Interview de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche à France Bleu le 17 décembre 2014, sur l'éducation prioritaire. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche à France Bleu le 17 décembre 2014, sur l'éducation prioritaire.

Personnalité, fonction : VALLAUD-BELKACEM Najat.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

ti :


BILL DEBRUGE
Il est 08h30, c'est Najat VALLAUD-BELKACEM qui est l'invitée politique de FRANCE BLEU 107.1. Noé da SILVA vous interrogez jusqu'à 08h45, la ministre de l'Education nationale.

NOE DA SILVA
Bonjour Najat VALLAUD-BELKACEM.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Bonjour.

NOE DA SILVA
Merci d'être avec nous ce matin. Vous dévoilez une réforme importante, celle de l'éducation prioritaire. Hier, le président de la République a dévoilé un nouveau plan de rénovation urbaine pour les quartiers difficiles, en difficultés. Tout ça, ça fait partie de la reconquête de la gauche ? Qui s'était éloignée, on le voit dans les sondages.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Ce n'est pas tant une question de reconquête qu'une question de fidélité de la gauche à ses valeurs. La gauche a pour projet social, de lutter contre les injustices et de rétablir de l'égalité, là où sont les inégalités sociales. Et donc c'est vrai que s'agissant aussi bien de la carte de la politique de la ville et des moyens supplémentaires que l'on accorde aux territoires pour se reconstruire quand ils en ont besoin, que de la carte de l'éducation prioritaire et des moyens supplémentaires que l'on accore aux établissements pour faire réussir les enfants malgré leurs difficultés sociales, eh bien c'est une semaine forte en annonces pour ce gouvernement, puisque nous réactualisons des cartes qui ne l'avaient pas été depuis plusieurs années, et que, se faisant, nous répondons mieux aux besoins, là où ils sont.

NOE DA SILVA
Pourquoi est-ce que François HOLLANDE y croit encore ? C'est ce qu'on lit encore ce matin dans la presse.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Ecoutez, François HOLLANDE y croit encore, je pense, par constance, tout simplement, et par détermination, et parce que depuis le début de son quinquennat, il a… il s'est évertué à redonner à ce pays, de la compétitivité, pour ses entreprises, pour qu'elles puissent innover, embaucher, entreprendre, il est évertué à défendre un modèle social et donc si François HOLLANDE y croit encore c'est tout simplement parce que nous estimons que chacune de ses politiques, va produire ses fruits, les unes après les autres, d'ailleurs on le voit en matière d'éducation, pour revenir à mon secteur…

NOE DA SILVA
On va y revenir.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
… le fait d'avoir choisir d'investir dans l'éducation, d'en fait le premier budget de la Nation, d'y créer 60 000 postes, c'est précisément ce qui me permet à moi, aujourd'hui, c'est ce que je viens annoncer, de rétablir de l'égalité de réussite pour tous les élèves de France et donc c'est aussi ces moyens-là qui nous rendent confiants.

NOE DA SILVA
Alors, on va y revenir dans le détail. Sur cette réforme de l'éducation prioritaire, commençons par les mécontents. Aujourd'hui, c'est une journée de grève dans certains établissements qui refusent de sortir du dispositif. Vous leur dites quoi, ce matin, à ces parents et ces enseignants ? Laissez votre place aux plus pauvres ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Ce que je leur dis, c'est que, au fond, c'est quoi l'éducation prioritaire, telle qu'elle a été inventée par Alain SAVARY il y a 30 ans ? L'éducation prioritaire c'était prendre conscience qu'il y avait des territoires en France, des établissements scolaires dans lesquels la difficulté social était tellement forte, pour les choses autrement et que tout le monde le comprenne, les enfants étaient essentiellement environnés, soit d'adultes au chômage, soit d'ouvriers, d'employés qui n'avaient pas, en réalité, dans leur environnement immédiat, d'aide à la réussite scolaire suffisante, donc ces difficultés sociales étaient tellement fortes qu'il fallait leur apporter une aide particulière, donc ça c'est l'éducation prioritaire telle qu'elle est conçue il y a 30 ans. On distingue alors 350 établissements qui en avaient besoin. Au fil du temps, les territoires et les établissements se sont empilés sans qu'on repense jamais véritablement ce qu'est l'éducation prioritaire, d'ailleurs elle a produit des résultats mitigés à certains égards, on ne les a même pas évalués suffisamment pour s'en rendre compte, et du coup on s'est mis, certes à mettre de l'argent dans l'éducation prioritaire mais de façon saupoudrée, et donc pas efficace.

NOE DA SILVA
Donc aujourd'hui vous rectifiez tout ça.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Aujourd'hui on rectifie tout ça, on réactualise une carte, parce qu'en fait on se rend compte qu'il y a des établissements où pendant ce temps-là les difficultés sociales se sont creusées mais ils ne font pas partie de la carte, et a contrario des établissements qui vont mieux, qui sont dans la carte et qui justifient d'entre être sortis, c'est normal, s'il y a plus de mixité sociale en leur sein, et puis au-delà de la réactualiser, on se donne des moyens supplémentaires, donc + 350 millions d'euros pour vraiment mettre le paquet dans ces nouveaux établissements d'éducation prioritaire.

NOE DA SILVA
C'est sur combien d'années ces 350 millions d'euros ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
350 millions d'euros, donc là, qui vont être utilisés dès maintenant et qui vont être pérennisés, donc ça veut dire vraiment…

NOE DA SILVA
Tous les ans ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Oui oui, bien sûr, ça veut dire vraiment une aide très importante pour notamment renforcer les indemnités spécifiques des enseignants, pour les inciter, à aller dans ces établissements et y rester, pour renforcer leur formation, pour aussi avoir des mécanismes de tutorat pour les élèves, les accompagner dans l'aide aux devoirs, créer des internats de proximité pour permettre à ceux qui n'ont pas de bonnes conditions de travail chez eux de pouvoir mieux travailler. Bref, c'est vraiment des moyens importants, pour un nombre limité d'établissements, donc tout le monde en effet n'en fera pas partie et le critère pour savoir si on en fait partie ou pas est très objectif, c'est indicateur social.

NOE DA SILVA
Alors, justement, revenons sur ces critères, il y a des nouveaux critères, vous n'avez pas changé ça comme ça, même s'il y a des syndicats qui disent que toutes les écoles n'ont pas été traitées à la même enseigne, en fonction du territoire et des élus, c'est le SNUipp FSU qui dit cela à Paris. On a entendu également au collège Jean Macé de Clichy-la-Garenne, une proviseure avait été retenue, des parents d'élèves qui disent que vous ne tenez pas en compte, dans cette réforme, de la population des élèves dans ce collège mais de tout ce qui se passe dans le quartier, et forcément il y a des gens qui échappent à la carte scolaire et qui ne sont pas dans ce collège. Qu'est-ce que vous leur répondez ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Alors, première chose, moi je ne peux pas laisser dire qu'on se serait basé sur un petit doigt mouillé ou alors la préférence de je ne sais quelle nature pour choisir les établissements, c'est faux. C'est au contraire la première fois…

NOE DA SILVA
Ni par copinage politique.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Sûrement pas. C'est au contraire la première fois dans l'histoire de l'éducation prioritaire que l'identification des établissements qui ont le plus besoin de nous, se fait sur la base de critères objectifs transparents, je vous les rappelle ici, puisque c'est un indicateur social qui est composé de quatre critères : taux de catégories socioprofessionnelles défavorisées dans l'établissement, parmi les élèves, taux de boursiers parmi les élèves, retard à l'entrée en 6ème, parmi les élèves, et puis taux d'élèves qui habitent dans des quartiers prioritaires pour évidemment être en convergence avec nos politiques de la ville. Voilà, une fois qu'on a dit ça, donc sur la base de ces 4 critères, académie par académie, dans chaque territoire, a été regardé, comparé, chaque établissement avec les autres établissements qui l'entourent, et on a retenus ceux qui sont les plus en difficultés. Ces critères et ce travail, ils se sont faits en étroite concertation, du début jusqu'à la fin, parce que cette réforme de l'éducation prioritaire ça fait un an qu'on y travaille, donc la concertation a eu lieu y compris avec les organisations syndicales, le dialogue s'est fait évidemment avec les élus locaux, ça n'était pas une réforme simple à conduire, mais il fallait le faire, encore une fois pour rendre efficace notre politique en la matière.

NOE DA SILVA
Najat VALLAUD-BELKACEM, quand on regarde la variation du nombre d'enseignants, là où vous créez le plus de postes, c'est en région parisienne, vous avez annoncé donc 350 millions d'euros en plus pour cette éducation prioritaire, notamment pour payer les enseignants, parce qu'on gagne mieux et plus quand on est en REP. Est-ce que c'est suffisant pour faire venir des enseignants dans ces zones ? Est-c e que l'argent fera leur bonheur ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
En tout cas, votre question résume bien les difficultés auxquelles nous sommes confrontés. Parce qu'en effet, à un moment donné, il ne s'agit pas simplement d'être dans la théorie et d'ouvrir des postes, si de fait on se rend compte qu'ils ne sont pas pourvus, qu'on n'arrive pas à attirer, et c'est pour ça qu'il faut à chaque fois faire preuve de pragmatisme et aller regarder les difficultés du terrain et y apporter des réponses, y compris parfois différenciées, d'un territoire à un autre.

NOE DA SILVA
Vous étiez en Seine-Saint-Denis, il y a quelques semaines, pour une action spécifique.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Absolument, la Seine-Saint-Denis, si j'ai décidé il y a quelques semaines d'adopter un plan d'action spécifique pour la Seine-Saint-Denis, qui prévoit notamment d'y ouvrir plus de postes, parce qu'on a besoin de professeurs là-bas, la démographie est importante, elle augmente, les difficultés sociales sont fortes, donc un plan qui prévoit d'ouvrir plus de postes mais en même temps, comme on sait qu'on ne les pourvoit pas facilement, ces postes-là, d'ouvrir un second concours permettant à des candidats qui avaient passé leur concours des métiers de l'enseignement dans d'autres académies, d'avoir une deuxième chance de devenir enseignant, en revenant passer celui-ci dans l'académie de Créteil, eh bien c'est des choses nouvelles qui vont nous permettre de trouver des solutions, voilà, et de mettre des enseignants formés devant des salles de classes. Je pense que tout le monde comprendra que c'est un objectif majeur.

NOE DA SILVA
Ce qu'on retiendra dans cette réforme de l'éducation prioritaire, c'est un chiffre que vous avancez sur le poids de l'origine sociale qui est encore très importante dans les résultats scolaires des élèves. On fait quoi pour faire évoluer cette politique de l'éducation ? On attend de nouveau trente ans pour analyser et étudier si ça marche ou si ça ne marche pas ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
D'abord, la vraie nouveauté de l'éducation prioritaire telle que nous la réformons, c'est qu'on pourra désormais en effet l'évaluer. C'est quand même quelque chose de très important parce que ça nous manquait. Désormais tous les quatre ans, nous aurons un indicateur qui nous permettra de voir si nos efforts dans les établissements concernés ont produit leurs fruits en matière de résultats scolaires et de pouvoir valoriser aussi ce qui marche. Par ailleurs, tous les quatre ans on aura un indicateur social cette fois-ci qui nous permettra de repérer si d'autres établissements méritent d'entrer en éducation prioritaire parce qu'ils sont devenus socialement fragiles. C'est aussi ça. On est dans une logique dynamique et pas statique. Et je redis que quand un établissement entre en éducation prioritaire, sa vocation à terme est d'en sortir et de ne pas y rester. C'est qu'on lui donne un coup de pouce massif mais pour qu'il puisse ensuite s'en sortir. La deuxième chose que je voulais vous dire, c'est qu'au-delà de l'éducation prioritaire, la vraie réforme que j'annonce aujourd'hui et à laquelle j'attache énormément d'importance, c'est que précisément pour répondre aux inégalités sociales qui se traduisent en inégalités scolaires, nous allons changer la façon dont on répartit les moyens aux établissements. On vit depuis trop longtemps en France sur une espèce de mécanique aveugle aux différences sociales dans laquelle on donne la même chose aux établissements, sauf ceux qui font partie de l'éducation prioritaire, mais on donne la même chose aux autres alors que certains sont des établissements riches de centre-ville et d'autres sont des établissements pauvres du fin fond d'un quartier ou d'une zone rurale. Il faut arrêter cela ! Il faut donner les moyens, les postes, les enseignants, et cætera, aux établissements en fonction des difficultés sociales auxquelles ils doivent faire face. Parce qu'il y a des endroits où il y a un besoin tout particulier d'accompagnement.

NOE DA SILVA
Dans quelques secondes, on va parler d'un besoin spécifique dans certains établissements sur la question de la sécurité. La suite de l'interview avec Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l'Education nationale, sur France Bleu 107.1 dans quelques secondes. […]

BILL DEBRUGE
Najat VALLAUD-BELKACEM, j'imagine que votre emploi du temps de ministre ne vous permet pas beaucoup de regarder la télévision mais s'il fallait choisir un programme télé pour ce soir, vous êtes plutôt TF1 et “Esprits criminels? ou plutôt France 2 pour se détendre avec la série “Fais pas ci, fais pas ça? ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
“Fais pas ci, fais pas ça?.

BILL DEBRUGE
Pour vous, quel est l'artiste francophone de l'année : Julien DORE ou Christine and the Queens.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Oh, Christine and the Queens !

BILL DEBRUGE
D'accord, on vous le passe.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Ça fait du bien, en plus.

BILL DEBRUGE
Najat VALLAUD-BELKACEM avec Noé da SILVA, la suite.

NOE DA SILVA
On a parlé de l'éducation prioritaire avec des moyens, notamment des moyens financiers. Que répondez-vous à ce personnel de l'éducation nationale et à ces parents qui sont inquiets, notamment avec les problèmes de sécurité dans les établissements entre les élèves parfois envers les enseignants ? Peut-être même une réaction à cette nouvelle attaque à la voiture-bélier contre une école de Corbeil-Essonnes dans l'Essonne ? La dernière fois, puisque c'est la troisième, vous aviez dit : “Quand on attaque une école, c'est que l'on veut terroriser la population?.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Oui. Ce qui se passe à Corbeil-Essonnes est quand même assez surréaliste et il faut vraiment que la justice fasse son travail.

NOE DA SILVA
Vous, vous ne pouvez rien faire ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non. Nous ne pouvons en tout cas pas participer à identifier les auteurs. Ce que nous pouvons faire en revanche, moi comme Ministre de l'Education nationale –et je l'ai dit en octobre dernier lorsque je me suis rendue à Corbeil-Essonnes- c'est tout faire pour que l'école soit reconstruite, que les élèves soient accueillis dans de bonnes conditions, que les familles ne soient pas plus traumatisées qu'elles ne le sont déjà par ces événements terribles. Pour le reste, j'étais accompagnée de Bernard CAZENEUVE, mon collègue en charge de l'Intérieur, qui a assuré que toutes les dispositions seraient prises.

NOE DA SILVA
Qui avait dit déjà sur place qu'il y aurait plus de police nationale. On a vu de nouveau que l'établissement n'a pas été endommagé et qu'il n'y a pas de blessés mais sur la question plus globale de la sécurité dans les établissements, est-ce que ça fait partie de votre plan d'éducation prioritaire ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Oui, oui, absolument. Merci d'ailleurs d'en parler parce que c'est aussi quelque chose qui ne saute pas à l'esprit quand on parle de l'éducation prioritaire. Mais quand je parle de la concentration des difficultés sociales, derrière il y a aussi ce type de problématique. Quand on identifie des établissements qui vont particulièrement mal, on les identifie aussi là-dessus, sur cette question de la violence et de la nécessité d'y répondre. Nous y répondons concrètement dans les mesures dont vont bénéficier les établissements.

NOE DA SILVA
De quoi par exemple ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Vous avez plusieurs centaines d'assistants de prévention et de sécurité qui vont être mis à disposition des établissements pour améliorer le climat scolaire. Au-delà des assistants de prévention et de sécurité –ça, c'est vraiment des questions de sécurité comme son nom le dit- vous avez des infirmiers scolaires, du personnel médico-social, et c'est tout aussi important d'une certaine façon que l'encadrement par des enseignants. Notre choix de réinvestir dans l'éducation nationale, c'était à la fois pour avoir plus de profs mais aussi pour avoir tous ces personnels qui sont si utiles à la réussite scolaire qui passe par un meilleur climat scolaire.

NOE DA SILVA
Dernière question, on approche de Noël. Un bon bulletin de notes en général est synonyme d'un bon Noël sous le sapin pour de nombreux enfants. Est-ce que vous maintenez toujours l'idée de la suppression des notes à l'école ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
En fait, ça n'est pas la question. Je le redis ici à nouveau. Pour dire les choses précisément, la réforme de l'évaluation fait d'abord partie d'un tout, pour bien comprendre. Vous savez que depuis 2012, on cherche à réformer l'école pour faire en sorte qu'elle apprenne mieux aux enfants et les fassent réussir. Pour réformer cette école, nous avons donc décidé de remettre des enseignants, de les former, de donner la priorité à l'école primaire parce que c'est là que beaucoup de choses se jouent, de changer les programmes pour les rendre plus compréhensibles et permettre qu'ils conduisent à l'acquisition des fondamentaux par les enfants –lire, écrire, compter, et cætera. Bref ! Tout cela, c'est une série de réformes cohérentes qui visent à mieux faire apprendre aux enfants. Dans cette logique, l'évaluation doit venir faire progresser l'enfant tout au long de ses années scolaires et pas à un moment donné l'habituer à l'échec, le rejeter, lui faire croire que telle matière n'est pas pour lui. C'est pour cela qu'on interroge le système de notation actuel, non pas pour le supprimer –il ne va pas ne plus y avoir de notes du jour au lendemain- mais pour le rendre plus fin, plus rigoureux, pour qu'une note plutôt que de dire simplement à un élève : “Tu es nul, tu es à côté de la plaque? ou alors : “Tu es très bon?, au contraire lui donne des appréciations très fines, lui permettant de comprendre qu'il y a des choses qu'il a acquises, d'autres qu'il n'a pas acquises et qu'il faudrait qu'il travaille mieux. Bref, le stimule, l'encourage pour faire mieux les fois suivantes et arrêtent de lui apprendre la terreur de l'échec. Vous savez que nos petits élèves français sont parmi leurs camarades de l'OCDE les plus terrorisés par l'échec au point qu'ils préfèrent ne pas répondre aux questions plutôt que de prendre le risque de se tromper.

NOE DA SILVA
Ne m'en parlez pas ! C'est pour ça que j'ai choisi de poser des questions. Najat VALLAUD-BELKACEM, ministre de l'Education nationale, merci. Je vous dirais bien : “Revenez quand vous voulez?, mais ne prenez pas ça comme un redoublement.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Merci, bonne journée.

NOE DA SILVA
Merci d'être venue.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 décembre 2014

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