Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "RMC BFMTV" le 20 avril 2015, sur le naufrage de migrants en mer Méditerranée et les réponses de l'Union européenne, sur les jeunes au chômage et la prime d'activité. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "RMC BFMTV" le 20 avril 2015, sur le naufrage de migrants en mer Méditerranée et les réponses de l'Union européenne, sur les jeunes au chômage et la prime d'activité.

Personnalité, fonction : LE FOLL Stéphane, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN
Notre invité est Stéphane LE FOLL, Ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. Bonjour.

STEPHANE LE FOLL
Bonjour.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les migrants qui traversent la Méditerranée, de Libye – enfin, qui essayent de traverser la Méditerranée – dans des conditions effroyables, le président du Conseil italien demande la tenue d'un sommet européen avant la fin de la semaine. Il se tiendra ?

STEPHANE LE FOLL
Ecoutez, aujourd'hui il y a un mini-sommet à Luxembourg. J'ai vu que Laurent FABIUS, qui était aux Etats-Unis, revient de manière express. Il y a un enjeu et l'Europe n'a pas, je le dis, été à la hauteur par rapport à ce qui se passe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Elle n'a pas été, elle n'est pas à la hauteur.

STEPHANE LE FOLL
Et elle n'est pas. Donc elle n'a pas été et j'espère que maintenant il y aura des décisions qui seront prises. Je pense qu'il y a une prise de conscience collective. On ne peut pas laisser, et Matteo RENZI l'a très bien dit, l'Italie toute seule face à un sujet pareil où la mer Méditerranée voit des centaines d'êtres humains tomber de canots de fortune avec des filières qui profitent de cette situation, un pays – la Libye – qui est déstructuré et tout ça nous donne des drames humains qui se multiplient et se répètent.

JEAN-JACQUES BOURDIN
L'Europe absente, l'Europe ignorante – enfin, pas ignorante mais complètement déconnectée de ce qui se passe. J'ai vu récemment un éditorial dans le New York Times stigmatisant, soulignant cette absence européenne. Mais ça veut dire quoi ? La crédibilité de l'Europe est en jeu sur cette affaire ?

STEPHANE LE FOLL
Oui, il y a une part de crédibilité pour l'Europe face à ces migrations de savoir maintenant quelles sont les mesures qu'elle va prendre de manière collective.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que faire ?

STEPHANE LE FOLL
Que faire ? Je pense qu'il y avait un plan qui s'appelait Mare Nostrum qui avait été mis en place par l'Italie. Il a été remplacé par un plan Triton européen qui est plus faible en moyens et qui est moins important en termes de dispositifs. Ce n'est pas possible de continuer comme ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Dix-huit pays sur vingt-huit, dix-huit pays seulement participent à Triton.

STEPHANE LE FOLL
C'est ce que je pense et ce que vous dites est juste. On ne peut pas rester dans la situation actuelle. On ne peut pas laisser cette situation…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors qu'est-ce qu'on peut faire ?

STEPHANE LE FOLL
Renforcer à la fois les moyens de contrôle, les moyens d'intervention, les moyens de surveillance. Ce n'est pas possible. Je crois qu'il y a huit ou neuf bateaux, pas plus, avec deux hélicoptères. C'est ça ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Deux navires de haute-mer, quatre patrouilleurs, deux avions et un hélicoptère. Voilà Triton.

STEPHANE LE FOLL
Il faut renforcer ces moyens. Voilà, il faut renforcer ces moyens. On ne peut pas laisser les choses comme ça.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, premier sujet. Deuxième sujet sur lequel la gauche se tait, c'est le traité transatlantique.

STEPHANE LE FOLL
Oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aujourd'hui, neuvième round de discussion qui s'ouvre à New York. Que savez-vous ? Où est-ce qu'on en est ? Le grand public ne sait pas. Je vous parle de ce traité transatlantique, pourquoi ? Parce qu'en Allemagne, la protestation – parce que ça gronde en Allemagne. Les Allemands ne veulent pas de ce traité majoritairement. Ils sont de plus en plus nombreux à manifester.

STEPHANE LE FOLL
Le gouvernement allemand, je le dis, madame MERKEL y est extrêmement favorable.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pas la population allemande.

STEPHANE LE FOLL
Donc elle se mobilise. La France a mis des lignes rouges dans ce débat sur ce traité transatlantique. On peut considérer qu'on a un intérêt économique commun à faire en sorte qu'entre les Etats-Unis et l'Europe, il y ait des possibilités de faire du commerce plus simples, avec moins de droits de douane, oui. Mais il y a des sujets où entre l'Europe et les Etats-Unis, il y a largement un océan qui nous sépare ; je pense en particulier sur les questions alimentaires, agricoles où là sur les conceptions de l'agriculture il y a des différences fondamentales.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors où en est-on ?

STEPHANE LE FOLL
Où en est-on aujourd'hui ? Les lignes rouges fixées par les gouvernements ont été données à la Commission et c'est la Commission qui négocie au nom de tous les gouvernements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi ne sait-on rien, nous le public, de ces négociations ?

STEPHANE LE FOLL
Vous en parlez ce matin, il y a eu des mobilisations, on est très attentif. Matthias FEKL a fait des propositions de transparence et d'associations des ONG.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les inquiétudes ne sont toujours pas levées.

STEPHANE LE FOLL
Bien sûr il y a toujours des inquiétudes dans une négociation.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais elles ne sont toujours pas levées.

STEPHANE LE FOLL
Mais je vous le dis, il y a des choses sur lesquelles bien sûr il falloir rester extrêmement mobilisés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc les inquiétudes ne sont pas levées.

STEPHANE LE FOLL
Elles ne sont pas levées. En même temps, il ne faut pas non plus considérer que, parce qu'il y a des rounds qui se jouent en ce moment, des négociations qui sont en cours, que les négociations vont aboutir. On le sait, ce sont des négociations qui vont prendre énormément de temps mais ça n'empêche qu'il faut rester extrêmement vigilant sur ce sujet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il y a un troisième sujet, avant d'aborder l'intervention du président de la République, avant de parler des jeunes, avant de parler de la prime activité, je voudrais Stéphane LE FOLL que vous répondiez franchement à la question concernant les interprètes afghans. Voilà des hommes qui se sont battus pour l'armée française, qui ont sauvé des soldats français. On leur avait promis de pouvoir revenir en France, des titres de séjour à eux et à leurs familles. Sur deux cents, il y en a soixante-treize qui ont pu revenir en France et les autres sont toujours en Afghanistan, menacés de mort, et on ne leur accorde rien. Pourquoi ?

STEPHANE LE FOLL
Mais on doit – là-dessus, il y a eu des protocoles qui ont été signés. La France a pris des engagements.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Des promesses.

STEPHANE LE FOLL
Des promesses et je pense que c'est absolument nécessaire de tenir ces promesses mais en même temps, il y a des demandes qui sont faites.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais est-ce que la France va tenir ses promesses ?

STEPHANE LE FOLL
Mais bien sûr qu'elle tiendra ses promesses et il faut qu'elle tienne ses promesses.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc ils auront des cartes de séjour.

STEPHANE LE FOLL
A condition qu'ils le demandent bien sûr, et puis dans des conditions qui sont prévues. Oui, il faut qu'on soit à la hauteur de cet enjeu, vous l'avez dit. En même temps, la France a quitté l'Afghanistan, a eu cette collaboration d'un certain nombre d'Afghans en particulier sur les interprètes qui ont été des collaborateurs extrêmement proches de l'armée française. Il y a un suivi et il y aujourd'hui des relations qui se poursuivent, et il faut qu'on soit à la hauteur de l'enjeu.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc tous les interprètes qui le demandent pourront venir s'installer en France.

STEPHANE LE FOLL
Aux conditions qui sont prévues, oui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui. Bon, voilà une bonne nouvelle pour eux. Je vais parler de l'intervention du président de la République hier sur Canal+. D'abord un mot sur les excuses publiques demandées par le Parti communiste à la suite des propos tenus par François HOLLANDE : « Marine LE PEN parle comme un tract du Parti communiste des années 70 » a dit hier François HOLLANDE. J'ai vu que Pierre LAURENT demandait des excuses publiques à François HOLLANDE. Le président de la République doit-il s'excuser ?

STEPHANE LE FOLL
J'ai bien compris que ça suscitait beaucoup d'émotion du côté du Parti communiste. Qu'est-ce qui a été dit ? Il a bien fait la différence entre ce qu'était le tract des années 70 sur les nationalisations, sur la fermeture des frontières et contre l'Europe et ce qui est la nature du Front national, qui va bien sûr sur d'autres terrains et en particulier celui de l'immigration, ce qui n'est pas du tout, ce qui n'a jamais été la position du Parti communiste. Mais il y a une analogie et pourquoi ? Parce que c'est un reportage qui était fait dans le Pas-de-Calais, sur des terres et des zones qui étaient anciennement communistes et qui votent aujourd'hui Front national. Il y a eu cette – comment s'est opérée cette continuité dans le vote protestataire qui est celui du Front national et qui a été incarné à un moment, soyons honnêtes et clairs, par le Parti communiste. Mais il n'y a pas d'amalgame à faire entre ce qu'est le Front national et ce qu'est ou ce qu'a été le Parti communiste. Je crois que le président de la République a été clair sur le sujet.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pas d'excuses publiques ?

STEPHANE LE FOLL
Non, mais je comprends tout à fait que Pierre LAURENT le demande.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Stéphane LE FOLL, elle a été réussie cette émission selon vous ? Franchement ?

STEPHANE LE FOLL
Mais Canal+ a une spécificité, je l'ai fait une fois cette émission.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais il ne s'agit pas de critiquer Canal+ ou quoi que ce soit, simplement je vous pose la question.

STEPHANE LE FOLL
J'ai bien compris. C'est une émission particulière, spécifique et donc c'était une volonté de s'exprimer sur un canal, si je puis dire, particulier et spécifique. Quand on vient chez Bourdin, on s'adresse à une population spécifique, large et populaire, c'est ça, et puis à Canal+ c'était la jeunesse, voilà. C'était l'objectif.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La jeunesse ?

STEPHANE LE FOLL
Oui. S'adresser à des téléspectateurs qu'on ne touche pas forcément toujours.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais quelle jeunesse ? La jeunesse qui est au chômage ? la jeunesse qui vote Front national ? qui vote de moins en moins d'ailleurs ? ou qui vote de moins en moins socialiste ? La jeunesse à qui on a promis qu'en 2017 on vivrait mieux qu'en 2012 ? Est-ce qu'aujourd'hui d'ailleurs la jeunesse vit mieux qu'en 2012 ?

STEPHANE LE FOLL
La jeunesse aujourd'hui, comme le pays ne vit – j'allais dire les choses s'améliorent, je ne vais pas dire qu'on vit mieux, mais il y a des choses qui ont été faites qui n'existaient pas en 2012, et il faut continuer ce travail de fond pour la jeunesse. Je prends la prime d'activité qui est là pour se substituer au RSA et à la prime pour l'emploi, qui part du travail – et là, je pense qu'il y a une ligne stratégique qui va être celle de la mise en oeuvre des mesures sur le compte professionnel d'activité, sur la prime d'activité, sur la baisse de l'impôt et sur l'apprentissage, qui vise à revaloriser le travail et en particulier pour les jeunes. Parce que les jeunes, ils ont une ambition, ils ont une envie : c'est aussi de réussir et ça, c'est très important de leur parler.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors les jeunes veulent savoir, Stéphane LE FOLL, les jeunes veulent savoir. Moins de quatre mille quatre cents euros nets par mois, on touche cette prime d'activité, on est bien d'accord. Quel est le montant de la prime ?

STEPHANE LE FOLL
Elle dépendra du facteur entre le travail qui est celui d'un jeune et…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais je gagne mille trois cents euros, quel est le montant de la prime ?

STEPHANE LE FOLL
Célibataire, c'est cent trente, cent vingt ou trente ; sur des personnes qui seraient un couple, deux cent trente ; et sur des parents isolés – ça, c'est très important – qui travaillent, là c'est deux cent vingt euros. C'est-à-dire qu'on aide au travers du travail des gens qui ont besoin en plus d'avoir un soutien.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Que l'on soit au SMIC, en temps partiel ou en intérim, on est bien d'accord. On est d'accord ?

STEPHANE LE FOLL
Oui. Alors on fera tout ça mercredi matin avec François REBSAMEN lors du point de presse. Tout va être précisé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais les moins de vingt-cinq ans vont toucher aussi cette prime, on est bien d'accord. Est-ce que les étudiants et les apprentis vont toucher cette prime ?

STEPHANE LE FOLL
Il y a un travail qui est en cours aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous n'avez pas dit oui aujourd'hui.

STEPHANE LE FOLL
Je n'ai pas dit oui aujourd'hui.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La question n'a pas été posée au président de la République hier, mais moi je vous la pose.

STEPHANE LE FOLL
La prime d'activité étant liée à la fusion entre le RSA activité et la prime pour l'emploi, c'est sur l'emploi salarié qui s'appuie cette prime d'activité.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pas pour les étudiants. Pas pour les étudiants ni les apprentis pour l'instant ?

STEPHANE LE FOLL
Et les apprentis, l'apprentissage est un statut spécifique qui nécessite, et ç'a été rappelé par le président de la République hier, des mesures spécifiques.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc pour l'instant, les étudiants sont exclus de cette prime d'activité.

STEPHANE LE FOLL
Et les apprentis aussi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et les apprentis aussi pour l'instant. Ça va changer ou pas ?

STEPHANE LE FOLL
Je n'ai pas la réponse. Je vous l'ai dit, on va discuter. C'est très important. Ce qui est important, c'est de savoir qu'aujourd'hui le RSA activité c'est deux cent trente/cinquante mille jeunes qui en bénéficient, soixante-dix mille. Là, on passe à un million. Donc on est vraiment dans une stratégie – je le dis et je le répète – avec la prime d'activité, avec le compte personnel d'activité, avec la baisse d'impôts et l'apprentissage sur une revalorisation du travail comme un élément de la dignité, en particulier pour les jeunes et pour les couches les plus modestes de notre société. Ça, c'est très important.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Hier à propos du chômage, le président de la République a dit : « les résultats vont venir. » Depuis 2012, j'entends dire le président : « les résultats vont venir. » Il est temps qu'ils viennent, les résultats. Un pourcent de croissance nous dit-on cette année 2015, c'est insuffisant pour créer de l'emploi.

STEPHANE LE FOLL
C'est le plancher.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il faut au moins cinq pour créer de l'emploi.

STEPHANE LE FOLL
1,5. En même temps, je dis juste et je vais essayer d'être le plus simple possible, c'est qu'à politique de l'emploi égale, le niveau de la croissance nécessaire pour créer de l'emploi, c'est-à-dire positif entre ceux qui arrivent sur le marché du travail et ceux qui le quittent, c'est 1,5. Mais plus on est efficace en termes de politique de l'emploi, plus on peut abaisser le niveau de la croissance.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Cela dit, n'est-ce pas le moment d'accélérer, franchement ? N'est-ce pas le moment d'engager une grande réforme fiscale, une réforme du marché du travail par exemple ?

STEPHANE LE FOLL
Réforme fiscale, ça je ne crois pas que ce soit le moment. L'impôt a été un objet de débat et il a été à un moment augmenté et on sait que les débats que ça a donnés.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Les dégâts. Les débats et les dégâts.

STEPHANE LE FOLL
Et aujourd'hui, au mois de septembre, c'est la première tranche de l'impôt qui est supprimée et c'est la baisse de l'impôt pour ceux qui sont autour du SMIC.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et la réforme du marché du travail ?

STEPHANE LE FOLL
François REBSAMEN, réforme du dialogue social, là on va avec cette volonté de négocier, de discuter et François REBSAMEN mercredi présentera sa loi qui intégrera les questions de la réforme du dialogue social, du contrat de travail et en même temps la prime d'activité et l'ensemble du dispositif et sur la pénibilité aussi.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Réforme du marché du travail, baisse de charges pour les TPE ?

STEPHANE LE FOLL
Ça, c'est engagé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de charges pour les TPE qui vont engager un apprenti mineur, de moins de dix-huit ans.

STEPHANE LE FOLL
Absolument, qui s'ajoute d'ailleurs aux baisses de charges du Pacte de responsabilité et qui s'ajoutent - j'y tiens ce matin à rappeler la mesure qui a été adoptée d'ailleurs au Sénat à l'unanimité dans le cadre de la loi Macron et qui avait été présentée par le Premier ministre il y a quinze jours sur le soutien à l'investissement pour les PME-PMI. Tout investissement qui sera fait dans l'année qui vient sera déductible à cent quarante pourcent en termes d'amortissement. C'est-à-dire que ça va faire baisser l'impôt sur les sociétés et ça, ça touche les PME et donc là, c'est un encouragement à l'investissement. Tout ça, c'est fait pour soutenir la croissance, créer de l'emploi et faire en sorte justement que le processus de reprise soit accéléré, soutenu voire même qu'on le pousse au-delà de ce que pourraient donner les résultats s'il n'y avait pas toute cette politique.

JEAN-JACQUES BOURDIN
La loi sur le renseignement, François HOLLANDE dit vouloir saisir le Conseil constitutionnel puis il nous dit aussi : « c'est une loi qui ne remet en aucune façon en cause la liberté. » Alors elle ne remet en aucune façon en cause la liberté mais il saisit quand même le Conseil constitutionnel. C'est un étrange paradoxe, non ?

STEPHANE LE FOLL
Ce n'est pas un étrange paradoxe. Il vaut mieux quand on a une conviction, et le président de la République l'a exprimée…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a des doutes ou une conviction ?

STEPHANE LE FOLL
On vérifie avec le Conseil constitutionnel et comme ça, il y aura pour l'ensemble des Français une garantie qui sera donnée. Il n'y a pas de doutes.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Aucun doute ? Aucun doute autour de cette loi ?

STEPHANE LE FOLL
Cette loi n'est pas faite pour aller empiéter sur les libertés. Je le rappelle, cette loi elle est faite pour organiser le renseignement pour lutter contre le terrorisme. C'est quand même ça le point de départ ; il n'y en a pas d'autre donc il ne faut pas se tromper.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est crucial la protection de nos privées, vous êtes bien d'accord Stéphane LE FOLL ?

STEPHANE LE FOLL
Bien sûr que c'est crucial.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais pourquoi vous n'abandonnez pas la procédure accélérée alors ?

STEPHANE LE FOLL
Sur le débat ?

JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui.

STEPHANE LE FOLL
Mais parce qu'on a besoin d'aller vite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Pourquoi ne pas débattre plus ?

STEPHANE LE FOLL
Jean-Jacques BOURDIN, le jour où il y aura encore un acte terroriste et qu'on aura dit : « pourquoi vous avez perdu tant de temps au lieu d'aller faire des contrôles ? » »

JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc c'est une loi sur le terrorisme ou pas ?

STEPHANE LE FOLL
C'est une loi sur le terrorisme.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Voilà, au moins disons-le.

STEPHANE LE FOLL
Elle a été faite pour organiser le renseignement et aller chercher les réseaux terroristes parce que depuis 91, première loi sur le renseignement, je le dis quand même au passage, il n'y avait ni internet, ni les smartphones, donc il est temps quand même qu'on se mette à la page, qu'on mette de l'ordre d'ailleurs dans ce qui est fait souvent sans cadre législatif. Il y aura un cadre législatif et il y aura une Commission nationale qui contrôlera et qui contrôlera avec des magistrats, des experts et des parlementaires. Donc il faut aussi dans ces débats être suffisamment clair. Qu'est-ce qu'on veut ? Lutter contre le terrorisme. Oui, on se donne les moyens. Oui, on protège les libertés. Oui, mais les libertés il faut aussi qu'on se donne des moyens pour pouvoir aller chercher des réseaux qui se connectent, qui se parlent et aujourd'hui ce n'était pas possible, donc maintenant il y a un cadre légal et il sera contrôlé.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, présidentielle 2017. S'il est candidat, si François HOLLANDE est candidat, est-ce qu'il devra passer par les primaires.

STEPHANE LE FOLL
Oh, alors ça !

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est dans les statuts du PS.

STEPHANE LE FOLL
Oui, c'est dans les statuts du PS. Je le dis, sauf que dans les statuts du PS, il n'y a pas marqué : « quand il y a un président sortant, est-ce qu'on fait des primaires ? » Voilà, c'est tout et puis on verra ça plus tard.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu'est-ce qui lui donne envie d'ailleurs à François HOLLANDE de se présenter en 2017 ?

STEPHANE LE FOLL
Il faudrait lui poser la question. Il l'a dit d'ailleurs…

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est quoi, c'est battre à nouveau Nicolas SARKOZY ?

STEPHANE LE FOLL
C'est la question du chômage, c'est la croissance, c'est répondre aux attentes des Français. Je veux dire si c'est réussi, il y aura – il se posera sûrement des questions mais s'il a réussi à redresser un pays dans la situation dans laquelle on l'a trouvé, à la fois économiquement, sur la question de l'équilibre budgétaire et puis en même temps qu'on retrouvé la voie de la croissance, de la création, de l'innovation et de l'emploi, à ce moment-là il pourra aller voir les Français en disant : « j'ai fait ce que j'avais dit, en particulier par la jeunesse. Est-ce que je peux continuer ? » Mais c'est à lui qu'il faudra poser la question et on n'est pas encore arrivé à ce moment-là.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Le gaspillage alimentaire, est-ce qu'il faut interdire à la grande distribution de jeter ? interdire par la loi ?

STEPHANE LE FOLL
Je pense que ce qu'a dit Guillaume GAROT qui est assez juste, c'est que l'hypothèse de l'interdiction est là pour stimuler toutes les alternatives au gaspillage.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Par la loi.

STEPHANE LE FOLL
Par la loi, ce n'est pas été arrêté tout de suite.

JEAN-JACQUES BOURDIN
C'est ce qui a été proposé par l'Union européenne.

STEPHANE LE FOLL
C'est ce qui a été proposé mais, en même temps il l'a dit, il y a douze mesures et il y a beaucoup de choses qui sont faites. D'ailleurs je voudrais le saluer, parce que je sais moi que toutes les banques alimentaires, toutes les associations caritatives travaillent beaucoup avec la grande distribution ou avec les grands marchés type le marché de Rungis. Donc il y a des choses qui sont faites mais il faut aller plus loin. C'est à la fois un comportement individuel et puis c'est en même temps collectivement pour les grands distributeurs, pour les grands commerçants la manière dont ils doivent assurer le recyclage d'une partie de ce qui n'est pas vendu pour ne pas le jeter. Ça, c'est un enjeu majeur.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Et puis dernière question, et je me fais le porte-parole de l'inquiétude de tous ceux qui produisent de l'huile d'olive. Parce que les oliviers des Pouilles sont touchés par cette fameuse mouche, « fameuse » entre guillemets, qui les tuent même des oliviers centenaires. Est-ce que cette mouche est en France ?

STEPHANE LE FOLL
Ecoutez, cette mouche selon les contrôles que nous avons faits n'est pas en France. En tout cas, on n'a pas ce qui se passe en Italie qui est une catastrophe et je pense d'ailleurs aux agriculteurs italiens, donc on a pris des mesures de contrôle aux frontières. Maintenant là aussi, on avait saisi l'Europe. Il faut qu'au niveau européen, on ait une décision en trois points. La première, c'est qu'est-ce qui se passe parce qu'on s'est aperçu qu'à Rungis, ce sont des caféiers qui venaient du Costa-Rica qui étaient infestés. Premier point donc, il y a des mesures à prendre aux frontières de l'Europe.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Infestés, donc elle est en France la mouche ?

STEPHANE LE FOLL
Il se trouve qu'on l'a détectée. Oui, elle est  Rungis. Détectée et circonscrite à Rungis, et on a détruit bien sûr le caféier en question. On a bien vérifié d'ailleurs pour savoir s'il y avait d'autres aliments qui auraient pu être…

JEAN-JACQUES BOURDIN
Il n'y en a pas d'autres ?

STEPHANE LE FOLL
Pour l'instant, il n'y en a pas d'autres. Heureusement ! Vous êtes d'une région où il y a des olives et vous le savez. C'est une catastrophe donc c'est obligé de prendre une mesure à l'échelle nationale pour stopper l'hypothèse de produits qui viendraient des Pouilles et il se trouve qu'on en a trouvés qui venaient d'ailleurs, donc l'Europe doit prendre une décision, c'est la première chose en termes de mesure sur l'importation. Deuxième point, elle doit aussi définir des protocoles maintenant puisqu'il y a un début de recherche avec l'IFCA qui doit être saisie pour savoir comment on peut traiter cette mouche. Et troisième point, je le dis, par rapport à ce qui s'est passé dans les Pouilles, pour les agriculteurs italiens il faut aussi qu'il y ait des aides qui soient débloquées parce qu'eux, ils sont dans une situation catastrophique que je ne veux pas voir arriver en France parce que c'est des vergers et c'est des oliviers entiers qui ont été détruits.

JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci Stéphane LE FOLL d'être venu nous voir ce matin.

STEPHANE LE FOLL
Merci à vous.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 avril 2015

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