Déclaration de M. Harlem Désir, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur l'Espace Schengen et la politique d'immigration au niveau européen, à l'Assemblée nationale le 17 décembre 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Harlem Désir, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, en réponse à une question sur l'Espace Schengen et la politique d'immigration au niveau européen, à l'Assemblée nationale le 17 décembre 2014.

Personnalité, fonction : DESIR Harlem.

FRANCE. Secrétaire d’Etat aux Affaires européennes

Circonstances : Questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le 17 décembre 2014

ti :

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Monsieur le Député,


J'entends dire, non seulement à l'extrême droite mais également parfois de la part de responsables de partis républicains, qu'il faudrait abroger Schengen, que c'est Schengen qui ferait venir des immigrés en France, que s'il n'y avait pas Schengen nous pourrions mieux maîtriser la politique d'immigration. Tout cela est absurde.

Tout d'abord, je vous rappelle qu'aujourd'hui vous avez à Calais des migrants qui souhaitent se rendre en Grande-Bretagne qui n'est pas un pays qui se situe dans l'espace Schengen et que d'autres pays, à commencer d'ailleurs par celui-ci, accueillent beaucoup plus d'immigrés que la France.

Schengen est au contraire un espace de coopération qui est absolument indispensable si nous voulons apporter une réponse solide au problème migratoire.

Nous sommes absolument convaincus qu'il faut, non pas amoindrir mais renforcer aujourd'hui les coopérations européennes en matière de contrôle aux frontières, convaincus que nous avons besoin de renforcer en particulier l'Agence Frontex, les opérations en Méditerranée, mais aussi d'avoir une politique européenne commune pour la stabilité, pour le développement des pays de provenance et pour lutter contre les filières d'immigration clandestine.

En ce qui concerne le droit d'asile, parce qu'il y a souvent des confusions, cela relève d'autres accords, les accords de Dublin qui s'appliquent à tous les pays de l'Union européenne, y compris ceux qui ne sont pas dans l'Espace Schengen. Mais qu'il s'agisse des pays de cet Espace ou des autres pays de l'Union européenne pour lesquels s'appliquent les conventions de Dublin, chaque pays est maître de sa politique d'immigration et peut choisir d'accueillir plus ou moins d'immigrés selon des critères de regroupements familial, selon des critères économiques, et aussi selon des critères de rayonnement. C'est pourquoi nous accueillons des étudiants étrangers.

Comme l'a dit le président de la République, c'est une force pour la France d'être capable d'accueillir et d'intégrer des immigrés autour des valeurs de la République, mais cette immigration doit être contrôlée et maîtrisé et nous la maîtriserons plus en agissant en coopération avec nos partenaires européens.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 19 décembre 2014

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