Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à Europe 1 le 25 mars 2015, sur les débuts de l'enquête concernant le crash de l'Airbus A320 près de Seyne-les-Alpes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à Europe 1 le 25 mars 2015, sur les débuts de l'enquête concernant le crash de l'Airbus A320 près de Seyne-les-Alpes.

Personnalité, fonction : VIDALIES Alain, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche;

ti : JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. Chacun va témoigner au nom de son pays. Tout d'abord pour la France Alain VIDALIES. Bonjour et merci d'être là. Bienvenu.

ALAIN VIDALIES, SECRETAIRE D'ETAT CHARGE DES TRANSPORTS, DE LA MER ET DE LA PECHE
Bonjour.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On nous a dit que la première boîte noire a été retrouvée hier. Où est-elle ce matin ?

ALAIN VIDALIES
Ce matin, elle est arrivée à Paris et son exploitation commencera dès ce matin.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui. Et qu'est-ce qu'on pense ? On dit qu'elle a été endommagée. Est-ce qu'on pense qu'on pourra travailler puisqu'on est en cours d'examen et trouver des signes ou des preuves ?

ALAIN VIDALIES
Oui. Le BEA a reçu cette boîte. Elle est endommagée mais on pense qu'elle sera exploitable en deux temps probablement : s'il y a des voix, assez rapidement ; ensuite s'il s'agit d'analyser les sons, ça peut demander plusieurs semaines, mais c'est un travail qui va peut-être nous donner l'explication à ce qui reste aujourd'hui…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire qu'on peut avoir les conversations des pilotes dans le cockpit ?

ALAIN VIDALIES
Dans un premier temps, les voix humaines, c'est-à-dire les conversations mais même s'il n'y a pas de conversations dans la dernière demi-heure, il peut y avoir ensuite un travail sur les bruits à l'intérieur du cockpit. Là, c'est beaucoup plus précis, beaucoup plus long mais on peut avoir des informations à partir simplement des bruits.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais d'abord les paroles et on peut le savoir rapidement.

ALAIN VIDALIES
Mais d'abord les paroles et ça peut être rapide. C'est une question de jours.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et s'il n'y a que des bruits, vous dites que même le silence peut être étudié et analysé.

ALAIN VIDALIES
Le silence et surtout les bruits qui peuvent révéler l'utilisation de tel ou tel appareil à l'intérieur du cockpit. Mais là, c'est un travail de plusieurs semaines voire de plusieurs mois.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et est-ce qu'on peut imaginer qu'il y a un ou des intrus qui ont réduit ou obligé les pilotes à se taire, ou qui les ont neutralisés ?

ALAIN VIDALIES
Toutes les hypothèses existent à partir du moment où on ne connaît pas la vérité. A ce jour et à cette heure, le travail qui est fait n'est pas un travail qui privilégie l'hypothèse d'intrus ou d'un attentat pour être clair.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais pourquoi vous dites « ne privilégie pas » ? Vous dites que ça n'exclut rien. On verra, s'il y a une agression terroriste, elle sera revendiquée.

ALAIN VIDALIES
Parce qu'il y a une nuance. Voilà, parce qu'il y a une nuance entre les deux, entre les deux approches, s'il y avait des éléments. On est dans la transparence la plus totale. On donne toutes les informations que l'on a et aujourd'hui, ces informations permettent d'écarter une hypothèse : c'est l'explosion en vol. Ça, c'est écarté puisqu'on sait ce qui s'est passé exactement, que l'avion a heurté la montagne et on a aujourd'hui cette descente qui est une interrogation en soi.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pendant huit minutes et dans le silence. Ça, c'est un des mystères.

ALAIN VIDALIES
Ça, c'est un des mystères aujourd'hui. C'est une interrogation.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et quel a été le dernier contact des contrôleurs avec les pilotes ?

ALAIN VIDALIES
10 heures 31, le moment où l'avion passe d'un système de contrôle à l'autre, c'est-à-dire d'une zone à l'autre. Il donne à ce moment-là des informations, un accord et il dit : « Oui, je vais suivre cette trajectoire ». Et après, rapidement, l'avion commence cette descente qui n'est pas une descente trop rapide, qui est presque une descente normale pendant huit minutes et il heurte la montagne.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parmi les cent quarante-quatre passagers victimes de cette catastrophe, il y a soixante-sept Allemands, quarante-cinq Espagnols, c'est-à-dire cent-douze. Qui sont les trente-deux autres ?

ALAIN VIDALIES
Il y a un certain nombre de nationalités, cela a ét dit : des Belges, des Anglais, des Turcs. Il y a des vérifications qui sont en cours puisque nous sommes à l'intérieur de l'espace Schengen et donc la vérification…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
On disait justement avec Maxime SWITEK tout à l'heure, comment se fait-il qu'il y ait le nom des passagers mais pas leur nationalité ?

ALAIN VIDALIES
C'est la réalité. Quand vous prenez un avion à l'intérieur de la France ou à l'intérieur de l'espace Schengen…

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et il n'y a pas de changements à envisager ?

ALAIN VIDALIES
Je pense qu'à ce moment-là, ça voudrait dire qu'on ne pourrait plus prendre les billets par Internet ou d'une manière facile. Je crois qu'il faut réfléchir à ces conséquences.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Dans les noms que vous avez des passagers, il n'y en a pas qui viennent d'endroits où on pourrait soupçonner qu'ils sont en mission suicidaire ?

ALAIN VIDALIES
Il n'y a aucun nom de cette nature pour répondre précisément à votre question.

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous nous direz toute la vérité tout le temps ?

ALAIN VIDALIES
On dira toute la vérité. Je pense que les Français, les peuples, les familles des victimes d'abord ont droit à ce travail de vérité. Et pour rencontrer souvent des familles de victimes d'autres accidents, je peux vous dire que cette exigence de vérité, c'est pour elles un rendez-vous très important pour essayer non pas d'oublier mais de dépasser le drame auquel elles sont confrontées.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 26 mars 2015

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