Interview de M. Manuel Valls, Premier ministre, à BFM TV/RMC le 31 mars 2015, sur le résultat du deuxième tour des élections départementales, la poursuite de la politique de réformes, la relance de l'investissement et la situation des salariés de Moryglobal. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Manuel Valls, Premier ministre, à BFM TV/RMC le 31 mars 2015, sur le résultat du deuxième tour des élections départementales, la poursuite de la politique de réformes, la relance de l'investissement et la situation des salariés de Moryglobal.

Personnalité, fonction : VALLS Manuel, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Premier ministre;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Manuel VALLS, bonjour.

MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE MANUEL VALLS
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d'être venu nous voir. Vous êtes Premier ministre depuis un an, vous commencez votre deuxième année. Question directe pour commencer : êtes-vous responsable de la défaite de la gauche aux départementales, dimanche ?

MANUEL VALLS
Chacun a sa part de responsabilités et j'assume forcément la mienne, même si je me suis beaucoup dépensé pendant cette campagne. J'ai bien sûr d'abord assumé mes responsabilités de chef du gouvernement mais j'ai considéré qu'il fallait faire campagne. D'abord pour défendre les compétences des départements qui ont un rôle essentiel dans la vie quotidienne des Français, pour défendre les majorités de l'exécutif de gauche et puis aussi parce que je ne voulais pas que le Front national soit la première formation politique de ce pays. Moi, j'aime les campagnes électorales parce que c'est l'occasion d'aller devant les Français, d'essayer de les convaincre, de défendre un bilan.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous êtes responsable ? le principal responsable de cette défaite ? Parce que vous êtes la cible, vous l'avez vu, vous l'avez entendu : la cible de Marine LE PEN, de Nicolas SARKOZY et d'une bonne partie de la gauche.

MANUEL VALLS
Mais c'est une responsabilité collective pour ce qui concerne la gauche, qui repose d'abord pas seulement, nous allons y revenir, sur la division. La gauche était tellement divisée, tellement dispersée au premier tour qu'elle ne pouvait pas ensuite au second tour créer une dynamique suffisamment forte. Nous avons gardé, ce qui par rapport à un certain nombre de pronostics est déjà assez exceptionnel, plus de trente départements mais je suis convaincu que si nous avions été unis dès le premier tour, nous aurions pu garder beaucoup plus de départements, ce qui n'aurait été que justice pour ceux qui ont animé ces conseils généraux. Mais disons clairement les choses, s'il y a eu un net recul c'est parce qu'il y a eu beaucoup d'abstention et beaucoup d'abstentionnistes de gauche, beaucoup de Français qui disent : « Il n'y a pas le compte, il n'y a pas les résultats ».

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui ne sont pas satisfaits, qui attendent autre chose de votre politique.

MANUEL VALLS
Et qui ne sont pas satisfaits. Non, qui attendent des résultats, Jean-Jacques BOURDIN, qui attendent des réponses en matière d'emploi, en matière de pouvoir d'achat. Et puis j'ai entendu tout au long de cette campagne – et puis honnêtement, je n'ai pas besoin d'être en campagne pour l'entendre ; je le vois dans la ville dont je suis l'élu à Evry – il y a de l'indignation, il y a de la colère face aux inégalités, face à un certain nombre de faits divers. Je pense à ce qui s'est passé dans cette école à Villefontaine avec ce professeur pédophile. Mais il y a des injustices profondes dans notre société et face à ces injustices, face à ces inégalités et face à l'absence malgré une amélioration de la situation économique, mais qu'honnêtement les Français ne perçoivent pas, il faut redoubler d'efforts pour l'emploi, pour la compétitivité des entreprises et en écoutant bien sûr les Français.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je vais y venir. Est-ce que vous avez songé à démissionner à un moment donné ou pas ?

MANUEL VALLS
Non.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non ? à aucun moment ? Vous avez été conforté par le président de la République.

MANUEL VALLS
On rajouterait une crise politique en plus à cette situation ? D'ailleurs honnêtement, Jean-Jacques BOURDIN, ce n'est pas ce que les Français attendent et me demandent. Ils me demandent de rester au poste, de les écouter et continuer l'action pour l'emploi et pour redresser le pays.

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va voir. On va voir les réformes que vous avez engagées.

MANUEL VALLS
Tant que j'ai la confiance du président de la République et de la majorité, tant que j'ai le sentiment que le lien avec les Français est là, ce n'est pas un problème personnel. C'est une oeuvre collective. Je et nous continuerons à agir parce que j'anime un gouvernement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais dites-moi Manuel VALLS, n'est-ce pas se moquer des électeurs que d'annoncer avant un vote qu'on ne changera ni de politique, ni de Premier ministre ? Franchement.

MANUEL VALLS
Mais ces élections départementales ne remettaient pas en cause le gouvernement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les choix du gouvernement, les choix du Premier ministre.

MANUEL VALLS
Ne remettaient pas en cause le gouvernement. Nous sommes en train, parce qu'une politique économique ne peut pas zigzaguer en permanence.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce sont vos choix qui ont été sanctionnés, non ?

MANUEL VALLS
Nous sommes en train d'obtenir des résultats. Je l'ai dit dimanche soir et je le redis aujourd'hui, pour beaucoup de Français, cette amélioration objective de la situation économique, ils ne la voient pas. Pour celui qui est au chômage, pour celui qui a peur pour son emploi, pour celui qui a peur pour son gosse, pour l'emploi de son enfant, pour celui qui est aux minima sociaux, pour celle ou celui qui a une petite retraite de six cents ou sept cents euros, il ne voit pas cette amélioration. Et pourtant, nous sommes en train de renouer avec la croissance, le moral des ménages et le moral des entreprises vont mieux, pourquoi ? Ç'a été expliqué il y a un instant sur votre antenne. D'abord parce qu'il y a un contexte économique qui s'améliore grâce au niveau du prix du pétrole, qui représente plus de dix milliards de pouvoir d'achat pour les entreprises et pour les ménages, parce qu'il y a eu la baisse de l'euro que j'avais demandée il y a un an et la politique monétaire de la Banque centrale européenne est bonne et permet notamment à nos entreprises – je pense à AIRBUS mais je pense aussi au secteur de l'agroalimentaire, je pense au secteur du luxe – d'obtenir un certain nombre de résultats ; puis il y a la baisse des taux d'intérêt et c'est bon pour les entreprises comme pour les particuliers pour emprunter. Et puis progressivement, il y a aussi les résultats de la baisse du coût du travail que le président de la République avait lancée en janvier 2014, ce qu'on appelle Pacte de responsabilité avec le CICE et zéro charge pour le SMIC. Donc progressivement, les marges des entreprises sont en train de s'améliorer et si les marges des entreprises s'améliorent, elles vont pouvoir embaucher.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Si j'ai bien compris, vous êtes en train d'installer une politique. Vous êtes en cours d'installation d'une politique, vous avez commencé vos réformes, vous allez poursuivre vos réformes. Que les choses soient claires.

MANUEL VALLS
Bien sûr, nous allons les poursuivre – nous allons y revenir – et les approfondir. Et puis il y a eu d'autres messages qui sont passés et celui-ci nous l'avions déjà entendu. Qu'ont dit beaucoup de Français ? Mais que les impôts étaient beaucoup trop lourds, beaucoup trop élevés. Ils ont augmenté, je veux le rappeler, de trente milliards avant 2012 et de trente milliards, même si ce n'est pas toujours les mêmes, après 2012. Et nous avons décidé, c'est mon gouvernement, de baisser les impôts en 2014 pour quatre millions de ménages notamment couches moyennes et classes populaires, et en septembre prochain neuf million de ces Français, couches moyennes et classes populaires, sont concernés. Mais les Français, notamment ces neuf millions dont je viens de parler, tant qu'ils n'ont pas vu cette baisse d'impôts ils n'y croient pas.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je les ai là les remarques, elles sont nombreuses. Nombreuses !

MANUEL VALLS
Mais bien sûr. Et ils ont encore en tête pour beaucoup – je pense à ces retraités qui ne payaient pas d'impôts et qui sont rentrés dans l'impôt sur le revenu, dans la CSG.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui ne verront aucune revalorisation de leurs retraites.

MANUEL VALLS
Qui verront en tout cas ces impôts baisser. Mais je ne leur demande pas de me croire, ce qu'ils attendent c'est la feuille d'impôts. Ç'a été un message.

JEAN-JACQUES BOURDIN
En tout cas, leur pouvoir d'achat ne va pas progresser.

MANUEL VALLS
Le pouvoir d'achat global, mais ce sont des statistiques, progresse vous le savez, parce qu'il y a une baisse.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pas des retraités.

MANUEL VALLS
Ça fait partie des choses qu'il faut examiner. Nous avons toujours préservé les petites retraites mais elles sont très faibles. J'ai rencontré une retraitée qui m'a dit : « Tenez ! Prenez les quarante euros que j'ai eus en plus parce que ça ne me suffit pas pour vivre. » Je suis conscient de cette situation mais moi, je veux être dans la vérité, jamais dans la démagogie, jamais promettre ce qu'on ne peut pas obtenir.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez vu toute les attaques : « Valls la fureur », « l'autoritarisme » et cætera, et cætera. Vous êtes la cible.

MANUEL VALLS
Oui. Ce n'est pas un problème personnel. Ce qui est important, c'est que le cap économique soit poursuivi, approfondi parce qu'évidemment la priorité des priorités c'est à la fois l'investissement des entreprises, l'investissement privé, et c'est le travail. Ce sont ça les deux grandes priorités pour un seul objectif : l'emploi, parce que c'est ça qui fonde le résultat aussi d'une politique économique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais « lui, président », François HOLLANDE. Presque trois ans de présidence, l'échec est considérable. Le chômage qui a augmenté, les jeunes qui votent de moins en moins, je ne vais pas l'énumérer. Vous êtes associé à cet échec jusqu'à maintenant, il y a eu échec, vous êtes bien d'accord. Echec de la première partie ?

MANUEL VALLS
Jean-Jacques BOURDIN, le quinquennat de François HOLLANDE et l'action qui est la nôtre seront jugés à la fin.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il reste deux ans.

MANUEL VALLS
C'est une situation extrêmement difficile. Notre pays a traversé une crise économique majeure depuis des années et la tâche du président de la République, celle de Jean-Marc AYRAULT comme la mienne ç'a été d'abord il faut continuer de redresser les comptes publics, parce que beaucoup de Français considèrent que la dépense publique est beaucoup trop élevée. Et c'est de redresser notre industrie, notre agriculture, c'est de soutenir nos entreprises. C'est un choix qui a été fait, qui a été majeur, qui a été annoncé en janvier 2014 par le président de la République mais qui faisait déjà suite à ce qu'on appelé le rapport Gallois.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous verrons avec qui.

MANUEL VALLS
Pourquoi ? Parce que pendant dix ans – je n'accuse personne, ce n'est pas le sujet – pendant dix ans, notre économie a perdu de sa compétitivité, nos entreprises ont perdu de leur compétitivité notamment dans le différentiel avec d'autres pays, et plus particulièrement l'Allemagne. Donc tout est fait pour retrouver de la compétitivité et nous allons examiner dans les semaines qui viennent avec la majorité mais aussi avec les partenaires sociaux comment nous pouvons être encore davantage efficaces alors que nous obtenons des résultats, pour soutenir la croissance parce qu'aujourd'hui, nous avons une croissance d'un peu plus de un pourcent. J'espère qu'à la fin de l'année, nous serons sur un rythme autour de 1,5 pourcent. Ce sont des chiffres et pour que les Français me comprennent bien, c'est le niveau qui permet de faire baisser le chômage et moi, c'est mon seul objectif. Notamment nous devons le faire en soutenant les PME, les PMI, les start-ups, celles qui innovent notamment dans le numérique parce que c'est là, et on en a souvent parlé ici, c'est là où on crée l'emploi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais bien sûr. Manuel VALLS, nous allons mettre de côté pour un temps la question politique parce que pour conduire une politique, il faut avoir une majorité. Pour faire passer des textes, il faut avoir une majorité. Pour l'instant, vous ne l'avez pas.

MANUEL VALLS
Non, je l'ai.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous l'avez ? Quand on entend ce qu'on entend depuis dimanche, pardonnez-moi mais vous ne l'avez pas. Où est-elle ? où est-elle ?

MANUEL VALLS
Nous avons une majorité à l'Assemblée nationale. Un mot sur ces questions politiques, je ne suis pas sûr qu'elles passionnent les auditeurs, mais c'est important que toute la gauche se retrouve parce que la division mène à la défaite. La division, elle fait gagner qui ? Elle ne fait pas gagner la gauche de la gauche. La seule formation politique qui s'en sort à peu près  ces élections en termes de cantons gagnés et de départements conservés à gauche, sans gloire, c'est le Parti socialiste. Ni les Verts, ni les communistes s'en sortent, mais on a une gauche…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc les responsables, ce sont ceux qui ont divisé.

MANUEL VALLS
Non, je ne dis pas ça. Je dis que la division – je n'accuse personne ; vous savez, moi je veux rassembler et je voudrais aussi qu'à droite, au lieu de sombrer dans la démagogie, on se dise que dans ces moments difficiles pour le pays. J'ouvre une parenthèse : la menace terroriste, elle est toujours présente. Face aussi à un Front national aussi haut, qui charrie aussi de la haine et de la division, le rassemblement et l'unité autour des valeurs de la République et du redressement économique du pays sont indispensables. La gauche doit se rassembler. Hier enfin, grâce à l'initiative de Jean-Christophe CAMBADELIS, socialistes et Verts se parlent de nouveau, ont mis en place des groupes de travail pour élargir cette majorité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il va y avoir un remaniement ?

MANUEL VALLS
Mais s'il y a un remaniement ou une ouverture du gouvernement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous le souhaitez ?

MANUEL VALLS
Mais je l'ai toujours souhaité. Je souhaitais, moi, que les Verts restent au gouvernement. Pourquoi ? Parce qu'unis nous sommes plus forts, et surtout, et je leur dis à eux et surtout aux Français, depuis un an nous avons fait voter deux lois essentielles pour l'écologie, la transition énergétique - la transition énergétique portée par Ségolène ROYAL et la loi biodiversité toujours portée par Ségolène ROYAL - qui montrent que la France s'engage dans cette transition énergétique. Et cette année, c'est essentiel puisqu'il y a le rendez-vous Climat à Paris à la fin de l'année puisque c'est au fond, pour dire les choses sans emphase, l'humanité qui est en cause. Donc la place des écologistes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc un remaniement, on est bien d'accord, dans les semaines et les jours qui viennent.

MANUEL VALLS
Non, je ne fais pas d'annonce. Nous devons en discuter évidemment avec le président de la République.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais vous y êtes favorable ?

MANUEL VALLS
On ne rentre pas au gouvernement comme ça. On ne peut le faire que s'il y a, et je reprends ce mot, un pacte entre les socialistes et les écologistes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous souhaitez, vous voulez ce pacte ?

MANUEL VALLS
Je souhaitais il y a un an qu'ils restent au gouvernement et s'ils considèrent que c'est possible de gouverner sur à la fois la ligne économique qui est la nôtre, les réformes en matière de transition énergétique que nous sommes en train de mener, la lutte contre les inégalités, parce que tout ce que j'ai annoncé il y a quelques semaines pour la politique de la ville, pour la citoyenneté, pour l'égalité dans les quartiers, tout ce qui a été annoncé par la ministre de l'Education pour reconstruire l'école de la République, où malheureusement se fondent les inégalités de notre pays, tout ce que j'ai annoncé pour la ruralité – maison de service public, maison de santé, haut débit pour qu'il n'y ait plus de zone blanche en 2016. Parce que ce message de nos campagnes, cette ruralité qui souffre, il n'a pas commencé il y a un an, il n'y a pas trois ans avec l'élection de François HOLLANDE, depuis des années, et donc tous ces chantiers, ils doivent être mis en oeuvre parce que c'est cela concrètement que les Français attendent. Et donc pour cela, il faut que la gauche se rassemble.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais Manuel VALLS, donc il faut rassembler…

MANUEL VALLS
Et d'abord, les socialistes et puis avec les écologistes…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faut rassembler, mais alors, vous allez m'expliquer comment vous arriverez à rassembler en défendant une politique que ceux que vous voulez rassembler rejettent ! Alors, là, expliquez-moi !

MANUEL VALLS
Mais, je vais…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Expliquez-moi parce que personne ne peut comprendre, pardon…

MANUEL VALLS
Je vais rencontrer, mais vous comprenez parfaitement, je vais rencontrer encore en fin de matinée, comme je le fais presque tous les mardis, l'ensemble des députés socialistes, et moi, je suis convaincu qu'à la fois, ils rappelleront les messages qu'ils ont entendus, ceux qui ont été élus comme ceux qui ont été battus, les messages que nous venons d'évoquer, les impôts, les petites retraites, l'absence de résultats encore en matière d'emplois, mais ils diront tous – ça, j'en suis convaincu – l'immense majorité en tout cas, il faut continuer, même si sur tel ou tel aspect…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il faut continuer !

MANUEL VALLS
Il faut approfondir…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pour obtenir des résultats, vous n'avez qu'une direction : on continue la politique que nous avons engagée ? Là, c'est clair…

MANUEL VALLS
Mais que fait-on d'autre sinon ? Regardons effectivement les choses…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, est-ce qu'il y a une politique alternative ? Est-ce qu'il y a une autre politique de gauche possible ?

MANUEL VALLS
Mais il y a toujours des politiques… non, il y a toujours, par ailleurs, des politiques alternatives…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais de gauche, il y en a une ?

MANUEL VALLS
Attendez, il y en a une, c'est celle de l'extrême droite, qui est de sortir de l'Union européenne, qui est de sortir de l'euro, qui est de sortir de la politique agricole commune, ce qui ruinerait le pays, les entreprises, les salariés et les épargnants. Il y a une autre politique, je ne la connais pas bien encore, c'est celle que propose l'UMP, qui consiste à faire des économies supplémentaires autour de 120 à 150 milliards, et là, il faut engager le débat : vous voulez quoi ? Moins de policiers, moins de gendarmes, moins de militaires, moins d'infirmiers, moins de services publics. Et il y a une politique qui est la nôtre, elle peut être discuté…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il y a aussi la politique de gauche !

MANUEL VALLS
Oui, mais si c'est que…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La gauche de la gauche, celle de Jean-Luc MELENCHON, celle du Parti communiste, celle des frondeurs !

MANUEL VALLS
Si ça n'est que de la dépense publique en plus, nous n'y arriverons pas ; une politique… je crois que tout le monde est d'accord sur le fait que, là, nous devons améliorer la compétitivité économique de notre pays pour créer de l'emploi, puisque c'est ça la priorité. Et nous devons approfondir un certain nombre d'aspects, je pense notamment à la question de l'investissement privé et de l'investissement public…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, j'allais y venir…

MANUEL VALLS
Et là, nous pouvons nous retrouver, et puis…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment inciter les entreprises à investir ?

MANUEL VALLS
Et puis, il y a aussi des éléments de justice sociale, cette semaine, s'engage le débat sur la loi Santé, avec la généralisation du tiers-payant, dans quelques semaines, François…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous maintenez le tiers-payant, vous ne touchez pas à ça, on ne… ?

MANUEL VALLS
Mais il va y avoir un débat à l'Assemblée nationale, avec Marisol TOURAINE, et nous rencontrerons elle et moi, je m'y suis engagé, après le vote en première lecture, à l'Assemblée nationale, de nouveau, ce que j'ai fait à l'Hôtel Matignon, il y a quelques semaines, l'ensemble des professionnels, pour à chaque fois examiner les conditions techniques de mise en oeuvre du tiers-payant…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il sera mis en oeuvre le tiers-payant ?

MANUEL VALLS
Et je veux le faire dans le dialogue, et par ailleurs, nous préparons une grande conférence sur la santé, sur le métier de médecin, qui a beaucoup évolué, sur les études aussi, sur l'installation des jeunes médecins…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Sur la revalorisation de l'acte ?

MANUEL VALLS
Cette question, elle viendra, c'est prévu, en 2016 de toute façon. Donc sur l'avenir de la médecine et les évolutions de la santé, avec le fait qu'on vive aujourd'hui beaucoup plus longtemps, ces questions seront au centre. Et puis, il y aura aussi la fusion entre le RSA Activité et la prime pour l'emploi, autour d'une prime d'activité avec un seul objectif, c'est ce que présentera François REBSAMEN, avec un seul objectif : faciliter le retour à l'emploi, notamment des travailleurs pauvres. Donc vous voyez, il y a à la fois une politique économique qu'il faut approfondir, pour qu'elle gagne plus en efficacité au moment où la croissance revient, et aussi, cette justice sociale qui est indispensable. Et tout ce que j'annonce…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous dites investissement, comment inciter les entreprises à investir ? Quelles incitations possibles ?

MANUEL VALLS
D'abord, nous avons fait déjà beaucoup, et c'est pour ça qu'elles sont en train de reconstituer leurs marges, grâce au crédit impôt compétitivité emploi…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Peut-être les grandes entreprises, mais pas les TPE et les PME, Manuel VALLS…

MANUEL VALLS
Oui, les TPE…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On va y venir…

MANUEL VALLS
Elles sont encore trop surchargées de paperasses, quand vous rencontrez un chef d'entreprise qui a une dizaine de salariés…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Un RSI qui ne fonctionne pas très bien, Manuel VALLS

MANUEL VALLS
Oui, et donc c'est pour ça que nous avons une mission parlementaire, que le RSI, qui a été réformé il y a quelques années, est un désastre, ça ne marche pas. Donc il y a un parlementaire du Gard, Fabrice VERDIER, qui va nous faire un certain nombre de propositions, parce que là, il faut une…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce qu'on pourrait rattacher – supprimer le RSI – et rattacher ce régime au régime général ?

MANUEL VALLS
C'est une des possibilités, en tout cas…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous y êtes favorable ?

MANUEL VALLS
Je suis favorable à une réforme et à ce qu'on trouve pour ces indépendants la bonne solution, parce que ces indépendants, qui ont déjà bénéficié d'un milliard de soutien de la part…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et qui grondent partout, dans nos campagnes…

MANUEL VALLS
Oui, mais je comprends, et on les a beaucoup entendus, et je les entends, mais là aussi, un dossier qui n'avait jamais été traité et que nous sommes en train – je l'espère – de régler grâce à un certain nombre de propositions qui nous seront faites. Mais j'ai rencontré encore l'autre jour en Ardèche, au Teil, un chef d'entreprise, qui est dans le retraitement, et qui me disait que, il y avait encore trop de paperasses, avec toutes les simplifications qui ont été menées. Donc tout faire pour faciliter l'embauche au niveau des PME-PMI, je ne peux pas vous faire, Jean-Jacques BOURDIN, des annonces précises, parce que nous sommes en train d'y travailler, deuxièmement, parce que nous aurons rendez-vous avec les partenaires sociaux, et je l'avais déjà annoncé il y a quelques semaines, au mois de juin, je réunis une conférence avec l'ensemble des partenaires sociaux, pour notamment traiter de la question…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Du marché du travail…

MANUEL VALLS
Du marché du travail, et de…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et de la réforme du marché du travail ? Est-ce que vous allez réformer le marché du travail ?

MANUEL VALLS
Attention aux grands mots, moi, ce qui me…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais, aux grands mots, le mot « réforme », c'est un joli mot, non ?

MANUEL VALL
Ça dépend s'il est bien compris par les Français, parce que les Français sont à la fois favorables aux réformes, mais parfois, ils ont le sentiment que ce mot veut leur dire qu'on va leur enlever quelque chose de leurs poches. Non. La réforme pour permettre aux PME, PMI, aux start-up d'embaucher plus rapidement, oui, mais sans remettre en cause…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est-à-dire ?

MANUEL VALLS
C'est de cela dont on va discuter…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors, c'est-à-dire ? Permettre aux TPE, aux PME de ne pas avoir peur de l'embauche, le problème, c'est la peur de l'embauche, Manuel VALLS…

MANUEL VALLS
Elles le disent, exactement…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elles le disent, mais bien sûr…

MANUEL VALLS
Quand je discute avec des chefs d'entreprise, c'est exactement ce mot qu'ils utilisent. La peur de l'embauche. Donc il faut lever le frein de cette peur. Il ne faut pas le faire au détriment de notre droit social…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Comment ? C'est-à-dire créer un contrat de travail à terme, si je puis dire ?

MANUEL VALLS
Est-ce que c'est un contrat de travail spécifique…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Temporaire ?

MANUEL VALLS
La remise en cause du CDI n'est pas dans les projets du gouvernement. Ce n'est pas parce que le MEDEF fait un certain nombre de propositions que nous allons les prendre. Je veux en discuter avec tous les partenaires sociaux…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des objectifs sont fixés ?

MANUEL VALLS
Je veux en discuter avec tous les…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pendant un temps donné ? Et si l'objectif est rempli, très bien, si l'objectif n'est pas atteignable, on se sépare plus facilement ?

MANUEL VALLS
Je vais vous inviter donc à cette conférence thématique…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Non, mais c'est ça ?

MANUEL VALLS
Elle est préparée, rendez-vous au mois de juin, le gouvernement, dans les jours qui viennent, aura l'occasion de faire un certain nombre de propositions, mais sans démagogie, sans se précipiter, en demandant à chacun aussi de prendre ses responsabilités, parce que quand on met sur la table 40 milliards d'euros pour soutenir les entreprises, et que je constate que les accords par branche n'avancent pas encore suffisamment, je demande aussi au patronat, d'une manière générale, cette fois-ci, d'être au rendez-vous de l'emploi. Il y a une amélioration, il y a une amélioration de la situation économique…

JEAN-JACQUES BOURDIN
On est d'accord, donc un peu plus de flexibilité, à condition que le patronat joue son rôle, on est bien d'accord ?

MANUEL VALLS
Il doit jouer son rôle. Flexibilité et sécurité pour les salariés…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et sécurité en même temps…

MANUEL VALLS
On ne jette pas les salariés à la rue…

JEAN-JACQUES BOURDIN
La fameuse flexi-sécurité ou je ne sais pas comment elle s'appelle…

MANUEL VALLS
De la souplesse et de la sécurité, je pense que tous les partenaires sociaux peuvent se retrouver là-dessus, mais il faut y travailler concrètement, précisément…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous prendrez en compte l'évolution de l'activité économique de l'entreprise, dans la mise en place de ce nouveau contrat ? Il faut ? Il faut prendre en compte ?

MANUEL VALLS
Moi, je souhaite aussi qu'on prenne davantage en compte ce qu'on fait du CICE, et de la baisse du coût du travail…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc c'est donnant-donnant, quoi ?

MANUEL VALLS
C'est donnant-donnant…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est donnant-donnant, vous dites aux entreprises c'est donnant-donnant…

MANUEL VALLS
C'est donnant-donnant. Chacun doit jouer son rôle.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous faites un effort sur le CICE et nous nous ferons un effort sur le marché du travail, sur la flexibilité.

MANUEL VALLS
Si nous travaillons ensemble tous avec les partenaires sociaux parce que je veux privilégier le dialogue social, je veux respecter les partenaires sociaux, nous avancerons ensemble pour l'intérêt général et pour l'emploi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis aussi parce que vous devez remettre à Bruxelles, courant avril un programme de réformes fortes, Manuel VALLS.

MANUEL VALLS
Jean-Jacques BOURDIN, j'ai présenté ces réformes il y a encore quelques jours devant ce qu'on appelle le collège des commissaires présidé par Jean-Claude JUNCKER, et donc j'ai dit que la France respecterait ses engagements notamment sur la baisse des déficits. Mais j'ai mis une condition, sur cette condition je serais intransigeant, il faut baisser la dépense publique et en même temps nous avons des priorités, la sécurité, un milliard de plus cette année pour nos services de renseignements et pour la pénitentiaire. Nos armées, le président de la République a décidé qu'on baisserait moins le nombre de militaires qui devaient partir, pourquoi ? Parce qu'il nous faut 7 à 10 000 soldats dans nos rues pour protéger synagogues, mosquées, institutions, écoles confessionnelles, pourquoi ? Parce que la France, Jean-Claude JUNCKER a dit qu'il y avait nécessité d'un armée européenne, je lui dis oui, mais pour le moment l'armée européenne en Afrique, c'est la France qui agit pour la France, pour l'Europe et pour nos valeurs contre le terrorisme. Donc il y a des dépenses nouvelles, qu'il va falloir intégrer dans nos perspectives budgétaires pour notre sécurité et pour la sécurité des Français. Donc je l'ai dit à la Commission, oui pour tenir nos engagements, mais rien qui ne mette en cause la croissance. Si on nous obligeait à baisser nos déficits et en même temps à mettre en cause la croissance, ça serait non, et là il faut que l'Europe le comprenne, elle a un rôle essentiel d'accompagner la croissance, la BCE le fait avec la baisse de l'euro, et il y a le plan Juncker, 315 milliards d'investissements pour l'avenir, le numérique, pour nos quartiers, pour l'école, pour l'éducation, pour l'environnement, là il faut aussi que ça se mette en place rapidement.

JEAN-JACQUES BOURDIN
J'ai quatre questions encore, quatre questions et des réponses courtes si vous le pouvez. MORYGLOBAL, vous allez laisser 2 150 salariés sur le carreau ?

MANUEL VALLS
J'étais évidemment touché par les témoignages sur votre antenne ce matin, il y a un travail très difficile qui est fait avec ce fonds Arcole et puis les cabinets d'Emmanuel MACRON et de François REBSAMEN, d'Alain VIDALIES, le secrétaire d'Etat aux Transports, ont reçu déjà les représentants des salariés. Nous sommes en train de travailler aussi sur des plans de reconversion des sites, surtout pour trouver des possibilités d'embauches dans le secteur par exemple des cars, ou d'autres entreprises pour les salariés, parce que cette entreprise est aujourd'hui, vous le savez en très grandes difficultés. Ce que je veux dire uniquement c'est qu'on s'en préoccupe déjà depuis plusieurs semaines, l'Etat a déjà mis sur cette boite 17 millions d'euros, on voit bien qu'on est au bout de quelque chose, mais il faut trouver une solution pour chacun des salariés, et au niveau des rémunérations auxquelles ils sont, parce que c'est aussi ça qu'ils demandent, en tout cas il faut leur donner un espoir, les cabinets des ministres qui suivent ces questions là sont à la disposition des syndicats et des salariés, nous essayons de trouver une solution. C'est difficile dans ce secteur, il faut se battre à chaque instant, il y a des secteurs qui vont beaucoup mieux, il y en a d'autres qui sont en difficulté, en tout cas je suis pleinement conscient de ce drame que vivent ces salariés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'AIBUS A 320, il y a une semaine la catastrophe dans les Alpes de haute Provence, la seconde boite noire n'a pas été retrouvée, elle ne sera pas retrouvée ?

MANUEL VALLS
Je n'en sais rien. Les enquêteurs sont en train de travailler, moi je veux saluer tous ces militaires, ces gendarmes, ces sapeurs pompiers, les services de santé, les bénévoles, les élus des villages des Alpes qui ont fait preuve d'une solidarité et d'un engagement. Mais l'enquête avance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'avez plus de doute sur la responsabilité ?

MANUEL VALLS
Je m'en tiens évidemment à ce qu'a dit le procureur mais je crois qu'il n'y a guère de doute malheureusement. Pas de doute sur ce drame.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Deux choses pour terminer, un an, votre plus grande fierté ?

MANUEL VALLS
Vous savez…

JEAN-JACQUES BOURDIN
En un an.

MANUEL VALLS
Vous vous fêtez cet anniversaire pas moi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Je ne fête rien…

MANUEL VALLS
Ma plus grande fierté, c'est d'avoir tenu le choc avec le président de la République et le ministre de l'Intérieur et la Garde des Sceaux face à l'attaque des terroristes. Et ma plus grande fierté, c'est d'avoir vu le peuple français digne et silencieux manifester autour des valeurs de la République. Et je voudrais au fond qu'on se rassemble davantage autour de ces belles valeurs de la République. Je trouve que le pays est trop divisé, trop fracturé, et qu'il y a des mots, des attaques qu'on a vu pendant cette campagne qui ne sont pas au niveau, qui créent une ambiance dont le pays n'a pas besoin et je pense qu'on a besoin, c'est difficile dans cette situation économique que nous décrivions, nous avons besoin d'apaisement, de rassemblement, d'écoute en tout cas, c'est pleinement mon état d'esprit.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la plus grosse erreur ?

MANUEL VALLS
Toujours difficile pour un responsable politique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c'est bien de dire ses erreurs pour un responsable politique.

MANUEL VALLS
La plus grosse erreur, c'est peut-être de ne pas avoir intégré encore plus rapidement, mais notamment depuis trois ans la question de l'impôt, je pense que la hausse cumulée des impôts depuis des années, et la droite y a pris une part très importante, mais a créé un effet de ras le bol qui a étouffé l'économie française, les entreprises et qui a mis très en colère les Français, c'est pourquoi nous sommes en train de corriger cette erreur, puisque vous m'obligez à vous avouer une erreur. Mais c'est bien, vous savez moi je suis dans la vérité, ce que je fais, moi je crois en ce que je fais, je suis très déterminé et en même temps très serein, malgré les attaques. Mais gouverner le pays, c'est passionnant, c'est un immense honneur, mais moi je veux servir le pays…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les attaques, vous vous êtes mis en avance Manuel VALLS, personne ne vous plaindra.

MANUEL VALLS
Je ne suis pas une victime, je ne me plains pas et vue la situation que connaissent beaucoup de Français mon sort n'est pas à plaindre, mais je veux uniquement dire que voilà je suis déterminé à poursuivre ce travail dans l'écoute des Français, dans l'écoute bien sûr de la majorité, mais avec la volonté d'avoir des résultats en matière d'emploi, parce que c'est ça la priorité, le travail, le travail est une belle valeur. Beaucoup de Français au fond nous disent, cette valeur du travail, elle s'est perdue, elle s'est émiettée, il y a ce débat que je n'aime pas sur l'assistanat, non il faut du travail, de la solidarité, de la dignité. Il faut s'adresser à la jeunesse, c'est pour cela que l'école c'est la priorité des priorités, donc nous allons continuer beaucoup des textes et beaucoup des mesures que j'ai annoncés ces dernières semaines vont être pour la plupart adoptés et mis en oeuvre avant l'été. Je voudrais que les Français retrouvent confiance dans l'avenir et en tout cas c'est ma tache et je suis ferme à ma tache.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Manuel VALLS.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 31 mars 2015

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