Interview de Mme Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique, dans "les Echos" le 5 janvier 2015, sur le soutien des pouvoirs publics aux start-up investies dans l'économie numérique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat au numérique, dans "les Echos" le 5 janvier 2015, sur le soutien des pouvoirs publics aux start-up investies dans l'économie numérique.

Personnalité, fonction : LEMAIRE Axelle.

FRANCE. Secrétaire d'Etat au numérique

Circonstances : Voyage des Ministres Axelle Lemaire et Emmanuel Macron au "Consumer Electronics Show" (Salon électronique) (CES) de La Vegas aux Etat-Unis, du 6 au 9 janvier 2015

ti : Q - Quel est le motif de votre voyage à Las Vegas ?

R - L'objectif est double : il s'agit d'abord d'apporter le soutien officiel du gouvernement aux entreprises françaises en mobilisant le réseau national de la French Tech. Il y a les 66 start-up de l'Eureka Park, les start-up plus confirmées comme Netatmo ou Withings, et des grands groupes comme La Poste, L'Oréal ou Pernod Ricard, qui font parfois le voyage pour la première fois. Leur visite correspond à la volonté d'Emmanuel Macron et à la mienne de créer un écosystème d'innovation ouvert, où grands groupes et start-up travaillent ensemble. L'An 2 de la French Tech consistera à développer ces relations.

Q - Comment comptez-vous vous y prendre ?

R - J'ai deux objectifs. Il s'agit de faciliter pour les start-up l'accès à la commande et aux financements, publics comme privés. Au niveau public, le décret sur les achats publics innovants permet d'inscrire les start-up dans une relation de long terme avec l'État. De leur côté, les grands groupes doivent comprendre que c'est dans leur intérêt de travailler commercialement avec les start-up et d'y investir via les fonds de «corporate venture». Dans les deux ou trois mois, je vais rencontrer les patrons du CAC 40 pour les sensibiliser à la question. L'idée serait de mettre en place une charte, de formaliser un cadre de référence sur la manière de collaborer avec les start-up.

Q - Quel est le second objectif ?

R - Renforcer l'attractivité de la France à l'international. Il faut faire venir des investisseurs étrangers. Je sens un véritable intérêt. La France, c'était la belle endormie, celle qu'on résumait à l'affaire Yahoo!-Dailymotion ou à une fiscalité prétendument punitive. Le soutien actif du gouvernement est maintenant visible. Je veux dire aux investisseurs : ne vous fiez pas à la une de certains journaux anglo-saxons. «Come and see by yourself» !

Q - Les investisseurs étrangers craignent les charges et la difficulté à licencier. Que leur répondez-vous ?

R - Que la décision d'investir forme un tout. Nous avons introduit des réductions de charges, pérennisé le crédit d'impôt recherche, créé le crédit d'impôt innovation et le statut de jeune entreprise innovante, qui sont des dispositifs encore trop mal connus à l'étranger. Les démarches administratives ont été sensiblement simplifiées. Enfin, la loi transposant l'accord national interprofessionnel a assoupli le marché du travail. Mais la réalité des start-up, c'est plutôt d'embaucher. La rétribution en actions gratuites de la loi Macron sera un formidable outil de compétitivité. Nous avons aussi les meilleurs ingénieurs du monde, et un turnover moins élevé que dans la Silicon Valley.

Q - Votre visite américaine sera-t-elle uniquement consacrée au CES ?

R - Je profiterai de ma visite pour faire avancer mes dossiers sur la gouvernance de l'Internet. À Las Vegas, je reverrai Daniel Sepulveda, ambassadeur en charge des TIC auprès d'Obama. J'espère que les États-Unis confirmeront leur désengagement officiel de la gouvernance de l'Icann. J'aimerais discuter aussi de la neutralité du Net. J'ai également rendez-vous avec Edith Ramirez, la présidente de la Federal Trade Commission [l'autorité de concurrence américaine].Nous évoquerons notamment la renégociation du Safe Harbor [accord entre la Commission européenne et les États-Unis sur la protection des données personnelles] et je voudrais connaître leur approche sur la protection des données personnelles collectées par les objets connectés.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 7 janvier 2015

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