Interview de Mme Carole Delga, Secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, à la consommation et à l'économie sociale et solidaire, à "France Info" le 23 décembre 2014, sur la consommation des ménages à la veille des fêtes de fin d'année, sur la taxe sur les surfaces commerciales et le travail le dimanche. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Carole Delga, Secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, à la consommation et à l'économie sociale et solidaire, à "France Info" le 23 décembre 2014, sur la consommation des ménages à la veille des fêtes de fin d'année, sur la taxe sur les surfaces commerciales et le travail le dimanche.

Personnalité, fonction : DELGA Carole, MUNOS Mathilde.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au commerce, à l'artisanat, à la consommation et à l'économie sociale et solidaire;

ti : MATHILDE MUNOS
L'invitée politique de FRANCE INFO ce matin, est Carole DELGA, chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire. Bonjour

CAROLE DELGA
Bonjour.

MATHILDE MUNOS
Vous revenez du marché de Rungis, on va parler de consommation en cette période de fêtes, mais d'abord, j'aimerais avoir votre avis sur ces attaques qui se sont multipliées ces derniers jours. Le gouvernement va se réunir ce matin, est-ce que vous savez s'il va prendre des mesures ?

CAROLE DELGA
Je pense que le gouvernement souhaite rassurer tout d'abord les Français, expliquer qu'il y a des actes qui sont liés à des problèmes plus psychiatriques, que du terrorisme, et surtout garder raison, et être très attentif bien sûr aux blessés, à leurs familles également, passer un message d'apaisement et de mobilisation des forces de l'ordre pour la sécurité des Français, un message de mobilisation mais un message rassurant.

MATHILDE MUNOS
Et vous, en tant que secrétaire d'Etat chargée du Commerce, est-ce que vous demandez aux élus locaux de prendre des mesures particulières pour protéger les gens qui font leurs courses ? C'était hier, sur le marché de Noël, que l'attaque a eu lieu.

CAROLE DELGA
En tant que secrétaire d'Etat au Commerce, je rappelle qu'au niveau du ministère de l'Intérieur, nous avons mis en place des dispositifs particuliers, par rapport aux risques de braquages au moment des fêtes, donc les forces de l'ordre sont mobilisées, elles sont plus nombreuses sur, par exemple, les tournées, il y a aussi des actions de sensibilisation, donc le dispositif étatique est en place est la sécurité des consommateurs est assurée.

MATHILDE MUNOS
Carole DELGA, vous revenez du marché de Rungis, hein, c'est le plus grand marché de frais au monde. Est-ce qu'on ressent la crise ou est-ce que les producteurs que vous avez croisés ce matin réussissent à vendre leurs produits ?

CAROLE DELGA
Les producteurs sont plutôt satisfaits des achats qui ont lieu à cette fin d'année. Rappeler que le marché de Rungis, c'est 1 200 entreprises, un chiffre d'affaires en progression, avec des variations d'un secteur à l'autre, mais globalement, ces fêtes s'annoncent plutôt bien, mais les producteurs, les grossistes sont prudents, et attendent le 31 décembre pour donner leur avis, mais c'est plutôt favorable, disons qu'en matière de gastronomie, les français sont au rendez-vous et consomment plus français.

MATHILDE MUNOS
Et ils ont acheté quoi ?

CAROLE DELGA
Alors, ils ont beaucoup acheté, par exemple, sur la truite fumée, également de la dinde…

MATHILDE MUNOS
Le classique.

CAROLE DELGA
Classique mais avec une connotation forte de produits en France.

MATHILDE MUNOS
Est-ce qu'ils font attention… ça veut dire que les Français, finalement, pendant les fêtes, on se dit, « allez, c'est un moment à part, tant pis on se fait plaisir et, voilà, on s'arrangera en janvier, avec les finances » ?

CAROLE DELGA
Sur la nourriture, clairement, les Français donnent toujours la priorité, nous sommes dans le pays de la gastronomie. Il y a après bien sûr, un aspect où ils sont très regardants sur l'ensemble des dépenses, par rapport à un pouvoir d'achat qui est contraint, mais la gastronomie est toujours privilégiée.

MATHILDE MUNOS
Et sur l'ensemble des dépenses, justement, la consommation globale, pendant les fêtes, les cadeaux, les jouets, est-ce que vous avez des chiffres ? Est-ce que là les chiffres sont en hausse ou stables ?

CAROLE DELGA
Alors, sur le budget global pour les dépenses liées aux fêtes de fin d'année, nous sommes plutôt à un budget global en baisse, de l'ordre de 4 %. En revanche, pour tout ce qui est nourriture, et ce qui est jouets, c'est une progression, il y aura certainement une progression de la vente de jouets de plus de 3 %, et là aussi, dans le jouet, c'est le made in France, c'est la création France qui va bénéficier de cette augmentation.

MATHILDE MUNOS
Des petites entreprises ou les grosses sociétés ?

CAROLE DELGA
Plutôt des petites entreprises, je pense en particulier à des fabricants de jouets dans le Jura, qui sont des entreprises de moins de 50 salariés, mais qui font des produits de qualité, avec beaucoup d'innovation et de création. Les Français recherchent une consommation qui a du sens.

MATHILDE MUNOS
Mais si la consommation globale baisse, alors que vous nous disiez que pour l'alimentation et les jouets ça augmente, on fait des économies sur quoi ?

CAROLE DELGA
On fait des économies sur tout ce qui concerne parfois, peut-être, le numérique, ou d'autres achats coup de coeur.

MATHILDE MUNOS
Pendant les fêtes aussi, il y a beaucoup d'attaques, les vols des camions, les attaques des entrepôts et tout, est-ce que vous avez déjà, là aussi, les chiffres ? L'année dernière les chiffres étaient hallucinants : 97 attaques par jour.

CAROLE DELGA
Pour l'instant, nous avons des chiffres qui sont plutôt à la baisse par rapport à l'année dernière, donc, bon, nous attendons les derniers jours du mois de décembre, avant, bien sûr, d'en parler, mais…

MATHILDE MUNOS
Il y a un dispositif particulier ?

CAROLE DELGA
Il y a un dispositif qui est particulier, qui est mis en place au niveau de la gendarmerie et de la police, d'une plus grande mobilisation, d'une sensibilisation aussi auprès des acteurs économiques, pour qu'ils puissent signaler la moindre suspicion ou la moindre inquiétude, donc nous arrivons à prendre en amont les problèmes et donc des faits qui sont en baisse.

MATHILDE MUNOS
Qu'est-ce que vous protégez en priorité ?

CAROLE DELGA
Alors, nous protégeons en priorité, alors vous me parliez de la sécurité des entreprises, mais la priorité des priorités c'est la sécurité des produits et c'est la sécurité des consommateurs, c'est-à-dire avec des contrôles de la Direction générale de la concurrence et de la consommation et des fraudes.

MATHILDE MUNOS
Ah là on est sur autre chose, on n'est pas sur les attaques ou les vols.

CAROLE DELGA
Ah non non, tout à fait, mais quand vous me demandez ce que l'on privilégie en matière de sécurité, c'est en premier la sécurité des consommateurs.

MATHILDE MUNOS
D'accord.

CAROLE DELGA
Après, sur les attaques ou les vols, ce sont bien sûr les biens, la protection des biens aux personnes, avec une surveillance forte par rapport aux vols à l'arrachée, et ensuite c'est les vols dans les entreprises qui ont de grandes quantités en stockage.

MATHILDE MUNOS
Carole DELGA, Michel-Edouard LECLERC, le patron des supermarchés du même nom, vous a interpellée la semaine dernière, alors lui il ne veut pas du tout de la prochaine hausse de la taxe sur les surfaces commerciales, il dit même que vous avez une politique de pure discrimination à l'égard de la grande distribution. Vous n'aimez pas la grande distribution ?

CAROLE DELGA
Nous aimons la grande distribution, comme nous aimons aussi le commerce de proximité. Je suis secrétaire d'Etat au Commerce, donc le commerce a des formes variées, mais la grande distribution a bénéficié du Crédit d'impôt compétitivité emploi, il a été décidé…

MATHILDE MUNOS
Il dit : « Tout ça c'est avalé depuis bien longtemps déjà ».

CAROLE DELGA
Non, ce n'est pas avalé depuis bien longtemps. Et puis il a été décidé que la TASCOM, la taxe sur les surfaces commerciales, serait augmentée, mais pour les très gros hypermarchés, donc il y a un effort qui est demandé, à ces trois gros hypermarché, qui ont des problèmes de rentabilité, qui sont quand même bien moindre que ceux des petits commerçants. Donc il est normal que le gouvernement soit attentif pour alléger les charges, en priorité, des petits commerces de proximité.

MATHILDE MUNOS
Alors, Michel-Edouard LECLERC, toujours, dit qu'au final, ce sont les consommateurs qui vont payer, parce qu'il y aura forcément un effet sur les prix et il y aura aussi plusieurs milliers de suppressions de postes.

CAROLE DELGA
Non, je ne pense pas, il a un mouvement d'humeur, Georges PLASSAT, par exemple, de CARREFOUR ou Serge PAPIN de SUPER U, ne tiennent pas du tout les mêmes propos.

MATHILDE MUNOS
Et vous assez vérifier qu'effectivement il n'y aura pas d'effet sur les prix, et que finalement ce sont les supermarchés qui vont devoir absorber ça en réduisant leurs marges ?

CAROLE DELGA
Nous serons attentifs, et bien entendu je suis à l'écoute de Michel-Edouard LECLERC, et on peut se rencontrer s'il le souhaite.

MATHILDE MUNOS
C'est un secteur qui a les épaules suffisamment solides pour supporter cette taxe ?

CAROLE DELGA
Pour ces hypermarchés qui vont être concernés, oui, ils peuvent la supporter.

MATHILDE MUNOS
Carole DELGA, il y a un autre sujet d'actualité qui vous concerne directement, c'est le travail le dimanche. Vous soutenez, vous cette ouverture à 12 dimanches ouverts, dans le projet de loi ?

CAROLE DELGA
Alors, rappelez tout d'abord que le travail le dimanche reste une exception, que nous souhaitons permettre le travail le dimanche dans des zones très particulières, des zones où il y a une forte fréquentation touristique, l'extension à 12 dimanches, je pense que c'est un point qui sera débattu avec les parlementaires, donc…

MATHILDE MUNOS
Mais vous, votre avis.

CAROLE DELGA
Moi, à mon avis, je pense qu'il faut rester toujours raisonnable, mais avant tout, il faut que ces zones où le travail du dimanche est autorisé, soient très limitées et soient liées à une forte fréquentation touristique, pour ne pas déstabiliser le commerce de proximité.

MATHILDE MUNOS
Et quand ce n'est pas très touristique, finalement, on reste à 5, c'est pas plus mal.

CAROLE DELGA
Tout à fait.

MATHILDE MUNOS
Carole DELGA, est-ce que vous avez envie de devenir présidente de la super région qui va naitre de la fusion entre Midi-Pyrénées et le Languedoc- Roussillon ?

CAROLE DELGA
Alors, chaque chose en son temps. On va attendre les décisions de Martin MALVY et de Damien ALARY, et puis après nous en discuterons, entre militants, au sein du Parti socialiste. Donc, pour l'instant, nous ne sommes pas dans ce tempo là, nous sommes dans le tempo du travail, au sein du gouvernement, pour soutenir le commerce et l'artisanat.

MATHILDE MUNOS
Ce n'est pas incompatible, on peut y penser en travaillant.

CAROLE DELGA
On peut y penser, mais la décision n'est pas prise, elle sera prise en interne, avec les militants en premier.

MATHILDE MUNOS
En tout cas, vous ne fermez pas la porte.

CAROLE DELGA
Je ne ferme pas la porte, parce que c'est un débat que nous mènerons collectivement, et j'attendrai les décisions, comme je l'ai indiqué, de Martin MALVY et de Damien ALARY.

MATHILDE MUNOS
Carole DELGA, secrétaire d'Etat chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire, vous étiez l'invitée politique de FRANCE INFO.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 décembre 2014

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