Déclaration de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, sur la promotion du vélo, notamment des vélos en libre service, et la mise en oeuvre du plan national d'actions "mobilités actives", à Nantes le 3 juin 2015. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche, sur la promotion du vélo, notamment des vélos en libre service, et la mise en oeuvre du plan national d'actions "mobilités actives", à Nantes le 3 juin 2015.

Personnalité, fonction : VIDALIES Alain.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports, à la mer et à la pêche

Circonstances : Séance d'ouverture du congrès mondial "Velo City", à Nantes (Loire-Atlantique) le 3 juin 2015

ti : Madame la Présidente de Nantes Métropole,
Monsieur le Vice-Président de la Région Loire-Atlantique,
Monsieur le Président de la Commission Transport au Parlement Européen,
Monsieur le Président de l'ECF,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,


Je voudrais tout d'abord m'adresser à tous les congressistes, et en particulier à nos visiteurs en provenance de plus de 60 pays, pour leur souhaiter la bienvenue en France et les remercier d'avoir répondu aussi nombreux à l'invitation des organisateurs de Vélocity 2015.

Accueillir le congrès mondial du vélo en France l'année de la conférence pour le climat est une immense fierté. Bien plus qu'un symbole, c'est le signe que les politiques en faveur du vélo oeuvrent pour l'amélioration du climat et de notre cadre de vie.

C'est toujours un grand plaisir, chère Johanna Rolland, de venir à Nantes.

Nantes dont la politique en faveur des modes dits « actifs », est reconnue sur le plan international.

Ce choix de l'European Cyclists' Federation (ECF) de retenir la candidature de Nantes, qui était la candidature de la France, légitime les progrès accomplis par tous ceux qui dans notre pays, ont l'ambition de faire du vélo un mode de transport à part entière.

C'est pour nous tous une grande satisfaction et un message d'encouragement à poursuivre et amplifier nos politiques pour développer un mode de déplacement dont les atouts ne sont plus à démontrer.

En effet, le vélo est un outil merveilleux, bénéfique sur tous les plans :

- sur le plan de l'environnement,
- bon pour la santé,
- favorisant l'autonomie,
- source de loisirs et vecteur de tourisme,
- mais aussi un formidable levier pour booster l'économie et créer de nouveaux emplois.

Pour en arriver là, il a fallu vaincre beaucoup de réticences, et en particulier accepter de faire un peu de place au vélo à côté de la voiture.

A cet égard vous me permettrez de rendre hommage à l'engagement des associations qui oeuvrent inlassablement auprès des décideurs publics, au niveau local et national, pour les convaincre de la nécessité de rendre possible le choix du vélo.

Un choix, je viens de le dire, dont l'importance en termes économiques et d'emplois mérite qu'on s'y arrête un instant.

En France, toutes activités confondues, les retombées économiques du vélo sont en effet de l'ordre de 4,5 milliards d'euros pour 35 000 emplois et 26 millions de vélos «en activité».

- Près de 3 millions de vélos ont été vendus l'an dernier, ce qui place la France au troisième rang européen derrière l'Allemagne, et le Royaume-Uni. Et plus du tiers concerne les vélos à assistance électronique, dont le marché est en pleine croissance.
- Le tourisme à vélo représente quant à lui 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires. En effet, la France figure comme seconde destination mondiale avec un réseau national de véloroutes et voies vertes de 11 000 kilomètres auquel il faut ajouter 8000 km de circuits divers réalisés au plan local.

Mentionnons également le développement du cyclisme sportif avec l'apparition de nouvelles pratiques telles que le VTT ou le BMX.

Les retombées économiques du vélo concernent enfin les travaux d'infrastructures, et bien entendu, les activités de services, parmi lesquelles la réparation et le réemploi des vélos inutilisés par les chantiers d'insertion et ateliers participatifs. La location de vélos présente en effet un fort potentiel de croissance par l'apparition du Vélo à Assistance Electrique.

Comme vous le voyez, nombreuses sont les raisons qui militent en faveur d'un développement du vélo et de la nécessité de rattraper notre retard par rapport aux pays le plus souvent cités en exemple, comme le Danemark ou les Pays-Bas, certes avantagés par leur relief !

Un récent sondage plaçait la France en 12ème position des pays d'Europe les plus adaptés au vélo urbain, alors que nous avons tous les atouts pour figurer dans le peloton de tête.

D'ailleurs, c'est ce que beaucoup de villes ont compris dès le début des années 2000 marquées en particulier par le développement et le succès des vélos en libre service mais également par des avancées importantes pour installer le vélo dans notre paysage urbain et permettre un nouveau mode de vie.

Je peux citer la ville de Strasbourg, où la part modale du vélo dans le centre-ville avoisine les 15%, ou encore Lyon et Paris où le nombre d'utilisateurs de Vélib avoisinent les 150 000 par jour, soit l'ordre de grandeur de fréquentation de la ligne 10 du métro !

L'Etat a accompagné les collectivités locales à travers un certain nombre de mesures et notamment l'adaptation progressive du code de la route et l'obligation de créer du stationnement pour les vélos dans les immeubles.

En 2010, l'adoption du schéma national des véloroutes et voies vertes à été une étape importante pour le développement du tourisme à vélo.

Mais il était nécessaire d'aller encore plus loin et d'inventer de nouveaux outils pour ancrer de façon durable la marche et le vélo dans notre quotidien.

C'est pour en définir les contours qu'a été engagée une large concertation entre les services de l'Etat, les associations et le club des parlementaires pour le vélo.

Ce travail collégial a permis l'adoption en mars 2014 du plan national d'actions « mobilités actives » qui s'articule autour de 5 axes : Intermodalité, partage de la voirie, économie du vélo, vélo et tourisme, et communication sur les bienfaits de la marche et du vélo.

Un an après, sur les 25 mesures figurant dans le plan, 75% ont été mises ou sont sur le point d'être mises en oeuvre.

Parmi celles qui relèvent de l'Etat, je veux insister sur :

• la publication imminente du décret destiné à faciliter la circulation des piétons et des cyclistes et de l'arrêté modifiant la signalisation routière pour permettre aux collectivités territoriales la possibilité d'introduire ces nouvelles règles ;
• la possibilité de mettre en oeuvre des co-financements d'itinéraires cyclables du schéma national des véloroutes a été introduite dans les mandats de négociation des CPER ;
• la pérennisation et l'essor de la semaine du vélo à l'école et au collège organisée en lien avec l'Éducation nationale, et je tiens à remercier l'Académie de Nantes pour son engagement à l'occasion de Vélocity ;
• l'installation des groupes de travail sur le suivi du tourisme à vélo, le recyclage et le réemploi des vélos ...
• La diffusion prochaine de modules pédagogiques pour inciter les élèves à la pratique du vélo et sensibiliser les apprentis conducteurs de poids lourds à la prise en compte des piétons et cyclistes. Ces outils seront utiles pour les nombreuses sessions d'apprentissage du vélo.

Je veux enfin rappeler que depuis septembre 2014, la SNCF offre la possibilité de réserver en ligne des places vélo sur les trains à réservation obligatoire.

En parallèle, je tiens particulièrement à insister sur les avancées importantes obtenues grâce au travail des parlementaires.

Les députés du Club des parlementaires pour le vélo ont profité de plusieurs textes de loi pour faire avancer les politiques « vélo ».

Ainsi, la loi sur la réforme ferroviaire prévoit la définition de plans de stationnement sécurisé des vélos dans les gares, la loi MAPTAM (sur les métropoles), la réalisation de diagnostics de stationnement des vélos dans les schémas régionaux d'intermodalité.

Et le projet de loi pour la transition énergétique et pour la croissance verte est venu introduire l'Indemnité kilométrique vélo, forte de l'expérimentation que l'Etat avait menée avec l'Ademe, mais aussi des réductions d'impôts pour les entreprises mettant des vélos à disposition de leurs salariés. Enfin, et c'est le combat de beaucoup d'adeptes du vélo-tourisme, un amendement à permis l'ouverture au public non motorisé de 2000 nouveaux kilomètres le long des voies navigables.

Ce premier bilan est donc très positif, mais des progrès restent à accomplir. C'est la raison pour laquelle je réunirai, d'ici la fin de l'été, le comité de pilotage du plan d'action afin d'engager une réflexion sur les nouvelles mesures à mettre en oeuvre au cours des prochains mois.

Au moment où la France accueille la COP 21 il est plus que jamais nécessaire de développer ce mode de transport efficace, économique, bénéfique pour la santé et l'environnement, et qui offre un potentiel touristique exceptionnel.


Je vous remercie.


Source http://www.velo-city2015.com, le 8 juin 2015

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