Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à RTL le 7 mai 2015, sur les négociations concernant l’attribution aux compagnies dites du Golfe de nouveaux droits de trafic aérien vers la France et le plan gouvernemental de remise en état de routes nationales et de voies navigables. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, à RTL le 7 mai 2015, sur les négociations concernant l’attribution aux compagnies dites du Golfe de nouveaux droits de trafic aérien vers la France et le plan gouvernemental de remise en état de routes nationales et de voies navigables.

Personnalité, fonction : VIDALIES Alain, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche;

ti : YVES CALVI
7 h 47 ! Jean-Michel APHATIE vous recevez Alain VIDALIES, secrétaire d'Etat chargé des Transports.

JEAN-MICHEL APHATIE
Bonjour Alain VIDALIES.

ALAIN VIDALIES
Bonjour.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le gouvernement français a-t-il autorisé QATAR AIRWAYS à ouvrir des lignes internationales dans les aéroports de Nice et de Lyon ?

ALAIN VIDALIES
Dans le cadre des négociations sur le Rafale, la réponse est non. La réalité…

JEAN-MICHEL APHATIE
Dans ce cadre-là non, mais en règle général ?

ALAIN VIDALIES
En règle générale il y a une négociation permanente, ces compagnies ne sont pas exclues. Aujourd'hui les compagnies dites du Golfe disposent de 120 droits de trafic en France, il y a eu une grande négociation en 2010 – 2011 où ces compagnies ont obtenu beaucoup de possibilités, notamment au départ de Paris - il y en a plus de 70 aujourd'hui et notamment aussi QATAR AIRWAYS – cette négociation de 2010 – 2011, pas maintenant. En compensation de quoi ? Probablement de rien ! En tous les cas, il n'y a pas eu de résultat à l'époque, mais le problème il a été bien posé. Il faut donner une précision, il n'y a pas de règle à l'OMC, c'est-à-dire l'Organisation Mondiale du Commerce, qui concerne l' aviation – et c'est bien l'une des difficultés – donc il nous faut trouver de la régulation.

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord ! Mais quand même soyons précis, tout le monde dit – oublions les Rafale que la France a vendus au Qatar – tout le monde dit que QATAR AIRWAYS a reçu l'autorisation d'ouvrir des lignes à Lyon et à Nice et vous ce matin, Alain VIDALIES, vous dites non ?

ALAIN VIDALIES
Je vous dis qu'il y a des négociations qui étaient ouvertes depuis longtemps avec QATAR AIRWAYS, mais aussi avec toutes les compagnies du Golfe, ces négociations elles portent sur des demandes permanentes…

JEAN-MICHEL APHATIE
Elles se poursuivent ?

ALAIN VIDALIES
Elles se poursuivent, elles sont permanentes.

JEAN-MICHEL APHATIE
Elles ne sont pas terminées ?

ALAIN VIDALIES
Elles ne sont pas terminées, mais elles seront permanentes pour les raisons qui ont été dites par François LENGLET. Vous ne pouvez pas dire : « on ne discute pas, on ne discute plus du tout avec vous » avec des gens qui sont vos premiers clients, pas sur le Rafale – ce n'est pas ça la question majeure – surtout sur les avions, sur AIRBUS notamment.

JEAN-MICHEL APHATIE
AIRBUS ! D'accord.

ALAIN VIDALIES
Alors pourquoi on cite Nice et Lyon ? Pour une raison, je vais être très clair, c'est que ce sont des lieux sur lesquels il y a une pression des élus locaux, avec des…

JEAN-MICHEL APHATIE
Qui se plaignent qu'AIR FRANCE se désinvestit de ces aéroports, n'ouvre pas des lignes internationales et, donc, ils disent : « permettez aux compagnies du Golfe de le faire ».

ALAIN VIDALIES
Il y a une très forte pression des élus de Nice de Lyon, avec des opinions politiques différentes, vraiment très fortes : des Chambres de commerce, des gestionnaires d'aéroport, qui veulent absolument ouvrir des lignes et qui accompagnent les demandes de ces compagnies. Donc, pour l'instant, ces discussions n'ont pas abouties. J'ajoute que…

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous souhaitez qu'elles aboutissent ?

ALAIN VIDALIES
Eh bien je souhaite qu'elles se poursuivent, je souhaite qu'elles aboutissent d'une manière parallèle à ce que j'ai mis en oeuvre avec mon collègue Allemand Alexander DOBRINDT. Ce n'est pas simplement un problème français, c'est un problème européen, il y a ce rapport des compagnies américaines - alors il va falloir probablement donner la possibilité aux compagnies arabes de répondre sur cette question – mais nous avons aujourd'hui demandé à la communauté, à l'Europe, de négocier : la concurrence oui, la concurrence loyale, on veut de la transparence, je pense que les deux démarches doivent être menées en parallèle.

JEAN-MICHEL APHATIE
Le 5 février au Sénat, Alain VIDALIES, vous disiez : « concernant les compagnies du Golfe, je serai très clair, plus aucun droit de trafic n'est aujourd'hui accordé par la France aux compagnies du Golfe ».

ALAIN VIDALIES
C'est ce que j'ai dit ! C'est ce qu'on a appelé depuis 2012…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais ça ne vaut plus ça puisque vous négociez pour leur en donner ?

ALAIN VIDALIES
Ce que j'ai dit aussi, puisque…

JEAN-MICHEL APHATIE
On a du mal à…

ALAIN VIDALIES
Non ! Non, les choses sont claires.

JEAN-MICHEL APHATIE
On a du mal à comprendre.

ALAIN VIDALIES
On a pris l'initiative au niveau européen de dire : « on ne peut pas continuer comme cela, il faut que l'on ait une discussion », les compagnies elles-mêmes ont un organisme qui les représente et on a dit à la commissaire - il y a une décision que j'ai porté avec le ministre Allemand – pour dire : « nous voulons discuter des conditions de la concurrence loyale avec ces compagnies », cette discussion elle est engagée. Au fond, je pense que ces deux démarches doivent être aujourd'hui menées en parallèle.

JEAN-MICHEL APHATIE
Tant qu'il n'y a pas de concurrence loyale, les compagnies du Golfe bénéficiant - François LENGLET l'a dit – de subventions de la part des Etats, de carburant à prix cassé, tant qu'il n'y a pas de concurrence loyale, il n'y aura pas d'autorisation d'ouvrir des lignes ?

ALAIN VIDALIES
Tant que les discussions ne seront pas engagées et qu'elles n'auront pas répondu, je pense que l'autre discussion pourra aboutir difficilement, mais j'ai mis de côté la question de Nice et de Lyon puisqu'il y a là aussi pour nous une forte pression des élus locaux c'est vrai.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, pour en terminer, ce matin Alain VIDALIES vous démentez les informations de presse : pas d'autorisation donnée à QATAR AIRWAYS pour ouvrir des lignes ?

ALAIN VIDALIES
Il n'y a pas eu d'autorisation donnée dans le cadre de la négociation sur les Rafale, les discussions avaient commencé avant et elles n'ont pas abouti à ce jour.

JEAN-MICHEL APHATIE
Il n'y a pas d'autorisation donnée en règle générale ?

ALAIN VIDALIES
Il n'y a pas d'autorisation donnée en règle générale !

JEAN-MICHEL APHATIE
AIR FRANCE, évidemment on vous écoute avec attention à AIR FRANCE, les dirigeants d'AIR FRANCE, les salariés d'AIR FRANCE, parce que la compagnie est fragile un nouveau est présenté à AIR FRANCE de réduction des coûts, vous craignez des réductions d'emploi à AIR FRANCE ?

ALAIN VIDALIES
Il y a un deuxième plan qui vient d'être engagé par AIR FRANCE, je crois que c'est une…

JEAN-MICHEL APHATIE
Transform 2020 !

ALAIN VIDALIES
C'est une compagnie qui est fragilisée ! Ce n'est pas une compagnie nationale au sens où ce n'est pas l'Etat qui gère, nous avons 17 % du capital dans cette entreprise, il n'y a pas simplement la question des compagnies du Golfe. Le transport aérien a été très largement perturbé par l'émergence de ce qu'on appelle les low cost - que probablement on a regardé un peu avec dédain en ne comprenant pas que la question de la mobilité aujourd'hui c'était aussi de répondre aux gens pour qui le premier critère c'est celui du prix et aujourd'hui – ce qui est très important c'est évidemment ces compagnies low cost. Alors on a réagi, c'est une bonne chose, avec la création du développement de TRANSAVIA qui était malheureusement à l'origine du conflit de l'année dernière…

JEAN-MICHEL APHATIE
Du conflit ! Oui.

ALAIN VIDALIES
Et puis il y a la question effectivement des coûts et il y a probablement des marges de manoeuvre, on a déjà fait, on a supprimé la taxe en correspondance qui était spécifique à AIR FRANCE, 60 millions dans le budget de l'année dernière, suite au rapport de Bruno LE ROUX.

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais un nouveau plan présenté à AIR FRANCE, vous craignez des suppressions d'emploi encore à AIR FRANCE ?

ALAIN VIDALIES
Ce qui a été annoncé c'est un plan avec des réductions d'effectif, mais les choses ne sont pas définitives, mais il est évidemment aujourd'hui qu'AIR FRANCE doit faire des progrès – ce que dit monsieur de JUNIAC et monsieur GAGEY est tout à fait juste – pas annoncer de licenciements pour l'instant, donc moi je pense qu'il peut y avoir des accords de productivité et en même temps des efforts en matière de développement, on est dans la compétition.

JEAN-MICHEL APHATIE
AIR FRANCE demande au gouvernement un moratoire sur la taxe Chirac qui finance le fonds d'aide United, AIR FRANCE explique : « ce serait une économie de 90 millions d'euros et c'est nécessaire évidemment parce que ça nous pénalise face à nos concurrents », que répondez-vous Alain VIDALIES ?

ALAIN VIDALIES
Je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure idée, je suis prêt à les accompagner. Mais enfin la taxe Chirac - pour une fois qu'il y avait une décision qui avait été prise qui fait consensus - ça sert à quoi ? Il faut le rappeler ! Ca sert à financer essentiellement l'association internationale qui lutte contre le Sida…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais on est presque les seuls à la financer ! Beaucoup de pays devaient participer au financement de ce fonds d'aide et la France finance finalement ce fonds aux 2/3 ?

ALAIN VIDALIES
C'est vrai ! C'est vrai.

JEAN-MICHEL APHATIE
Les autres disent : « vous êtes bien gentils mais on vous laisse financer » ?

ALAIN VIDALIES
Vous savez, il y a deux solutions dans ce cas-là : c'est effectivement se dire : « on va faire comme les autres » et puis se dire : « que moralement de temps en temps faire des choses bien c'est aussi bien », je pense que c'est un…

JEAN-MICHEL APHATIE
Mais 90 millions d'euros ça handicape la compétitivité d'AIR FRANCE ?

ALAIN VIDALIES
Oui ! Oui, mais c'est un assez mauvais exemple, je pense qu'on peut trouver d'autres marges de manoeuvre.

JEAN-MICHEL APHATIE
D'accord.

ALAIN VIDALIES
Moi je suis plutôt fier que la France ait fait ça et qu'elle continue à le faire toute seule, quand elle fait ça elle est la France.

JEAN-MICHEL APHATIE
Donc, réponse à AIR FRANCE, pas de moratoire sur cette taxe ?

ALAIN VIDALIES
Il y a d'autres marges de manoeuvre, je ne crois pas que ce soit le bon exemple.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous avez annoncé hier, Alain VIDALIES, un plan de 100 millions d'euros pour 150 chantiers de rénovation des routes et des voies fluviales…

ALAIN VIDALIES
Oui ! C'est une décision qui a été prise. 100 millions ça veut dire qu'on va immédiatement, c'est ça l'intérêt dans les travaux publics, sur 150 chantiers qui sont dispersés sur toute la France, faire des travaux à bons de commande. Ca veut dire quoi ? Ça veut dire que ces travaux ils seront fait en juillet, en août et en septembre. Aujourd'hui les travaux publics souffrent, la reprise n'est pas complètement là parce que c'est les grands chantiers que l'on attend, je pense que c'est un bon coup de pouce pour l'emploi et puis aussi pour l'état de nos routes nationales.

JEAN-MICHEL APHATIE
Vous les trouvez où les 100 millions ?

ALAIN VIDALIES
Ils étaient dans le budget ! On les a…

JEAN-MICHEL APHATIE
Trois milliards !

ALAIN VIDALIES
Le président de la République… vous savez 100 millions c'est important et en même temps le plan de relance autoroutier c'est 3 milliards…

JEAN-MICHEL APHATIE
Ce n'est pas grand-chose ! Oui.

ALAIN VIDALIES
C'est 3 milliards 3200 millions, mais je pense que cela seront bien utilisés, c'est de l'emploi, c'est du travail pour les entreprises, c'est de la croissance et, en plus, ça va améliorer nos routes

JEAN-MICHEL APHATIE
Comme disait je ne sais plus qui : « pour 100 millions tu n'as plus rien », eh bien oui dans les chantiers de rénovation, voilà.

ALAIN VIDALIES
Ce n'est déjà pas si mal ! On ne peut pas toujours se plaindre que l'Etat ne fasse rien et, quand il aide la croissance et les entreprises - et qu'il le fasse en plus rapidement – juillet, août et septembre.

JEAN-MICHEL APHATIE
Alain VIDALIES, secrétaire d'Etat aux Transports, était l'invité de RTL ce matin.

YVES CALVI
100 millions pour rénover nos routes et Alain VIDALIES vient d'annoncer, qui déclare en tout cas, que nos achats de Rafale ne sont pas liés à l'ouverture de lignes pour QATAR AIRWAYS dans notre pays face à AIR FRANCE. Merci à tous les deux, l'entretien est à réécouter bien entendu et à retrouver sur le site rtl.fr


source : Service d'information du Gouvernement, le 7 mai 2015

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