Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "Libération" le 29 janvier 2015, sur l'utilisation des OGM et des pesticides en France et dans les pays européens. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "Libération" le 29 janvier 2015, sur l'utilisation des OGM et des pesticides en France et dans les pays européens.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement

ti : (...)

Q - François Hollande a promis en novembre que la France défendrait à Bruxelles le fait d'aller plus loin sur les pesticides néonicotinoïdes, qui ravagent les abeilles et autres pollinisateurs. Qu'en est-il ?

R - On a demandé à l'Autorité européenne de sécurité des aliments [Efsa] une étude sur leur impact sur la faune pollinisatrice qui sortira cette année, pour relancer le débat à l'échelle européenne et savoir si on peut entraîner l'Europe sur le sujet. Mais si on supprime du jour au lendemain ces produits, qui ont remplacé des produits encore plus nocifs, on risque de se retrouver sans alternative disponible. Si on veut réussir, il faut prendre le temps de poser les bases de ce qui va s'y substituer. Dans cinq ans, on aura des alternatives. Dans l'immédiat, on propose de reporter leur utilisation le soir, quand les abeilles ne butinent plus.

(...)

Q - Vous avez défendu le verdissement de la Politique agricole commune (PAC). Mais on pourra mettre des pesticides sur les surfaces d'intérêt écologique. Ce n'est pas très vert tout ça...

R - Je suis d'accord. Mais c'est plus vert qu'avant. On progresse. Par rapport au débat sur les deux mondes qui s'opposent, on est en train d'ouvrir un espace nouveau, c'est ça qui me motive.

Q - Chaque État européen peut désormais décider de cultiver ou non des OGM. Recul ou avancée ?

R - Les Verts et José Bové voulaient interdire les OGM à l'échelle européenne, tout court. Mais on n'a aucune majorité pour le faire. Jusqu'ici, on se contentait de moratoires qui pouvaient être cassés par le Conseil d'État. Désormais, les États auront le droit de refuser les OGM pour des questions liées à la dissémination dans l'environnement, la protection des productions de qualité, etc.

Q - Y êtes-vous vraiment opposé ?

R - A ceux de première génération producteurs de pesticides ou résistants aux herbicides, oui. Aux États-Unis, ils ont tellement utilisé d'OGM résistants au Roundup que les mauvaises herbes y sont devenues résistantes. Mais je suis pour l'ouverture d'un débat sur les OGM permettant des réelles améliorations, comme le riz enrichi en vitamines ou les cultures résistantes au stress hydrique. Nous remettrons donc en place le haut conseil sur les biotechnologies.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 10 février 2015

Rechercher