Point de presse de M. François Hollande, Président de la République, sur la politique de la ville, à Boulogne-sur-Mer le 16 décembre 2014. | vie-publique.fr | Discours publics

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Point de presse de M. François Hollande, Président de la République, sur la politique de la ville, à Boulogne-sur-Mer le 16 décembre 2014.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Déplacement renouvellement urbain - Politique de la ville, à Boulogne-sur-Mer et Lens (Pas-de-Calais), le 16 décembre 2014

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QUESTION – Quel est votre message aux habitants ?

LE PRESIDENT – Ils doivent avoir la fierté d'appartenir à la communauté nationale et, en même temps, se dire que leur quartier doit être pleinement reconnu par la République, c'est-à-dire pleinement renouvelé. C'est l'avenir. Cela a été l'avenir dans les années 1960, quand on a construit ces cités.

Aujourd'hui, on doit apporter, non seulement la rénovation du bâti (c'est très important, on voit bien qu'il y a du travail à faire), mais on doit aussi renouveler l'activité économique, sociale, culturelle, éducative... Vous voyez le travail est fait dans cette école, située dans le quartier, à travers les rythmes scolaires. On a pensé que les rythmes scolaires étaient détachés de la vie d'un quartier… Non au contraire, ils y participent ! Ces enfants vont réfléchir sur l'avenir de leur ville, la redessiner…

Ce que nous avons à apporter, ce qui a été décidé, c'est 5 milliards sur plusieurs années pour que cela puisse déclencher 20 milliards d'investissement ; non seulement pour améliorer le cadre de vie, mais aussi pour tenir compte des besoins des habitants, amener du service public, de l'emploi… Parce que s'il n'y a pas d'emploi, ces quartiers-là, ces villes-là, seront toujours en doute par rapport à leur avenir.

QUESTION – Quelles sont les missions de l'Etat ?

LE PRESIDENT – Le premier devoir que l'Etat doit accomplir, c'est l'école. En même temps que nous redessinons les quartiers prioritaires, nous redessinons aussi l'éducation prioritaire. Là, on doit mettre encore plus de moyens pour que les jeunes de ces quartiers puissent avoir plus de chance pour réussir leur vie. C'est le premier service public.

Il y a ensuite tout ce qui est le service public de l'emploi que nous devons amener ici. On s'aperçoit que les emplois sont créés quand le quartier est rénové. L'exemple de Boulogne en est la preuve : quand on rénove un quartier, des entreprises s'y installent, des commerces y reviennent. On va donc faire en sorte que les commerces – qui seront dans ces quartiers de la politique de la ville – puissent avoir des exonérations de cotisations sociales, des incitations pour poursuivre leur activité (lorsqu'ils y sont déjà installés) et y investir de nouveau.

Enfin, on s'aperçoit que des médecins et des professions de santé – qui étaient réticents jusqu'à présent pour venir ou pour rester ici – pourront être encouragés avec la rénovation. La rénovation, c'est le renouvellement, c'est faire en sorte que ces quartiers vivent, non seulement dans un cadre rebâti, renouvelé, repensé, mais avec des emplois et des activités.

QUESTION – Quand ils seront en âge, ces enfants, y aura-t-il des emplois pour eux ?

LE PRESIDENT – J'espère avant ! Si on attend que ces enfants…Vous avez vu l'âge qu'ils ont ? Ils sont en CP ou en CE1… On ne va pas attendre qu'ils arrivent en terminale pour leur proposer un avenir ! C'est d'abord aux jeunes d'aujourd'hui que je pense, pas simplement aux jeunes de demain ou d'après-demain.

Les jeunes de demain et après-demain, il faut qu'ils aient confiance, il faut qu'ils se disent qu'ils vont avoir des meilleures conditions pour réussir leur vie. C'est cela notre devoir. Je l'ai toujours dit dans ce quinquennat : la jeunesse doit être prioritaire. La jeunesse doit dire aux adultes qu'elle a des droits et, en même temps, montrer qu'elle a confiance dans son pays.

QUESTION – Cette semaine, après votre discours sur l'immigration, votre déplacement est un autre marqueur de gauche ?

LE PRESIDENT – Ce n'est pas une semaine, c'est un quinquennat que l'on doit organiser autour de l'égalité, autour de la réussite. Nous avons bien sûr des mesures sur le plan économique. C'est ce que j'ai moi-même engagé depuis deux ans et demi.

Mais nous devons aussi faire que l'économie soit au service de la cité, que l'égalité entre tous les Français soit reconnue, que les enfants de ceux qui sont venus ici pour travailler puissent avoir le même destin que celui que nous préparons pour tous les autres. Et puis nous devons construire des villes nouvelles, faire en sorte que nous puissions, sur l'éducation, apporter toutes les conditions de la réussite.

Oui, c'est autour de l'égalité que nous devons construire le pays. Merci beaucoup.

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