Déclaration de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur le logement et les résidences étudiantes, le CROUS et l'aide sociale étudiante, Lyon le 19 décembre 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur le logement et les résidences étudiantes, le CROUS et l'aide sociale étudiante, Lyon le 19 décembre 2014.

Personnalité, fonction : VALLAUD-BELKACEM Najat.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

ti :

Nous venons de visiter deux chambres de la nouvelle résidence Burgeaud et je dois dire que je suis impressionnée par la beauté de ce lieu. Cela donnerait presque envie de redevenir étudiant ! Merci à Jordane et à Youssra d'avoir accepté de nous accueillir dans leur intimité pour nous permettre d'appréhender de manière concrète le quotidien d'un étudiant dans cette toute nouvelle résidence de 69 places.

69 places, un beau clin d'œil au numéro du département du Rhône…

J'ai tenu aujourd'hui à être présente non pas seulement parce que je suis profondément attachée à cette ville et à ce territoire –cela, vous le savez déjà- je connais bien le 6ème arrondissement de Lyon ! Si je suis ici, c'est aussi parce que l'inauguration de cette nouvelle résidence illustre parfaitement le changement de politique à l'œuvre en matière de logement étudiant depuis plus de 2 ans, et les efforts particuliers faits pour l'académie de Lyon qui, disons-le, en avait fort besoin.

Le logement, pour un étudiant, est essentiel car c'est à la fois la condition de son autonomie, de son bien-être et de sa réussite.

La condition de son autonomie, parce que les études supérieures correspondent souvent à la première étape de la décohabitation entre un jeune et sa famille. Premier pas vers l'indépendance, proche du rite initiatique, c'est le moment où un jeune apprend à gérer et organiser sa vie de manière autonome. Le sociologue François Dubet l'avait d'ailleurs fort bien montré dans ses travaux, ce moment de la décohabitation constitue aussi, parfois de manière moins évidente, la première expérience de la solitude. C'est ce que Dubet appelait très élégamment « l'épreuve de la personnalité » : le moment où un étudiant, à l'entrée dans la vie universitaire, construit son parcours non pas seulement en fonction de ses capacités scolaires, mais aussi en fonction de sa capacité à s'adapter à cette nouvelle vie solitaire, sans la présence de ses parents ou de ses proches au quotidien.

Le logement, c'est également la condition du bien-être d'un étudiant. Ceux présents parmi nous ne me démentiront pas, et les anciens étudiants que nous sommes ont gardé ces souvenirs en mémoire : dans sa chambre, son studio ou son appartement, un étudiant fait tout à la fois. Il travaille ; il reçoit ; il se repose. Parfois même davantage… Il y passe en tout évidence un temps considérable. D'où la nécessité de penser des logements étudiants dans lesquels les jeunes se sentent bien, dans lesquels ils se sentent chez eux, et non pas dans une situation provisoire.

Et rappelons-le, le logement est une condition de la réussite des étudiants. C'en est même un facteur majeur. D'abord parce qu'ils y consacrent une partie importante de leurs ressources : le logement représente environ 55% des ressources d'un étudiant autonome. Ensuite parce que, cela va de soi, le contexte dans lequel un jeune travaille a bien évidemment un impact sur ses chances de réussite. Il est sans aucun doute plus facile de réussir en vivant dans une jolie chambre de la résidence Bugeaud qu'en demeurant dans un logement à la salubrité douteuse. La preuve en est qu'il y a 4 ans, l'Université de Lyon avait commandité une étude sur les jeunes ayant demandé un logement CROUS mais n'ayant pas pu en bénéficier. Cette étude a révélé que 34% de ses jeunes estiment que leur non-admission au CROUS a eu une influence négative sur leurs études.

Nous venons de le voir, la résidence Bugeaud du CROUS tient compte de l'ensemble de ces facteurs. Elle a été pensée pour permettre à chaque jeune de se sentir autonome, de se sentir bien et de vivre dans des conditions idéales pour réussir ses études.

Cette résidence Bugeaud était d'autant plus nécessaire que Lyon accusait un retard notable en matière de logement étudiant universitaire.

Ce retard, je le signale, n'était pas lié à l'engagement des collectivités locales, mais aux difficultés rencontrées par de manière plus générale par l'Etat d'alors.

Souvenons-nous des difficultés à trouver du foncier.

Souvenons-nous de la coordination parfois difficile entre les acteurs.

Souvenons-nous de la volonté politique qui, exprimée au niveau national, se délitait parfois au fur et à mesure que l'on se rapprochait de la gestion concrète des projets.

Ce n'est pas moi qui le dis : ce sont les rapports Anciaux successifs sur le logement étudiant. Rapports dont il ressort qu'avec l'Ile-de-France et Toulouse, l'académie de Lyon était le point noir du parc CROUS en France, alors même qu'elle comptait bien plus d'étudiants boursiers que nombre de régions, ceux-là même auxquels ces logements du CROUS sont destinés ! En 2011, le logement social universitaire (CROUS) ne couvrait, à Lyon, que 5% de la population étudiante, contre 8,5% au niveau national.

Le Schéma de Développement Universitaire (SDU) finalisé entre le Grand Lyon et l'Université de Lyon, en concertation avec les communes et l'ensemble des partenaires impliqués dans l'enseignement supérieur, a conduit à réaffirmer un objectif de production 1000 logements par an d'ici 2020, dont 30% dans le parc social. Félicitations pour cette démarche collective.

L'émergence d'une offre de logement étudiant universitaire plus étoffée ne peut que renforcer l'attractivité de la métropole lyonnaise et celle de ses établissements d'enseignement supérieur.

Cela est d'autant plus vrai si chaque projet que vous menez conduit à d'aussi beaux résultats que cette nouvelle résidence !

La résidence Bugeaud est un symbole de la considération que nous portons aux étudiants de ce pays.

Elle est un symbole de la capacité de l'Etat et de la Région à s'accorder et à porter ensemble une programmation dans le cadre du CPER, le contrat de plans État-Région.

Elle est un symbole de la possibilité de produire des logements étudiants qui soient à la fois beaux et financés en Prêt Locatif Social (PLF).

La résidence Bugeaud est un symbole, surtout, de la politique active menée par ce gouvernement en matière de logement étudiant universitaire.

Nous avons depuis 2012 pris des décisions importantes et apporté des changements considérables pour améliorer les conditions de vie des étudiants, notamment en matière de logement.

Trop peu d'étudiants avaient accès à une bourse ? Nous en avons créé 77 500 supplémentaires. Ce sont autant de moyens en plus pour permettre aux étudiants concernés de financer leur logement.

Les étudiants rencontraient des difficultés pour trouver un garant au moment de se loger ? Nous avons expérimenté, puis généralisé la caution locative étudiante, pour tout étudiant de moins de 28 ans qui recherche un logement et ne dispose pas de garant.

La France manquait cruellement de logements étudiants ? Nous avons bâti le « plan 40 000 ». C'est la feuille de route que le Président de la République nous a fixés, dans le cadre de la priorité qu'il souhaite donner à la jeunesse. 40 000 constructions nouvelles de logements sociaux étudiants d'ici 2017, c'est-à-dire 8 000 logements par an. C'est un rythme soutenu, car les difficultés liées notamment à l'absence de foncier n'ont pas disparu. Mais c'est à la hauteur des ambitions et des vœux de réussite que nous formons pour nos jeunes.

Bien sûr, il ne suffit pas se fixer des objectifs ambitieux pour qu'ils se concrétisent. Nous en sommes pleinement conscients. Nous avons demandé à Marc Prévôt de recenser les opérations pouvant contribuer à cet objectif de 40 000. Grâce à ce travail de recensement, 42 916 nouvelles places ont été identifiées comme pouvant être livrées avant le 31 décembre 2017, dont 30 000 logements CROUS. Je ne parle pas là de promesse ni d'horizon inatteignable, mais d'un objectif opérationnel concret.

Si l'ensemble des acteurs se mobilise pour tenir le calendrier, pour débloquer les opérations qui le nécessitent, avec un sens des responsabilités partagé, cet objectif est atteignable. En 2014, bien qu'il soit encore trop tôt pour tirer un bilan définitif, 8130 places devraient être livrées.

Pour s'assurer de cette mobilisation, le gouvernement s'est doté d'une méthodologie nouvelle, autour du Préfet de Région et des Recteurs d'académie. Une instance de pilotage a été mise en place localement pour organiser la mutualisation des informations sur l'offre existante et piloter la production des logements pour les étudiants.

Les fins connaisseurs du logement social que vous êtes savent également que les modalités de financement des logements étudiants ont un impact direct sur le prix de location et donc sur les jeunes susceptibles d'accéder à ces logements. Dans le cadre du « plan 40 000 », les opérations identifiées bénéficient dans une large mesure des prêts aidés de l'Etat.

Je le sais, le CROUS de Lyon/Saint-Etienne et les collectivités locales du territoire sont très impliquées dans le plan « 40 000 » et contribuent activement à l'objectif global fixé pour l'académie. Je les en remercie très chaleureusement.

Plusieurs nouvelles résidences ont ouvert leurs portes à la rentrée universitaire 2014. Cette résidence Bugeaud, bien sûr, mais aussi la résidence rue Jean Jaurès à Villeurbanne -d'une capacité élevée puisqu'elle permet d'accueillir 210 étudiants – et la résidence Aimé Césaire de Saint-Priest, qui offre de son côté 134 places supplémentaires au parc étudiant, sans compter la transformation complète de la résidence Lirondelle-Château de la Buire, qui devient une résidence universitaire doublée d'une résidence hôtelière internationale pour les enseignants-chercheurs étrangers.

En 2015, 419 places supplémentaires seront créées dans trois nouvelles résidences réparties à Lyon et à Saint-Etienne. Certaines résidences proposeront même de la co-location pour faciliter la socialisation des étudiants.


Que de beaux projets pour l'académie de Lyon, donc ; projets qui, j'en forme le vœu devant vous, nous permettront collectivement d'atteindre l'objectif que nous nous fixons pour accompagner au mieux les jeunes étudiants : celui de les aider à aller le plus loin possible dans leurs études, parce que nous le savons, le diplôme continue à jouer un rôle déterminant dans l'insertion professionnelle des jeunes. Donnons les moyens aux jeunes de ce pays de réussir et d'étudier dans de bonnes conditions ! Donnons les moyens aux jeunes qui choisissent d'étudier à Lyon ! Mobilisons-nous pour tenir les objectifs fixés par le Plan 40 000. Je reviendrai en 2016, en 2017, et j'espère qu'à chacune de ces occasions nous pourrons faire le constat, ensemble, que chacun d'entre nous a fait le nécessaire pour produire les logements étudiants que tant de jeunes, tant de jeunes appellent de leurs vœux.


Source http://www.najat-vallaud-belkacem.com, le 31 décembre 2014

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