Interview de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche à France 2 le 19 juin 2015, sur l'examen du baccalauréat et le niveau scolaire des élèves. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche à France 2 le 19 juin 2015, sur l'examen du baccalauréat et le niveau scolaire des élèves.

Personnalité, fonction : VALLAUD-BELKACEM Najat, SICARD Roland.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche;

ti :


ROLAND SICARD
Bonjour à tous, bonjour Najat VALLAUD-BELKACEM.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Bonjour.

ROLAND SICARD
On va bien sur parler du baccalauréat. Les candidats sont à mi parcours de leur marathon, mais je voudrais d'abord qu'on revienne sur la motion de censure qui a été rejetée hier. Les communistes ont voté. Qu'est-ce qui reste de la majorité ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
D'abord, cette motion de censure vous l'avez dit elle a été rejetée, elle a été rejetée assez largement, plus largement d'ailleurs que la précédente motion de censure qui avait été présentée. Donc moi ce que j'en retiens du vote d'hier c'est d'abord une vraie démobilisation de la droite qui n'a en réalité ni repère, ni programme, ni leader. Et aujourd'hui je crois que le gouvernement il a…

ROLAND SICARD
Il a quand même un leader avec Nicolas SARKOZY.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
On en reparlera sans doute dans un instant, il n'a pas su en tout cas mobiliser les siens en nombre suffisant hier, ils étaient moins de 40 par rapport au premier vote de motion de censure il y a quelques mois. Donc aujourd'hui le gouvernement avec la loi dite loi Macron, qu'est-ce qu'il fait ? Il essaye de débloquer l'économie pour faire en sorte que l'on puisse renouer plus vite avec la croissance. On a des chiffres d'ailleurs de l'INSEE qui sont intéressants ce matin et qui nous disent combien le pacte de responsabilité, le crédit d'impôt compétitivité emploi, toutes ces mesures adoptées par le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT, puis de Manuel VALLS, ont permis de redonner des marges aux entreprises Eh bien la loi Macron elle fait la même chose, elle va encore plus loin pour qu'on puisse à nouveau embaucher. Donc nous on est dans l'efficacité, on est loin des positions de posture politicienne.

ROLAND SICARD
Mais quand les communistes disent : « c'est une loi de droite », qu'est-ce que vous leur répondez ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
D'abord je dis que quand on cherche à renouveler avec l'emploi, il ne faut jamais faire dans le sectarisme, dans l'idéologie, il faut chercher des solutions pragmatiques. Il faut chercher les solutions efficaces qui font que sur le terrain les entreprises vont être en condition à nouveau et d'investir, et d'embaucher. Et donc vous avez un certain nombre de rentes, par exemple auxquelles par exemple cette loi met fin, permettant que se recrée de l'activité. Je pense à la question des notaires par exemple, mais je pense aussi à ce qui se passe dans les auto-écoles. Cette loi va permettre à plus de jeunes de passer plus facilement leur permis de conduire. Ce sont des choses qui comptent ensuite pour la reprise de l'activité économique. Donc c'est une loi de libération de l'économie, des forces, de la richesse, et je pense qu'il fallait qu'elle soit adoptée rapidement, le président de la République s'est engagé à ce qu'elle le soit avant le 14 juillet, d'où la procédure adoptée. Mais cela étant le 49.3, vous savez n'est pas incompatible avec une discussion parlementaire qui a été longue, il faut le rappeler ici, plus de 400 heures de débat, quelques 2000 amendements de mémoire qui ont été acceptés. Ca fait une discussion relativement riche.

ROLAND SICARD
Alors vous parliez de François HOLLANDE, le président de la République, on le voit se déplacer beaucoup en France, il y a des cadeaux qui arrivent ; est-ce qu'il n'est pas déjà en campagne, comme dit l'opposition ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Ecoutez, François HOLLANDE, d'abord, n'a jamais cessé de se déplacer. C'est ce qui me surprend un peu dans les commentaires qui peuvent être fait en ce moment. Il a même, je le sais, je peux en témoigner, toujours aimé ça, aller au contact des Français, pouvoir faire aussi la pédagogie de ses réformes. Je pense qu'on a fait tellement de réformes depuis 2012, et ça ne s'arrête pas, d'ailleurs ça va continuer, qu'il faut prendre aussi le temps de les expliquer aux Français. Donc qu'il le fasse en allant sur le terrain, c'est une bonne chose, qu'ensuite on soit ….

ROLAND SICARD
Ce n'est pas une campagne électorale ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Non, je ne crois pas que la campagne électorale ait commencé. Ca n'est pas mon avis. Chaque chose en son temps. Comme je vous le disais nous avons encore des réformes à conduire. Et puis ensuite, nous sommes dans une deuxième partie de quinquennat, qui est une partie importante dans laquelle, comme nous nous y étions engagés, après avoir fait les efforts pour redresser le pays, eh bien nous allons aussi veiller à une redistribution juste. Je pense en particulière à ce qu'a engagé ma collègue Marylise LEBRANCHU sur la question des fonctionnaires et du point d'indice, et je pense comme ministre de l'Education notamment aux enseignants, en disant cela, dont on sait qu'ils ont souffert depuis plusieurs années du gel du point d'indice, et donc que l'on puisse s'engager dans des discussions pour voir comment augmenter un peu le pouvoir d'achat de ses fonctionnaires me semble important.

ROLAND SICARD
Le baccalauréat, je disais que les élèves sont à mi-parcours de leur marathon. Et beaucoup se demandent à quoi il sert ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Le baccalauréat d'abord c'est un diplôme, c'est important d'évaluer les acquis, les connaissances, les compétences des élèves à la sortie du lycée.

ROLAND SICARD
Mais la moitié des candidats au baccalauréat qui réussissent et qui rentrent à l'université échoue dans leur première année à l'université. Est-ce que ça ne montre pas qu'il y a un problème ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Si, il y a un sujet notamment du côté des bacheliers professionnels. Le bac professionnel, vous savez, date de maintenant trente ans, c'est d'ailleurs l'anniversaire du bac professionnel cette année, il y a eu de nombreux progrès qui ont fait de cette filière professionnelle une filière de plus grande qualité à travers le temps. En revanche là où nous avons encore quelque chose à améliorer c'est dans la transition entre le bac professionnel et puis l'enseignement supérieur. Notamment en accompagnant mieux ces bacheliers professionnels pour faire en sorte qu'ils ne soient pas livrés à eux-mêmes dans l'enseignement supérieur dans des grands amphis d'université, alors qu'ils auraient sans doute besoin et envie d'être accompagnés de façon plus étroite, un peu comme on le fait dans les IUT par exemple dans les STS. Donc c'est pourquoi j'ai engagé un chantier pour mieux accompagner les bacheliers professionnels dans l'enseignement supérieur parce que je ne me satisfais pas de ce taux de réussite ridicule qui est de l'ordre de 3 ou 5 % ; et donc je souhaite leur réussite à eux aussi.

ROLAND SICARD
Est-ce qu'il ne faut pas aussi favoriser les meilleurs résultats au baccalauréat ? Ceux qui réussissent le mieux.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Absolument. C'est la raison d'ailleurs pour laquelle nous avons un dispositif sur lequel j'insiste. Et je le dix aux bacheliers qui sont en train de composer d'ailleurs, vraiment donnez le meilleur de vous-même pour obtenir les meilleurs résultats possible au bac parce que sachez que dans chaque lycée de France les 10 % meilleurs bacheliers se verront offrir la possibilité d'accéder à des classes préparatoires aux grandes écoles, à des grandes écoles de commerce, d'ingénieurs, bref à des filières sélectives auxquelles ils n'auraient peut-être pas été admis dans l'absolu, mais à partir du moment où ils ont eu les meilleurs résultats de leur lycée au bac, eh bien ils ont cette possibilité. C'est une façon, vous l'aurez compris, d'offrir à un nombre très large et partout sur le territoire d'élèves la chance d'accéder à des filières sélectives qui souvent sont réservées aux seuls initiés ou à ceux qui ont l'information, ou à ceux qui sont dans certains lycées.

ROLAND SICARD
Un autre sujet, ion parlait de Nicolas SARKOZY. Il propose de remettre en débat la question du droit du sol, est-ce qu'il faut réserver la nationalité française et qu'il faut privilégier la nationalité française à ceux qui sont nés en France ?

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
D'abord, ce que je ne comprends pas avec Nicolas SARKOZY, enfin je vais semblant de ne pas comprendre plus exactement, c'est que au moment où il s'arroge le titre de « Républicains », il remet en cause l'un des acquis essentiels de la République française, c'est-à-dire le droit du sol, c'est une composante absolument majeure de ce qu'est notre République. Etre citoyen français c'est vivre sur le territoire français, c'est adhérer aux valeurs de la France, à son histoire, à son projet ; la citoyenneté, la nationalité française ça n'est pas seulement un héritage, c'est aussi un projet. La France c'est un projet. Et donc que Nicolas SARKOZY, qui par ailleurs se renie en disant cela parce que je vous rappelle quand même qu'en 2012 il prenait main sur le coeur l'engagement de ne jamais remettre en question le droit du sol, que Nicolas SARKOZY se retrouve dans une telle fuite en avant, dans une telle course derrière l'extrême droite, je vous avoue que ça me consterne.

ROLAND SICARD
Merci.

NAJAT VALLAUD-BELKACEM
Merci.


Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 juin 2015

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