Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur l'usine Cital d’assemblage et de maintenance de tramways, à Annaba le 12 mai 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international, sur l'usine Cital d’assemblage et de maintenance de tramways, à Annaba le 12 mai 2015.

Personnalité, fonction : FABIUS Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et du développement international

Circonstances : Inauguration de l'usine CITAL d'Annaba (Algérie), le 12 mai 2015

ti :
C'est un grand plaisir pour moi d'être ici aujourd'hui, dans une autre partie de cette belle Algérie, pour inaugurer ensemble aujourd'hui cette réalisation. D'abord, je veux ajouter mes félicitations à celles qui ont été prononcées. Évidemment, quand nous nous trouvons comme aujourd'hui ici - nous avons parcouru les rames, nous voyons cette usine en production - pour arriver à cela, il a fallu beaucoup de travail et c'est à toutes celles et tous ceux qui ont accompli ce travail, permis cette réalisation, que je voudrais adresser mes félicitations. Bien évidemment, je pense ainsi à nos dirigeants qui ont donné l'impulsion, aux acteurs économiques qui ont rendu cela possible, aux salariés qui aujourd'hui, jour après jour, font vivre cette belle entreprise, à toutes celles et à tous ceux qui, à partir d'un projet, qui n'était qu'une volonté politique, ont fait une réalisation. Donc vraiment, au nom de la France, je veux vous apporter mes félicitations.

Mon collègue M. Emmanuel Macron aurait dû être à mes côtés. Malheureusement, il est retenu par le débat parlementaire. Il a une excuse, c'est que la loi qu'il présente porte son nom : cela aurait été difficile qu'il soit absent de cette discussion ! Mais en tout cas, nous sommes côte à côte, lui qui s'occupe de l'économie, moi qui m'occupe des affaires étrangères et du développement international de la France, pour vous dire «bravo».

Alors ici, on fabrique des tramways, en attendant si j'ai bien compris de pouvoir étendre la fabrication à d'autres choses, notamment dans le domaine du ferroviaire. Vous ne le saviez pas lorsque vous m'avez invité, mais je suis un spécialiste des tramways, enfin un spécialiste modeste. C'est que moi-même, lorsque je présidais l'agglomération de Rouen en Normandie, j'ai eu à me poser la question : comment faire pour améliorer les transports ? Et je me suis prononcé avec la population pour le tramway. Vous allez me dire : «Monsieur Fabius, il vient faire la publicité sur les tramways !» D'abord il faut savoir faire tous les métiers, ensuite votre choix est déjà fait. Mais je pense que c'est un choix excellent. Parce que l'expérience montre que pour des villes d'une certaine dimension, le tramway est certainement l'équipement de transport qui donne la meilleure satisfaction. D'un côté, la facilité du transport, de l'autre un coût qui n'est pas excessif, et en général, la robustesse, la qualité, l'esthétique, c'est tout ce que nous voyons ici dans ces rames qui bientôt vont circuler à Constantine. Mais ce que j'ai observé aussi - c'était très bien expliqué dans le petit film que nous venons de voir -, c'est que le tramway, ce n'est pas seulement un moyen de transport. Bien évidemment, c'est très important pour la population de pouvoir être transportée dans des conditions de confort, d'accessibilité bien supérieure. Mais au moins autant qu'un moyen de transport, c'est une certaine conception de la ville. Et les villes qui ont fait le choix de ce transport vont petit à petit se modifier avec toutes les conséquences que cette amélioration va apporter.

C'est une façon finalement de développer les échanges humains et de concevoir l'aménagement du territoire et de ce point de vue-là, le tramway est un choix excellent. Je pense en cet instant aux personnels, au pluriel - on nous a donné les chiffres, aujourd'hui 180, des développements futurs : j'ai lu le chiffre d'un millier de personnes. C'est dire que ce que nous faisons ici, c'est de l'emploi, en particulier pour la jeunesse, et je ne veux pas du tout opposer de ce point de vue l'Algérie et la France. C'est de l'emploi pour l'Algérie et de l'emploi pour la France, et c'est cela un partenariat intelligent. Ce que nous inaugurons aujourd'hui, c'est un partenariat réussi. Et puis, il y a les petits qui vont venir derrière. Annaba, que j'ai trop vite survolée : il faudra que vous me réinvitiez. Mais faites attention ! Quand on m'invite, je viens !

Annaba, cela va devenir, je cherche le mot français pour «cluster», le pôle du développement ferroviaire au sens large parce qu'il y a de grands, beaux et utiles projets qui sont prévus au fur et à mesure, bien sûr, des capacités. Et ici, vous avez tout, à commencer par le terrain qui a été prévu vaste pour accueillir, avec des économies d'échelle, comme on dit, à la fois le tramway, et puis le train et d'autres perspectives. Je pense à tout ce que cela va apporter à notamment la jeunesse de cette région, qui souhaite bien évidemment l'emploi, souhaite la qualification, souhaite avoir une vie stable, heureuse ; une perspective. On sait que cela passe par l'emploi et ici l'emploi va passer par le développement, à la fois du tramway et du chemin de fer, avec des projets considérables à travers toutes les villes de l'Algérie.

Un dernier mot, j'employais ici cette expression qu'il faut retenir : le mot de partenariat réussi. Le temps n'est plus où la présence se limiterait à telle ou telle exportation commerciale. Il faut vraiment travailler ensemble, comme nous le faisons, France et Algérie, Algérie et France, la main dans la main. Travailler ensemble, bien sûr, en Algérie mais comme Ramtane Lamamra vient de le dire, travailler ensemble pour le marché maghrébin et pour l'ensemble des marchés africains. Je crois que, de ce point de vue-là, la coopération tout à fait exemplaire entre l'Algérie et la France a une immense perspective. Cela ne sera pas seulement un succès économique, qui est indispensable, mais le succès d'un certain projet de développement en commun qui justifie que l'Algérie et la France soient plus que jamais côte à côte.

Bref, Mesdames et Messieurs, merci de nous avoir permis d'assister à cette magnifique réalisation. C'est un partenariat réussi et d'ailleurs, tout à l'heure, nous buvions le verre de lait de l'amitié et la datte - avec deux «t» - et la seule chose qui ne soit pas d'Annaba, ce sont les dattes. Je garderai de cette journée le meilleur des souvenirs parce que c'est l'exemple d'un travail utile, fait en commun pour le peuple algérien et le peuple français, qui, à travers cette réalisation, sont une fois de plus réunis.


Vive l'amitié entre l'Algérie et la France !


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 20 mai 2015

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