Interview de M. Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la simplification, à I-Télé le 7 avril 2015, sur le rapport d'experts concernant l'exploitation du gaz de schiste au moyen de la "stimulation au propane non-inflammable", les leçons des élections départementales et l'ouverture de mosquées en France. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Thierry Mandon, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la simplification, à I-Télé le 7 avril 2015, sur le rapport d'experts concernant l'exploitation du gaz de schiste au moyen de la "stimulation au propane non-inflammable", les leçons des élections départementales et l'ouverture de mosquées en France.

Personnalité, fonction : MANDON Thierry, TOUSSAINT Bruce.

FRANCE. Secrétaire d'Etat de la réforme de l'Etat et de la simplification;

ti : BRUCE TOUSSAINT Thierry MANDON, secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, est l'invité de I TELE ce matin, bonjour…

THIERRY MANDON
Bonjour.

BRUCE TOUSSAINT
Merci d'être avec nous. Regardez la une du Figaro ce matin, le scoop de nos confrères du Figaro : « le gouvernement a-t-il enterré un rapport sur le gaz de schiste ? ».

THIERRY MANDON
Ça c'est Le Figaro qui publie un rapport soi-disant secret, on découvre ça. Je ne suis pas certain que… il y a beaucoup de mousse, je pense, pour pas grand-chose.

BRUCE TOUSSAINT
C'est-à-dire ?

THIERRY MANDON
Je ne suis pas certain qu'il y ait des rapports enterrés et secrets, des notes confidentielles des ministres au président de la République et au Premier ministre c'est assez fréquent et ça doit être ça le fameux rapport. En revanche, je suis…

BRUCE TOUSSAINT
Rapport commandé par Arnaud MONTEBOURG peu après son installation comme ministre mi-2012 - c'est ce qu'indique Le Figaro - achevé de rédiger début 2014, présenté ensuite à Arnaud MONTEBOURG et puis, visiblement, Manuel VALLS aurait répondu : « ce n‘est pas le moment » ?

THIERRY MANDON
En tout cas c'est un vrai sujet le gaz de schiste, depuis le début du quinquennat d'ailleurs ce sujet traîne. La position qui avait été arrêtée était la position que les technologies actuelles ne permettaient pas ni la recherche, ni l'exploitation de ce gaz. Si je comprends bien ce que j'ai lu ce matin dans le journal auquel vous faites référence, Arnaud MONTEBOURG aurait trouvé une technologie propre et il a proposé qu'on s'en serve…

BRUCE TOUSSAINT
Le fluor propane !

THIERRY MANDON
Voilà ! Très bien. Moi je ne suis pas un grand spécialiste de ces choses-là…

BRUCE TOUSSAINT
Moi non plus !

THIERRY MANDON
C'est un produit soi-disant américain, moi la seule chose qui me trouble ne connaissant pas vraiment ce dossier c'est que, si cette technologie propre existe et qu'elle est efficace, pour quelle raison elle est mise en place nulle part dans le monde ? Il doit y avoir quand même matière à regarder de plus près ce dossier que les éléments dont on dispose aujourd'hui.

BRUCE TOUSSAINT
Ce rapport préconisait une première phase d‘expérimentation, donc un micro-forage en Ile-de-France et dans le Sud-est, donc…

THIERRY MANDON
Oui ! Enfin expérimentation par micro-forage, donc on attaque.

BRUCE TOUSSAINT
Oui ! Ah, eh bien oui.

THIERRY MANDON
Voilà ! Donc, moi je ne connais encore une fois pas ce dossier, mais je me dis que, si une technologie miraculeuse existe pour exploiter les gaz de schiste il est troublant qu'elle n'ait été expérimentée nulle part et que, finalement, est-ce que c'est à la France de faire les frais d'une expérimentation ? Moi, je ne sais pas, mais je pense qu'il y a d'autres priorités en ce moment.

BRUCE TOUSSAINT
Vous avez lu e que disent les experts, la manne que ça représenterait, c'est assez spectaculaire ?

THIERRY MANDON
Ah ! Mais alors ça c'est génial, le gaz de schiste…

BRUCE TOUSSAINT
100 milliards d'euros, jusqu'à 225.000 emplois ?

THIERRY MANDON
Non ! Mais c'est la ruée vers l'or.

BRUCE TOUSSAINT
Oui !

THIERRY MANDON
C'est-à-dire qu'on se dit : « finalement - quand on est dans une situation comme l'est le pays - on se dit : « mais, si on pouvait trouver un trésor, ce serait extraordinaire », alors voilà : « Eh bien tiens, peut-être qu'on l'a sous nos pieds, ça va tout régler », je pense que les choses sont plus compliquées. On découvre aux Etats-Unis aujourd'hui les dégâts, bien sûr l'effet croissance de l'exploitation des gaz de schiste, mais les dégâts environnementaux colossaux que crée l‘exploitation, donc je pense qu'il faut beaucoup de prudence, beaucoup de transparence…

BRUCE TOUSSAINT
Oui ! Mais enfin là ce qu'on découvre…

THIERRY MANDON
Beaucoup de débats sur ce sujet.

BRUCE TOUSSAINT
Ce qu'on comprend surtout, c'est que c'est un sujet tabou ?

THIERRY MANDON
Oui ! Enfin tabou non, il n'est pas tabou du tout, au contraire c'est un sujet…

BRUCE TOUSSAINT
C'est un sujet pour le gouvernement puisque le rapport a été enterré ?

THIERRY MANDON
Oui ! Non, mais il n'est pas tabou, je crois que la position elle est simple, on n'en veut pas des gaz de schiste tant qu'on n'a pas de certitude…

BRUCE TOUSSAINT
Oui ! Même si des experts disent : « vous pouvez essayer autre chose ».

THIERRY MANDON
Attendez ! Des experts, ce n'est pas des experts, c'est la société qui exploite la technologie, c'est une expertise quand même très, très particulière…

BRUCE TOUSSAINT
Oui !

THIERRY MANDON
Donc avec des intérêts, donc on est prudents.

BRUCE TOUSSAINT
Ça donne aussi le sentiment d'une mainmise des Verts sur ce dossier ?

THIERRY MANDON
Non !

BRUCE TOUSSAINT
Honnêtement ?

THIERRY MANDON
Non ! Non, c'est faux. En revanche ce qui est vrai c'est qu'on a aujourd'hui un gouvernement qui est particulièrement attentif aux questions environnementales, si on fait le bilan : la transition énergétique, la sur-taxation du diesel, le doublement des crédits à l'agriculture bio… on a un gouvernement qui n'a jamais fait autant d'écologie qu'en ce moment et d'une certain manière d'ailleurs le paradoxe est qu'on fait beaucoup d'écologie sans écologiste labellisé vert au gouvernement.

BRUCE TOUSSAINT
A lire Le Figaro ce matin et à vous entendre à l'instant sur I TELE, on a le sentiment que ce débat ne peut pas être rouvert, on ne peut même pas en discuter ?

THIERRY MANDON
Mais bien que si ! Qu'est-ce qu'on fait ? Ca fait cinq minutes qu'on le fait, il n‘y a aucun problème, on peut discuter de tout, les arguments que je vous donne sont des arguments sérieux. Encore une fois la technologie je ne la connais pas, j'observe que cette technologie n'est en place nulle part dans le monde - c'est une technologie américaine - et je me dis que, si elle n'est nulle part dans le monde, c'est que ça mérite d'être regardé de plus près.

BRUCE TOUSSAINT
Juste un dernier mot là-dessus, d'un point de vue politique, on voit que tout ça ce serait passé au début de l'été le rapport... on comprend peut-être un petit peu mieux d'ailleurs pourquoi Arnaud MONTEBOURG a claqué la porte du gouvernement début septembre, fin août même plus précisément ?

THIERRY MANDON
Oui ! Enfin je crois que c'était sur des désaccords d'orientation économique, ce n'était pas là-dessus.

BRUCE TOUSSAINT
Oui !

THIERRY MANDON
En revanche, il y a des pics…

BRUCE TOUSSAINT
Enfin ce n'était pas un élément supplémentaire, c'est ça que je veux dire ?

THIERRY MANDON
Depuis qu'il a quitté le gouvernement, il y a les petits cailloux d'Arnaud MONTEBOURG, un jour c'est dans Les Echos, aujourd'hui c'est dans Le Figaro, on le suit à la trace et finalement…

BRUCE TOUSSAINT
Oui ! Donc, ça ne vous étonne pas tant que ça, vous le connaissez bien ?

THIERRY MANDON
Moi je le connais bien, donc…

BRUCE TOUSSAINT
Vous avez été, je le rappelle pour ceux qui nous regardent - pardon de vous rappeler ça sur le CV parce que ce n'est pas des choses que vous aimez rappeler – mais vous avez été son directeur de campagne aux primaires ?

THIERRY MANDON
Ah ! Pas du tout. Ah ! Non, non, mais pas du tout, j'assume tout à fait mon amitié personnelle avec Arnaud MONTEBOURG depuis très, très longtemps, ça n'empêche pas que politiquement on peut parfois être d'accord, parfois pas d'accord, mais je n'ai à renier de mes amitiés.

BRUCE TOUSSAINT
Il y a trois mois jour pour jour Charlie Hebdo, trois mois, le 7 janvier plus précisément, 7 janvier–7 avril - aujourd'hui d'ailleurs sur I Télé nous entendons des témoignages assez poignants d'ailleurs de certains témoins – qu'est-ce qu'il reste de ces évènements dramatiques, de ces attentats de Paris ? Est-ce qu'on en a tiré toutes les leçons ?

THIERRY MANDON
Je ne crois pas ! Ce qui reste après le 7 janvier et la grande manifestation du 11 janvier c'est un moment qu'on a qualifié de grand moment d'unité nationale et puis, très vite, est apparu qu'en fait il y avait ceux qui avaient manifesté, qu'il y avait ceux qui n'avaient pas manifesté - parce qu'ils ne manifestent pas parce qu‘ils n'étaient pas d'accord et que dans les banlieues… enfin il y a beaucoup de gens – et puis ceux qui ne manifestaient plus dans la société, c'est-à-dire ceux qui se contentaient désormais d'un bulletin de vote à des élections très, très protestataires pour dire leur colère contre le système et, donc, ce moment d'unité il a manqué quelque chose pour capitaliser sur son potentiel. Et ce quelque chose c'est sûrement un grand débat avec la société : l'affirmation des valeurs on a bien fait de le faire, les politiques publiques réorientées en matière de ruralité, là où il y a du sentiment d'abandon, en matière de quartier, on a bien fait de la faire ; mais il faut parler ouvertement des sujets qui fâchent...

BRUCE TOUSSAINT
Qui doit parler ?

THIERRY MANDON
Mais je pense qu'il faut confier ça à des experts indépendants, il faut qu'il y ait une sorte de commission nationale qui permette que soit discuter des sujets qui méritent de l'être. On voit l'actualité récente ! La question des fameux repas de substitution abordée à quelques jours d'une élection cantonale, enfin départementale, par un maire UMP, ça mérite discussion, ré-explication et finalement donc position - qui est la position française depuis 30 ans- repas de substitution impossible, qui soit maintenue, je pense qu'il nous manque un dialogue avec la société, avec les inquiétudes des gens sur les questions qu'a fait émerger le 11 janvier.

BRUCE TOUSSAINT
Donc, l'esprit du 11 janvier ça n'existe pas ?

THIERRY MANDON
Non ! Eh bien ça ne peut pas être un esprit de ceux qui dirigent, ça ne peut pas être un esprit des élites, l'unité de la République elle doit se refonder sur des grands moments de débats républicains autour des questions qui font qu'on a envie de vivre ensemble : qu'est-ce qui réunit les Français ? Quelles sont les inquiétudes ? Comment on…

BRUCE TOUSSAINT
Donc c'est une occasion ratée, c'est ce que vous êtes en train de nous expliquer…

THIERRY MANDON
Non ! Je pense que ça n'est pas trop tard.

BRUCE TOUSSAINT
Enfin après tout pourquoi pas ?

THIERRY MANDON
Je pense que ça n'est pas trop tard, il manque le volet démocratique et sociétal aux politiques publiques post 11 janvier.

BRUCE TOUSSAINT
Oui ! Parce qu'entre temps il y a eu la claque des départementales. D'ailleurs on est neuf jours après ce deuxième tour, on n'a toujours pas compris quelle leçon le gouvernement avait tirée de cette défaite, vous avez compris vous ?

THIERRY MANDON
Ah ! Eh bien oui, oui, trois leçons, évidemment trois leçons. D'abord, on a besoin d'être encore plus actifs en matière économique sur le soutien à l'investissement, qu'il s'agisse de l'investissement public, c'est-à-dire celui qui est fait l'Etat, les collectivités, les communes au moment où les taux d'intérêt sont quasiment à zéro - parce que ça va booster la croissance – et puis un soutien à l'investissement privé parce que, au moment où la croissance arrive, il faut accélérer cette croissance, donc il faut aider les entreprises, les acteurs qui veulent prendre des risques à le faire plus facilement - donc on a un séminaire demain autour du président de la République et du Premier ministre pour définir des mesures sur ces deux plans-là – et puis il y en a une troisième, qui va être le fil rouge des trois mois qui viennent, qui est la question des PME-PMI, si ça redémarre c'est dans les petites entreprises que ça va se passer, il faut qu'on les aide, il faut qu'on les soutienne.

BRUCE TOUSSAINT
Thierry MANDON ce que vous nous décrivez c'est le boulot du gouvernement….

THIERRY MANDON
Oui !

BRUCE TOUSSAINT
C'est votre boulot de ministre, d'un Premier ministre…

THIERRY MANDON
C'est exactement ce que je fais.

BRUCE TOUSSAINT
Ça n'a absolument aucun rapport avec les leçons des Départementales ?

THIERRY MANDON
Ah ! Si.

BRUCE TOUSSAINT
Vous venez de parler de votre action qui sera ensuite jugée par l'opposition, par la majorité, mais la leçon des Départementales ? Nous surtout ce qu'on a compris c'est, en gros, on compte sur la croissance et puis après on verra.

THIERRY MANDON
Non ! Il y a trois terrains sur les Départementales. Il y a donc le soutien à l'activité, à la croissance et à l'emploi - c'est ce que je viens de vous dire – il y a ensuite un terrain démocratique…

BRUCE TOUSSAINT
Rien ne change, pardon de vous couper, c'est ça que je suis en train de vous dire, rien ne change après les Elections Départementales.

THIERRY MANDON
Mais qu'est-ce que vous voulez ? C'est à dire que vous ce que vous auriez aimé c'est une nouvelle équipe, un nouveau casting ?

BRUCE TOUSSAINT
Mais pas forcément, il n'y a pas que ça…

THIERRY MANDON
Mais non ! Mais je suis en train de vous dire…

BRUCE TOUSSAINT
Par exemple…

THIERRY MANDON
Dans le cadre général des grandes orientations du quinquennat un accent va être mis sur l'investissement sur les PME-PMI et plus fort encore que ce qui a été fait ces derniers temps et je pense que c'est de nature à nous faire avoir des résultats rapidement.

BRUCE TOUSSAINT
Est-ce qu'il y a suffisamment de mosquées en France, Thierry MANDON ?

THIERRY MANDON
Non ! Non, non, il n'y a pas assez de mosquées en France c'est évident, il y a encore beaucoup trop de villes où la religion musulmane se pratique dans des conditions qui ne sont pas décentes. Ce n'est pas à la République d'organiser ça, mais c'est un sujet, on est obligés de reconnaître que parfois les lieux de culte musulmans ne sont pas satisfaisants.

BRUCE TOUSSAINT
Diriez-vous qu'il faudrait doubler le nombre de mosquées d'ici à deux ans, comme l'indique Dalil BOUBAKAR ?

THIERRY MANDON
Ah ! Ce n'est pas aux pouvoirs publics de dire ça, c'est une affaire confessionnelle. Mais je pense que pour avoir été élu de Ris-Orangis, d'une petite commune et d'avoir regardé ce qui se passe autour de moi, je sais qu'il y a beaucoup d'endroits où il faut sûrement des lieux de culte décents, et d'ailleurs, s'ils sont décents, s'ils sont plus ouverts plutôt que souterrains ou cachés, ça se passera mieux.

BRUCE TOUSSAINT
Florian PHILIPPOT, le vice-président du Front national, qui était à votre place hier matin, se dit opposé à cela au motif que 100 % des lieux de radicalisation ce sont des mosquées ?

THIERRY MANDON
Non ! Mais c'est un argument ridicule. Plus vous laissez les musulmans de France prier dans des caves ou dans des garages, plus vous les renvoyez à une discrimination qui font de la colère, qui font le terreau pour la radicalisation, c'est une faute, au contraire il faut ouvrir sereinement - et j‘imagine que c'est ce que veulent faire les responsables du culte musulman.

BRUCE TOUSSAINT
Trois questions rapides, trois questions d'actualité pour terminer cette interview. 11 avril date limite du dépôt des motions pour le congrès du Parti socialiste, il y a aura une motion vous croyez des Frondeurs, ils seront…

THIERRY MANDON
Eh bien les Frondeurs, mais il y en a beaucoup des Frondeurs, c'est à la mode la fronde, mais je pense qu'il y aura une motion de la gauche de la gauche. Mais moi je souhaite vraiment que le Parti socialiste soit rassemblé le plus largement possible, vous savez c'est ARAGON qui disait ce très court ver : « quand les blés sont sous la grêle, foin de faire le délicat, foin des vaines querelles, tous unis pour le commun combat », c'est ça, aujourd'hui c'est difficile, on doit se souder, on doit se rassembler, on doit regarder devant.

BRUCE TOUSSAINT
Mais enfin, pardon, non c'est chic de citer du ARAGON le matin à 8 h 28 à la télévision vous homme politique, mais est-ce que vous croyez que ça va convaincre les Frondeurs ?

THIERRY MANDON
Mais convaincre… de toute façon c'est à la fin que les militants qui choisiront. Mais les militants ils ont cette volonté d'unité, ils savent que la tâche qu'on mène est difficile, dans un contexte difficile et qu'il faut se serrer les coudes.

BRUCE TOUSSAINT
Radio France, alors tout à l'heure Christophe BARBIER dans son édito vous posait la question suivante : vous qui cherchez des simplifications, remettez le CSA sous contrôle ministériel pour mettre un terme à ce que Christophe appelle la gabegie de la grève à Radio France.

THIERRY MANDON
Ce n'est pas une proposition ! Ce serait beaucoup plus simple, mais ça ne serait plus une commission indépendante. Non, il faut regarder aujourd'hui… il faut que le CSA joue pleinement son rôle – et il le fait, il l'a nommé le président de Radio France – et il faut maintenant qu'il regarde si celui-ci est en état de faire son travail, ce qui semble être le cas.

BRUCE TOUSSAINT
La dernière question ! Y a-t-il des ministres irremplaçables ?

THIERRY MANDON
Eh bien tous par définition ! Si vous leur posez la question, j'imagine c'est ce que vous avez fait…

BRUCE TOUSSAINT
Non ! Mais vous avez entendu ce qu'a dit Ségolène ROYAL dans le journal Sud-ouest, elle dit : « même si je voulais partir, on me demanderait de rester ».

THIERRY MANDON
Mais oui ! Mais vous avez vu un ministre, à qui vous demandez est-ce que vous êtes irremplaçable, vous répond : Ah ! Non, non, moi je suis tout à fait remplaçable », ça n'existe pas, Ségolène en est la preuve.

BRUCE TOUSSAINT
Donc, vous-même vous êtes irremplaçable ?

THIERRY MANDON
Nous ne sommes que des irremplaçables, mais modestes, je crois qu'il faut garder aussi la modestie et se rendre compte que s'il n'y a pas de résultat l'aventure elle ne sera pas très longue.

BRUCE TOUSSAINT
Merci Thierry MANDON, bonne journée à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 avril 2015

Rechercher