Interview de M. Stpéhane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroaliementaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France Inter" le 23 décembre 2014 sur les agressions à Joué-les-Tours, Dijon et Nantes, sur le mouvement de grève chez les médecins généralistes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stpéhane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroaliementaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France Inter" le 23 décembre 2014 sur les agressions à Joué-les-Tours, Dijon et Nantes, sur le mouvement de grève chez les médecins généralistes.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, DUVIC Bruno.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : RUNO DUVIC
Trois agressions en trois jours à Joué-lès-Tours, Dijon, Nantes, agression de policiers dans le premier cas, des véhicules qui foncent volontairement dans la foule dans les deux autres cas, est-ce que vous faites le moindre lien entre ces trois événements ?

MONSIEUR LE MINISTRE STEPHANE LE FOLL
D’abord, j’aurais une pensée au nom du gouvernement pour toutes les victimes parce que c’est quand même à elles qu’il faut qu’on adresse notre solidarité. Deuxième point, dans ces affaires il faut qu’il y ait la transparence. Il y a à Joué-lès-Tours clairement des signes qui indiquent que ce qui s’est passé est lié à des entreprises ou une entreprise terroriste avec une identification idéologique derrière. Sur les deux autres événements, les procureurs de la République se sont exprimés. Pas de lien entre eux, en même temps une inquiétude générale et une enquête qui conduit à des personnalités qui, pour le moins, sont plus que perturbées. A partir de là, pour ce qui concerne le gouvernement il y a trois choses. La première, c’est de rappeler que sur la question du terrorisme, la lutte est implacable. Elle a été décidée et elle est poursuivie avec détermination. Des lois ont été votées sur ce sujet, le gouvernement l’a dit, le Premier ministre l’a dit : on est dans une lutte implacable. La deuxième, je l’ai dit, c’est la transparence. Etre capable de discerner les choses, d’éviter de faire des amalgames. Je crois que les Républicains peuvent et doivent se retrouver sur ce sujet. Le troisième point, c’est refuser les amalgames et les stigmatisations.

BRUNO DUVIC
La transparence, est-ce que ça peut être de dire par exemple que les procureurs, que ce soit à Dijon ou à Nantes, on parlé très rapidement au risque peut-être que l’histoire soit un peu plus compliquée ? la suite du fil de l’enquête ?

STEPHANE LE FOLL
Je pense que les procureurs ont parlé parce qu’ils avaient des informations à donner et il est très important que la justice se saisisse vite de cette affaire, de ces affaires quelles qu’elles soient pour donner des informations factuelles et éviter ce que peuvent être des commentaires qui réinterprètent ce qui se passe. Je pense que c’est très bien que la justice s’exprime et s’exprime vite pour donner des éléments. Je l’ai dit, la transparence fait partie de ce que nous devons aux Français. En même temps, elle est nécessaire et il faut qu’on soit capable de la maîtriser pour éviter, je le disais, toutes ces interprétations qui peuvent aller et nous emmener sur des terrains où on ne doit pas aller, où on refusera d’aller.

BRUNO DUVIC
Pas le moindre doute sur le fait, que ce soit à Dijon ou à Nantes, qu’il s’agit d’actes de déséquilibrés et d’actes isolés ?

STEPHANE LE FOLL
Pas de doute aujourd'hui, si jamais il y avait des révélations de l’enquête. Non, pas de doute.

BRUNO DUVIC
Mais s’il y avait des révélations de l’enquête, ce serait la transparence.

STEPHANE LE FOLL
Pas de doute, les procureurs ont été très clairs. Entre ce qui s’est passé à Dijon avec un personnage qui a plus de cent visites dans le domaine psychiatrique et ce qui s’est passé à Nantes aujourd'hui sans aucun revendication exprimée, ni de lien avec quiconque, voilà les faits. C’est ce qui s’est passé.

BRUNO DUVIC
Le ton est difficile à trouver. “Sang froid? dit le ministre de l’Intérieur et vous-même, vous parlez de grande inquiétude ce matin dans le contexte général. L’équilibre est difficile à trouver.

STEPHANE LE FOLL
Bien sûr qu’il est difficile parce qu’on comprend parfaitement l’inquiétude des Français, et en même temps on doit montrer la détermination qui est la nôtre. Je l’ai dit sur le terrorisme et sur la lutte contre le radicalisme avec la mort au bout.

BRUNO DUVIC
Ça s’illustrera comment à l’occasion de la réunion à Matignon ce matin, la détermination ?

STEPHANE LE FOLL
Ça nous permettra de faire un point sur l’ensemble de ces faits. On pourra regarder, on pourra envisager à partir de là les lignes et les choix qu’on devra faire de manière globale, puisqu’il y a plusieurs ministres qui sont là, et avec les directeurs généraux de la police et de la gendarmerie, puis d’adapter et de dire de manière très claire qu’on est déterminé.

BRUNO DUVIC
Adapter, ça veut dire peut-être plus de policiers, plus de forces de l’ordre, plus de moyens pour le Renseignement ?

STEPHANE LE FOLL
Je n’ai pas de décision à dire ce matin. Il y a une réunion qui aura lieu à Matignon mais ça reviendra au Premier ministre.

BRUNO DUVIC
Dernière question sur ce point, puis on verra s’il y a des questions d’auditeurs. Où est la frontière entre le geste d’un déséquilibré qui relève de la psychiatrie et qui peut saisir une actualité comme un prétexte, et une attaque terroriste caractérisée ? La frontière peut-être grise par moment.

STEPHANE LE FOLL
La frontière est dans la détermination des mobiles. Qu’est-ce qui s’est passé et pourquoi ç’a été fait. Je l’ai dit de manière très claire et transparente. A Joué-lès-Tours, il est clair qu’il y a des liens avec ce qu’on appelle cette mouvance terroriste, donc c’est le parquet antiterroriste. Sur Dijon, on constate, et je le répète, que ce personnage a des problèmes psychologiques depuis très longtemps.

BRUNO DUVIC
Je crois qu’il est suivi depuis 2001.
STEPHANE LE FOLL

Depuis 2001 et avec une centaine de passages en hôpital psychiatrique, avec des médicaments. Et sur Nantes, on a dit –c’est le ministre de l’Intérieur et la procureure- que c’était une personne isolée malheureusement qui a fait cet acte. Voilà, transparence, en même temps clarté et sang froid parce que je pense qu’il faut garder son sang froid, ne pas céder à la panique.

BRUNO DUVIC
Est-ce que vous comprenez le mouvement de grève à partir d’aujourd'hui chez les médecins généralistes ?

STEPHANE LE FOLL
Je comprends. A la fois j’entends, je sais aussi que Marisol TOURAINE a donné un certain nombre d’instructions qui sont aujourd'hui analysées par les grévistes pour répondre aux inquiétudes qui sont les leurs.

BRUNO DUVIC
Sur le tiers-payant en particulier.

STEPHANE LE FOLL
Ce n’est pas la même chose, la question des urgentistes et le tiers-payant.

BRUNO DUVIC
On parle des généralistes.

STEPHANE LE FOLL
Alors si c’était des généralistes, je considère là qu’il y a un débat. D’abord parce qu’en Europe, il y a beaucoup de pays qui ont fait le choix du tiers-payant. Deuxième point majeur pour moi, et je n’entends pas assez de gens défendre cette idée, cette belle idée, c’est que vingt-cinq pourcent des Français aujourd'hui retardent leurs soins ou retardent leur visite au médecin parce qu’ils ne peuvent pas payer.

BRUNO DUVIC
Donc le tiers-payant est une avancée sociale que vous défendrez jusqu’au bout.

STEPHANE LE FOLL
Bien sûr, que je défends jusqu’au bout. Après, il faut trouver les moyens, il faut éviter que les médecins ne soient surchargés sur un certain nombre d’actes administratifs.

BRUNO DUVIC
Il peut y avoir un guichet unique, un interlocuteur unique pour simplifier le dialogue entre les médecins et la Sécu ?

STEPHANE LE FOLL
Je pense qu’il faudra simplifier les choses mais sur la question du tiers-payant, il ne peut pas être accepté de reculer sur un choix qui est fait qui est un choix d’accès de tous à la santé, et donc c’est un choix de santé publique.

BRUNO DUVIC
Les urgentistes, grève finie ou quasiment ?

STEPHANE LE FOLL
La discussion est en cours et donc moi, je ne veux préjuger de rien mais Marisol TOURAINE a indiqué qu’elle avait donné des instructions justement pour répondre aux inquiétudes des urgentistes.

BRUNO DUVIC
Ils auront des heures sup’ au-delà de trente neuf heures ?

STEPHANE LE FOLL
C’est ce qui doit être en discussion et qui a été proposé par la ministre de la Santé.

BRUNO DUVIC
Ce serait une bonne sortie.

STEPHANE LE FOLL
En tout cas, les urgences sont un sujet déjà depuis longtemps qu’il faut qu’on arrive à traiter de bonne manière. Dans cette grève étaient exprimées un certain nombre d’attentes et Marisol TOURAINE a considéré qu’il y avait nécessité de faire des propositions. C’est ce qu’elle a fait au travers des instructions et du courrier qu’elle a envoyé aux grévistes.

BRUNO DUVIC
Les autoroutes, si le contrat de concession doit être dénoncé c’est avant le 31 décembre. Il reste huit jours. On n’en prend clairement pas le chemin.

STEPHANE LE FOLL
Sur cette question des autoroutes, à la fois il y a beaucoup de choses qui ont été mises sur la table, des rapports ont été déposés, le Parlement s’est saisi de cette question. Il faut être à la fois efficace sur l’objectif et en même temps ne pas s’engager sur des terrains qui pourraient être plus compliqués à mettre en oeuvre. On a déjà eu ce qui s’est passé avec l’écotaxe décidée par le gouvernement précédent. On a à gérer cette privatisation des autoroutes décidée par le gouvernement précédent.

BRUNO DUVIC
En 2006.

STEPHANE LE FOLL
Il faut que cette fois-ci à chaque fois, on fasse prévaloir, et pour moi c’est essentiel, l’idée de l’intérêt général.

BRUNO DUVIC
Mais il représente quoi l’intérêt général en l’occurrence ? C’est de ne pas dépenser les vingt milliards que coûterait la dénonciation d’un contrat ?

STEPHANE LE FOLL
Je pense qu’il faut faire très attention à la manière dont effectivement on gère financièrement cette question, parce qu’on n’est pas dans une situation où les milliards sont disponibles comme ça. Il faut donc être à la fois rigoureux, efficaces et porter l’intérêt général.

BRUNO DUVIC
On ne va pas vers la résiliation des contrats de concession.

STEPHANE LE FOLL
Je n’en sais rien, on verra.

BRUNO DUVIC
Il y aura des contreparties ? pas de hausses des tarifs ?

STEPHANE LE FOLL
Il y a tout à discuter, tout est sur la table. Les principes pour moi sont clairs : faire prévaloir l’intérêt général et être sérieux dans la manière dont on va gérer cette question parce que, je le dis, budgétairement on n’a pas des milliards d’euros.

BRUNO DUVIC
Message reçu. 01 45 24 7000, franceinter.fr, Twitter et le mot-clef #interactiv pour vos questions, vos témoignages devant le ministre de l’Agriculture Stéphane LE FOLL, porte-parole du gouvernement, notamment si vous êtes agriculteur et que vous voulez vous adressez à lui après la revue de presse dans quelques minutes.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 décembre 2014

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