Déclaration de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, sur le soutien au déploiement de systèmes de transport intelligents dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, à Montrouge le 27 janvier 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, sur le soutien au déploiement de systèmes de transport intelligents dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, à Montrouge le 27 janvier 2015.

Personnalité, fonction : VIDALIES Alain.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche

Circonstances : Inauguration des "Rencontres de la mobilité intelligente" organisées lors du congrès ATEC ITS France 2015, à Montrouge (Hauts-de-Seine) le 27 janvier 2015

ti : Monsieur le Maire,
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur général,
Mesdames Messieurs,


Je tenais à être parmi vous aujourd'hui pour ce congrès sur les transports intelligents, organisé chaque année par l'association ATEC-ITS.

En effet, outre l'intérêt du ministre des transports que je suis pour ce secteur passionnant, nous sommes à quelques mois du congrès mondial des transports intelligents, que la France a l'honneur d'accueillir cette année et qui se tiendra à Bordeaux au mois d'octobre.

Il faut que nous soyons tous conscients de ce formidable potentiel que constituent les transports intelligents, que nous unissions nos efforts pour le valoriser.

En effet, les applications issues des transports intelligents vont créer des nouveaux services aux usagers, permettre le maintien et la création d'emplois qualifiés en France, dans tout le secteur économique des transports, et favoriser le développement de nos entreprises à l'international.

La journée organisée l'année dernière sur les transports intelligents avait déjà donné cette orientation à nos efforts : que nous soyons chercheur, enseignant, entrepreneur ou en charge d'une politique publique locale ou nationale, ce sont les usagers qui doivent être au centre de nos préoccupations.

Je voudrais devant vous faire un point sur nos chantiers en cours :

•Je mentionnerai d'abord VEDECOM, l'Institut d'excellence, créé il y a un an, sur les véhicules électrifiés et les véhicules autonomes et connectés. Cet institut s'appuie sur les compétences de nos établissements de recherche publics et privés et a lancé un programme ambitieux pour préparer le déploiement de nouveaux modes de transport fondés sur ces technologies. Monsieur Mullender, son Directeur général, vous présentera ses actions tout à l'heure.

•Le projet SCOOP@F : déploiement pilote de systèmes coopératifs sur 2000 km de routes et rues équipées pour échanger des données avec 3000 véhicules connectés a été annoncé en février 2014. Ce projet est aujourd'hui financé notamment par la Commission Européenne qui devra assurer la continuité et la sécurité de ces systèmes lorsque les véhicules traverseront les frontières. Les premiers tests opérationnels auront lieu en 2016 mais une démonstration sera présentée en octobre prochain au congrès de Bordeaux. Nous attendons de cette coopération entre véhicules et infrastructures une réduction des accidents dont sont victimes les agents qui travaillent sur la route. Et à terme une amélioration de la collecte des données de circulation et de diffusion de l'information routière.

•Le débat sur l'ouverture des données publiques dans les transports a été engagé, sous la présidence de Monsieur Françis Jutand. Il me remettra son rapport prochainement. L'enjeu est d'étendre l'ouverture des données à de nouveaux acteurs, notamment les collectivités territoriales, les délégataires de service public et les entreprises publiques. Il s'agit d'un sujet sensible, sur lequel il y a une attente de la part de certaines sociétés de service, mais aussi des inquiétudes. Je pense qu'au-delà du débat, il faudra que nous travaillions à un plan d'action qui nous permette d'avancer ensemble dans cette voie prometteuse en veillant à éviter les obstacles et notamment celui d'un abus de position dominante par les géants de l'internet.

•Face à un foisonnement des technologies, Etat et collectivités locales doivent se concerter pour établir des priorités. La DGITM y travaille en particulier dans le cadre du Comité des maîtres d'ouvrage routiers avec l'appui du CEREMA. Optimisation de l'usage des réseaux existants, sécurité des déplacements, réduction des nuisances environnementales seront les axes prioritaires.

•Il est nécessaire d'y inclure aussi le soutien à l'innovation. On ne peut pas savoir à l'avance quels seront les Autolib et Blablacar de demain. L'ADEME a réfléchi à la « Fabrique de la mobilité » pour créer les conditions favorables à l'étude et à l'expérimentation des idées nouvelles. Des « travaux pratiques » avec des start up ont été faits récemment, en coopération avec la plateforme PREDIM, il y a quelques jours. Nous allons en regarder les résultats avec attention.

•Nous avons également avancé sur les questions juridiques posées par les technologies et spécialement par les véhicules autonomes. Dans l'immédiat, il faut organiser des expérimentations de ces systèmes, dont on pressent bien l'intérêt, mais dont les caractéristiques réelles et la sécurité ne peuvent pas être définies sans réaliser des tests de terrain. Grâce à un travail collectif entre ministères, nous avons pu fixer les conditions de réalisation de l'expérimentation prévue par le projet européen Citymobile2. Il s'agit de petits véhicules pouvant transporter 8 passagers avec un accompagnateur, qui circulent depuis quelques semaines à La Rochelle. L'opérateur de ces « cybercars » peut se fier à des automatismes pour effectuer la quasi-totalité du parcours et il reprend la main pour traverser les carrefours. Pas de bruit ni de pollution, faible vitesse, cela pourrait être un outil, complémentaire des métros et tramways, pour la mobilité intelligente dans le centre des villes de demain.

J'ai mentionné plusieurs fois le congrès de Bordeaux. Ce sera le 21ème congrès mondial sur les transports intelligents. Le premier s'est déroulé à Paris en 1994 et ce n'était pas un hasard : nous avions déjà une réflexion collective et des réalisations dans ce domaine. Nous sommes à juste titre fiers de ces réalisations. Nous avons des leaders mondiaux qui savent parfaitement maîtriser les transports intelligents, dans la construction et l'exploitation des infrastructures, dans l'organisation des services de transport, dans les véhicules particuliers aussi bien que dans les transports publics. Ils ont des références brillantes dans de nombreux pays.

En revanche, il nous manque l'habitude de travailler ensemble à l'export, pour présenter une offre intégrée qui s'adapte à des organisations urbaines très différentes des nôtres. Les enjeux sont aujourd'hui dans les pays européens bien entendu, mais aussi dans les pays émergents et partout où on commence à prendre conscience de la nécessité de trouver des solutions pour limiter le réchauffement climatique et ses conséquences.

Le déploiement de systèmes de transport intelligents a un effet très direct sur la congestion, l'intermodalité, le choix des modes et la performance énergétique de chacun. Cela n'est pas assez connu.

Lors de la Conférence environnementale qui s'est déroulée en novembre dernier à Paris, le Président de la République a appelé à l'union nationale dans la lutte contre le changement climatique. En matière de transport, il y a un retard dans la prise en compte concrète de ce qui devrait être fait pour maîtriser la croissance des émissions de gaz à effet de serre et de pollution. Il ne s'agit pas d'opposer mobilité et environnement, mais de développer une mobilité durable, grâce à un usage plus efficace des modes de transport, fondé sur le numérique, l'éducation et la coopération des modes de transport, des acteurs de la mobilité et des usagers eux-mêmes. Pour cela il faut mobiliser les énergies de tous. Il est clair que Bordeaux est une occasion exceptionnelle de faire passer ce message. Cela a une grande importance pour le succès de la COP elle-même, qui doit déboucher sur des objectifs mais aussi sur des actions concrètes pour les atteindre.

C'est un message que je compte porter haut et fort, en tant que président du Comité d'organisation national du Congrès, dont le rôle est justement de s'assurer d'une bonne implication des entreprises, des territoires et des structures de recherche et de formation du pays qui reçoit le congrès.

Matthias Fekl, secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger m'a donné son accord pour coprésider ce comité et nous apporter le concours de ses services.

Vous avez mis en place, Monsieur le Président, une concertation entre vos membres et la DGITM sur la mise en place d'une filière ITS qui pourrait réunir l'ensemble des acteurs travaillant en France. Je vous propose que nous mettions en priorité, pour lancer cette filière, l'urgence de la lutte contre le changement climatique, car je crois sincèrement que cette filière pourrait y trouver une opportunité de prouver son utilité, pour les professionnels et pour la collectivité.

Je vous remercie de votre attention.


Source http://www.developpement-durable.gouv.fr, le 29 janvier 2015

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