Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 6 janvier 2015, sur le mouvement de grève chez les médecins contre le projet de loi santé et la fronde contre le projet de loi Macron. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "France 2" le 6 janvier 2015, sur le mouvement de grève chez les médecins contre le projet de loi santé et la fronde contre le projet de loi Macron.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, SICARD Roland.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : INTERVENANTE
TELEMATIN continue avec AKENA Vérandas.

WILLIAM LEYMERGIE
Et avec « LES 4 VERITES » que voici, c'est Roland SICARD ce matin qui reçoit le porte-parole du gouvernement, Stéphane LE FOLL.

ROLAND SICARD
Bonjour à tous, bonjour Stéphane LE FOLL…

STEPHANE LE FOLL
Bonjour.

ROLAND SICARD
Porte-parole du gouvernement, proche parmi les proches de François HOLLANDE, on va revenir…

STEPHANE LE FOLL
Sur ce qu'il dit !

ROLAND SICARD
Sur sa rentrée politique. Mais d'abord un mot de la grève des médecins qui se durcit, ils refusent le projet de loi de Marisol TOURAINE sur la santé, est-ce que ce projet peut-être modifié pour trouver un compromis ?

STEPHANE LE FOLL
On doit écouter ! Mais, en même temps, le tiers-payant c'est un progrès pour tous les patients et, ça, c'est un engagement qui a été pris dans le cadre de la préparation et de la présentation de cette loi, j'ai d'ailleurs noté qu'un certain nombre de syndicalistes, d'associations de patients de malades revendiquent le fait qu'on mette en place le tiers-payant et - je l'ai dit – c'est un progrès pour tous les patients. A partir de là, il faut aussi qu'on soit capables d'écouter ce que disent les médecins, ça ne peut pas être…

ROLAND SICARD
Eux, ils disent : « il faut réserver le tiers-payant à ceux qui vraiment ne peuvent pas faire l'avance des soins».

STEPHANE LE FOLL
Mais ce qui existe déjà ! Il y a déjà un tiers-payant qui existe, il s'agit d'étendre le tiers-payant, c'est-à-dire de faire en sorte que l'accès à la santé ne soit en aucun cas limité par l'idée qu'on aurait des avances à faire en espèce ou en liquide lorsqu'on va voir le médecin, c'est avoir une relation patient-médecin sur l'essentiel qui est la question de la santé et une gestion qui est à partir de là déléguée avec la paiement au niveau de la Sécurité Sociale - faut-il que dans l'administration de l'ensemble du dispositif on trouve les bons moyens et les bons outils - mais l'objectif, le tiers-payant, c'est de faire faire un progrès aux patients dans la relation avec les médecins.

ROLAND SICARD
Mais il faut sortir de la crise ?

STEPHANE LE FOLL
Bien sûr !

ROLAND SICARD
Qu'est-ce que le gouvernement peut faire comme concession ?

STEPHANE LE FOLL
Personne n'a intérêt à laisser penser qu'on s'installerait dans une crise et que ça satisferait qui que ce soit, ça ne satisfait personne.

ROLAND SICARD
Donc, on négocie sur quoi ?

STEPHANE LE FOLL
On négocie - mais Marisol TOURAINE va rencontrer je crois les syndicats de médecins - on négocie sur la manière dont on le met en oeuvre. Qu''est-ce qui pose problème ? Il y aurait, d'après ce que disent les médecins, un problème administratif, bon, il faut qu'on trouve des éléments pour régler ce problème. Alors après j'ai bien vu que chez certains c'était un problème carrément de conception, c'est-à-dire qu'ils refusent l'idée qu'il puisse y avoir comme ça aucune avance qui soit faite ou aucun paiement qui soit fait par les malades et que le paiement se fait par la Sécurité Sociale, ça c'est un sujet de fond, mais celui-là ce n'est pas ce qui a été mis en avant jusqu'ici. Mais je le dis, c'est un progrès pour les patients, donc il faut tout faire pour mettre en oeuvre le tiers-payant mais le faire en respectant et en écoutant ce que disent les médecins.

ROLAND SICARD
La rentrée politique de François HOLLANDE, on en disait un mot tout à l'heure, est-ce que vous avez le sentiment qu'il pense qu'il peut encore redresser la situation, présenter un bilan honorable en 2017, à la fin du quinquennat ?

STEPHANE LE FOLL
Le bilan, selon votre formule, c'est l'idée simplement que : est-ce que, en responsabilité, on a tenu un engagement qui avait été celui de la campagne, redresser économiquement un grand pays comme le nôtre, redonner confiance, le tout dans la justice ? C'est ça le bilan !

ROLAND SICARD
Ce qui n'avait pas été dit c'était le virage social-libéral qui est bien engagé maintenant et qui est assumé ?

STEPHANE LE FOLL
Alors le virage, comme vous l'avez appelé, porte sur un vrai sujet, c'est le Pacte de responsabilité ou même le Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi. Dans les grandes propositions de François HOLLANDE, à l'époque de la primaire, il y avait un pacte productif, avait déjà été identifiée la question de la production industrielle, agricole et il y a eu le Crédit d'Impôt et le Pacte de responsabilité, ça c'est un choix qui s'est imposé compte tenu du fait que ce qu'on a constaté – moi le premier – dans l'industrie, c'était une déliquescence du tissu industriel, une perte de compétitivité. Alors, de deux choses l'une, ou on dit : « on ne veut pas regarder, ce n'est pas ça le sujet », c'est le sujet, il faut faire ça pour redresser l'économie de la France, et puis ensuite c'est préserver un modèle social et on vient de discuter du tiers-payant, avec la pénibilité ce sont des engagements sur la justice et sur des droits qui sont offerts, nouveaux, et ça c'est très important aussi.

ROLAND SICARD
Et vous faites confiance aux patrons pour embaucher, pour investir en contrepartie des baisses de charges ?

STEPHANE LE FOLL
Il faut être aussi là extrêmement clair ! Je fais confiance à la négociation, ça c'est sûr, elle a déjà montré que dans huit ou neuf branches on avait engagé des négociations sur la base du Pacte de responsabilité, ça concerne huit, neuf, dix millions de salariés, oui je fais confiance à la négociation entre partenaires sociaux : patronat, syndicats ; et il est temps d‘ailleurs, ça c'est un changement profond, il est temps que dans notre pays cette idée du dialogue social s'impose, elle doit s'imposer, elle s'est imposée, c'est un vrai progrès.

ROLAND SICARD
La loi MACRON, elle est critiquée à gauche notamment, beaucoup de socialistes la trouvent trop libérale, est-ce que c'est une loi qui va trouver une majorité ?

STEPHANE LE FOLL
C'est une loi qui trouvera une majorité, parce qu'il y a un débat qui s'engage, ça j'en suis persuadé, on m'a déjà posé la question dix fois sur le budget, sur les lois de finance : alors, est-ce que vous avez trouvé une majorité ? Il y aura une majorité ! C'est une loi qui est en débat et le débat commence la semaine prochaine, donc il y a déjà justement des discussions à avoir. Mais c'est une loi - et le président de la République l'a dit – qui n'est pas la loi du siècle, c'est une loi qui s'inscrit dans une démarche qui donne une volonté de donner un coup d'accélérateur, de jeune - comme l'a dit le président de la République – dans une économie, dans des professions qui étaient réglementées et ce n‘est pas...

ROLAND SICARD
Ce n'est pas une loi de droite ?

STEPHANE LE FOLL
Mais sur le travail du dimanche par exemple les contreparties qui sont demandées sont beaucoup plus fortes que ce qui existe aujourd'hui. Donc les critiques de la gauche, je les ai entendues, j'aimerais d'abord : 1) rappeler qu'il est bien de critiquer et de discuter…

ROLAND SICARD
Elle peut être modifiée cette loi par rapport à ce…

STÉPHANE LE FOLL
Mais bien sûr ! Il y aura des discussions, ça va s'engager, j'ai vu Emmanuel MACRON hier au conseil des ministres, il va commencer les discussions à la Commission économique de l'Assemblée nationale, bien sûr qu'il y aura des évolutions. Eh bien là aussi on fait une proposition, on met sur la table, on discute, on ajuste, c'est l'esprit général. Mais je reviens sur la question de la gauche qui critique beaucoup, Cécile DUFLOT…

ROLAND SICARD
Cécile DUFLOT parle de grand bond en arrière ?

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Voilà, elle critique beaucoup. D'abord, je ne l'entends jamais soutenir : le tiers-payant, où est la gauche ? La pénibilité, qui est un vrai sujet, majeur pour beaucoup d'ouvriers, où est la gauche ? Elle doit être là où nous sommes, c'est ça l'enjeu et j'aimerais que sur ce sujet en particulier on ne se trompe pas de débat, aujourd'hui il faut faire gagner la gauche et le rassemblement des forces de gauche et des écologistes sur les grandes avancées devraient être l'objectif - et surtout pour les écologistes – et j'ai vu que monsieur De RUGY d'ailleurs avait noté. Quand on a un engagement…

ROLAND SICARD
Le président du groupe des Verts à l'Assemblée !

STEPHANE LE FOLL
Oui ! Voilà, il est le président du groupe des Verts à l'Assemblée, lui il considère que l'enjeu sur la planète de cette année 2015, l'enjeu qui met la France au coeur d'un grand débat pour l‘humanité pour les années qui viennent, ça vaut le coup quand on est écologique, quand on est dans une majorité, eh bien de s'y engager pleinement. C'est ça que je veux dire ! Aujourd'hui il est temps que chacun assume la part de responsabilité qui fait qu'au bout d'un quinquennat il y a des choses importantes qui ont été faites, on a redressé dans la justice avec le souci de l'égalité un grand pays comme la France et on lui a redonné confiance.

ROLAND SICARD
Merci ! William, c'est à vous.

WILLIAM LEYMERGIE
Oui ! Je suis là, merci messieurs.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 janvier 2015

Rechercher