c'est peut être un fantasme, mais c'est une réalité de ce qu'ils ont dans la tête.

FLEUR PELLERIN
Oui, eh bien je pense que la priorité politique c'est de se battre sur le terrain des idées, effectivement, en ayant des propositions aussi intellectuelles et culturelles qui puissent permettre de contrer ce type d'argumentation lorsqu'on n'est pas d'accord avec, ce n'est pas uniquement faire de la polémique pour faire de la polémique, mais ce qui est important c'est surtout aussi de proposer des solutions par les actes, quand on est une personnalité politique, quand on est membre d'un gouvernement, la première responsabilité ce n'est pas d'aller argumenter avec monsieur ZEMMOUR, c'est d'abord de faire des choses qui puissent permettre de proposes des réponses concrètes aux gens qui se réfugient dans ces thèses-là aujourd'hui, parce qu'ils ne trouvent pas de réponse dans leur environnement quotidien à leurs difficultés, au chômage, à l'absence de perspectives pour leurs enfants, voilà ce que nous devons résoudre.

GUILLAUME DURAND
Il n'a pas prononcé son nom, mais en valorisant les accords de Schengen, finalement il s'en est pris à Nicolas SARKOZY, donc on a l'impression quand même qu'il y a des… il y a toujours un moment où il faut se mettre en accord, face à ses arrières pensées, disait le Général de GAULLE.

FLEUR PELLERIN
Il y a des lignes de clivages, il y a des lignes de clivages politiques, bien sûr. Mais ce sont des sujets, l'immigration, les politiques d'intégration sociale sont des sujets éminemment politiques, où il y a des clivages droite-gauche extrêmement forts, ce n'est pas pour parler de SARKOZY, c'est pour parler de la différence qu'il y a entre une approche de droite et une approche de gauche de ces sujets, et là, c'est pas faire de la polémique inutile, c'est vrai qu'il y a une approche qui consiste…

GUILLAUME DURAND
Oui mais ça veut dire qu'il se place lui même dans une sorte de revanche pour 2017.

FLEUR PELLERIN
Mais ce n'est pas une revanche…

GUILLAUME DURAND
Je parle de revanche électorale, je ne parle pas de revanche…

FLEUR PELLERIN
Je ne crois pas, je ne crois pas que ce soit du tout la motivation du président de la République, c'est de montrer ce que sont les différences entre une approche des politiques d'immigration ou d'intégration de droite et de gauche, il y en a qui essaient d'exacerber les communautarismes, de classer des gens dans des catégories et puis d'autres qui ont des visées plus universelles, c'est la réalité factuelle, c'est ce que l'on constate en tout cas sur les 10 ou 15 dernières années.

GUILLAUME DURAND
Question, je ne vais pas dire violente, mais ironique, visiblement il part dans le Pas-de-Calais, il a fait plusieurs déplacements, il a parlé de l'immigration hier, le président HOLLANDE bouge encore, tout le monde le donne mort, virtuel, disparu, inexistant, mis entre parenthèses.

FLEUR PELLERIN
Vous savez, la vie politique est faite de cycles, de choses qui sont très difficiles à prévoir. Hier ou avant-hier, il y a un sondage qui est ressorti sur les prévisions de l'élection de 2012, deux ans et demi avant ces élections, et qui était complètement à côté de la plaque, donc voilà, nous sommes aujourd'hui… Pourquoi avons-nous ce sujet de popularité au sein du gouvernement ? Parce que nous avons pris un certain nombre de décisions, qui étaient à l'évidence impopulaires, et nous savions même en les prenant, que c'était…nous les prenions par responsabilité et non pas pour essayer de gonfler nos sondages. Réduire la dépense publique…

GUILLAUME DURAND
Mais les incohérences politiques, vous disiez même que…

FLEUR PELLERIN
Réduire la dépense publique, par définition, et faire en sorte d'avoir une politique responsable pour réduire la dette qui pèse sur la tête de nos enfants, c'est pas une politique très populaire, oui, c'est mieux de laisser filer les déficits, c'est mieux de raser gratis…

GUILLAUME DURAND
On ne va pas revenir sur ces débats-là, puisque vous êtes ministre de la Culture, mais lui même a reconnu que sur le chômage et sur beaucoup d'autres aspects, comme le commerce extérieur, il n'y avait pas de résultats. C'est quand même un problème majeur.

FLEUR PELLERIN
C'est pas vrai, ce n'est pas vrai, sur le commerce extérieur, moi j'ai été brièvement ministre du commerce extérieur, et …

GUILLAUME DURAND
Des petites améliorations, le déficit est quand même considérable.

FLEUR PELLERIN
Oui, mais enfin, des petites, vous dites qu'il n'y a pas eu de succès, si, ça a quand même…

GUILLAUME DURAND
Non, je parlais de résultats massifs.

FLEUR PELLERIN
… les courbes ont commencé à s'inverser, donc on peut toujours dire « c'est nul tout ce que vous faites », mais…

GUILLAUME DURAND
J'ai jamais dit ça.

FLEUR PELLERIN
Mais les chiffres ont commencé à montrer une inversion du déficit, donc on était dans un déficit qui s'est creusé pendant des années et des années, et qui maintenant commence à se résorber, donc c'est plutôt bon signe.

GUILLAUME DURAND
Parlons de ce qui concerne votre ministère, la culture. J'ai ressorti un dossier dans LIBERATION, où vous disiez effectivement « il y a des risques pour la création ». Vous savez que la gauche aujourd'hui, en tout cas la gauche de François HOLLANDE ce n'est pas celle de François MITTERRAND, elle est plus ou moins accusée implicitement de ne pas s'intéresser à la culture, le chef de l'Etat en premier, et au fond cette majorité derrière lui, qui réduit les déficits mais qui n'a plus l'équivalent de ce qu'était Jack LANG ou la politique de Jack LANG et François MITTERRAND.

FLEUR PELLERIN
Alors, c'est vrai, je peux être d'accord sur un point, c'est que nous n'avons pas les moyens, ou l'augmentation des moyens que Jack LANG a pu avoir quand il était ministre de la Culture, puisque son budget avait doublé, donc c'est vrai que nous ne pouvons pas aujourd'hui en dire autant. Mais, néanmoins, le choix qui a été fait sur les trois prochaines années, enfin moi j'ai été nommée il y a trois mois, mais pour les trois prochaines années, le choix qui a été fait, c'est de maintenir, de préserver le budget du ministère de la Culture, alors même que dans la même, sur la même période, l'Etat va continuer à faire des efforts et notamment 50 milliards d'économies, donc dans une période exceptionnelle, c'est aussi un choix exceptionnel que de stabiliser ce budget du ministère de la Culture, et nous allons peut être aussi pouvoir trouver de nouvelles marges de manoeuvres.

GUILLAUME DURAND
Pardonnez moi, mais les gens se disent « où sont les projets ? » je ne parle pas des vôtres parce que vous venez d'arriver, mais où sont les projets de la gauche dans ce domaine, à part dire tout le temps, « la culture pour tous, la culture pour tous », mais c'est un peu un concept vide.

FLEUR PELLERIN
Mais là où je rejoints ce que vous dites, c'est que sans doute ce qui est nécessaire à faire aujourd'hui, c'est de redéfinir ce que sont les objectifs de la politique culturelle. Nous avons la chance d'être dans un pays où justement cette notion de politique culturelle existe, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays, aux Etats-Unis il n'y a pas de ministre de la Culture, et il n'y a pas vraiment de politique culturelle, au sens d'intervention de l'Etat dans la culture, au soutien de la création et au soutien de la démocratisation.

GUILLAUME DURAND
Enfin, mais il y a un mécénat fantastique.

FLEUR PELLERIN
Mais c'est autre chose. C'est du mécénat, ce n'est pas une politique culturelle, ce n'est pas une politique qui rend accessible à tous, la culture. Et donc aujourd'hui, ce que nous devons faire, c'est précisément nous interroger sur le modèle français de politique culturelle, donc moi depuis que je suis arrivée, depuis que j'ai été nommée, ce que j'essaie de faire, c'est de voir comment finalement des missions, les objectifs qui n'ont pas changé depuis l'époque où MALRAUX les a énoncés, c'est-à-dire l'accès du plus grand nombre aux oeuvres majeures de l'humanité et en particulier des oeuvres de la France, la question aussi du soutien à la création, donc c'est l'accès, le soutien à la création et le rayonnement international. C'est comme ça que MALRAUX a défini les objectifs du ministère de la Culture après la guerre. Donc, aujourd'hui, ces objectifs sont toujours actuels, le problème c'est que les modalités, selon lesquelles nous définissons les politiques culturelles, ont radicalement changé, parce que le contexte a changé, parce que nos concitoyens ont des pratiques différentes et c'est ça tout l'enjeu aujourd'hui, nous avons effectivement des budgets qui ne sont pas aussi…

GUILLAUME DURAND
Donc il n'y a plus de grands travaux, en gros il ne peut pas y avoir de grands travaux.

FLEUR PELLERIN
Une politique culturelle ce n'est pas uniquement des grands travaux…

GUILLAUME DURAND
Regardez la philharmonie, tout le monde gueule, pardonnez-moi.

FLEUR PELLERIN
Non, ce n'est pas vrai…

GUILLAUME DURAND
Manuel VALLS a dit a plusieurs reprises qu'il la maintiendrait, même quels que soient les contextes budgétaires mais la mairie de Paris, l'opposition…

FLEUR PELLERIN
Non, je ne suis pas d'accord. D'abord, je termine, une politique culturelle, ce n'est pas uniquement du BTP, et des grands travaux, même si la dimension artistique est évidente dans le cas de la philharmonie puisque ça va être une magnifique salle, ce ne sont pas uniquement de grands travaux, je pense qu'il y a une politique culturelle sur l'éducation…

GUILLAUME DURAND
Non mais ça compte. Fondation VUITTON, réouverture du musée PICASSO.

FLEUR PELLERIN
Bien sûr que ça compte, mais c'est ce que je disais tout à l'heure, ces trois objectifs restent actuels. La démocratisation c'est surtout repenser l'éducation artistique et culturelle, le rayonnement avec la philharmonie et la fondation VUITTON on est en plein dedans, la philharmonie aujourd'hui, moi j'ai rencontré des chefs d'orchestre étrangers, qui sont extrêmement jaloux de Paris et de la France, parce que cette salle va être absolument incroyable, une jauge de 2 700 places, une acoustique réalisée par les meilleurs cabinets du monde, donc ça va être une acoustique absolument extraordinaire.

GUILLAUME DURAND
Quelle que soit l'édition.

FLEUR PELLERIN
Quelle que soit ?

GUILLAUME DURAND
Quelle que soit l'addition.

FLEUR PELLERIN
Mais moi j'ai trouvé ce chantier, il était déjà quasiment achevé, qu'est ce qu'on allait dire, on arrête tout ? Ecoutez, c'est absurde, c'est une salle qui va être absolument majeure pour la rayonnement de la musique en France, donc réjouissons nous au lieu de nous en plaindre, nous avons trouvé les moyens… moi dès que je suis arrivée j'ai souhaité que l'Etat et le gouvernement prenne sa part de responsabilités et trouve les moyens y compris de compenser le retrait de la ville de Paris qui ne souhaitait pas financer la fin des travaux et nous avons fait en sorte de pouvoir faire de l'ouverture de cette philharmonie, un succès, le succès que ce bâtiment mérite, que l'équipe qui a suivi de chantier mérite et que cette salle, qui va être une salle de rayonnement encore une fois international, encore une fois aucune capitale européenne n'a une salle de cette nature, avec cette qualité acoustique, avec cette capacité à accueillir 2 700 personnes, et à être polyvalente, pour accueillir à la fois de la variété très haut de gamme et aussi surtout de la musique symphonique, dans des conditions d'écoute qui seront absolument exceptionnelles, donc réjouissons nous, c'est le rayonnement de la France et puis le soutien à la création reste évidemment le troisième axe très important, prioritaire pour le ministère de la Culture.

GUILLAUME DURAND
On termine avec deux auteurs, brièvement. MODIANO, vous avez l'impression de trainer un quoi ?

FLEUR PELLERIN
Ecoutez, je me suis suffisamment exprimée je crois, sur le sujet, voilà, j'ai dit ce que j'avais à dire.

GUILLAUME DURAND
Je sais, mais je vous parle de MODIANO, parce que je vais vous parler de HOUELLEBECQ, en tout cas on va vous en parler le 15 janvier, son prochain livre s'appelle « Soumission » et de quoi s'agit-il ? D'une France qui est devenue musulmane avec comme Premier ministre, François BAYROU.

FLEUR PELLERIN
Oui, j'ai lu ça…

GUILLAUME DURAND
Vous voyez que la gauche a perdu la bataille dans ce domaine. Ça a été le héro des INROCK il y a dix ans, HOUELLEBECQ, quand « Les particules élémentaires » sont sorties.

FLEUR PELLERIN
Oui… vous avez peut-être eu accès a manuscrit, moi je ne l'ai pas encore lu, donc, je vais attendre de pouvoir le lire pour me faire une idée. HOUELLEBECQ a toujours aussi été un provocateur, lorsqu'il a écrit « Les particules élémentaires » mais surtout lorsqu'il a écrit « Plateforme »…

GUILLAUME DURAND
Les voyages, justement de ces Français qui partent à l'étranger et qui tombent face au terrorisme musulman.

FLEUR PELLERIN
Exactement. Donc c'est un provocateur, je vais lire le livre lorsque je l'aurais et me faire une opinion lorsqu'il sera sorti ou qu'on me l'enverra, mais c'est vrai que ça réactualise aussi beaucoup ce qu'on disait tout à l'heure, c'est-à-dire qu'il y a la nécessité de combattre par de l'argumentation, par de l'argumentation littéraire ou politique.

GUILLAUME DURAND
Mais enfin, HOUELLEBECQ, ce n'est pas ZEMMOUR.

FLEUR PELLERIN
Non, non, c'est pour ça que je me garderais bien de…

GUILLAUME DURAND
C'est dans la catégorie des 50 ans, c'est l'écrivain français le plus célèbre dans le monde.

FLEUR PELLERIN
Je me garderais bien d'en parler avant d'en avoir lu exactement le livre, mais gardons à l'esprit qu'il a aussi du second degré, qu'il y a aussi de la provocation, qu'il y a aussi… voilà.

GUILLAUME DURAND
Oui oui, mais je n'ai pas dit que c'est à prendre au premier degré.

FLEUR PELLERIN
Oui oui, non mais c'est important.

GUILLAUME DURAND
Merci beaucoup d'être venue ce matin, Fleur PELLERIN.

FLEUR PELLERIN
Merci à vous.

GUILLAUME DURAND
Je rappelle que vous êtes ministre de la Culture. Passez la meilleure journée possible.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 décembre 2014

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